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  • Marie Batoux : « L’extrême droite nie la grande majorité des violences faites aux femmes »

    Marie Batoux : « L’extrême droite nie la grande majorité des violences faites aux femmes »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie
    du territoire.

    Le droit à l’IVG

    Didier Gesualdi : À l’occasion de la journée internationale pour le droit à l’IVG, vous avez organisé à Marseille un événement sur ce thème. Rencontre-t-on encore des difficultés à avoir accès à ce droit ?

    On avait la chance d’avoir une gynécologue avec nous, jeudi, lors de cet événement et elle pointait une régression notamment à propos de la clause de conscience des personnels de santé. Aujourd’hui, une femme sur deux ayant eu recours à l’IVG indique qu’un professionnel a refusé de l’accompagner pour l’intervention contre 27% en 2024. C’est une dégradation extrêmement rapide au plan national. On est face à des pressions sociales, près de 64% de ces femmes disent en avoir subi pour ne pas effectuer leur avortement. Une femme sur cinq déclare avoir le sentiment de ne pas avoir eu le choix de sa méthode d’IVG. On a une loi qui encadre fortement les délais. On ne peut pas avoir au-delà de 16 semaines et aujourd’hui, il faudrait recevoir dans les 5 jours une femme qui a constaté qu’elle était enceinte et veut interrompre sa grossesse, or le délai moyen de rendez-vous est de 7 jours. C’est aussi une régression. À Marseille, on n’est pas exempt de cette démarche.

    Léo Purguette : C’est très paradoxal puisque ce droit a été inscrit dans la constitution. Est-on face à une insuffisance de moyens dans les services médicaux
    ou à une régression idéologique ?

    Le phénomène doit être pris dans un cadre global marqué par le recul du nombre de gynécologues qui exercent en ville ou à l’hôpital. C’est un sujet d’accès aux soins, notamment dans des quartiers qui sont de vrais déserts médicaux sur lesquels la Ville de Marseille tente d’agir en s’appuyant sur des acteurs associatifs. Il y a aussi ce que vous évoquez dans votre question, c’est-à-dire une montée du masculinisme, des forces réactionnaires dans ce pays qui fait que ces personnels de santé qui exercent leur clause de conscience sont de plus en plus forts. Il faut savoir que ce ne sont pas que des gynécologues, mais ça peut être aussi un anesthésiste, un infirmier… Cela concerne l’ensemble de la chaîne médicale et augmente le nombre de freins que l’on peut constater pour l’accès à l’IVG.

    Les leviers d’action de la ville

    Didier Gesualdi : Quels sont les leviers d’action dont vous disposez au niveau municipal ?

    Cette soirée que nous avons organisée jeudi, autour du droit à l’IVG, résulte d’une réflexion de l’assemblée du futur qui a eu lieu l’année dernière sur le sujet de la santé des femmes. Elle part d’un constat : aujourd’hui, nous devons sensibiliser, faire de la prévention, informer les jeunes filles, les femmes, sur leurs droits et leur permettre d’y accéder. C’est une première étape. Nous devons continuer de travailler avec notre partenaire associatif, le Planning familial, qui est notre référence en la matière, pour permettre de continuer à travailler sur l’accès aux droits. Notre dialogue avec l’AP-HM nous permet aussi d’avancer.

    Léo Purguette : Les droits des femmes dépassent évidemment le seul droit à l’IVG. Que peut une Ville en la matière ?

    Il y a en effet toute une réflexion à mener parce que cela peut relever de l’accompagnement social, de la police, de la justice, du droit au logement, de l’accès à l’emploi… Il y a une transversalité qui doit permettre aux partenaires institutionnels d’échanger et de trouver des solutions. Par exemple, la Ville avec la Métropole peut trouver des solutions sur le logement. Nous avons une expertise, la Ville a un service droits des femmes qui accompagne les victimes de violences et nous travaillons avec tous les acteurs incontournables de terrain. Nous avons un observatoire qui doit nous permettre de comprendre comment cela se passe sur notre territoire et de définir les politiques publiques à mener.

    Safer

    Didier Gesualdi : La Ville a déployé le dispositif Safer sur les plages pour protéger les femmes du harcèlement. Envisagez-vous de l’étendre ?

