Tag: master

  • Vent debout contre la sélection par la nationalité à l’université

    Vent debout contre la sélection par la nationalité à l’université

    Devant les portiques du campus Saint-Charles de l’Université d’Aix-Marseille (AMU), une autre forme de tri se met en place. Près des grilles, personnels et étudiants plongent la main dans une boîte où il est inscrit : « La nationalité, une question de chance ». Une mise en scène symbolique pour dénoncer la sélection à l’entrée de l’université. Ce mardi 12 mai à midi, une mobilisation intersyndicale d’enseignants, personnels et étudiants s’est tenue sur place. Elle vise la décision du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, de mettre fin à la possibilité d’exonération des frais pour la majorité des étudiants étrangers hors Union européenne.

    Bénissia, en master gestion des ressources humaines, se sent concernée. Originaire de République centrafricaine, elle étudie aujourd’hui à Aix-Marseille. « Moi, comme j’y suis déjà, ça ne me concerne pas. Mais ma sœur, qui vit en Centrafrique, veut venir. Elle a candidaté ici, mais avec ces frais, ça devient hyper compliqué. Si j’avais été dans cette situation, je ne sais pas si j’aurais fait le choix de venir », confie-t-elle. Pour rappel, en 2019 le plan « Bienvenue en France », censé renforcer l’attractivité des universités, avait déjà entraîné une forte hausse des frais pour ces étudiants : de 170 à 2 900 euros en licence, et de 250 à 3 900 euros en master. Jusqu’ici, de nombreuses universités contournaient ces montants grâce aux exonérations prévues par le texte.

    « Un décret excluant »

    Le gouvernement souhaite désormais en limiter drastiquement l’accès. Sur les 80 000 étudiants que compte Aix-Marseille, environ 5 000 sont extra-communautaires. « Cela ne concernerait plus que 10% des étudiants extra-communautaires. Autrement dit, 90% paieraient plein tarif », explique Julien, enseignant-chercheur en informatique et membre du syndicat Sud Éducation. Selon lui, cette mesure risque d’aggraver la précarité d’étudiants déjà fragiles. « J’avais un étudiant réfugié de Guinée : on s’est cotisés pour lui payer ses frais d’inscription », raconte-t-il, avant de dénoncer « un décret excluant, discriminant et xénophobe ».

    C’est aussi le rôle des étudiants internationaux dans l’université qui est mis en avant. Eric Berton, président de l’AMU, le rappelle : « L’excellence de nos universités se construit avec les étudiants internationaux. Ce sujet ne peut pas être regardé uniquement sous l’angle budgétaire […]. Pour AMU, l’ouverture sur le monde et la Méditerranée est un pilier de notre identité », rappelle-t-il. Christophe Baticle, maître de conférences en sociologie et anthropologie, en témoigne : « J’ai étudié à Amiens avec un ami venu du Congo. Aujourd’hui, nous menons des recherches ensemble, aussi au Congo. Il ne serait jamais venu avec ces conditions », constate-t-il. À quelques pas, un collègue plonge sa main dans la boîte : « Argentine ! ». Une syndicaliste lui répond avec ironie : « Ce sera 2 900 euros. Bienvenue en France ! ».

  • Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Je ne comprends pas pourquoi pas moi », souffle dans le micro un jeune homme venu témoigner de son désarroi. Ce 16 septembre, ils sont une cinquantaine rassemblés sous les fenêtres du rectorat à l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), qui se mobilise chaque année pour dénoncer la sélection à l’entrée en master et aider les étudiants restés sur le carreau à se faire inscrire au forceps.

