Tag: marins

  • Par la grève les marins obtiennent le maintien des emplois et lèvent l’ancre

    Par la grève les marins obtiennent le maintien des emplois et lèvent l’ancre

    Le vendredi 2 octobre pour le STC à Bastia, le samedi 3 octobre pour le syndicat CGT à Marseille, « satisfaits » des réponses apportées par la direction de leur compagnie maritime dans la matinée de samedi, ainsi que de l’État, les marins ont cessé leur mouvement de grève. « Pour autant, nous restons prudents et vigilants », modère Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille.

    « Nous avons obtenu le maintien de l’emploi dans les deux compagnies », se félicite Frédéric Alpozzo. Le syndicaliste craignait de voir 90 emplois temps plein supprimés à Corsica Linea, conséquence directe d’une stratégie jugée « ubuesque » de la compagnie : l’affrètement, prévu le 2 octobre, du navire Massalia, détenu par La Méridionale (groupe CMA-CGM), sur des lignes de la Corsica Linea, reliant Marseille aux ports corses de Propriano et de l’Ile-Rousse, à la place d’un autre navire de cette dernière.

    Recadrage

    La grève a permis de suspendre l’affrètement. L’opération a été décalée au 1er janvier 2027. Le navire de La Méridionale, exploité avec son propre équipage, devrait être positionné transitoirement sur la Corse pour couvrir des arrêts techniques. À partir de mars 2027, le bateau est voué à rejoindre les lignes entre Marseille et l’Afrique du Nord.

    Le consortium d’entrepreneurs corses CM Holding, propriétaire de Corsica Linea, avait fait part de son exaspération devant « un blocage de trop ». Il annonçait « suspendre l’ensemble de l’activité de l’entreprise », jusqu’à lundi.

  • Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Coup de colère en mer également du côté de la CGT des Marins de Marseille et de la CGT Corsica Linea. Le syndicat a appelé à la mobilisation dans le cadre d’un appel national et c’est sur le pont des navires de la compagnie maritime corse que la tempête fait particulièrement rage.

    Le Jean Nicoli est resté à quai, rejoint par le Vizzavona, qui ne bougera pas non plus durant 48 heures. Une grève reconductible, dont le secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, Frédéric Alpozzo, est déjà convaincu, « sauf surprise » qu’elle sera reconduite après l’assemblée générale. Il appelle d’ores et déjà « tous les personnels navigants à la grève ». En cause : « Nous refusons que le Vizzavona sorte de la flotte de la compagnie. Cela représenterait la perte de 90 emplois marins français en CDI », précise le syndicaliste.

    Cette décision attise d’autant plus la colère des équipages que « les actionnaires des deux compagnies, les dirigeants, ont signé un accord d’affrètement sans avoir l’aval, ni même avoir consulté les élus des personnels dans le CSE (comité social économique) ».

    Par ailleurs cette décision arrive en contradiction d’un accord d’entreprise « où la règle prévue est un départ pour une embauche ». Deux motifs qui ont conduit le CSE à déclencher une procédure devant le tribunal.

    Quelle stratégie ?

    Ce mardi, après la mobilisation, un CSE extraordinaire a été convoqué à la demande des représentants des personnels. Quel est le projet des deux compagnies, La Méridionale (groupe CMA-CGM) et Corsica Linea, qui jusqu’alors étaient partenaires dans la délégation de service public sur la desserte de la Corse ? « Depuis des mois, on se bat pour que la Méridionale et Corsica se repositionnent sur l’Algérie dans une stratégie commune depuis Sète pour faire barrage à la compagnie low-cost GNV, qui use de dumping social », indique Frédéric Alpozzo. Cette décision va à l’inverse de ce qui avait été annoncé par les compagnies.

    De même, interpellé sur cette question, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait rassuré, dans un courrier du 28 juillet dernier à la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, sur l’organisation d’une réunion de suivi « allant dans le sens du renforcement de la compétitivité du pavillon, du suivi des contrôles opérés, de la coopération des ports de la façade, de la transition énergétique, de la formation et de l’emploi des marins français, de la continuité territoriale et de nos relations avec l’Algérie sur le maritime ».