    C’est un dispositif né dans les festivals musicaux qui vient d’un acteur central à Marseille, Marsatac, qui a développé son propre outil et nous a permis d’en bénéficier sur les plages. C’est une application qui permet de signaler une situation de violence et qui doit être accompagnée de personnes physiques pour faire de la prévention contre les comportements inadaptés qui vont du regard lourd à l’agression. Nous l’avons mis en place sur les plages et déployé aussi cette année, sur l’été marseillais, de manière expérimentale. Cette année, ce sont 235 interventions qui ont été faites par nos équipes de médiation, soit 25% de plus que l’année précédente. Ce qui révèle la forte pertinence du dispositif. Il ne faut pas dédramatiser, mais dire que 186 situations ont été résolues par la médiation, ce qui veut dire qu’on n’a pas toujours besoin de la force publique. 26 interventions des forces de l’ordre ont été nécessaires.

    L’extrême droite

    Léo Purguette : Pour la première fois, une femme est donnée gagnante de la présidentielle. Elle est d’extrême droite, y voyez-vous un paradoxe ?

    C’est une femme héritière d’un système. Elle est le symbole d’un héritage politique ancien. On se rappelle bien, à Marseille, de l’OAS, de la guerre d’Algérie et de ces militants qui n’hésitaient pas à torturer et à commettre des attentats. On voit aujourd’hui l’extrême droite développer une sorte de sémantique autour du féminisme avec la mairie des 11-12 qui fait venir une association proche du mouvement Nemesis pour créditer un récit autour du migrant agresseur sexuel. Ce que fait l’extrême droite, c’est nier la très grande majorité des cas de violences qui sont intraconjugaux pour alimenter ses thèses racistes autour d’un bouc émissaire qui serait l’étranger. Par ailleurs, des thèses masculinistes perdurent au sein du RN selon lesquelles les femmes prennent le travail des hommes et devraient retourner au foyer, mais aussi des dangers sur l’IVG et la contraception.

    L’éducation des jeunes

    Léo Purguette : La meilleure manière de prévenir les violences sexistes et sexuelles n’est-elle pas l’éducation des jeunes garçons ?

    C’est tout un écosystème à changer, tout une prise de conscience collective. Pour l’éducation, la Ville mène déjà des parcours égalité fille-garçon dans les écoles. Il faut renforcer le dispositif. Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle voulu par l’État est l’objet de beaucoup de fantasmes. Nous devons travailler à permettre aux familles de bien comprendre de quoi il s’agit : c’est l’apprentissage de la notion de consentement, de dignité humaine etc. Nous avons des travaux à mener avec des acteurs de l’éducation populaire également hors du temps scolaire.Beaucoup restent à faire par ailleurs sur la question de l’IVG ou de l’excision. On est sur des sujets qui concernent la santé sexuelle pour faire en sorte que l rapport à ces questions soit changé.

    Les moyens

    Léo Purguette : Faites-vous du partage d’expérience avec d’autres villes ? Durant les municipales, La Marseillaise avait relevé que des délégations comme la vôtre n’existent pas partout.

    Oui, c’est un travail que je mène effectivement. Je pense notamment à la cité des femmes qui est un lieu qui devrait permettre à toutes les associations, mais aussi aux acteurs de l’accès aux droits et aux services publics liés aux signalements, aux dépôts de plainte, d’accompagner les femmes. Nous échangeons avec les Villes qui ont mené à bien ce type d’expérience pour savoir comment elles s’y sont prises. Ce sont souvent des lieux associatifs ou municipaux. L’idée à Marseille est peut-être de faire quelque chose d’un peu hybride pour porter une politique publique qui fasse connaître le continuum de violences auquel les femmes sont confrontées et qui fasse reculer les violences sexistes et sexuelles.

    Didier Gesualdi : Les associations s’inquiètent des moyens disponibles pour mener à bien leurs actions.

    L’inquiétude est surtout de savoir quels seront les budgets des autres institutions qui sont en train de se réduire comme peau de chagrin après les annonces budgétaires qui sont faites de restrictions des dotations de l’État sur les collectivités. C’est extrêmement inquiétant pour 2027, c’est tout un tissu associatif qui va être mis en danger alors que son activité est d’intérêt général et qu’il se substitue finalement au service public.

    Léo Purguette : La Haute-commissaire à la protection de l’Enfance était sur ce plateau, la semaine passée. Contestez-vous les montants avancés par l’État pour financer la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants ?

    Ces montants ne sont pas crédibles parce qu’il valorise ce que l’État fait déjà, c’est ce que dénoncent les associations. Nous demandions 3 milliards contre les violences sexistes et sexuelles qui englobent l’ensemble des moyens nécessaires comme cela a été fait en Espagne, ce qui a produit des changements radicaux. On sent bien que les annonces du gouvernement sont pré-présidentielle, ce qui est inquiétant pour la suite. Cependant, le vote de cette loi intégrale nous permettra d’avancer et d’avoir une assise législative pour continuer le travail.

