Tag: Marylise Léon

  • Les syndicats face au mur de Matignon

    Les syndicats face au mur de Matignon

    L’heure est venue un « nouveau cap » dans la mobilisation a estimé la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, mercredi, après plus de deux heures de réunion infructueuse avec le locataire de Matignon. Pour sa part, Marylise Léon de la CFDT a, elle, jugé « impératif qu’il y ait des réponses sociales » d’ici le 5 novembre, date d’une journée de grèves et de manifestations interprofessionnelle à l’appel de tous les syndicats, hormis, pour l’heure, la CFE-CGC.

    « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2 heures et demie. Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une nouvelle journée annoncée début octobre par l’intersyndicale.

    La CGT dans la rue samedi

    Samedi 24 octobre, la CGT sera présente dans la rue « pour accompagner celles et ceux qui souhaitent se mobiliser, pour protéger les jeunes et les travailleurs et travailleuses qui souhaitent se mobiliser […] », a également annoncé la responsable de la confédération. Certains organisateurs de la journée de mobilisation du 17 octobre ont appelé à un « acte II » ce jour-là, déclarant notamment une manifestation à Paris.

    Pour la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, « le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre et d’ici là, il est impératif qu’il y ait des réponses sociales à ces attentes de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses qui attendent depuis […] de nombreuses années, une reconnaissance ». Elle poursuit : « Quand on leur dit [au gouvernement] qu’il y a déjà une colère qui monte, il y a besoin d’apporter des réponses, c’est dès aujourd’hui qu’il faut pouvoir y répondre sur la question des salaires, sur la question des rémunérations des fonctionnaires », a-t-elle insisté, trouvant « le gouvernement pas vraiment dans le tempo ».

    Le président de la CFTC Cyril Chabanier a également jugé la réunion « très décevante » mais souligné que le gouvernement avait « ouvert la porte à ce qu’il y ait une discussion autour du Smic ». Devant le Sénat, le Premier ministre a expliqué avoir confié un « chantier » au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur les questions de salaires et d’aides aux entreprises. Sur ces sujets, « il faut avancer vite », dit Sébastien Lecornu.

    « La meilleure façon pour calmer les manifestations, c’est d’avoir des premières mesures qui font tomber la colère, et ça, aujourd’hui, on ne l’a pas », a-t-il constaté. Côté Éducation nationale, la secrétaire générale du Snes-FSU (second degré), Sophie Vénétitay, a dit sortir de la réunion « avec un calendrier et une méthode », notamment la date de lundi pour une réunion « sur la base des remontées sur la plateforme » de concertation ouverte pour les lycéens. « Au bout de quatre semaines de mobilisation, c’est quand même très en dessous de ce qu’on peut attendre. Ça veut dire qu’aujourd’hui, le gouvernement n’est toujours pas en mesure d’apporter des réponses concrètes à la fois aux lycéens et au personnel », a déploré Sophie Vénétitay, estimant que « ce gouvernement a trois trains de retard ».

    Après le fiasco du maintien de l’ordre de samedi dernier où les pillages, en marge des grandes manifestations pacifiques, n’ont pas été stoppés pendant des heures, le gouvernement a choisi la réponse ultra-sécuritaire. Le très décrié ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé lors des questions au gouvernement, mardi, qu’il déploiera « évidemment » les forces Sentinelle de l’armée. Elles auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique » afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». À côté de ces militaires, il y aura aussi la BRI, le GIGN, et le Raid. Les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicos et les engins lanceurs d’eau pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère samedi prochain.

  • L’intersyndicale appelle à la mobilisation jeudi 2 octobre

    L’intersyndicale appelle à la mobilisation jeudi 2 octobre

    Le Premier ministre n’a apporté « aucune réponse claire » aux attentes des travailleurs et des travailleuses, ont déploré les membres de l’intersyndicale à l’issue de leur rencontre avec Sébastien Lecornu à Matignon mercredi. L’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFTC, FSU, Solidaires, CFE-CGC et Unsa, soit toutes les organisations de travailleurs du pays avait lancé un « ultimatum » au Premier ministre, exigeant des engagements forts en matière de justice fiscale et contre l’austérité.

    Les représentants de l’intersyndicale ont annoncé une nouvelle journée de grèves et de mobilisation le 2 octobre, une date qui devrait être confirmée ce mercredi, en fin de journée, par l’intersyndicale.

  • L’intersyndicale appelle à la mobilisation le 18 septembre

    L’intersyndicale appelle à la mobilisation le 18 septembre

    «Nos organisations appellent à une journée de mobilisation le 18 septembre y compris par la grève et la manifestation», annonce Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT au nom de l’intersyndicale ce vendredi matin. Plus tôt dans la matinée, les huit organisations syndicales CGT, la CFDT, l’UNSA, la CFE-CGC, la CFTC, FO, Solidaires et la FSU, se sont réunies pour trancher sur une date de mobilisation unitaire. «Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit (…) Les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent. Le gouvernement a choisi encore une fois de faire payer les travailleurs et les travailleuses, les précaires, les retraités, les malades», martèle-t-elle, citant le plan de 44 milliards de coupes budgétaires en 2026 présenté par le Premier ministre François Bayrou mi juillet.

