Tag: Marie-Jeanne Verny

  • Des nouvelles têtes dans les listes en lice à Montpellier

    Des nouvelles têtes dans les listes en lice à Montpellier

    À Montpellier, le « mercato » politique est resté ouvert jusqu’au dernier moment : jeudi 26 février 18h, date de clôture du dépôt des listes. Si le casting des têtes de liste ressemble à celui de 2020, de nouveaux visages vont faire leur baptême du feu chez les colistiers.

    C’est le cas sur la liste du maire sortant renouvelée à un tiers. Parmi les personnalités présentes, outre l’écologiste Jacqueline Markovic et l’ancienne députée Insoumise Muriel Ressiguier, on peut citer le doyen de la faculté de droit, Guylain Clamour, Stéphane Hernandez (communauté gitane), Annie Benezech (directrice de la SPA) ou l’enseignante en occitan, Marie-Jeanne Verny. À noter deux transferts puisque Serge Guiseppin, président de la commission des finances qui était sur la liste Altrad en 2020, et Tal Anahory (médecin, liste Vignal 2020) se rangent derrière Michaël Delafosse.

    La valse des colistiers

    Qui dit renouvellement dit départs. Plusieurs élus de la majorité ont choisi de se retirer (Maryse Faye, Bruno Paternot, Véronique Brunet…) quand d’autres ont claqué la porte pour rejoindre une liste concurrente. C’est le cas du professeur Charles Sultan qui s’était brouillé à mi-mandat et atterrit sur la liste de Mohed Altrad ou bien de Hind Emad. L’ancienne madame économie de M. Delafosse sera numéro 2 derrière Philippe Saurel. Outre ses fidèles Abdi El Kandoussi ou le « sage » Max Lévita, l’ancien maire s’entoure aussi de l’ex-18e adjoint Roger Yannick Chartier. P. Saurel a aussi convaincu Odette Daudé, la voix des commerçants de l’Écusson, Bérengère Dubus, présidente du syndicat national des courtiers, l’ancien directeur du Polygone Roger Naro ou Xavier Borg, directeur de l’Office de tourisme Cèze Cévennes.

    Avec une liste renouvelée à 90%, P. Saurel a aussi ses défections. Patricia Mirallès et Stéphanie Jannin ont rejoint Mohed Altrad, Luc Albernhe ou Bernard Travier soutiennent la notaire Isabelle Perrein soutenue par la droite.

    Du côté de l’écologiste Jean-Louis Roumégas, on retrouve François Vasquez, l’ancien vice-président de la Métropole aux déchets, fâché à cause de la chaudière CSR. Mais aussi la militante écolo Marie-Noëlle Sibieude. En revanche, Nordine Maktoubi s’est mis en retrait et Julia Mignacca a filé chez les Insoumis de la députée Nathalie Oziol.

    Celle-ci a réussi à convaincre à la fois l’élue d’opposition Alenka Doulain et les militants de Cause Commune.

  • Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Montpelhièr l’Occitana : une force pour faire vivre la langue

    Faire de l’occitan autre chose qu’un patrimoine figé. C’est le sens de la démarche portée par le nouveau collectif Montpelhièr l’Occitana, officiellement lancé lors d’une conférence de presse organisée le 5 février. Pour la première fois à cette échelle, près d’une vingtaine d’associations occitanistes – culturelles, éducatives, sportives et médiatiques – ont décidé d’unir leurs forces pour interpeller publiquement les candidats aux élections municipales de mars 2026.

    « La langue est un ensemble cohérent »

    Coordonné par Pierre-Luc Angles, membre de la Calandreta dau Clapàs et du Cercle Occitan dau Clapàs, le collectif revendique une indépendance totale vis-à-vis des partis politiques. « Nous tenons à cette indépendance. Nous sommes dans une politique d’ouverture », insiste-t-il, rappelant que l’objectif n’est pas de créer un mouvement partisan, mais de peser sur le débat public. En toile de fond, un constat partagé : l’occitan est classé « en danger de mort » par l’Unesco, alors même que les sondages récents montrent un attachement fort de la population aux langues régionales. Le texte destiné aux candidats pose les bases d’une politique transversale en faveur de la langue occitane. Six axes structurent les propositions : développement de l’enseignement public et associatif, reconnaissance institutionnelle, soutien au tissu associatif, présence de l’occitan dans l’espace public, programmation culturelle dédiée et formation des agents territoriaux.

    Sur la question scolaire, les prises de parole ont souligné l’importance d’une politique d’offre. Marie-Jeanne Verny, présidente du Creo Lengadòc, défend l’idée que « tous les enfants de Montpellier ont droit à la connaissance de la langue du pays », y compris ceux dont les familles ne la demandent pas spontanément. À ses côtés, les représentants des Calandretas rappellent que plus de 550 élèves sont aujourd’hui scolarisés en immersion occitane sur le territoire montpelliérain, preuve d’une demande sociale bien réelle. Mais pour le collectif, l’école ne suffit pas. « Si les enfants ne rencontrent pas la langue dans la société, ils font du latin », résume Marie-Jeanne Verny. D’où la nécessité de sortir de ce qu’elle appelle le « syndrome de la langue dans le bocal » : une langue cantonnée aux salles de classe, aux associations ou aux événements ponctuels.

    Cette critique traverse l’ensemble des propositions. Signalétique bilingue, annonces sonores dans les transports, communication municipale, noms de rues : autant de leviers jugés sous-utilisés à Montpellier, en comparaison avec d’autres territoires comme le Pays basque ou Toulouse. « Il faut que les enfants entendent et voient que c’est une langue vivante », martèle Alain Bessière, président du Cercle occitan de Montpellier. Le volet culturel occupe également une place centrale. Théâtre, musique, littérature, sport traditionnel : le collectif plaide pour une programmation régulière et visible, inscrite dans les cahiers des charges des équipements subventionnés.

    Au-delà des moyens financiers, les associations réclament une reconnaissance politique claire : un service dédié à la langue occitane, une délégation identifiée, un chargé de mission à temps plein, et un rendez-vous annuel avec la municipalité pour évaluer les engagements pris. « La langue, ce n’est pas un événement, c’est un ensemble cohérent », résume Marie-Jeanne Verny. Reste désormais à voir comment les candidats aux municipales répondront à cette interpellation collective, inédite par son ampleur, à quelques semaines du scrutin.