    Les Joggeuses

    Didier Gesualdi : On parlait des plages, mais ce ne sont pas le seul lieu où des jeunes femmes, des femmes, peuvent subir du harcèlement. Comment mieux lutter globalement contre ce phénomène ?

    Il y a de plus en plus de joggeuses qui sont l’objet d’agression. Nous devons nous emparer de ce sujet fortement. C’est une question de garantie d’utiliser l’espace public au quotidien. Le 25 novembre, nous aurons la dernière « la Voie est libre » de l’année et, à cette occasion, nous allons organiser la course des joggeuses. 1, 2, 3 km contre les violences sexistes et sexuelles. Cela doit permettre de rendre visible et de faire connaître ce phénomène pour sensibiliser l’ensemble des personnes sur la question.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de
    Lisa : Je suis jeune maman, la question de la garde d’enfant me paraît plus qu’importante pour l’égalité. Que fait la mairie là-dessus ?

    Je pense en effet qu’il y a une politique à mener rapidement en direction des familles monoparentales pour permettre à toutes ces femmes qui élèvent seules des enfants d’avoir accès à la garde d’enfants plus facilement. C’est un coût financier fort pour elles. C’est toute un politique que nous engageons pour leur permettre aussi d’accéder aux services publics plus facilement, au logement, à un ensemble de propositions culturelles, et même d’un droit au répit leur permettant de souffler un peu. C’est une politique qu’on doit mener avec la CAF. La Ville finance aussi fortement les centres aérés et, depuis le début du mandat précédent, nous augmentons le nombre de places, le soutien aux associations culturelles, sportives et l’accompagnement périscolaire. C’est un ensemble de maillons qui doivent être améliorés et un dialogue permanent avec la CAF notamment puisqu’elle co-finance ce type d’actions.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Marie Batoux

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Marie Batoux

    Discriminations, égalité femme-homme, droit à l’IVG…

    À vous la parole ⬇️

  • Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    L’aide à l’hébergement et au logement pour les victimes de violences « n’est pas nouveau sur le territoire » campe Anne-Sophie, de l’association Solidarité Femmes 13 (SF13). Depuis 50 ans, l’association œuvre sur l’ensemble du département, à travers trois antennes – Marseille, Aix et Istres – et 12 permanences pour être au plus près des besoins des femmes et enfants du territoire. Sans oublier les hébergements disséminés sur toutes les Bouches-du-Rhône : Marseille, Istres, Port-de-Bouc, etc.

    Un accompagnement social qui n’aurait jamais pu se faire « sans l’aide des services publics », souligne la salariée de SF13. Subventions de l’État principalement, mais aussi des collectivités locales, « nous bénéficions d’engagements locaux assez puissants – Région, Département, Villes, sans lesquels nous ne pourrions aujourd’hui pas nous déployer », reconnaît-elle. Depuis 50 ans que l’association existe, la coordination entre associations et politiques publiques est « primordiale ». « Autant nous avons besoin du soutien financier et institutionnel des acteurs politiques du territoire, autant la réalité du terrain que nous recensons leur est essentielle pour développer des services publics cohérents. C’est un lien que nous devons conserver, si ce n’est renforcer », détaille Anne-Sophie.

    Un dispositif innovant

    et inédit

    « L’objectif est de poursuivre son développement, compléter l’offre, et la créer lorsqu’il n’y en a pas » poursuit-elle. Le nouveau projet qui sera révélé le 4 juin est un dispositif innovant et inédit, alliant les pouvoirs publics, la sphère privée et notre association : « nous n’avions jamais mis en place un projet d’une telle ampleur », confie la salariée de l’association SF13.

    Un pari que Marie Batoux, déléguée à l’égalité des genres de la ville de Marseille applaudit : « Le programme est intéressant car il permettra de structurer sur le territoire, des solutions pour aider les femmes victimes de violences en précarité ou en tout cas, soumises à des conditions qui ne leur permettent pas de se protéger. »

    L’aide au logement pour les victimes de violences n’est pas nouvelle sur le territoire marseillais. Marie Batoux s’en souvient bien. « Pendant la Covid-19, nous avons soutenu l’auberge marseillaise, un lieu refuge initié par neuf associations dans l’ancienne Auberge de Jeunesse Bonneveine (8e) », rappelle l’élue.

