Tag: Marseille 3e Arrondissement

  • Il souffle comme un air d’embellie sur la Belle de Mai

    Il souffle comme un air d’embellie sur la Belle de Mai

    « Lacoste, Jézéquel… avant c’était Saint-Fé ! Avec les collègues des Iris, on venait s’habiller rue Belle de Mai », assure Bacri, la cinquantaine. Face à lui, les devantures murées « seventies » d’Yves Rocher, ainsi que celle du Logis Moderne, à la typographie caractéristique des années 1950, témoignent d’un dynamisme disparu depuis des lustres. « Les usines ont fermé, il y a eu le chômage et ils sont tous partis. Après, les gens sont venus habiter là parce que c’était le moins cher », résume cet habitant du quartier.

    Une nouvelle passerelle

    « C’est un quartier résolument populaire et militant, attachant et casse-couilles à la fois, un condensé de Marseille, qui s’est pris la crise du choc pétrolier de 70 en pleine poire. Abandonné des politiques publiques, il a décliné au point de devenir un terreau pour les marchands de sommeil », confirme Serge Pizzo, historique président du CIQ.

    Mais depuis quelque temps, on le sent renaître, par petites touches. Ici, on ne fait pas table rase du passé pour édifier des écoquartiers au bulldozer. « On n’a pas Euromed, mais c’est peut-être une chance, estime Serge Pizzo. Le quartier se prend en main comme il l’a toujours fait, avec toutes les bonnes volontés qu’il compte. » Michel Kelemenis y a créé sa Maison de la danse il y a 15 ans. Le couvent Levat est venu compléter l’offre de la Friche et du Comptoir de la Victorine. L’Embobineuse distille ses sons boulevard Bouès, Le Chapiteau tire l’animation jusqu’à Plombières. Et rue Belle-de-Mai, les rideaux de fer se dégrippent. Le Barjo, redynamisé par Camille, a relevé le défi il y a quatre ans. L’Idéaliste y fabrique depuis quelques mois sa magie et La Camaraderie commence à brasser du monde.

    Le quartier rouge a conservé « son énergie militante et populaire, solidaire. Oui, il y a de la vie ! », souligne Serge Pizzo. En témoigne le succès de la Belle fête de Mai, qui a célébré ses 25 ans en remplissant les places Caffo et Cadenat. L’événement a fusionné avec Les Plus Belles de Mai, manifestation portée par la mairie qui met à l’honneur les initiatives féminines. « Il y a encore pas mal de trous dans la raquette, relativise le CIQ. Il faut une vraie volonté politique et de la concertation. Faire, oui, mais le maître-mot c’est : ensemble. »

    Après l’ère Gaudin, la municipalité issue du Printemps marseillais semble avoir pris le pouls du secteur. Les écoliers ont fait leurs premiers pas, à la rentrée, dans le groupe scolaire Jolie-Manon. La friche de l’ancienne usine de farine de la rue Loubon accueillera, en 2027, une médiathèque très attendue dans ce quartier qui n’a jamais disposé d’une bibliothèque. La police municipale s’y est également installée.

    « La transformation du quartier est un vrai enjeu, assure Anthony Krehmeier, maire des 2-3, qui sort de l’inauguration de la remise à neuf du jardin de la Maternité. La place Cadenat est une des priorités et nous portons une attention particulière aux besoins des habitants ». La campagne de consultation « Prenez place » a fixé les grands axes d’un futur jardin pour enfant et d’un marché. Autour de la place, les ouvriers arrachent le bitume défoncé des rues pour les paver et les arborer. « Ce n’est pas parce qu’on est pauvres qu’on n’a pas droit à des trottoirs carrossables ! », salue Milène, 82 ans, de retour du marché en tirant son cabas. Pour les commerces, « nous intervenons avec des appels à projet pour imposer une diversité », précise l’édile.

