Tag: Marie-Arlette Carlotti

  • Au Sénat, Renaud Muselier se cherche un siège d’équilibriste

    Au Sénat, Renaud Muselier se cherche un siège d’équilibriste

    Dans quel groupe siégera Renaud Muselier au palais du Luxembourg ? C’est l’inconnue de cette rentrée sénatoriale dans les Bouches-du-Rhône. Élu sur la liste de Brigitte Devésa, la sénatrice (UDI) sortante qui va rejoindre les bancs de l’Union centriste, l’ex-président (REN) de la Région Sud réserve son choix.

    « Je siégerai dans la majorité sénatoriale comme promis, et voterai pour élire mon ami Gérard Larcher à la présidence du Sénat, avec qui j’étais au gouvernement de Jacques Chirac. Le choix des groupes sera fait lundi, et j’échange actuellement avec les groupes », se contentait-il de répondre à la veille de la rentrée de la haute assemblée.

    Ce jeudi 1er octobre débute une séquence décisive dans l’organisation du Sénat qui, pour sa première séance, élira son président avant de procéder à la mise en place de ses instances. Les nouveaux élus auront jusqu’au 5 octobre pour choisir le groupe politique dans lequel ils siégeront. Un choix qui conditionne leur représentation dans les commissions, leur temps de parole et leurs responsabilités parlementaires.

    Le groupe macroniste dans la majorité ?

    Renaud Muselier plaide pour « un candidat unique » à la présidentielle et a encore répété lundi, sur cette base, sa volonté de soutenir celui capable de réunir la droite et le centre quitte à lâcher Gabriel Attal au profil d’Edouard Philippe. Une posture qui pourrait rejaillir sur son positionnement à la Chambre haute.

    Car même si sa démission de la présidence de Région lui a fait perdre son statut de membre de droit du bureau exécutif national de Renaissance, la logique veut qu’il rejoigne les macronistes réunis au Sénat dans le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI). Sauf que selon nos informations, la participation du groupe RDPI à la majorité de Gérard Larcher n’était pas encore actée mercredi.

    Le grand écart paraît impossible pour Renaud Muselier, qui pourrait dans ce cas se réfugier chez Les Indépendants – République et Territoires (LIRT), groupe composé de nombreux élus proches d’Horizons, parti d’Edouard Philippe. LIRT fera partie de la majorité sénatoriale et plusieurs de ces élus avaient salué son élection comme un des leurs. Une voix de secours pour Renaud Muselier que l’on voit mal siéger avec son ancienne famille, Les Républicains, où sera confortablement installée la sénatrice (LR) dissidente, Valérie Boyer, réélue avec le soutien de Bruno Retailleau, son président.

    À gauche, sans surprise, Jérémy Bacchi (PCF) retrouvera le groupe communiste CRCE-K, Marie-Arlette Carlotti (PS), le groupe Socialiste, écologiste et républicain, et Guy Benarroche (EELV) celui des écologistes. Les deux sénateurs d’extrême droite rejoindront eux le groupe Rassemblement national, formé avec leurs alliés.

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    Dimanche à 20h, dans la foulée de la validation du résultat de l’élection sénatoriale, Renaud Muselier a signé sa lettre de démission de la présidence de Région qu’il occupe depuis 2016. C’est Christian Estrosi qui assure l’intérim jusqu’à la plénière convoquée le 12 octobre pour élire le nouveau président et son exécutif.

    Son choix pour lui succéder est connu. Le désormais ex-président espère « donner les clés de cette honorable maison » à François De Canson « un maire respecté et un élu local reconnu qui sera un président compétent ». Lui, reste conseiller régional spécial avec des prérogatives sur les fonds européens, les JO d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Mais Renaud Muselier a beau avoir le cuir politique cabossé par les campagnes électorales, « cette victoire » lui laisse « un goût amer dans la bouche ». Il s’en est fallu d’une trentaine de voix, celles qui ont manqué à la réélection du sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, pour que le président de la Région passe à côté du Sénat.

    Si « la gauche et les écologistes sont redevenus la première force politique » en nombre de voix comme le rappelle la sénatrice sortante (PS) Marie-Arlette Carlotti réélue avec Jérémy Bacchi (PCF) et Guy Benarroche (EELV), le siège de Jean-Noël Guérini échu à Mireille Jouve après sa condamnation, est tombé dans les mains du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite décroche deux sénateurs : Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. Un siège revient à la sénatrice (LR) sortante Valérie Boyer, et deux à la Liste Devesa – Muselier qui portait les couleurs officielles de la droite et du centre droit.