    Le dispositif de la Cepac et de SF13 s’inscrit d’ailleurs dans cette « réflexion menée par de la ville », apprécie Marie Batoux. Un maillage entre les institutions politiques est associatives qu’elle juge nécessaire : « Nous sommes face à un problème de société patriarcal. Nous, élus et acteurs politiques, devons répondre à ce problème local, en proposant des ressources. Incarner ce que doit être la Ville de Marseille, une entité protectrice du public vulnérable, en travaillant avec des experts de la question comme Solidarité femmes 13 », conclut-elle.

  • Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Les 73 conseillères et conseillers municipaux ont voté, à l’unanimité, la création d’un groupe unique de la majorité municipale », indique ce vendredi le Printemps marseillais, dans un communiqué. à cette occasion, c’est Arnaud Drouot, adjoint (PS) au maire de Marseille délégué au Bataillon de marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile, qui a été désigné pour en prendre la présidence.

    Faire vivre le groupe

    « Faire vivre l’unité et la diversité de notre rassemblement, promouvoir l’action du maire de Marseille Benoît Payan et des élus de la majorité municipale, sera la feuille de route du groupe », explique ce dernier, qui fut un temps directeur de cabinet de Benoît Payan sur la dernière mandature.

    Afin de « faire vivre ce groupe », un bureau représentant l’ensemble des sensibilités du Printemps marseillais a été créé. Un dispositif déjà mis en place en 2020, mais qui prend plus de consistance avec une majorité renforcée d’une vingtaine d’élus. Il est composé de sept membres : la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Thomas Roller (PS) pour les socialistes et apparentés, Amine Kessaci (EELV) pour les écologistes, Audrey Garino (PCF) pour les communistes, Éric Mery pour Mad Mars, et Pierre Huguet (G.s) qui retrouve à ses côtés des élus Debout ! et L’Après.

    « Si on regarde d’autres villes, avoir un groupe est rare. Cela montre que le Printemps marseillais est bien plus qu’une alliance électorale. C’est un message important d’unité, note ce dernier. Pour le reste, on est plus sur des périmètres politiques nationaux et cela permet de s’organiser pour garantir plus de fluidité dans nos échanges. »

    « Ce sera plus simple de faire des réunions chaque semaine en bureau plutôt que des réunions de groupes à 73 », résume l’entourage du maire. « Charge à nous de bien faire le lien avec tous les élus », glisse Éric Mery (Mad Mars), le nouvel adjoint aux Sports de la ville, qui a pris la tête des conseillers de « sensibilité » citoyenne. Un « groupe » de dix, tous membres du mouvement Mad Mars, où figurent notamment quatre autres adjoints, Pierre-Marie Ganozzi, Julien Harounyan, Juliette Masson et Sophie Guérard, ainsi que la maire des 6-8, Olivia Fortin.

    Si cette représentativité ne devrait pas se traduire par un positionnement particulier sur les bancs de l’hémicycle Bargemon, les conseillers municipaux de la majorité, jusqu’ici assis par ordre alphabétique, pourraient se retrouver répartis par affinité de délégation, glisse un autre élu.

    Ces « groupes » de sensibilité ont commencé à prendre forme. Pascaline Lecorché (Place publique) a sans surprise rejoint les socialistes et apparentés. « On a fait la campagne européenne ensemble, un chemin collectif s’est déjà construit et c’est en cohérence avec nos positions nationales », explique cette dernière.

    Le « groupe » communiste présidé par l’adjointe au logement Audrey Garino, réunit le maire PCF des 15-16, Jean-Marc Coppola, Anthony Goncalves, le chef de file du PCF sur la campagne qui en prend la vice-présidence, ainsi que Nathalie Tessier, Hassan Guenfici, Ibrahim M’Ze, Mohamed Itrisso, Laure Rovera et quatre conseillers apparentés : Rebecca Bernardi (PM), Marie Batoux (PM), la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard et Patrick Amico.

  • « Il faut travailler sur toutes les formes de discrimination »

    « Il faut travailler sur toutes les formes de discrimination »

    Si elle note que « beaucoup de choses ont été réalisées lors de la 1ère mandature », citant notamment la mise en place du Centre LGBTQIA+ en 2023, elle souhaite en premier lieu « établir avec les associations une feuille de route pour définir les priorités » et veut faire un « gros travail de diagnostic à faire avec les acteurs concernés ». « Il faut accompagner, renforcer l’accompagnement et écouter l’ensemble du tissu associatif, que la Ville les accompagne sur leurs propres diagnostics », développe-t-elle. Sur les guets-apens homophobes spécifiquement, elle analyse : « Ce qui est très inquiétant c’est la libération de la parole que permettent la présence et les propos d’élus du Rassemblement national. Ce côté masculiniste qu’ils enclenchent ouvre la porte à ce genre de violences, de guets-apens qu’on a connus y compris à Marseille. »

    Une « libération de la parole » qui contribue à ses yeux, plus ou moins directement, à « légitimer des groupes masculinistes très actifs sur les réseaux sociaux et légitimer leurs paroles qui posent vraiment question, sur la place des femmes dans la société ou pour les minorités genrées… ». Concrètement, elle a dans le viseur deux points : « Permettre d’avoir des politiques éducatives qui travaillent sur les formes de discrimination » et « sanctuariser les lieux safe ».