    Autre symbole de renouveau : « Faire tomber la passerelle de Plombières pour laisser place au tram et à une trame verte connectée à Saint-Gabriel Bon-Secours », annonce encore Anthony Krehmeier. Les transports en commun restent toutefois à la traîne et l’on attend avec impatience le prolongement du T2, promis par la Métropole pour 2030. La ligne reliera Saint-Charles au Canet, puis à la place Burel et enfin à Saint-Jérôme. Un projet suivi par le collectif « Qu’est-ce qui s’Tram ? », qui veille au grain pour éviter un tracé trop destructeur du bâti. Certains craignent « l’effet gentrificateur ». Un spectre qui agace : « En 30 ans, la Friche n’a pas produit de remplacement de population », souligne Anne Pfister. L’adjointe déléguée à la vie scolaire estime en revanche : « On souffre du manque de mixité sociale et il faudra plus que Jolie-Manon pour enrayer l’évitement scolaire. On s’y attelle. »

  • Une piscine pour apprendre aux enfants à nager au parc de Bougainville

    Une piscine pour apprendre aux enfants à nager au parc de Bougainville

    Jambes tendues, pieds pointus ; dans la piscine, les longueurs s’enchaînent pour les enfants. Depuis le 6 juillet, un bassin mobile de cinq mètres sur dix est apparu dans le parc de Bougainville, au pied des immeubles d’habitation. L’initiative, reconduite chaque été depuis trois ans, vise à résoudre « un problème majeur : le déficit d’apprentissage de la natation des », explique Eric Méry, adjoint au maire délégué aux sports. Un enjeu essentiel à Marseille où près d’un enfant sur deux ne sait pas nager à son entrée au collège, selon la Ville et l’éducation nationale. Au programme donc pour les enfants : dix séances, en petit effectif et encadrées par trois maîtres-nageurs. À 8 ans, Bérékia n’était jamais allée à la piscine, c’était même « la peur de sa vie », déclare sa mère. Après quatre séances et munie de sa frite rouge, elle n’hésite pourtant plus à se jeter à l’eau.

    Vaincre ses peurs

    Sa mère, Joa, ne s’attend pas « à ce qu’elle sache parfaitement nager », explique-t-elle, « mais cette étape est déjà encourageante ». Une expérience partagée par Rayan. Lui qui n’osait pas se décoller du bord du bassin nage désormais d’une extrémité à l’autre. « Fier de cette progression », affirme-t-il, il souhaite poursuivre la natation.

    Le même dispositif a également pris place au stade Ganay (9e), à la Croix-Rouge (13e) et à l’espace Mistral (16e). « Des sites identifiés par rapport au manque de piscine à proximité », explique Eric Méry. Au total, c’est près de deux mille enfants qui devraient pouvoir bénéficier de ce dispositif durant l’été.

    Fantine Lambey

  • Belle de Mai : le parc de la Maternité renaît avec du chien

    Belle de Mai : le parc de la Maternité renaît avec du chien

    « Avant, on passait devant sans faire attention. On allait plutôt au parc Longchamp, mais ici, ça nous change et c’est moins loin de chez nous », font part Camille et Samuel, jeune couple à poussette et en goguette qui vient du boulevard Guigou voisin. « C’est bien, il y a pas mal d’arbres », observent-ils, soulagés de voir renaître le parc de la Maternité au milieu de la jungle de béton de la Belle de Mai. Situé traverse Séry, sur un petit promontoire offrant une vue sur le massif de l’Étoile et le Nord-Est de Marseille, 5 000 m² de verdure qui comprennent aire de jeux pour enfants, city stade ainsi que terrains de pétanque.

    Cohabitation

    « On est dans un secteur qui est assez dense et des îlots de fraîcheur comme celui-ci permettent aux habitants, qui vivent souvent dans des conditions difficiles l’été, de venir se rafraîchir », résume le maire (PS) de secteur Anthony Krehmeier. Mais dans le parc de la Maternité, il n’y a pas que des minots qui cavalent. Les lieux abritent aussi un caniparc où les chiens des badauds peuvent se dégourdir les pattes. « Franchement, ils ont fait du bon travail », estime Karim, enfant du quartier ayant traîné ses culottes courtes dans le parc. « Ma mère a accouché de moi ici. J’y ai tous mes souvenirs », rappelle ce pizzaïolo établi rue Clovis-Hugues, tout en indiquant la direction de l’ancienne maternité de la Belle de Mai, fermée à la fin des années 1990 et devenue un village de vacances il y a près de 10 ans. « J’aurais juste aimé qu’ils mettent des séparations en plus pour les chiens », note-t-il, alors que Chopper, son « staff croisé bully » renifle d’un peu trop près un malinois.