    « Ce n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. Avec tout ce qu’on a pu faire pour l’aménagement de nos communes et de notre territoire, c’est intéressant comme renvoi d’ascenseur, ça mène à beaucoup d’humilité », ironise l’ex-président de région qui lors de son entrée en campagne début juillet tablait sur quatre sièges. « Sans la division organisée par Mme Boyer et M. Granier, on aurait gagné un siège supplémentaire, c’est bien dommage. Si il y a défaite, c’est la défaite de l’addition », regrette celui qui associe toutefois l’élection de la candidate LR dissidente à son bilan.

    L’inquiétude Retailleau

    « Les appartenances politiques ne s’effacent pas au soir d’une élection », ne tardera pas à lui répondre cette dernière rappelant qu’elle sera la seule à siéger au sein du groupe Les Républicains. « Présenter ce résultat comme l’élection de trois sénateurs de droite ne doit pas masquer une réalité. Renaud Muselier appartient à Renaissance, Brigitte Devésa à l’UDI et sont tous deux macronistes ».

    Ce résultat décevant, Renaud Muselier le met aussi sur le compte d’une campagne « violente » où rien ne lui a été épargné, évoquant des « fausses affaires » reprises avec « des titres à la une » par la presse, des « tracts anonymes », des « soi-disant menaces » et des « trahisons nationales ». Car la rancœur vis-à-vis de Bruno Retailleau, le président Les Républicains, pointe vite. « Vous avez un chef de parti qui part contre son parti, contre la décision de sa commission d’investiture, contre sa parole donnée… C’est pas banal pour quelqu’un qui veut être président de la République. Ça devient compliqué et ça m’inquiète », reprend le nouveau sénateur. « Nous étions partis avec trois sièges, nous les conservons malgré la division mais le total de voix est clair : unis nous avions ce 4e siège voilà pour la triste conclusion : la division a toujours un prix et ce prix est un sénateur RN de plus dans les Bouches-du-Rhône. »

    Au palais du Luxembourg où il siégera « dans la majorité sénatoriale » sans préciser quel groupe, Renaud Muselier promet d’être focus sur la métropole, la loi SRU, la fiscalité et les finances des collectivités, le budget du pays mettant sur la même ligne la reconnaissance faciale et la cyber sécurité, et l’unité à la présidentielle. « Uni, on gagne. On l’a prouvé aux Régionales et on vient de le prouver dans un sens comme dans l’autre aux Sénatoriales. La division entraîne la défaite ». Un défi pour 2027.

  • Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche conserve ses trois élus, le RN en obtient deux

    Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche conserve ses trois élus, le RN en obtient deux

    La liste d’union de la gauche est arrivée en tête des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône ce dimanche soir, en obtenant 1008 voix et 27% des suffrages. Dans un scrutin marqué par un nombre record de candidatures et brouillé plus encore par la crise traversée par la Métropole Aix-Marseille, elle conserve ainsi les trois sièges de ses sénateurs sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV). Sans obtenir le quatrième siège qu’elle espérait conquérir, forte de son résultat lors des dernières municipales à Marseille.

    A droite, la liste menée par la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI) et le président de Région, Renaud Muselier (Ren.) obtient 581 voix, soit 16% des suffrages. Elle obtient donc deux sièges, de justesse pour le président de Région. La sénatrice sortante Valérie Boyer (LR) réussit de son côté son pari en conservant son siège avec 395 voix (10%). Quant à maire de Gardanne Hervé Granier (LR), il reçoit 201 voix (5%) et échoue à entrer au palais du Luxembourg.

    La liste d’extrême droite, menée par deux récents ralliés au RN, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, espérait obtenir deux sièges. Elle réussit son pari, avec 685 voix (18%). Le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier, toujours sous le couperet d’une peine d’inéligibilité en attendant la décision de la Cour de Cassation, obtient de son côté 265 voix (7%) et perd son siège.

    L’ancien député (PS) Jean-David Ciot espérait quant à lui capitaliser sur la crise métropolitaine. Un pari perdu, avec 249 voix (6%). La sénatrice guériniste sortante Mireille Jouve perd elle son siège au palais du Luxembourg en n’obtenant que 201 voix (5%).

    Enfin, les Insoumis qui se présentaient pour la première fois dans ce scrutin dans le département reçoivent seulement 77 voix (2%) pour la liste LFI menée par l’élue d’opposition à La Bouilladisse Michelle Blanchard-Svoboda.

    Autant de voix qui privent la gauche de son quatrième siège.

  • La liste de Jérémy Bacchi pour les sénatoriales dévoilée

    La liste de Jérémy Bacchi pour les sénatoriales dévoilée

    Trois sénateurs sortants, quatre maires, et un large rassemblement politique. C’est par un communiqué de presse ce mercredi après-midi qu’ont été dévoilés les dix noms de la liste d’union de la gauche pour les sénatoriales du 27 septembre prochain dans les Bouches-du-Rhône.