    La réunion est très attendue sur le port de Marseille. Car le risque d’un sabordage est toujours bien identifié du côté des marins, craint Pierre Maury, élu CGT au CSE. La grève se poursuit ce mercredi chez Corsica Linea.

  • L’essence met les travailleurs à sec

    L’essence met les travailleurs à sec

    Jusqu’où s’arrêtera la hausse des prix de l’essence ? Depuis le début du conflit en Iran, les tarifs à la pompe n’en finissent plus de monter, jusqu’à dépasser les 2,30 euros le litre, en moyenne nationale, pour le gazole. À tel point qu’Emmanuel Macron a demandé, ce mercredi, « à son gouvernement la totale mobilisation sur l’approvisionnement et sur la maîtrise des prix », sur fond de risques de pénurie. De son côté, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, demande au Premier ministre une table ronde sur le pouvoir d’achat. Il faut dire que la situation devient intenable pour les travailleurs…

     Gaëlle, infirmière libérale à Peypin

    Quotidiennement en déplacement du fait de sa profession, Gaëlle Cannat, infirmière libérale, roule en moyenne « 150 km par jour ». « C’est un enfer. Cela fait des mois que l’on stresse quand on va à la pompe », dénonce celle qui est également la présidente du collectif « Infirmiers libéraux en colère ». Avec une voiture essence de 40 litres, le plein qu’elle a fait ce mercredi matin « a dépassé les 80 euros ». « J’en suis au point de dire à ma fille que je ne viendrai pas la récupérer en voiture à la fin des cours », déplore-t-elle. Il faut dire que l’équation s’avère plus que complexe pour elle : « Je prends l’exemple d’une injection sur un patient : elle rapporte 7,25 euros, avec les charges, il me reste 3 euros dans la poche. Maintenant, il faut enlever le coût de l’essence… » À la fin, il ne reste plus grand-chose. « Plus l’essence augmente, moins nous gagnons », résume-t-elle. Elle pointe surtout la conséquence pour les patients : « De moins en moins d’infirmiers libéraux veulent aller dans les zones intermédiaires, rurales. Il y a des patients qui se retrouvent isolés car nous avons de plus en plus de mal pour certains déplacements ».

     Nathan, technicien dans la pétrochimie à Lavéra

    « On commence à en être au point où la voiture représente un trou dans le budget. À 620 euros par mois, le budget devient très conséquent », s’agace Nathan, technicien supérieur de maintenance dans une raffinerie de l’Étang de Berre. Habitant de Saint-Martin-de-Crau, il « n’a pas d’autre choix que de prendre la voiture » pour aller au travail en l’absence de « liaisons en bus ou en train aux horaires adaptés ». Résultat : il est à « facilement une centaine d’euros par semaine de carburant ». Sa situation résume le quotidien de beaucoup de travailleurs : « J’ai récemment changé de voiture pour baisser la consommation de carburant, c’était un critère. Mais elle est achetée à crédit, avec 220 euros que je rembourse tous les mois ».

     Jordan, agriculteur

    de Vaucluse

    « Nos trésoreries sont déjà assez basses à cause de la sécheresse et des rendements plus faibles. Donc, le coût du gasoil pèse encore plus », déplore Jordan Charransol, le président des Jeunes agriculteurs 84. Une profession qui accuse le coup face à la montée du fuel : « Par exemple, le plein d’une cuve de 1 000 litres coûte environ 800 euros de plus qu’il y a quelques années. Avec les moissons puis les vendanges, on passe une cuve en un mois. » Et de dénoncer l’inaction macroniste : « Le gouvernement a mis en place un abattement de 15 centimes par litre, mais le problème, c’est que cette aide n’est toujours pas arrivée depuis juin. Au lieu d’être exempté dès le départ, on doit faire plein de paperasse. On sort de l’argent pour essayer d’être remboursé. »