    En revanche, aucune action commune est prévue pour la journée du 10 septembre, et l’appel à «bloquer» le pays. «Le 10 septembre, c’est une initiative citoyenne et donc évidemment que la CGT a décidé d’y prendre sa part en construisant la grève dans les entreprises», a pour sa part expliqué la secrétaire générale Sophie Binet.

  • François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    Huit mois après s’être imposé à la tête d’un gouvernement illégitime comme l’ultime recours pour sortir Emmanuel Macron de l’impasse de la dissolution, François Bayrou a donc ouvert la porte à son départ de Matignon. Confronté au rejet général de son plan d’austérité de 44 milliards et aux appels à bloquer le pays le 10 septembre, le Béarnais a appuyé sur le bouton rouge, en pressant le président de convoquer une session parlementaire extraordinaire pour solliciter la confiance de l’Assemblée sur une déclaration de politique générale.

    Sans surprise, la France insoumise, Les Écologistes, les socialistes, les communistes et le Rassemblement national ont promis de voter contre. Mardi, François Bayrou a fait mine de croire à un revirement. Naïveté ou déconnexion ? Les députés ont « treize jours » pour « dire s’ils se placent du côté du chaos ou du côté de la responsabilité », a-t-il lancé, lors de l’université d’été de la CFDT.

    Se plaçant en garant de l’intégrité financière de la France et sans convaincre, il a tenté de donner des gages : efforts contre l’optimisation fiscale, fin de certaines niches fiscales, gestion des principaux piliers du système de protection sociale par les partenaires sociaux, notamment les assurances chômage et vieillesse… Marylise Léon les a rapidement balayés.

    « Nous laisser gérer c’est bien, mais il faut qu’on puisse décider des règles (…) La règle d’or et d’équilibre annuel, c’est un non-sens », a martelé la secrétaire générale du syndicat réformiste, encore échaudée par la lettre de cadrage sur les conditions d’indemnisation des chômeurs, début août. « Il a pris grand soin de parler de choses qui pouvaient plaire à des responsables CFDT, mais on n’est pas dupe, quand il dit “on va pouvoir négocier sur la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail », a réagi Marylise Léon, « il n’y a pas de cohérence politique ».

    « Je ne demande à personne de se renier, mais on peut réfléchir. On a le droit de remettre en question les réflexes spontanés qu’on peut avoir », a insisté quelques minutes plus tard François Bayrou, face à la presse. Seul, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) a mis en garde contre un vote qui serait contraire « aux intérêts de la France », portant notamment le risque « d’une crise financière majeure ». La Bourse de Paris a clôturé en baisse de 1.64% sur les mêmes bases que la veille.

    Gouvernement technique

    Un an plus tard, dans la même situation, les mêmes discours. La ficelle est grosse et la balle brûlante désormais, à nouveau, entre les mains d’Emmanuel Macron. Le 9 septembre, la France se retrouvera à nouveau sans gouvernement. Plusieurs hypothèses sont sur la table. La plus évidente serait que les choses traînent en longueur, sur fond de recherche du candidat à Matignon qui, en bout de course, comme Borne, Attal, Barnier ou Bayrou, continuera de mener une politique similaire. Un gouvernement technique qui amènerait la reconduction du budget 2025. Moins probable, la nomination d’un Premier ministre de gauche. Les partis du Nouveau front populaire s’entendraient-ils ? Rien n’est moins sûr, même si à gauche, PS et Écologistes se sont dits « prêts ».

    Autre option sur la table, une nouvelle dissolution de l’Assemblée. Marine Le Pen a réitéré son souhait d’une dissolution avec l’espoir que le RN parvienne, cette fois, à obtenir une majorité. Des voix s’y préparent dans le camp présidentiel. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, assurait mardi qu’il ne fallait pas écarter la possibilité. « Une hypothèse » admise par Bayrou, selon des sources concordantes à BFM.

    Dernière option, le départ du Président. Emmanuel Macron « doit partir » si François Bayrou n’obtient pas la confiance de l’Assemblée, a répété mardi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, annonçant le dépôt à l’Assemblée d’une nouvelle motion de destitution contre le chef de l’État, le 23 septembre.

    « Il faut empêcher M. Macron de nommer pour la troisième fois un Premier ministre qui ferait la même politique. Voilà pourquoi il faut le destituer. Le chaos, c’est Macron », expliquait ce dernier, le matin, sur France inter. « Le sujet, c’est M. Macron, il doit s’en aller et le peuple français doit choisir entre la politique de l’offre de baisse du prix du travail et la politique de la relance écologique et sociale ».

    « Quand il nous dit on va pouvoir négocier sur “la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail (…) Il n’y a pas de cohérence politique »