    TITULAIRES

    1. Jérémy Bacchi

    Tête de liste en 2020, le communiste marseillais élu à l’âge de 34 ans, a fait partie des benjamins de la Haute assemblée. Secrétaire départemental du PCF, assistant social de profession, il conduit à nouveau la liste d’union de la gauche s’appuyant sur un travail de proximité avec les élus et le monde du travail du département. Opposé à l’austérité qui enraye le fonctionnement de la Métropole et défenseur de la commune comme échelon primordial de la République, il entend bénéficier du renforcement des progressistes lors des dernières municipales dans les Bouches-du-Rhône. Initiateur de « l’Appel de Marseille », signé par de nombreuses personnalités progressistes pour une réponse globale au fléau du narcotrafic, il s’est aussi investi pour la défense de l’exception culturelle française dans le cinéma.

    2. Marie-Arlette Carlotti

    Ancienne ministre et ancienne députée européenne, la socialiste est sénatrice sortante. À 74 ans, elle sollicite le renouvellement de son mandat. Depuis 2023, elle est la première femme de la Ve République à occuper le poste de questeure au Sénat. Les questeurs gèrent tous les aspects matériels et administratifs de la vie du Sénat et disposent à cet effet, d’un pouvoir financier, réglementaire et de nomination.

    3. Guy Benarroche

    Sénateur écologiste sortant, Guy Benarroche, ancien élu de La Bouilladisse aura notamment à affronter Michelle Blanchard-Svoboda, élue de la même commune et tête de liste insoumise. Rapatrié d’Algérie, professionnellement investit dans la direction d’une entreprise spécialisée dans la vente et la maintenance d’équipements destinés aux bateaux, il est, à 72 ans, vice-président de la commission des Lois du Sénat.

    4. Clara Jaboulay

    L’adjointe au maire de Marseille déléguée à la vie culturelle, à la création artistique et à la nuit marseillaise est la benjamine de la liste conduite par Jérémy Bacchi. Ancienne présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL), elle pourrait, à 27 ans, devenir la quatrième sénatrice de gauche du département.

    5. Loïc Gachon

    Le maire socialiste de Vitrolles réélu pour la 4e fois dans cette commune qui a été l’un des symboles de la gestion catastrophique de l’extrême droite retrouvera Fabien Bravi l’adversaire RN qu’il a battu aux dernières municipales en numéro 2 sur la liste de Marie-Pierre Callet (ex-LR, RN). Ancien ingénieur au sein de l’Agence régionale pour l’Environnement a 52 ans.

    6. Hélène Gaillard

    À 52 ans, la maire (DVG) de Gréasque a gagné les municipales dans cette commune de l’ancien bassin minier à la tête d’une équipe diverse en misant notamment sur le développement durable.

    7. Éric Garcin

    Réélu dès le premier tour à plus de 81% des suffrages, le maire (DVG) de Jouques a 62 ans. Il s’est particulièrement investi sur la question sociale dans sa commune de 4500 habitants du nord du Pays d’Aix en participants notamment à l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée ».

    8. Anne Brotot

    L’adjointe au maire de Fontvieille chargée de l’urbanisme est également conseillère communautaire de la Communauté de communes Vallée des Baux-Alpilles. Dans ce village de 3 500 habitants, cette ancienne directrice de l’école d’animation 3D MoPA à Arles accompagne le maire Gérard Garnier, élu depuis 2018.

    SUPPLÉANTS

    1. Jean-Pierre Squillari

    Le maire (DVG) d’Aubagne qui a rendu la commune de 47 000 habitants à la gauche, à la tête d’une équipe d’union soutenue notamment par le PCF, occupe la place de premier suppléant. L’ancien sapeur-pompier, âgé de 74 ans, est un défenseur assumé des services publics.

    2. Nathalie Hetsch

    Femme de conviction, la veuve de l’ex-maire socialiste de Fos-sur-Mer, Jean Hetsch, colistière (DVG) de Remi Esnault lors des dernières municipales est élue d’opposition au maire d’extrême droite de cette commune de 16 000 habitants.

  • [Sénatoriales] La liste de la gauche unie dans les Bouches-du-Rhône dévoilée

    [Sénatoriales] La liste de la gauche unie dans les Bouches-du-Rhône dévoilée

    Trois sénateurs sortants, quatre maires, et un large rassemblement politique. C’est par un communiqué de presse ce mercredi après-midi qu’ont été dévoilés les dix noms de la liste d’union de la gauche pour les sénatoriales du 27 septembre prochain dans les Bouches-du-Rhône.

    Les trois parlementaires sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV) avaient déjà annoncé, le 10 juillet dernier, qu’ils repartaient dans le même ordre qu’en 2020 pour conduire cette liste. Ils sont suivis, en quatrième position, potentiellement éligible, par Clara Jaboulay (DVG), ajointe au maire de Marseille.