  • La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    La Métropole s’offre une dernière séance de mandature houleuse

    L’esprit de fêtes n’a pas régné sur le dernier conseil métropolitain de la mandature. L’opposition entre l’exécutif de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie de Marseille, et la majorité municipale de gauche en gestion, a agité les débats. Pour ouvrir la séance, la présidente avait pris soin de vanter les mérites d’une Métropole qui « se porte bien » et « avance sur ses priorités ». Un discours mis à mal au fil des 143 rapports. Une poignée a suffi.

    Pierre Huguet (G.s) a tiré le premier en pointant l’abandon des politiques à destination des plus précaires. « Un retrait pensé, assumé, un effacement méthodique » dans une ville comptant 42 quartiers politique de la ville quand « ailleurs c’est des largesses ». « Les Marseillais s’en souviendront », assène le chef du Printemps marseillais au conseil municipal. « Stratégie électorale » répond Martial Alvarez (DVD), expliquant que le désengagement était annoncé.

    Dans la foulée, Yannick Ohanessian (PS) réclame une équité de traitement pour le Bataillon des marins-pompiers de Marseille quand l’hémicycle vote une contribution exceptionnelle au Sdis pour les efforts engagés cet été sur le front des incendies. « Dans ma commune la majorité des sapeurs volontaires sont des marins-pompiers », répond Marc del Grazia, maire (DVD) de Roquefort-la-Bédoule.

    « Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    En matière de voirie, Perrine Prigent (PM) rappelle les bénéfices perdus du Tunnel Prado Carénage, l’échec du plan vélo, l’obstination sur le boulevard urbain sud. Avant elle, Anne Meilhac (PM) pointait le manque de place de parkings, et Sophie Camard celui de démocratie. « Les meilleures maisons de la Métropole sont les mairies », glisse la maire (GRS) des 1-7 alors que la Métropole entend créer 25 « maisons » de ce type. Elle reviendra à la charge sur les déchets rappelant que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères apparaît inversement proportionnelle au service.

    Le ton monte avec le Contrat d’obligation de service public de la RTM. Marie Batoux (PM) explique que son groupe votera contre ce texte qui « marque le renoncement à une régie publique de qualité », « affiche des objectifs sans donner de moyens pour les atteindre » et promet des pénalités. L’élue craint un « affaiblissement structurel de la régie » en vue de son « ouverture à la concurrence ». Le groupe communiste lui s’abstient, réitérant par la voix d’Yves Mesnard, le maire (DVG) de Roquevaire, sa « demande de suspension du contrat en l’état et de prorogation du contrat actuel par voie d’avenant » afin de permettre un travail approfondi avec les syndicats, représentants des usagers et élus.

    « Une agitation pour rien » assure Catherine Pila, la présidente (LR) de la RTM défendant « un contrat ambitieux » et « une confiance mutuelle et renouvelée », signé, gage de bonne foi, sur huit ans. « Non il n’y aura pas de privatisation », lance-t-elle accusant les élus marseillais.

    Martine Vassal finit par sortir de sa réserve. Accusant l’opposition de mentir et d’agiter le chiffon rouge pour bloquer Marseille pendant les fêtes, elle interpelle le maire (DVG) « élu sur un mensonge ». Invitée à ne pas tomber dans un débat marseillo-marseillais par Benoît Payan, elle voit rouge : « Le débat, on va le faire le jour où vous aurez le courage d’être candidat. Vous devriez nous dire merci pour le BHNS, le tramway, le métro… le milliard qui nous a été donné, on l’a dépensé. Vous êtes sur les écoles la honte des dépenses publiques. Ne prenez pas les Marseillais en otage, la révolution des transports est active. Dites merci ! M.E.R.C.I. »

    Vivement la campagne.