     Hervé, pêcheur à Carro

    Ancien chalutier, aujourd’hui marin-pêcheur à Carro, quartier bien connu de Martigues, Hervé Gout-Vernier dresse un constat sans appel sur l’impact de la hausse des prix du gazole : « On est en danger de mort ! » Avant de développer : « Le plus compliqué, c’est pour les chalutiers. À 2 000 litres par jour pour 1,20 euro le litre de gasoil au Grau-du-Roi, il faut pêcher 2 400 euros de poisson par jour juste pour se rembourser ». Sans compter sur « les paiements des salaires et la comptabilité ». Même constat pour les plus petits pêcheurs qui ne sont pas à bord de chalutiers, comme lui : « C’est le même problème pour les fileyeurs. On consomme moins, mais il y a aussi le coût du matériel… »

     Marc, plombier

    à Saint-Zacharie

    À Saint-Zacharie, Marc, 54 ans, dirige une entreprise de plomberie avec un salarié. À eux deux, ils parcourent près de 40 000 km par an. Difficile, pourtant, pour cette société qui réalise des dépannages chez des particuliers, mais intervient surtout dans des cliniques, de se passer de la voiture. De Marseille à Toulon, en passant par Miramas et avec un gazole à plus de 2,30 euros le litre, la facture hebdomadaire de carburant approche les 700 euros par mois et par véhicule. « C’est plus simple peut-être pour ceux qui passent une journée sur chantier. Mais quoi qu’il en soit, on subit, on n’a pas le choix », note, fataliste, l’artisan. La hausse du prix des carburants pèse directement sur ses coûts de fonctionnement et dans un secteur où la concurrence est forte et où les clients surveillent leur budget, chaque centime compte. « Ça a des répercussions sur les tarifs que l’on pratique pour nos clients, mais on rogne surtout sur notre bénéfice », conclut-il.

    CHIFFRES

    11,2

    En milliards d’euros, les bénéfices engrangés par Total au premier semestre 2026, une augmentation de 72% sur fond d’explosion des prix.

    +43,6%

    L’évolution en un an du prix du gazole, qui atteint 2,35 euros par litre, à trois centimes du record du mois d’avril, quand l’essence (SP95-E10) atteint un niveau historique de 2,15 euros par litre.

    10,6%

    Des ménages propriétaires d’une voiture ont dépensé, en 2021, plus d’un mois de leurs revenus annuels en carburant, selon une étude de l’Insee publiée le 8 septembre. Ils sont 9,5% dans la Métropole Aix-Marseille, 11% dans le Grand Avignon et 13,8% pour Provence Alpes agglomération.

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Si elle confesse volontiers avoir apprécié ces trois jours « dans (son) élément », Catherine Chabaud n’était pas en vacances dans le Var. La ministre déléguée en charge de la Mer et de la Pêche, ancienne navigatrice – elle fut la première femme à terminer un tour du monde à la voile, en 1996-1997, sur le Vendée Globe – est arrivée mercredi dans le département, pour l’inauguration de la plateforme scientifique de l’institut océanographique Paul Ricard, sur l’île des Embiez. Cet outil, dédié à la recherche dans différents domaines (aquaculture innovante, sécurité alimentaire, conservation d’espèces menacées…) avec l’objectif de sensibiliser les décideurs politiques, a particulièrement plu à la ministre : « On a besoin de vision, et Patricia Ricard [présidente de l’institut, ndlr] fait partie des visionnaires. Cette plateforme permet de faire de la recherche et d’identifier les sujets d’urgence comme le fait de développer une aquaculture plus durable, et de les expérimenter », dans un esprit de « mobilisation collective des entreprises, des scientifiques et des ONG » qui lui est cher.

    Jeudi, elle a embarqué à bord du catamaran We Explore de son confrère navigateur Roland Jourdain, double vainqueur de la Route du Rhum, fabriqué à 50 % en fibre de lin. Ils y ont repéré un cachalot blessé par une hélice de bateau aux abords du Parc national de Port-Cros. Un sujet qu’a abordé le navigateur vendredi, lors d’une série d’échanges consacrés à la protection de la mégafaune marine vendredi au Fort du Pradeau, à Hyères.

