Tag: Marine Tondelier

  • [Entretien] Fabien Roussel : « Nous appelons à se mobiliser où c’est possible »

    [Entretien] Fabien Roussel : « Nous appelons à se mobiliser où c’est possible »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée cette réunion à Matignon ?

    Fabien Roussel : On est forcément déçus avec Stéphane Peu et Cécile Cukierman. On y allait pour commencer à discuter avec le gouvernement des mesures contre la vie chère pour les salaires, sur les prix de l’essence, de l’énergie. En fait, le Premier ministre nous avait conviés à une réunion qu’il a dite « technique » pour parler du maintien de l’ordre avec le général qui nous a expliqué ce que c’était. On est très loin de tout ce qui se dit en France depuis des mois concernant la vie chère. Si les questions de sécurité et de maintien de l’ordre nous préoccupent, pour autant, il est urgent d’apporter des réponses au problème du pouvoir d’achat. C’est ce que nous avons rappelé.

    Il n’a pas du tout été question
    de répondre aux revendications sociales
     ?

    F.R. : Rien. On a d’ailleurs mis l’accent sur le fait de recevoir les lycéens et les étudiants parce que c’est inadmissible que le Premier ministre ne l’ait pas encore fait, c’est ce que nous avons dit. Ils ont des propositions qui n’ont pas d’impact budgétaire, telles que l’abrogation de Parcoursup ou le fait de revenir sur le contrôle continu, la réforme de Jean-Michel Blanquer. Cela peut être annoncé dès maintenant.

    Le gouvernement devrait faire des annonces aux lycéens lundi.

    F.R. : Peut-être, en tout cas, on n’a rien entendu aujourd’hui.

    Qu’avez-vous pensé de la prise
    de parole du président Emmanuel Macron en amont de cette réunion
     ?

    F.R. : C’est lunaire parce que justement, on a un État qui est impuissant, un président qui est en fin de règne et au lieu d’entendre la colère qui monte et s’exprime depuis des mois, il met en cause des principes constitutionnels tels que le droit à manifester. Ça, c’est grave.

    Dans de nombreuses villes
    et départements, les interdictions à manifester tombent les unes après les autres.
    Qu’en pensez-vous
     ?

    F.R. : Quand des syndicats qui ont l’habitude de déposer, en bon ordre, la possibilité de manifester, il faut pouvoir défendre ce droit et ne pas accepter cette situation. Autant, il y a des endroits, quand il n’y a pas de demande des syndicats, de partis, d’organisations de jeunesse, je peux comprendre qu’il n’y ait pas d’autorisation à manifester. Mais quand ces demandes existent, et d’autant plus dans des villes où on a l’habitude de le faire, c’est inadmissible d’interdire à des organisations syndicales et politiques de manifester. Au contraire, l’État doit garantir ce droit et autant protéger les manifestants que les biens, les institutions et les commerces.

    Les transports seront également
    à l’arrêt, notamment à Marseille. Tout le monde est pénalisé
     ?

    F.R. : Encore une fois, c’est comme si c’était une double peine imposée aux Français et tout ça dans un discours sécuritaire qui mélange à la fois celui contre les immigrés, les terroristes d’ultragauche et la responsabilité de forces politiques de gauche. C’est une dérive dangereuse qui rappelle des discours que l’on a entendus dans les années 1930, où les partis communistes étaient interdits, où le bouc émissaire était le juif. Il faut faire attention à ces dérives.

    Si l’on en croit les révélations de Mediapart sur une note du renseignement intérieur, vous êtes un membre de cette « ultragauche »…

    F.R. : Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et moi-même sommes cités dans une note du renseignement intérieur qui dit que nous sommes à l’origine de ces manifestations. Franchement, il n’y a pas besoin des renseignements intérieurs pour dire que les responsables des partis de gauche appellent à manifester pour le pouvoir d’achat.

    Vous appelez à manifester samedi ?

    F.R. : Tant qu’il n’y a pas de réponse concrète, nous appelons à se mobiliser où c’est possible. C’est-à-dire partout où les organisations syndicales, de jeunesse ou nous-même, appelons à manifester en ayant déposé une demande. Nous le faisons quand nous sommes en capacité d’organiser ces manifestations.