    En bref

    Hommage

    Alors qu’à l’extérieur, les drapeaux étaient en berne, Martine Vassal a ouvert la séance sur une minute de silence « en hommage aux victimes de l’attaque antisémite » de la plage de Bondy à Sydney et « en signe de solidarité avec la communauté juive », après avoir demandé un renfort de sécurité dans tous les lieux de culte.

    Première

    Christian Denans, le tout nouveau maire d’Aurons, a fait ses premiers pas lundi au conseil métropolitain. « Une première et une dernière séance », a plaisanté Martine Vassal au moment de le saluer. Pour Jean-Pascal Gournès, maire de Meyreuil, c’était une première à la présidence du groupe métropolitain d’intérêt communal où il succédait à Georges Cristiani.

    Enjeux

    Sur le rapport n° 1, du projet partenarial d’aménagement du golfe de Fos et de l’étang de Berre, Gaby Charroux, le maire (PCF) de Martigues a tenu à rappeler quatre enjeux : la rénovation de l’hôpital de sa commune avec « un calendrier et des moyens identifiés », la nécessité d’un « plan cohérent » autour du contournement en matière de transports publics, de logement, d’urbanisme, la prise en compte de « l’espace stratégique » du chenal de Caronte et la définition « à la parcelle près et validé par les communes » du périmètre de l’opération d’intérêt national.

  • La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    La gauche inquiète pour l’avenir de la RTM

    « Est-ce que la Métropole cherche à terme à fragiliser de la RTM comme régie pour n’avoir plus qu’une seule solution, s’en débarrasser ? », interroge ouvertement l’adjointe marseillaise aux transports, Marie Batoux (DVG). Alors que doit être adopté lundi le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, avec l’objectif affiché qu’elle soit « exposée aux aléas du marché » par un système de bonus-malus (notre édition du 10/12), la majorité municipale monte au créneau.

    « La collectivité n’a pas eu son mot à dire, déplore ainsi Marie Batoux. J’ai posé des questions en commission sur l’intention politique derrière les pénalités, auxquelles je n’ai pas eu de réponse. » Elle s’alarme ainsi d’objectifs posés « sans prendre en compte les difficultés du quotidien », quittent à menacer les recettes de la régie.

    La reprise en main de l’investissement directement par l’intercommunalité l’interroge aussi. « Quelles sont nos garanties pour que les investissements soient faits pour assurer le service public pour les Marseillais, quels sont les engagements ? » questionne l’adjointe. Son inquiétude est d’autant plus forte qu’aucun engagement n’est pris sur l’augmentation des kilomètres commerciaux à effectuer au-delà de 2026. « L’ambition n’est pas portée dans ce contrat », résume-t-elle. Et de regretter que la décision n’ait pas été reportée après les municipales.

    Le comité des usagers des transports marseillais, de son côté, cible à travers un communiqué le manque de concertation. Malgré la promesse de groupes de travail, « nous n’avons jamais été sollicité par la Métropole, ni par la RTM, pour participer », déplore l’association, qui regrette aussi ne pas pouvoir siéger dans le futur comité de suivi qui inclue la direction de la RTM et des élus métropolitains. « Nous avons, nous aussi, des objectifs à fixer », réclame le comité, qui rappelle les difficultés des transports en commun à Marseille.

  • La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    La mémoire vive de la rue d’Aubagne aux Archives

    Sept ans après les effondrements, le drame de la rue d’Aubagne poursuit son chemin mémoriel. Une partie de cette histoire est officiellement entrée ce vendredi aux Archives municipales de Marseille. La convention a été signée lors d’une table ronde organisée dans le cadre des 5e Rencontres de l’éducation populaire.

    En septembre 2019, des chaînes ayant fermé les immeubles frappés d’arrêtés de péril avaient déjà fait leur entrée au Musée d’histoire et rejoint les collections muséales de la ville pour en devenir « un bien culturel inaliénable ». Cette fois ce sont des documents et récits toujours collectés par Noailles Debout ! avec la coopérative Hôtel du Nord auprès des habitants, qui seront conservés et mis à disposition de tous.

    « La profondeur du récit, du témoignage, en est d’autant plus émouvante et pertinente. Car c’est le propre des récits de vie, des témoignages oraux que de donner du sens à des documents, des informations ou des objets, produits par des services publics ou conservés par eux », apprécie Jean-Marc Coppola, adjoint à la culture. Dans ce projet de collecte, « l’équipe des Archives municipales s’est contentée de conseils et recommandations juridiques et pratiques », insiste l’élu communiste, rappelant que Noailles Debout ! et Hôtel du Nord « ont mené, en toute indépendance, le projet de collecte et fait le choix de cette donation ».