    « Je me retrouve sans master, malgré une double licence en droit privé et en droit public », confie Nermine. « Le seul argument qu’on me donne, c’est celui de la capacité d’accueil. Mais j’ai travaillé dur, j’ai fait des stages chaque été pour valider mon diplôme. Et aujourd’hui je me retrouve sans rien », poursuit cette jeune étudiante tunisienne de 23 ans, qui dénonce « une sélection sans logique. Des gens qui ont eu de moins bons résultats que moi ont été acceptés », soupire-t-elle, confiant avoir « frappé à toutes les portes. Cette mobilisation aux côtés du Scum est mon dernier recours ». Bientôt, son titre de séjour, conditionné à son inscription en master, arrivera à expiration. « Je vais me retrouver avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français, Ndlr]. Je ne comprends pas cette rupture du droit à la poursuite d’études. C’est injuste. »

    « Violence psychologique, sociale, financière »

    « On parle d’étudiantes et d’étudiants diplômés, qui ont validé leur licence, donc dont le corps enseignant considère qu’ils ont le niveau pour entrer en master », insiste Fabien Bon, représentant du Scum. « Or ce sont ces mêmes enseignants qui, deux mois après, envoient des mails à ces étudiants pour leur dire : je ne te prends pas dans mon master », décrit-il, dénonçant une « violence psychologique, sociale, financière » [les étudiants qui se retrouvent sans affectation perdent leurs bourses, et souvent leur logement, Ndlr].

    Comme chaque année, le Scum va donc remuer ciel et terre pour tenter de faire inscrire sous la pression la cinquantaine d’étudiants sans fac recensés en cette rentrée, en impulsant des recours administratifs auprès du rectorat mais aussi en allant solliciter directement les présidences d’université et les enseignants concernés. « À Montpellier il y a 80 000 étudiants. Personne ne nous fera croire qu’on ne peut pas accueillir 30 ou 40 étudiants de plus », assène Fabien Bon. « L’an dernier, on a fait inscrire une trentaine d’étudiants sur les deux universités grâce aux démarches de recours et 14 via les mobilisations auprès des enseignants et des présidences d’université », rappelle-t-il.

  • Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi dans l’Hérault

    Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi dans l’Hérault

    Je ne comprends pas pourquoi pas moi », souffle dans le micro un jeune homme venu témoigner de son désarroi. Ce 16 septembre, ils sont une cinquantaine rassemblés sous les fenêtres du rectorat à l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), qui se mobilise chaque année pour dénoncer la sélection à l’entrée en master et aider les étudiants restés sur le carreau à se faire inscrire au forceps.

    « Je me retrouve sans master, malgré une double licence en droit privé et en droit public », confie Nermine. « Le seul argument qu’on me donne, c’est celui de la capacité d’accueil. Mais j’ai travaillé dur, j’ai fait des stages chaque été pour valider mon diplôme. Et aujourd’hui je me retrouve sans rien », poursuit cette jeune étudiante tunisienne de 23 ans, qui dénonce « une sélection sans logique. Des gens qui ont eu de moins bons résultats que moi ont été acceptés », soupire-t-elle, confiant avoir « frappé à toutes les portes. Cette mobilisation aux côtés du Scum est mon dernier recours ». Bientôt, son titre de séjour, conditionné à son inscription en master, arrivera à expiration. « Je vais me retrouver avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français, Ndlr]. Je ne comprends pas cette rupture du droit à la poursuite d’études. C’est injuste. »

    « Violence psychologique, sociale, financière »

    « On parle d’étudiantes et d’étudiants diplômés, qui ont validé leur licence, donc dont le corps enseignant considère qu’ils ont le niveau pour entrer en master », insiste Fabien Bon, représentant du Scum. « Or ce sont ces mêmes enseignants qui, deux mois après, envoient des mails à ces étudiants pour leur dire : je ne te prends pas dans mon master », décrit-il, dénonçant une « violence psychologique, sociale, financière » [les étudiants qui se retrouvent sans affectation perdent leurs bourses, et souvent leur logement, Ndlr].

    Comme chaque année, le Scum va donc remuer ciel et terre pour tenter de faire inscrire sous la pression la cinquantaine d’étudiants sans fac recensés en cette rentrée, en impulsant des recours administratifs auprès du rectorat mais aussi en allant solliciter directement les présidences d’université et les enseignants concernés. « À Montpellier il y a 80 000 étudiants. Personne ne nous fera croire qu’on ne peut pas accueillir 30 ou 40 étudiants de plus », assène Fabien Bon. « L’an dernier, on a fait inscrire une trentaine d’étudiants sur les deux universités grâce aux démarches de recours et 14 via les mobilisations auprès des enseignants et des présidences d’université », rappelle-t-il.