    La gauche est ressortie, jeudi, déçue, voire « en colère », de la réunion des partis politiques à Matignon. Consacrée au maintien de l’ordre, celle-ci a été défendue par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, comme « la priorité » avant toute « prise en compte » des revendications sociales. Le Premier ministre a assuré qu’il n’y avait « aucun amalgame » entre les manifestants qui défilent « de manière pacifique, qui ont des revendications à porter légitimement », et « les casseurs, les pilleurs, les délinquants, certains groupuscules aussi d’ultragauche ou d’extrême gauche radicalisés », selon Maud Bregeon.

  • Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    C’est sur le court Philippe-Chatrier que les deux hommes politiques aux visions radicalement opposées échangeront. Le Medef organise lors de son université d’été, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), un débat entre Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et le très libéral David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) sur le thème « le courage de produire » de 12h05 à 12h30. Ils répondront ainsi, en quelques minutes, à cette question centrale et cruciale : « comment redonner à la France l’envie, les moyens et la capacité de produire ? »

    Cette séquence s’inscrit dans une volonté de l’organisation patronale de peser dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Dans son discours introductif, le président du Medef Patrick Martin a rappelé, comme un avertissement : « nous sommes nombreux et, dans nos entreprises et autour, on nous écoute, on nous fait confiance plus que jamais dans l’Histoire. N’oublions jamais la puissance de notre collectif avec ses 240 000 entreprises qui emploient 12 millions de salariés, partout en France ». Il insiste : « nos convictions sont libérales (…), nous voulons un programme présidentiel de libertés », a-t-il dit, rejetant « la collusion, la collision des prophètes de malheur » et enjoignant à « faire voler en éclat le carcan qui étouffe notre pays et libérer son énergie et ses ambitions ».

    Pour clôturer son événement, le Medef a invité, toujours sur le court central de Roland-Garros, sept des – très nombreux – candidats déclarés à l’élection présidentielle à répondre aux questions de cinq chefs d’entreprise à partir de 16h45. À savoir : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen. Ces derniers réagiront par ailleurs aux résultats de la consultation lancée par le Medef en association avec Opinion Way.

  • La présidentielle au cœur des universités d’été

    La présidentielle au cœur des universités d’été

    C’est le rendez-vous qui amorce la rentrée politique : insoumis et écologistes lancent ce jeudi, pour la gauche, la saison des universités d’été, suivis par les communistes vendredi et les socialistes la semaine suivante. Cette grand-messe réunit chaque été élus, militants et sympathisants autour de débats structurants pour les partis, des ateliers et des formations. À huit mois de l’élection présidentielle, le sujet s’impose comme central pour les différents rassemblements. D’autant que pour les forces de gauche, les stratégies divergent.

    Les Verts, eux, prévoient une soirée dès l’ouverture jeudi de leurs Journées des écologistes, « pour l’écologie, pour l’union » : « En 2027, la France fera face à un choix décisif. (…) Pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir et faire gagner la gauche et les écologistes, nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays », écrivent-ils sur leur site. La secrétaire nationale du parti a annoncé sa candidature à une primaire unitaire de la gauche – celle-ci étant quasi enterrée. Une enquête d’opinion interne confirme : 65,13% des votes exprimés soutiennent qu’en cas d’échec de la primaire, Marine Tondelier serait leur candidate.

    Cette option de la primaire réunissant la gauche et les écologistes était soutenue et portée par la patronne des Verts et le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Mais ce dernier a été mis en échec dans son propre camp : 55,5% des militants ont voté pour une primaire fermée, réservée aux socialistes et aux « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », à savoir, Place publique de Raphaël Glucksmann. La date du scrutin sera adoptée en Conseil national le 25 août, soit trois jours avant le CamPus à Blois. Ce lundi, le parti a fait un pas de plus en dédiant un site internet à son « Projet socialiste », le programme que portera son ou sa candidate.

    De son côté, le PCF, qui a reconduit Fabien Roussel à sa tête, veut porter sa propre voix en 2027. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a confirmé ce dernier dans son discours d’ouverture du 40e Congrès des communistes à Lille en juillet dernier. Les militants doivent officiellement entériner la candidature de leur secrétaire national lors d’un vote prévu le 6 septembre prochain. La question élyséenne sera évoquée lors des universités d’été à Toulouse, avec un débat entre les différentes forces de gauche samedi, et un atelier « comment faire gagner la gauche en 2027 ? ».

    Lutte contre l’extrême droite

    Pas de surprise du côté de LFI qui se projette déjà dans la campagne avec une formation dispensée lors de ses Amfis dédiée à « rechercher les 500 parrainages pour l’élection présidentielle ». Son leader, Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois à l’élection suprême donnera un grand meeting ce dimanche pour clôturer l’événement à Valence.