    « Projets co-construits »

    Présents pour l’occasion, quatre membres de Noailles Debout !, Laura, Jean, Laurent et Mélina, ont rappelé à la tribune le chemin parcouru par cette « association à but réparateur » qui s’est très vite retrouvée à marcher dans les pas de convention de Faro, à laquelle la municipalité a adhéré en juillet 2025, en œuvrant à la constitution d’une mémoire vive et collective du quartier et témoignant de l’engagement des habitants dans la préservation de leur patrimoine et le respect de leur histoire. Désormais un comité d’archives du quartier est à l’étude.

    « Des projets co-construits avec les habitants, dans un but de résilience pour dépasser le traumatisme en l’inscrivant dans une histoire collective reconnue », développe encore Jean-Marc Coppola. L’illustration d’« une conjonction heureuse entre projets administratifs, politiques et citoyens », note Olivier Muth, le directeur des Archives municipales.

    Un projet en lien direct surtout, avec la table ronde de la matinée baptisée : Écouter, reconnaître, transmettre : démarches mémorielles, patrimoniales et historiques portées avec et par les habitants. « L’idée des Rencontres de l’éducation populaire, c’est d’avoir un temps où on rend visibles des pratiques qui participent de la co-construction avec les habitants de la politique publique dans la ville dans une démarche d’éducation populaire », explique Marie Batoux, adjointe (PM) en charge de l’éducation populaire, pour présenter cette table ronde qui a mis en avant, durant près de deux heures, « la question des mémoires des habitants et leur place dans la ville ».

    Un travail notamment mené dans plusieurs centres sociaux et illustré par les témoignages de Fatima et Amina, ambassadrices citoyennes de Frais Vallon, sur l’histoire de leur quartier, ou dans un autre genre, par celui de Nicolas Dupont, animateur du groupe Mémoire de la coopération territoriale sur la Belle de Mai.

  • Marseille en lutte face à sa Métropole

    Marseille en lutte face à sa Métropole

    Peu importait l’ordre du jour, ce lundi matin, en conseil métropolitain. Le débat était ailleurs, déjà annoncé quelques jours plus tôt en conseil municipal de Marseille. Après le ralliement de son président Patrick Pappalardo à l’UDR, la nomination de nouveaux représentants au sein du bailleur social Provence Métropole Logement (PML, ex-HMP) est ainsi l’occasion pour l’adjoint marseillais Pierre Huguet (G.s), de rappeler les transfuges de la majorité métropolitaine vers l’extrême droite. « Cette porosité constante ressemble parfois à une véritable passerelle », s’alarme-t-il, réclamant la démission de la vice-présidence du maire de Marignane, éric Le Dissès. Sans que la présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, ne réagisse.

    Carences des transports

    et de la propreté

    Alors la gauche marseillaise énumère, au fil des modifications budgétaires, ses griefs sur les politiques métropolitaines dans la ville centre. à commencer par les transports en commun. « Après un printemps houleux, un été compliqué, nous avons un mois de septembre éprouvant, rappelle l’adjointe marseillaise aux mobilités, Marie Batoux (PM). Ce sont chaque jour des bus qui manquent ! » Dans la foulée, le maire (PS) des 2-3, Anthony Krehmeier, enchaîne sur les problèmes de propreté, qui ont agité la rentrée : « Marseille est abîmée par une collecte défaillante et voilà qu’on nous explique que si Marseille est sale, ce serait la faute des Marseillais ! Mais soyons sérieux, dans quelle commune accepteriez-vous que l’on parle ainsi de vos habitants ? » à chaque fois, Martine Vassal laisse couler. Le temps que les délibérations passent, avec une extrême droite qui, pour la première fois, monte au front en séance plénière pour insister sur l’insécurité. « Moi, j’attends toujours la loi Allisio sur la sécurité », balaie Martine Vassal.

    Finalement, la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, prend la parole pour répondre à la gauche marseillaise, mettant en avant le déploiement de la gratuité, qui a profité à 2,2 millions de voyageurs depuis la rentrée, les nouveaux bus à haut niveau de service. Avant d’expliquer le manque de matériel roulant par les retards de livraison de la société Iveco, qui n’a fourni que 47 bus électriques sur les 75 qui devaient arriver. « Dans un contexte de développement de l’offre, cela a créé une petite tension sur le parc de bus, de moins de 5% », explique-t-elle, avant de promettre que « dans quelques jours, la situation sera de nouveau à la normale ». Après elle, Jean-Yves Sayag (DVD) balaie les questions de propreté : « La situation est simple : on nettoie, aussitôt après, c’est dégradé. » Et de rappeler que Marseille a refusé de reprendre la propreté.

