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  • Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    Parcoursup : 126 000 candidats en attente

    C’est un été compliqué qui s’annonce pour des milliers de lycéens et étudiants en réorientation. La phase principale d’affectation de Parcoursup s’est clôturée samedi 11 juillet, la plateforme recense 126 652 candidats, parmi lesquels 57 024 bacheliers, 46 216 étudiants en réorientation et 23 412 candidats scolarisés à l’étranger, n’ayant pas reçu de proposition positive à l’un de leur vœu formulé. Cela équivaut à près de 15% des demandes, quand 576 749 bacheliers et 152 351 étudiants ont reçu au moins une proposition d’admission. À titre comparatif, le nombre de candidats sans proposition était de 103 582 en 2025. « Comme l’an dernier, ce sont des dizaines de milliers de bacheliers qui ont des réponses négatives à leurs vœux, des dizaines de milliers qui sont affectés dans une filière “par défaut”, parfois loin de chez eux, avec tous les frais et les difficultés que cela engendre… », dénonce dans un communiqué la Fédération nationale de l’enseignement de la culture et de la formation professionnelle Force ouvrière (Fnec FP- FO).

    Huit ans après son instauration, l’outil reste plus que jamais décrié. « La logique de Parcoursup a été faite pour créer une espèce de goulot d’étranglement qui s’inscrit dans la volonté de tri des élèves qu’on a vus à tous les niveaux, jusqu’au collège avec “le choc des savoirs” », fustige Marion Chopinet secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille. Dans un communiqué, le ministère de l’Enseignement supérieur pointe un « contexte de croissance forte du nombre de candidats inscrits cette année sur Parcoursup », soit 66 000 supplémentaires, en particulier du nombre de lycéens +10 000 par rapport à 2025 (660 000 lycéens au total) et davantage d’étudiants, 206 000 étudiants en réorientation (soit +23 000 par rapport à 2025).

    Une hausse démographique qui s’accompagne d’une suppression de 10 300 places cette année par rapport à 2025 selon Snesup-FSU. Auxquelles s’ajoutent les 43 000 places en moins par rapport à 2024. « Au lieu de mettre les moyens sur le supérieur et sur l’université pour ouvrir des places à tout le monde, on a pris le prétexte des taux de réorientation ou d’échec en première année pour créer un système de sélection extrêmement difficile. C’est-à-dire que maintenant, même sur un accès à l’université, la place n’est pas acquise », tempête Marion Chopinet.

    « Même à l’université,

    la place n’est pas acquise »

    Dès lors, et pour éviter que les élèves ne subissent le stress de se retrouver sans orientation, les professeurs les incitent à choisir des filières moins sélectives, à défaut de s’orienter vers celles qui leur plaisent… « On est hyper attentifs à ce que les élèves mettent des vœux de sécurité. C’est dans toutes les stratégies expliquées partout qu’on ne fait pas que des vœux sélectifs sur Parcoursup, puisque même les universités s’intègrent là-dedans, mais là aussi, même quand on demande une fac de sciences ou de langue, on n’est pas du tout sûr d’avoir de la place », déplore la syndicaliste. Quelque 5 781 bacheliers et 719 étudiants sans proposition d’admission ont depuis le 1er juillet sollicité l’accompagnement personnalisé des commissions d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) pour les aider à trouver une place.

    La phase complémentaire se poursuit sur Parcoursup jusqu’au 10 septembre. Les candidats pourront se tourner d’ici là vers les formations où des places sont encore disponibles. Quelque 83 000 places sont vacantes dans 6 000 formations diversifiées (licences, BTS, BUT, classes préparatoires, écoles, etc.), selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Si l’on se fie à la carte interactive des formations disponibles, il reste par exemple des places en prépa au lycée Saint Exupéry à Marseille (15e), ou encore en licence de lettres à l’université d’Avignon, en BTS négociation et digitalisation de la relation client au lycée Dominique-Villars de Gap, en BUT génie biologique parcours agronomie au site de Digne-les-Bains de l’IUT d’Aix-Marseille, ainsi qu’en apprentissage certificat de spécialisation sommellerie au sein du lycée des métiers d’hôtellerie et tourisme Anne-Sophie-Pic à Toulon.

    Explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif

    « En parallèle, le gouvernement Macron-Lecornu fait tout pour diriger les jeunes vers des formations payantes… ou bien vers l’armée », fustige la Fnec FP-FO, qui appelle à abroger Parcoursup. Et pour cause : sur les 16 635 formations consultables sur la carte interactive du ministère en charge, 6 646 le sont au sein d’établissements publics, 4 425 vers des structures privées en contrat avec l’État ou d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), quand 5 564 sont exclusivement privés, allant de l’apprentissage rémunéré par l’entreprise à des formations facturées à 9 700 euros l’année ! « Parcoursup, ce n’est pas seulement le stress et la sélection. C’est aussi l’explosion de l’enseignement supérieur privé lucratif. Un marché parallèle s’est développé, financé par la taxe d’apprentissage et par des familles laissées seules face à un algorithme. Les jeunes sont l’avenir du pays, pas une marchandise. », alertait en janvier le sénateur communiste Pierre Ouzoulias.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    « Il y a une volonté de masquer les choses, mais une chose est sûre : il va manquer du monde. » Pour Marion Chopinet, secrétaire académique du Snes-FSU pour Aix-Marseille, si le rectorat se refuse à faire remonter les chiffres au syndicat, aucun doute : « on se prépare à une rentrée compliquée » après une année 2024 de « bricolage ».

    Dans le premier degré, il manquait au niveau national, l’an dernier, « 700 postes de remplaçants, année dernière et rien que dans les Bouches-du-Rhône, le Dasen [Directeur académique des services de l’Éducation nationale Ndlr] a eu recours à près de 200 postes contractuels pour pallier le manque de postes », explique Sébastien Fournier, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU. Le syndicat a déjà demandé à ce que soient recrutés les jeunes diplômés de la liste, sans succès assure-t-il. Au manque de moyens s’ajoutent la perte de sens et l’épuisement à courir derrière des réformes qui relèvent d’une « mécanisation de l’enseignement au détriment de la liberté pédagogique » déplore Marion Chopinet. Un monde éducatif « déconnecté du réel », dénonce Élise Khalat, co-secrétaire du Snes-FSU 13, avec des élèves sans cesse évalués « jusqu’à Parcoursup ».

    La mise en place de groupes de niveau pour les 6e, 5e et 4e au collège, « à moyen constant, en supprimant une heure de technologie », a fini de tout désorganiser. Un « tri social », s’indigne Nicolas Bernard Hayrault, co-secrétaire Snes-FSU 13, déplorant qu’elle soit reconduite.

    Le 10 septembre en vue

    Infirmiers, documentalistes, assistantes sociales… D’une manière générale, avec une mutualisation forcée entre établissements, les élèves manquent cruellement d’adultes, estiment aussi les responsables FSU.

    Et que dire de l’enseignement professionnel… Sa situation relève du « mépris de classe », avec une « baisse continue du nombre d’heures d’enseignement », balance Nicolas Voisin, co-secrétaire du Snuep Aix-Marseille, rappelant que 30 000 élèves, soit un tiers d’une génération, ont choisi cette voie dans les 53 lycées de l’académie. Avec 620 lycéens supplémentaires, cette année, « on nous avait promis 59 équivalents temps plein, au final, ce sera une dizaine de profs titulaires », assure-t-il, le reste étant assuré par « les heures sup et les contrats précaires ».

    Le contexte politique « assez lourd », 44 milliards d’économie annoncés par le Premier ministre bientôt sur le départ, n’augure rien de bon, ajoute Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU 13. « L’Éducation nationale, premier budget du gouvernement, sera fortement impactée avec des suppressions de postes, un gel à nouveau des salaires et le refus de toute mesure catégorielle. Le département ne sera pas épargné », analyse-t-elle. La FSU s’inscrivant dans « le plan d’action visant à faire échouer tout budget austéritaire », elle sera mobilisée le 10 septembre.