  • Saint-Mauront et Félix-Pyat montent sur scène au parc Bougainville

    Saint-Mauront et Félix-Pyat montent sur scène au parc Bougainville

    Pilotée par le centre social Saint-Mauront–La Villette et réunissant la Cuisine du 101, l’Acelem, la Cie Duanama et LaMAM au sein du comité de pilotage, avec la participation d’une dizaine d’associations culturelles et de compagnies artistiques du quartier, et soutenue par la Ville, la fête organise sa 2e édition dans le tout nouveau parc Bougainville. Forte de 1 500 personnes l’année précédente, elle s’étend désormais sur deux journées.

    Ce vendredi, les élèves des écoles maternelles et primaires, Félix-Pyat, Édouard-Vaillant et Bellevue ont donné le ton en chorales, devant un public familial. « Une forme de répétition générale avant la fête des écoles tout en leur donnant un avant-goût de la scène », précise un directeur. Des représentations sur scène ont suivi et, jusqu’à minuit, les conférences dansées de Bouziane Boutelja, en partenariat avec LaMAM, ainsi que le plateau hip-hop ont enchanté le public. Tout en donnant un aperçu des talents et des activités proposées par les acteurs locaux du secteur.

    Repas et animations

    Ce samedi, la fête reprend à partir de 11h30 avec un repas partagé offert aux habitants du quartier. Les plats ont été concoctés par des collectifs et les grillades sont gracieusement proposées par la mairie du 2e secteur. Dès 13h30, un forum d’animations est organisé par les associations : bibliothèque et ludothèque éphémères, jeux de la marelle avec différentes variantes, jeux de quilles, jeux en bois, peinture dessin et initiation aux techniques de l’art urbain, le temps d’un atelier créatif ouvert à tous. Une balade est également proposée avec Méta 2 pour un tour d’horizon des fresques urbaines. Culture toujours, avec Kelemenis & Cie, qui, en prévision du 15e anniversaire de Klap Maison pour la danse, en septembre 2026, propose aux familles voisines de participer à cet événement festif.

    Des initiations sont également proposées à destination des parents avec le MPE13, qui invite à se familiariser avec les plateformes éducatives Pronote ou Superminot. Une formation destinée aux 16-30 ans est aussi prévue : le service jeunesse de la Ville présentera les différents dispositifs portés par la municipalité (Bafa, code de la route, BNSSA…). Enfin, un accès aux droits pour tous sera assuré par le collectif On le fait pour nous, qui présentera son activité « pour la défense de la mixité culturelle ».

  • Rendez-vous en préfecture pour Plombières

    Rendez-vous en préfecture pour Plombières

    Réunis en association, copropriétaires et locataires de la résidence qui dénonçaient une situation glaciale après une fuite dans le réseau de chauffage ont été reçus à l’hôtel de Ville. Derrière la panne, une situation tendue avec l’administrateur provisoire devra s’éclaircir en préfecture où une réunion doit être programmée la semaine prochaine.

    Mi-décembre, deux appartements inondés révèlent une fuite dans le réseau de chauffage collectif. Depuis le 22 décembre, tout a été coupé. « Voilà un mois que ça dure et nous n’avons aucune garantie de rétablissement rapide. Pire, déplorent les copropriétaires, l’entretien se dégrade, les espaces verts sont à l’abandon, le passage piéton pour accéder à l’école est verrouillé, et on subit une explosion des montants des appels de fonds, on n’obtient ni les devis ni les factures des travaux, qui sont décidés sans concertation. » Dans le bâtiment C2, deux dames accusent également le coup : « L’ascenseur qui dessert les 12 étages est en panne depuis deux mois. » L’administrateur provisoire de l’agence Perier-Giraud, qui a repris il y a 5 ans la gestion de la résidence après la défaillance du syndic Citya, était autour de la table à l’hôtel de Ville. La réunion en préfecture, dont la date reste à fixer, devra permettre de lever l’opacité sur cette gestion et de restaurer la confiance des copropriétaires. Soudés, ils préviennent : « Si rien ne bouge, on bloque le boulevard de Plombières. »