    Si elles partent désunies, les organisations politiques affichent un but commun : empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Car le risque n’a jamais été aussi grand de voir les prêcheurs de haine au palais de l’Élysée. Ainsi, les insoumis proposent samedi une conférence intitulée « contre l’extrême droite, la Nouvelle France contre toutes les formes de racisme ». Le même jour, les Écologistes invitent à « repenser la riposte numérique face à l’extrême droite ». Le lendemain, les communistes proposeront une analyse sur le thème suivant « extrême droite : réalités et dynamiques électorales ». Quand le PS questionnera : « Quels sont les ressorts du récit du Rassemblement national ? Comment les contrer ? », la semaine d’après.

    « Nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays »

  • De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    « Je suis honoré de la venue de Marine Tondelier à Marseille car les vacances pour tous c’est un axe important dans sa campagne présidentielle », affirme le sourire aux lèvres, Amine Kessaci, 4e adjoint à la mairie de Marseille en charge de la jeunesse. Il était ce mercredi sur le Vieux-Port avec la candidate à la présidentielle pour Europe Écologie les Verts. Au centre des discussions, le « droit aux vacances pour tous » avec une rencontre des enfants qui partent 3 jours sur l’archipel du Frioul grâce aux partenariats entre les centres sociaux et la mairie.

    Les centres sociaux mobilisés

    La candidate l’assure : « Aujourd’hui 4 Français sur 10 ne partent jamais en vacances ». L’adjoint au maire aux centres sociaux, Hassan Guenfici, lui explique que cet été, à Marseille, 43 centres sociaux sont mobilisés pour proposer 56 séjours pour les jeunes et les familles. Au total, 700 personnes partiront sur les deux mois d’été. « On veut nationaliser ce dispositif pour les enfants, les seniors, les aidants et les familles monoparentales », précise la candidate.

    « T’es déjà allé au Frioul ? », demande Marine Tondelier à un jeune. « C’est la première fois que j’y vais, j’habite dans le 15e arrondissement », répond un adolescent de 14 ans. « On a besoin de ces dispositifs pour éviter que les jeunes restent au pied de leur immeuble tout l’été. Leur permettre de partir en vacances, c’est les respecter », affirme Amine Kessaci.

    « C’est un montant certain, mais c’est un investissement qu’on fait avec plaisir », déclare Hassan Guenfici. Au niveau national, Marine Tondelier affirme que les financements seront détaillés dans le programme Europe Écologie les Verts qui paraîtra le 13 juillet.

    Un Marseillais interpelle Marine Tondelier : « Vous allez sur l’archipel vous ? » ; « Non j’ai le mal de mer malheureusement. », répond-elle en faisant la moue. À défaut de se rendre au Frioul, elle continuera sa campagne en Savoie, pour causer « réchauffement climatique ».

    Gabrielle Cartellier

  • Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Mardi, elle s’est rendue chez les Scop-Ti pour saluer une bataille de 1 336 jours pour garder des emplois avant de se rendre à Marseille, Place Sébastopol où elle a été rejointe par le maire de secteur, l’écologiste Didier Jau.

    Ce mercredi matin, elle se rend au centre social du Grand Saint-Antoine pour présenter sa proposition de « droit aux vacances pour tous ».

  • La bataille culturelle contre l’extrême droite en débat à Avignon

    La bataille culturelle contre l’extrême droite en débat à Avignon

    « On est tous au fait du danger que représente la progression de l’extrême droite pour nos métiers », lance Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT Spectacle, en introduction d’un débat sur les « politiques culturelles pour une société plus juste et démocratique face à l’extrême droite ».

    Les échanges se sont déroulés au cloître Saint-Louis et le ton adopté par les différents intervenants, pour la plupart des syndicalistes des différents secteurs de la culture, est lourd. Car les dernières échéances électorales, les municipales de mars dernier, ont montré que l’extrême droite progresse. Et les premières mesures contre la culture des maires élus, notamment du RN, sont pointées du doigt. Comme la déprogrammation de la pièce de théâtre Passeport, récit de parcours d’exilés, par le maire, membre du parti à la flamme, de Castres, pour des raisons idéologiques.

