Tag: Mathilde Lanté

  • [Lycéens] Malgré les coups, Enzo ne veut pas baisser la tête

    [Lycéens] Malgré les coups, Enzo ne veut pas baisser la tête

    Le choc et son bruit sourd entendu sur les vidéos qui circulent, lui ont laissé « six points de sutures » et un gros « mal à la tête », mais ils n’ont pas entamé sa détermination. « C’est inadmissible d’en arriver là parce qu’on revendique nos droits. Ça me motive encore plus. J’ai envie de dire à mes camarades, c’est malheureux de voir des cas comme le mien, mais on doit continuer ». Trois jours après avoir reçu un coup de matraque sur le crâne, Enzo, lycéen de Marie Curie (4e) a été entendu, vendredi, par l’inspection générale de la police nationale (IGPN).

    Cet élève plutôt sans histoire de l’avis de ses parents, a été violenté sur le blocus de son lycée mardi. « Nous prenions la température auprès des élèves qui bloquaient l’établissement de manière pacifique lorsque les CRS se sont mis en travers de la route avec une attitude menaçante », raconte Pierre, professeur d’anglais à Marie Curie.

    Sur le boulevard Jeanne-d’Arc bloqué par le camion de CRS, les enseignants forment alors « un cordon de sécurité entre les forces de l’ordre et nos élèves » et s’assoient sur le bitume. « Il n’y a eu qu’une seule sommation et aucun tir de mortier, contrairement à ce qu’a dit la Préfecture. Ils se sont mis face à nous et ont commencé à nous taper, nous piétiner et nous tirer pour s’en prendre aux élèves derrière », poursuit Pierre, « choqué » comme toute la communauté éducative. Lui est traîné au sol. Un collègue est blessé aux côtes. Enzo s’écroule à terre. La tête en sang.

    « Aucune justification »

    Jeudi, les enseignants de Marie-Curie, réunis en AG, ont décidé d’apporter leur soutien aux élèves et à la mobilisation lycéenne. Ils étaient d’ailleurs quelques-uns à attendre Enzo à la sortie de la Préfecture de police. « L’enjeu aujourd’hui est de se tenir aux côtés de lycéens qui mènent une lutte qui répond à l’intégralité des revendications des personnels de l’éducation qui sont restées lettre morte depuis maintenant dix ans », explique Samuel, enseignant d’histoire-géographie, lui aussi violenté mardi.

    « Le procureur de la République n’avait pas d’autre choix que d’ouvrir une enquête tant la vidéo qui circule est accablante », estime Valentin Loret, un des deux avocats d’Enzo, rappelant que le délit est constitué à partir de deux sommations. « Il n’avait rien sur lui qui laissait penser qu’il était en train de commettre ou préparer une infraction. Il est attrapé par un CRS, frappé une première fois puis amené au sol où il reçoit encore plusieurs coups ».

    Vendredi, Enzo qui doit être vu par un médecin légiste pour se faire établir un nombre de jours d’ITT a pu livrer sa version. Mais la deuxième partie de l’audition par la police des polices a été plus « suspicieuse », note encore l’avocat, les enquêteurs cherchant à savoir s’il n’avait pas commis quelque chose justifiant l’intervention. « Mais il n’y a aucune justification possible à donner ce genre de coups », insiste l’avocat.

    Est-ce que les CRS portaient visiblement leur numéro RIO (Relevé d’Identité Opérateur) et leur caméra était-elle allumée ? Plusieurs témoignages rapportent que non selon la partie civile. « Si aucune caméra n’était allumée, il y a effectivement une volonté de cacher au magistrat la façon dont s’est déroulée l’intervention », estime Valentin Loret.

    « Ce n’est pas un cas isolé », reprend sa consœur Mathilde Lanté. « On a vu depuis le début énormément de violences policières avec des centaines de lycéens blessés sans ouverture d’enquête. M. Nunez minimise ces violences mais il ne faut pas tomber dans ce piège. Chaque fois, il faut porter plainte et témoigner. Ces violences extrêmement choquantes visent à traumatiser toute une génération mais le pari à ce stade est perdant. Au contraire, les lycéens continuent à se mobiliser et sont rejoints par leurs profs. »

  • Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Des larmes et des accolades à l’Afriki Djigui Theatri, ce mardi, où devant caméras et micros, le candidat insoumis, Sébastien Delogu, a annoncé son retrait. « Nous sommes face au RN le plus solide rempart. Partout dans notre pays où les Insoumis sont arrivés en tête et ont fait la démonstration de leur capacité à rassembler largement et à écouter les aspirations du peuple tout entier, pose-t-il. Mais ici, à Marseille, les socialistes sont arrivés en tête et ils ont fait la démonstration de leur irresponsabilité et de leur sectarisme. »

    Comme il n’a jamais cessé de le faire tout au long de la campagne, il dénonce l’attitude du maire sortant et candidat à sa succession avec le Printemps marseillais, Benoît Payan (DVG). « En refusant tout front antifasciste au second tour, [il] fait la démonstration éclatante que le combat contre l’extrême droite valait moins à ses yeux que la soif de pouvoir », balance Sébastien Delogu, estimant que « l’orgueil et l’égo d’un homme ne doivent pas précipiter notre ville dans l’abîme ».