    « Nous sommes colocataires de la planète »

    « On raconte les histoires des courses, des quarts de seconde décisifs, mais la victoire peut se faire à vitesse réduite. Il faut inventer le modèle de demain », milite-t-il. Car la vitesse demeure un véritable sujet, sur lequel une forme de législation existe par endroits, notamment dans le cadre de la Zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV) établie entre la France et l’Espagne en 2023, avec une réduction entre 10 et 13 nœuds dans certains espaces sensibles. « Il faut trouver le bon curseur, la mer ce n’est pas la route », temporise Catherine Chabaud, qui reconnaît toutefois « d’autres enjeux comme la réduction des émissions de CO2 et une opportunité à mieux connaître le milieu marin ».

    Et à « cohabiter ». « Il faut se rendre compte que nous sommes colocataires de cette planète », clame, avec véhémence, l’océanologue François Sarano en conclusion des échanges de vendredi, au cours desquels la cohabitation a pris une large place. D’abord, à travers des discussions sur les conséquences des bruits anthropiques sur la megafaune, qui peuvent entraver, entre autres, la chasse pour les animaux marins. Ensuite, sur les effets des sports nautiques, même ceux qui ne polluent pas ou peu directement (wingfoil, voile). Enfin, sur le rôle des collectivités, engagées dans des démarches collectives comme le sanctuaire Pelagos, espace maritime de 87 500 km² établi entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection de la biodiversité marine, et le programme Caret, mené par le Parc National de Port-Cros, visant à protéger et restaurer les écosystèmes littoraux sableux, pour favoriser la reproduction de la tortue caouanne.

    Une approche qui doit, selon la ministre, permettre de sensibiliser les individus : « La problématique, c’est la capacité des citoyens à changer de comportement. On est en train de rentrer dans la partie exponentielle des courbes du GIEC ». Et pour cela « il faut aussi des décisions politiques fermes ». À l’opposé de la loi Duplomb ou de la loi d’urgence agricole dont le texte, assoupli en commission mixte paritaire jeudi sur le volet de la réintroduction de pesticides interdits et du stockage d’eau, doit être présenté au Sénat et à l’Assemblée nationale lundi et mardi.

  • Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Des bateaux en feu sur le Vieux-Port, le pire évité

    Une catastrophe majeure a été évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins-pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, sur le Vieux-Port, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, a pris feu, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 m de long. Malgré l’intervention rapide des marins-pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, entraînant l’évacuation de plusieurs terrasses de cafés et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau-pompe, le bataillon est venu à bout du sinistre. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon, de nos policiers municipaux », a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). L’élu souligne le savoir-faire du BMPM, qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution.

    La scène expertisée

    La pollution peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu, dont la pollution est plus visuelle ».

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre, poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs : d’abord la sauvegarde de la vie humaine. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux. Et en troisième lieu, protéger la scène sur l’eau. » Interrogé justement sur la poursuite des festivités, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau en train de regarder la structure », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je parle au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver ».

  • Marseille : « Tous à bord » veut permettre à tous de prendre le large

    Marseille : « Tous à bord » veut permettre à tous de prendre le large

    Nous mobilisons une trentaine de sociétaires bénévoles et 28 bateaux pour que 25 familles d’enfants handicapés et jeunes adultes souffrant de troubles autistiques puissent partager un moment de plaisir tous ensemble », détaille Catherine Le Roux, la dynamique secrétaire générale de l’union nautique du canal de la douane et des vieux marins bateliers (UNCD & VMB).

    Cette idée est venue du président du club Pascal Passaro dit Calou. « On participe à Octobre rose, opération pour laquelle on arrive à mobiliser 35 bateaux. mais moi, j’avais aussi envie de faire quelque chose avec des enfants », lâche cet homme dont la vie a été rythmée par des années de syndicalisme. Et de poursuivre : « Je voulais faire partager gratuitement la mer et ses bienfaits à des enfants handicapés. »

    Hop, hop, hop, Catherine contacte l’association Soliane membre du réseau parcours handicap 13. « Soliane aide les parents depuis 23 ans quel que soit l’âge et la nature du handicap de l’enfant. Et depuis 3 ans, nous sommes aussi membre d’un réseau GEM (groupe d’entraide mutuelle) TSA, le « ComGem » propose de nombreuses activités différentes aux jeunes entre 18 et 35 ans porteurs de TSA sans déficience intellectuelle, majeurs et autonomes dans leurs déplacements » définit Véronique Mauro la présidente.