    Les intervenants pointent l’influence causée par la « bataille culturelle » menée par des milliardaires, Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin en tête. « Il y a une idée de structurer un imaginaire autour d’une France traditionnelle, catholique, nataliste », pointe par exemple Anne-Sophie Simpere, journaliste au média indépendant L’Observatoire des multinationales, à propos du premier nommé. Aujourd’hui, neuf personnes contrôlent 80 % des médias. Également organisateur d’événements, ses activités peuvent impacter, par exemple, les musiciens qui ne pouvaient parfois pas savoir que les structures pour lesquelles ils ont accepté de travailler et avec lesquelles ils ont signé un contrat faisaient partie de son empire évalué à plus d’un milliard de dollars. « On est pris en otage. Il faut être très vigilants car il n’y a pas de clause dans le milieu du spectacle permettant de quitter notre travail dans ces cas-là », prévient Karine Huet, du syndicat CGT des musiciens, le Snam.

    Moyens de luttes

    Face à cela, la lutte s’organise. Et ce, d’abord par le syndicalisme, comme l’explique Mathieu Pace, représentant CGT chez Prisma, groupe de presse de magazines comme Capital, Voici ou encore Géo, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence mais n’est pas majoritaire. Un plan social y prévoit une réduction de 40 % des effectifs. « Il faut prouver que c’est bien lui qui a le contrôle. Contre ces gens-là, la grève ne marche plus car ils n’en ont rien à faire de perdre de l’argent. Mais ce dont ils ont peur, c’est que leur image soit détériorée », assure-t-il. La députée du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian (EELV), également présente, a porté plusieurs propositions de loi contre la concentration des médias. Et assure « qu’il faut qu’il y ait à nouveau un consensus sur les politiques publiques de la culture dans notre pays ».

    6 candidats à la présidentielle au Village du Off

    Suite à une lettre ouverte d’Avignon Festival et Compagnies (AF&C) aux candidats à la prochaine élection présidentielle, six d’entre eux viendront chacun leur tour afin d’échanger au Village du Off pendant ce mois de juillet. Ce dimanche 5 juillet, Xavier Bertrand (LR) était en Cité des Papes. Suivront Jean-Luc Mélenchon (LFI) ce jeudi 9 juillet à 20h, Marine Tondelier (EELV) le samedi 11 à 20h, Clémentine Autain (L’Après) le mardi 14 à 20h et enfin François Ruffin (Debout !) le jeudi 16 à 20h et le jeudi 23 à 18h30 pour Dominique de Villepin.

  • Des rencontres économiques très politiques

    Des rencontres économiques très politiques

    « Naviguer dans un monde sans repères. » C’est le thème de l’édition 2026 des rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se tient du 2 au 4 juillet. Avec le conflit au Moyen-Orient « qui sera très présent » et au sortir d’un épisode caniculaire historique en France, « la multiplication des tensions, des complexités du monde rend ces Rencontres d’Aix assez exceptionnelles », a estimé Jean-Hervé Lorenzi, président de ce forum organisé par le Cercle des économistes.

    Pourtant la boussole de la plupart des 400 intervenants et 8 000 participants attendus, du patron de Total Énergie, Carrefour, Veolia à celui de Suez, la boussole est claire : celle du profit. Au fil des débats, ce rendez-vous sera l’occasion notamment pour Patrick Martin, président du Medef, de reposer les bases : remettre la pression sur la réforme des retraites en remettant les 60-65 ans au boulot et démonter notre système de protection sociale en allégeant les cotisations patronales, explique-t-il à nos confrères de la Provence ce mardi 30 juin.

    Le monde de la finance ne manquerait évidemment cette sauterie pour rien au monde avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, une fidèle, le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin ou le président de l’Eurogroupe et ministre des Finances grec Kyriakos Pierrakakis. Le secteur bancaire et financier sera aussi très présent représenté notamment par Daniel Baal (Crédit Mutuel/CIC), Slawomir Krupa (Société Générale), Thomas Buberl (AXA) ou Nicolas Namias (BPCE).

    En face, les représentants de trois centrales syndicales, Sophie Binet pour la CGT, Caroline Chevé pour la FSU et Frédéric Souillot pour Force ouvrière, tenteront de remettre le concept du droit au travail et de dialogue social au cœur des débats. La première participera à une plénière sur le thème « produire français, gage de souveraineté » face à Patrick Martin, la deuxième interviendra sur « formation et révolution des métiers » et le dernier défendra le rôle des corps intermédiaires… savamment sapé par les quinquennats d’Emmanuel Macron. À moins d’un an de la présidentielle, justement, nombre de personnalités politiques et candidats, déclarés ou non, seront présentes dans ce temple du libéralisme.