    En revanche, dans les secteurs où il n’y a pas de risque RN, ce sera le maintien, le candidat appelant ses soutiens à s’engager là « où il y a quelque chose à faire ».

    L’extrême droite, « les premiers corrompus »

    En clair, dans les 1-7, avec le dissident écologiste Sébastien Barles, dans les 2-3 avec Alladine Abdallah Salim (LFI), dans les
    4-5 avec Léa Bijaoui et dans les
    15-16 avec Rabyata Boinaheri, pour « faire entrer notre programme de rupture dans les mairies d’arrondissement » espère Sébastien Delogu. De fait, mis à part dans les 13-14 avec 13,10% des suffrages, les Insoumis n’ont pas réalisé de score suffisant pour espérer peser sur le scrutin.

    Sinon, pas de consigne de vote, mais une certitude : le RN ne doit pas l’emporter. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que les premiers corrompus, ce sont l’extrême droite », martèle Sébastien Delogu, rappelant que « leur présidente, Marine Le Pen, est condamnée pour détournement de fonds publics. Leur candidat, Franck Allisio, est mis en cause pour détournement de biens publics. Et enfin, la candidate des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Sandrine D’Angio, condamnée pour favoritisme durant son mandat précédent ». Une évidence : « Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là. »

    Alors que Sébastien Delogu repart, refusant de répondre à la presse, Sébastien Barles en rajoute une louche. « C’est un retrait de combat », insiste-t-il. Et d’espérer avec les mairies de secteur, « créer une forme de “Parlement de Marseille fier et populaire” pour que les idées qu’on souhaitait porter comme nouvelles politiques publiques, soient portées à l’avenir à Marseille ». Sur l’extrême droite, « nos électeurs voteront en conscience, une conscience qui leur appartient », assure Léa Bijaoui, considérant avoir toutes ses chances dans son secteur, forte de 5 813 voix au premier tour, soit 16,64% des suffrages. « On a déjoué les pronostics », analyse-t-elle. Elle se félicite aussi au passage du score de Mathilde Lanté (Révolution permanente), « avec qui nous partageons pas mal d’idées ».

  • Mathilde Lanté veut appuyer les luttes marseillaises

    Mathilde Lanté veut appuyer les luttes marseillaises

    Soulagée, la cheffe de file de Révolution permanente (RP) à Marseille, après la validation préfectorale du « matériel de propagande ». À deux semaines du 1er tour, Mathilde Lanté, avocate « au service de la lutte », peut se lancer dans la ligne droite des municipales à la tête de la liste « Reprendre Marseille aux riches ». Une liste « de travailleurs et de travailleuses qui font tourner la ville » qu’elle oppose aux « politiciens professionnels », et qui cible, dans une logique trotskiste, le grand patronat.

    « On est les seuls à pointer du doigt les responsables de la misère : les ultra-riches et les grandes entreprises qui achètent la ville », insiste-t-elle, se démarquant de la France insoumise, et dénonçant la main mise de la CMA CGM sur Marseille : « C’est Rodolphe Saadé, un ami de Macron, qui ouvre des entrepôts solidaires, rachète la presse, investit dans des institutions culturelles, à l’Université d’Aix-Marseille, à l’OM, au Mucem… »

    La candidate trotskiste, qui revendique un engagement militant forgé « depuis l’université », assure avoir « été de tous les combats », de la loi Travail aux Gilets jaunes en passant par les mouvements féministes, les mobilisations contre l’extrême droite et la réforme des retraites ou le soutien aux « révoltés des quartiers populaires après la mort de Nahel ».

    « Les yeux, les oreilles

    et la voix des travailleurs »

    Mathilde Lanté justifie par ancrage local cette candidature dans les 4-5, « un secteur qui lutte » et l’un des « plus mixtes » avec des travailleurs, des étudiants, des artistes engagés. « C’est le quartier où l’on vit et habite », plaide-t-elle aussi, évoquant ses colistiers, travailleurs du nettoyage et sociaux, ouvriers d’ID Logistics, profs, étudiants ou personnels d’université.

    Présente sur ce seul et unique secteur, RP « appellera clairement à voter pour la liste de nos camarades de Lutte ouvrière à la mairie centrale », poursuit Mathilde Lanté. « On ne va pas changer les choses juste en élisant un conseiller municipal, mais on veut être les yeux, les oreilles et la voix des travailleurs. Notre objectif est de démasquer ce qui s’y passe, de servir de vitrine à un autre projet politique et de soutenir matériellement les luttes qui seront menées ces prochaines années. »

    Active et percutante sur les réseaux sociaux, présente sur le terrain, la liste tient un meeting ce dimanche (15h au 24 rue Edmond-Dantes) en présence d’Anas Kazib, porte-parole national de Révolution permanente. Des colistiers y prendront la parole, dont Saphia Aït Ouarabi, doctorante et figure des luttes étudiantes et antiracistes.