    Une après-midi festive

    Et prolonge : « C’est très important de partager des activités avec les frères, les sœurs et les parents. La quasi-totalité n’a jamais fait de sortie en bateau. Nous nous y préparons depuis deux mois. »

    L’UNCD & VMB a prévu l’après-midi en 3 temps. Le rendez-vous est au 62 Quai du Port (2e) à 13h30. Le temps de se présenter, de revêtir les gilets de sauvetages et d’écouter les consignes. Voilier, hors-bord ou in-board, par petits groupes et très encadrés chacun est dirigé vers son embarcation. À 14 heures, c’est le départ pour une balade autour de l’île de Gaby. Le retour est prévu vers 15h30 pour un grand goûter avec une dernière animation festive, avec la Maison de Nina qui propose des animations autour des techniques du cirque. « Ça va être top. Il va y avoir des boules, le rouleau américain, de la jonglerie et aussi de l’aérien sur le portique. Ça va être un beau moment de partage » conclut Nina avec enthousiasme. Un apéro grillade clôturera la journée entre les différents organisateurs.

    Toutes les infos du club sur l’UNCD & VMB

  • Les femmes revendiquent leur place dans les métiers de la Mer

    Les femmes revendiquent leur place dans les métiers de la Mer

    « On ne naît pas marin, on le devient », affirme François Lambert, directeur de l’École nationale supérieure maritime (ENSM) de Marseille. En ce lundi 18 mai, la Journée internationale des femmes dans le secteur maritime a été l’occasion d’une table ronde à l’ENSM. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, s’est rendue sur place pour promouvoir le recrutement des femmes dans l’économie bleue. Encore largement sous-représentées, elles constituent 30% des actifs des métiers de la mer, avec une faible augmentation de 2% en six ans, selon l’Observatoire du Conseil maritime de façade. Certains secteurs sont plus inégalitaires, comme le transport maritime et la pêche. Dans le public, les étudiantes de l’ENSM ne représentent que 15% des effectifs.

    Isabelle Renaud, ambassadrice d’Armateurs de France, a fréquenté ces bancs. Ses douze années passées en mer lui ont appris à s’affirmer. « On m’a répété de nombreuses fois que c’était un métier d’homme. Il fallait en faire plus pour montrer sa valeur », raconte-t-elle, avant de poursuivre : « Les femmes ont toute leur légitimité dans le secteur. » L’autocensure, les stéréotypes et le manque d’information restent des freins à cette féminisation.

    « On a besoin de gage

    de sécurité »

    Le secteur entend aussi lutter contre les violences sexistes et sexuelles. « Une femme sur quatre [dans le milieu maritime] a été en situation d’insécurité, face à des hommes français ou étrangers, tous types de grades confondus », rappelle Emma, responsable de la cellule d’écoute et présidente du bureau des étudiants de l’ENSM. Elle dépeint la réalité d’une femme en mer : « De vous-même, vous n’iriez pas vous enfermer dans un appartement clos avec une trentaine d’hommes, parfois pendant des mois. Encore moins lorsque ces hommes exercent une autorité sur vous. » Si elles acceptent de se mettre dans ces situations, « en contrepartie, [elles ont] besoin de gages de sécurité ».

    La ministre Catherine Chabaud, première femme à avoir terminé le Vendée Globe en 1997, se dit toutefois témoin d’une amélioration de la condition féminine dans ce secteur : « Dans les années 80, une femme embarquée portait malheur. » Pour accélérer cette féminisation d’ici 2030, elle lance la rédaction d’un livre blanc, en lien avec les objectifs de l’ONU. Un appel à contribution national est lancé.