    Hollande, Philippe

    et Tondelier de la partie

    On retrouve là le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, et son concurrent Édouard Philippe (Horizons), ou Marine Tondelier (Les Écologistes) et Dominique de Villepin, qui ne s’est pas encore déclaré mais regorge néanmoins d’idées sur un potentiel programme économique pour le pays. L’ex-président socialiste François Hollande, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, seront également de la partie.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est lui attendu jeudi, quelques jours avant une réunion ou plutôt « un comité d’alerte » qu’il présidera le 7 juillet, pour faire un point d’étape, avec l’annonce attendue de nouvelles économies, avant la présentation à la mi-juillet des grandes lignes du budget 2027.

    « On a mis un énorme effort sur deux sujets, l’international, puisque nous avons 55 think tanks qui viennent du monde entier, et sur la jeunesse », avec plusieurs sessions qui lui seront consacrées, précise Jean-Hervé Lorenzi. Une jeunesse dont ce forum économique entend « mettre en lumière les attentes, les fragilités et aspirations », bien conscient qu’il va falloir « intégrer ceux qui seront les acteurs de demain » pour faire perdurer le système… Quelque 250 jeunes lanceront aussi une initiative, « Jeunesse 2027 », avec l’université d’Aix-Marseille, pour élaborer des propositions qu’ils souhaiteraient voir émerger dans le débat de la présidentielle (lire également ci-contre).

    En parallèle, dans la ville, se tiendront plus de 45 événements et ateliers couvrant toute une programmation pédagogique et culturelle (ciné-débats, expositions, représentations théâtrales) dans divers lieux d’Aix. L’objectif affiché : « faire descendre l’économie dans la rue ». En 2025, l’événement avait attiré près de 8 700 participants.

  • Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Ils tirent une leçon claire des élections municipales. Face à un « RN qui s’ancre » et à la « porosité » qui s’étend entre la droite et l’extrême droite, le danger a atteint un tel niveau qu’une candidature commune à gauche est indispensable à la présidentielle 2027.

    « Il n’y a que quand on est unis qu’on peut gagner », estime Boris Chenaud. Porte-parole héraultais de l’Après, le mouvement politique fondé l’été 2024 par des purgés insoumis, il fait partie des premiers à lancer la campagne pour l’organisation d’une primaire des forces progressistes prévue le 11 octobre.

    Une idée partagée par Les Écologistes de Marine Tondelier, Génération.S (Benoît Hamon) et Debout ! (François Ruffin). Mais pour l’heure rejetée par LFI de Jean-Luc Mélenchon, le PCF de Fabien Roussel ou le PS d’Olivier Faure. C’est dire si les pro-primaire ont du pain sur la planche.

    78% des gens de gauche favorables à une primaire

    Pourtant, 78% des sympathisants de gauche y sont favorables (sondage Ipsos BVA). « Ce doit être la construction d’une candidature consensuelle, pas un combat de coqs », insiste Boris Chenaud qui croit en une « dynamique populaire » si 1,5 à 2 millions de Français venaient voter à l’automne après avoir signé une charte pour un programme dans le périmètre du Nouveau front populaire.

    Quant au système de votation imaginé, pas question d’humilier qui que ce soit pour limiter les risques de candidatures dissidentes à la Manuel Valls. « On souhaite un système de notation des candidats (très bien, bien, assez bien, passable, rejet…) assez similaire à celui utilisé pour les primaires à New York », explique Anne-Rose Le Van, de l’Après 34.

    Si les premiers tracts ont été distribués à Montpellier, il reste beaucoup à faire pour que la mayonnaise prenne d’ici cet été. D’autant que les divergences entre partis de gauche semblent s’être exacerbées ces derniers mois. Sur les conflits type Israël/Palestine, Boris Chenaud préconise de « s’appuyer sur le droit international ». Sur les désaccords nationaux, Anne-Rose Le Van appelle chacun à prendre ses responsabilités. « Avec la Nupes, on avait laissé chaque député trancher la question du nucléaire. » Elle rappelle qu’avec Lionel Jospin (1997-2002), « la gauche avait réussi à diriger le pays avec Gayssot, Mélenchon et Voynet ».

    Anne-Rose Le Van assure que des socialistes et des communistes sont favorables à l’organisation d’une primaire des gauches qui irait du NPA au PS. Elle invite à suivre Marie-Pierre Vieu (PCF) qui a signé dans Libération la pétition pour un scrutin à l’automne.