    « Les discussions ont été complexes, riches, mais ne nous ont pas permis de récupérer les compétences », commence Benoît Payan. « Rendez les sous ! » l’interrompt le maire de Peynier, Christian Burle. L’édile marseillais bondit. « Quel maire ici à quelqu’un dans son opposition qui choisit ce qu’il fait pour son aménagement, ce qui se passe pour la propreté ? » s’emporte-t-il. Le maire (DVD) de Châteauneuf-les-Martigues (DVD), Roland Mouren, en profite pour promettre aux Marseillais que s’ils ont la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus élevée, ils ne paient pas pour autant pour les autres villes. Mais il reconnaît la saleté. « Vous prenez un marteau, et tous ceux qui pissent, vous tapez sur ce qui dépasse », préconise-t-il. Dans un brouhaha, la séance est levée.

  • Marseille en lutte face à sa Métropole

    Peu importait l’ordre du jour, ce lundi matin, en conseil métropolitain. Le débat était ailleurs, déjà annoncé quelques jours plus tôt en conseil municipal de Marseille. Après le ralliement de son président Patrick Pappalardo à l’UDR, la nomination de nouveaux représentants au sein du bailleur social Provence Métropole Logement (PML, ex-HMP) est ainsi l’occasion pour l’adjoint marseillais Pierre Huguet (G.s), de rappeler les transfuges de la majorité métropolitaine vers l’extrême droite. « Cette porosité constante ressemble parfois à une véritable passerelle », s’alarme-t-il, réclamant la démission de la vice-présidence du maire de Marignane, éric Le Dissès. Sans que la présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, ne réagisse.

    Carences des transports

    et de la propreté

    Alors la gauche marseillaise énumère, au fil des modifications budgétaires, ses griefs sur les politiques métropolitaines dans la ville centre. à commencer par les transports en commun. « Après un printemps houleux, un été compliqué, nous avons un mois de septembre éprouvant, rappelle l’adjointe marseillaise aux mobilités, Marie Batoux (PM). Ce sont chaque jour des bus qui manquent ! » Dans la foulée, le maire (PS) des 2-3, Anthony Krehmeier, enchaîne sur les problèmes de propreté, qui ont agité la rentrée : « Marseille est abîmée par une collecte défaillante et voilà qu’on nous explique que si Marseille est sale, ce serait la faute des Marseillais ! Mais soyons sérieux, dans quelle commune accepteriez-vous que l’on parle ainsi de vos habitants ? » à chaque fois, Martine Vassal laisse couler. Le temps que les délibérations passent, avec une extrême droite qui, pour la première fois, monte au front en séance plénière pour insister sur l’insécurité. « Moi, j’attends toujours la loi Allisio sur la sécurité », balaie Martine Vassal.

    Finalement, la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, prend la parole pour répondre à la gauche marseillaise, mettant en avant le déploiement de la gratuité, qui a profité à 2,2 millions de voyageurs depuis la rentrée, les nouveaux bus à haut niveau de service. Avant d’expliquer le manque de matériel roulant par les retards de livraison de la société Iveco, qui n’a fourni que 47 bus électriques sur les 75 qui devaient arriver. « Dans un contexte de développement de l’offre, cela a créé une petite tension sur le parc de bus, de moins de 5% », explique-t-elle, avant de promettre que « dans quelques jours, la situation sera de nouveau à la normale ». Après elle, Jean-Yves Sayag (DVD) balaie les questions de propreté : « La situation est simple : on nettoie, aussitôt après, c’est dégradé. » Et de rappeler que Marseille a refusé de reprendre la propreté.

    « Les discussions ont été complexes, riches, mais ne nous ont pas permis de récupérer les compétences », commence Benoît Payan. « Rendez les sous ! » l’interrompt le maire de Peynier, Christian Burle. L’édile marseillais bondit. « Quel maire ici à quelqu’un dans son opposition qui choisit ce qu’il fait pour son aménagement, ce qui se passe pour la propreté ? » s’emporte-t-il. Le maire (DVD) de Châteauneuf-les-Martigues (DVD), Roland Mouren, en profite pour promettre aux Marseillais que s’ils ont la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus élevée, ils ne paient pas pour autant pour les autres villes. Mais il reconnaît la saleté. « Vous prenez un marteau, et tous ceux qui pissent, vous tapez sur ce qui dépasse », préconise-t-il. Dans un brouhaha, la séance est levée.