    Marie Moreau

  • Les conditions de travail des skippers restent dans le vague

    Les conditions de travail des skippers restent dans le vague

    Les violentes vagues agitent les bateaux du Vieux-Port, et le mistral se déchaîne contre les quelques voiliers. Les pontons des entreprises nautiques sont déserts. Aujourd’hui, personne en mer. Une question de « sécurité », pour Yannick Long, formateur de skippers et gérant de localanque, qui rappelle : « Lorsque le temps est capricieux, il peut être très dangereux pour un navigateur de piloter un bateau. Malheureusement, il arrive malgré tout que certains acceptent par contrainte. Et cela risque d’arriver de plus en plus si les offres avec skipper se multiplient. »

    Contraintes et précarité

    « Sur Click&Boat, il est parfois compliqué de différencier accompagnateur et skipper », reproche Carine, utilisatrice de la plateforme. Pour éviter toute confusion, Uber a décidé de proposer seulement les offres avec skipper. Une mesure qui poussera les particuliers à signer davantage avec ces navigateurs, mais qui « intensifiera certains débordements que l’on constate déjà », déplore Martin, skipper à son compte. Le trentenaire est titulaire d’un Brevet d’aptitude à la conduite des petits navires (BACPN), adapté à ceux de moins de 12 mètres. Des restrictions qui n’ont pas empêché certains particuliers de lui proposer la conduite de « gros bateaux », confie le skipper, « pour ne pas avoir à payer un marin bien plus cher », explique-t-il. Martin n’est pas le seul à subir de telles incitations. Lucas, jeune skipper à son compte en témoigne : « Nous savons pertinemment que certains bateaux ne sont pas correctement armés, et que des moteurs ne sont pas en état de prendre la mer. Mais si nous refusons un, deux, trois contrats, les propriétaires finissent par ne plus nous appeler. Pour la plupart, nous avons besoin de gagner notre vie », lance-t-il.

    Des règles maritimes
    souvent contournées

    « Un skippeur BACPN qui s’embarque sur un bateau de plaisance doit détenir un statut d’entreprise en transport maritime et déclarer son embarquement. Mais comment le déclarer si le départ n’est pas autorisé par la Métropole ? », interpelle Yannick Long. Sur Click&Boat, on relève plusieurs annonces avec des bateaux sans permis d’armement, qui partent de ports métropolitains… Ce qui est théoriquement interdit. Alors qui assure qui ? Certains particuliers parlent de « flous juridiques déstabilisants ». D’autres professionnels utilisent des doubles contrats, qui remettent les responsabilités sur une assurance civile allemande à seulement 225 euros par an.
    « Mais comment un skipper peut-il être couvert sans bulletin de salaire rattaché à ses activités commerciales », interroge le formateur.

  • La protection des espaces protégés, enjeu de la surfréquentation

    La protection des espaces protégés, enjeu de la surfréquentation

    Ce partenariat soulève évidemment des questions de gestion et de respect des règles du parc. Durant les dernières saisons, nous avons malheureusement constaté l’arrivée de bateaux non conformes, avec parfois des skippers non agréés » , déplore Gaëlle Berthaud, directrice du parc national des calanques. En tout, on compte « près de 600 bateaux autorisés » à naviguer dans le parc, précise-t-elle. « Dans le lot, une dizaine de bateaux sont 100% électriques, et les autres sont thermiques. » Une gestion du flux incitative qui permet aux sociétés de location d’investir dans des équipements nautiques éco responsables, « sans risquer une concurrence déloyale de la part de ceux qui favorisent le matériel moins cher mais polluant », approuve Amine Gharbi, président de Loca boat 13, loueur professionnel basé au Vieux-Port.

    Contrôler le trafic

    Pour reconnaître ces navires autorisés à pénétrer dans le périmètre du parc national, des drapeaux et des vignettes permettent de les identifier. Pour ce qui est des skippers, une liste est fournie sur le site du parc. « Nos skippers agréés ont suivi des formations de gestes éco-responsables en mer », appuie le président. « Et nos moteurs sont réfléchis pour produire moins de CO2 », ajoute-t-il. Des mesures qu’Amine Gharbi estime « essentielles », pour conserver « notre patrimoine maritime ». À ce titre, il s’inquiète du partenariat entre la plateforme américaine et Click&boat : « Uber fera sortir les bateaux du port et intensifiera le commerce sur le Vieux Port. Mais nous, ce que nous voulons, ce n’est pas du volume, mais de la qualité. Qui contrôlera le respect des réglementations ? » La directrice du parc national des Calanques se veut malgré tout rassurante : « Comme chaque été, nous serons attentifs au trafic sur le parc et multiplierons les contrôles en mer avec les services de l’État. »