  • David Fournier prend le train vert de Marine Tondelier

    David Fournier prend le train vert de Marine Tondelier

    Partie du Pas-de-Calais en train de nuit pour Menton, puis Toulon et Nîmes, lundi Marine Tondelier n’est pourtant pas las du train-train quotidien en arrivant ce mardi à Avignon pour soutenir David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement, rejointe par les Verts. La secrétaire nationale des Écologistes est lancée depuis un an dans un tour de France des communes, en vue des municipales, mais en gardant à l’esprit aussi de quoi nourrir son projet pour la présidentielle de 2027, où elle a déjà annoncé sa candidature. « Avec les régionales de 2028, on s’apprête à mener la bataille politique la plus dure et la plus importante de notre vie, estime Marine Tondelier. On a tous conscience de cette responsabilité qui a un côté écrasant mais très motivant. »

    Une motivation qu’elle puise sur le terrain. En milieu d’après-midi, une visite de l’entreprise Promodal, spécialisée dans le transport combiné rail-route, était organisée. « C’est très inspirant d’aller voir les gens qui se battent et attendant des réponses de notre part », commente-t-elle à la sortie. David Fournier est lui rattrapé par les enjeux locaux de mobilité sur la LEO, plan Faubourgs ou arrêté anti poids lourds sur la Rocade.

    Au local de campagne ensuite, David Fournier salue « l’esprit fédérateur des Écologistes », qui en le rejoignant « ont impulsé la dynamique d’union de la gauche ». Marine Tondelier est sur la même « boussole », « avoir un maximum de ville à gauche ». « Sauf exceptions, de manière assez instinctive, les Écologistes ont partout été responsables pour garder l’union », assure-t-elle. Ce qui ne fut pas le cas en 2020 où Jean-Pierre Cervantès, désormais rangé derrière David Fournier, avait fait cavalier seul au 1er comme au 2nd tour.

    Marine Tondelier ne s’est pas attardée sur le cas de Sabah Badji, cheffe de file suspendue après s’être ralliée à Mathilde Louvain (LFI). « Les gens ont le droit d’avoir et de suivre leur liberté de conscience mais les résultats parleront d’eux-mêmes », projette la patronne écologiste. Et si dans d’autres communes, son parti soutient LFI, « statistiquement, il y a un isolement de LFI qui a tenu à partir tout seul partout, je pense qu’il y aura un vote utile, très fort, dès le premier tour pour les listes d’union », projette Marine Tondelier qui raconte que récemment dans un train, Manuel Bompard, coordinateur national des insoumis, lui a dit « ne plus avoir de partenaires » à gauche. « Pas mieux », intervient David Fournier, laissant transparaître à demi-mot qu’il ne serait guère enclin à s’allier avec Mathilde Louvain au second tour.

  • Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    Le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne

    À sept semaines du 1er tour des élections municipales (15 et 22 mars), le Printemps marseillais inaugure son QG de campagne. Installé à l’angle du cours Belsunce et de la Canebière (1er). Le lieu fourmille déjà depuis quelques semaines. Les 800m2 de cette ancienne banque installée au cœur de Marseille ont été apprivoisés au fil des semaines. Vendredi, la façade jusqu’ici parée d’un soleil, symbole du Printemps marseillais, noir sur fond blanc, s’est colorée. Du fuchsia, du rouge, du vert, du bleu et quatre chiffres énormes, 2026, blancs et bleus, planté au milieu de la rade de Marseille, laissant figurer en fond la Bonne Mère. Côté Belsunce, le nom de tous les quartiers de Marseille.

    Plusieurs rendez-vous y ont été organisés. Benoît Payan, le maire (DVG) sortant y a officiellement annoncé sa candidature le 10 janvier. Audrey Garino, son adjointe (PCF) en charge des solidarités y a dévoilé les vingt premières mesures programmatiques du Printemps marseillais pour la future mandature, la semaine passée. Mercredi, c’est Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes qui est venue apporter son soutien, le tout premier venu d’une personnalité politique nationale.

    L’inauguration va battre le rappel des troupes et donner le véritable coup d’envoi de la campagne du Printemps marseillais version 2026 même si les militants sont engagés sur le terrain depuis plusieurs semaines déjà. Porte-à-porte, affichage, tractage de rue se multiplient. Plusieurs centaines d’entre eux sont attendues ce samedi, au côté des représentants de toutes les forces politiques et citoyennes engagées derrière Benoît Payan.

    « Le but est de montrer toute l’ampleur de ce rassemblement », glisse l’entourage du maire ou l’appui sur l’enthousiasme qui anime les troupes. L’ambiance soutenue par les derniers sondages et les retours des Marseillais est bonne. Comprenez ici, joyeuse.