    Viennent ensuite le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, la maire (DVG) de Gréasque Hélène Gaillard, le maire (DVG) de Jouques Eric Garcin, l’adjointe au maire (DVG) de Fontvieille Anne Brotot. Quant aux deux suppléants, il s’agit du maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari et de la conseillère municipale (DVG) d’opposition à Fos-sur-Mer, Nathalie Hestch.

    Une liste «conçue avec le souci particulier de refléter la richesse géographique et la pluralité de notre département», explique le communiqué de presse, avec l’ambition d’accorder «autant d’importances aux grands territoires urbains et aux plus petites communes rurales».

    Plus d’informations dans La Marseillaise du 10 septembre.

  • [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui a convaincu le PS de vous confier cette mission et pourquoi l’accepter ?

    Patrick Mennucci : Je n’étais demandeur de rien et ce consensus s’est opéré, sans doute parce que j’ai cette forme de neutralité car je n’ai pas choisi de candidat et que j’entretiens les bonnes relations avec tous. Peut-être aussi le respect lié à mon âge et le fait aussi que je ne suis plus demandeur de mandat ou de désignation. Après, moi j’ai toujours essayé d’aider le PS et je ne peux pas me défiler quand on me demande de contribuer à remettre la gauche de gouvernement sur les rails.

    Quel sera votre rôle ?

    P. M. : Surtout de coordination. L’important, c’est que la primaire tourne autour des sujets qui intéressent les Français et que les candidats veulent mettre en avant. Mon rôle sera de favoriser le débat de fond et régler avec les membres de la commission ces bisbilles qui surgissent toujours dans une élection.

    Quel est le principal objectif ?

    P. M. : Que le scrutin se passe bien, mais avec le vote sur plateforme numérique*, on a moins de problèmes qu’avec des bureaux de vote. Et puis on a élargi la plage de vote à deux jours pour que si quelqu’un a des difficultés lors du vote, il ait le temps d’appeler la hotline. De ce point de vue, tout a été fait pour que la transparence soit totale et que le candidat ou la candidate désignée soit reconnue par tous, de manière incontestable. Après, si j’ai peu de choses à faire, c’est bon signe. Un des enjeux sera aussi l’éventualité d’un second tour. On s’y prépare du point de vue des adhésions puisqu’il sera possible de payer pour voter juste au 2nd tour.

    Craignez-vous la participation ?

    P. M. : Non, c’est un vote interne au PS, à Place publique et GRS puisque leurs militants ont un droit de vote « gratuit ». Ceux qui veulent adhérer à ces partis ont jusqu’au 6 octobre pour obtenir le droit de voter. Puis à côté, on a une association de financement qui permet de voter en payant sans être adhérent. Des citoyens sans-parti… une vieille expression du communisme municipal.

    Cette primaire peut-elle signer un renouveau du Parti socialiste ?

    P. M. : Le HuffPost a sorti un sondage qui dit que la primaire est plébiscitée. 59% des Français de gauche trouvent ça très bien et 23% disent vouloir y participer. Et les Français de droite disent vouloir faire la même chose. La primaire va mettre en avant des positions de la gauche de gouvernement.

    François Hollande dit qu’une primaire divise et n’y participe pas. C’est contradictoire.

    P. M. : François Hollande, qui est un ami, a dit qu’il participerait en étant électeur. On focalise beaucoup, mais c’est d’abord un homme de parti attaché aux règles. Il n’a pas souhaité participer, j’ai essayé de le convaincre, pour des raisons qui lui sont propres. Mais il aura à un moment la nécessité, comme Bernard Cazeneuve, d’aller vers le candidat choisi. J’ai confiance, c’est un homme qui ne fait pas n’importe quoi et sait prendre les bonnes décisions.

    Le PS peut-il exercer un leadership sur la gauche avec cette primaire ?

    P. M. : Déjà, il n’y a pas que le PS dans cette primaire. Mais l’espace politique qui y participe est celui qui doit, si on veut gagner la présidentielle, dominer la gauche. Si c’est Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen, on est sûr de perdre. Cet enjeu redouble l’intérêt de cette primaire, qui permettra aussi aux candidats de s’expliquer et se révéler.

    Le vainqueur de cette primaire social-démocrate aura la légitimité pour parler à toute la gauche ?

    P. M. : La primaire sert aussi à préparer l’unification de notre famille politique. La gauche de toute façon est divisée. L’important, c’est que le camp de la social-démocratie et du socialisme soit capable de dominer cet espace pour s’adresser aux Français au 2nd tour. Notre candidat parlera au nom des partis qui ont fait la primaire, après, il n’est pas interdit de discuter avec d’autres, les Verts, le parti communiste, le Parti radical de gauche, de leur soutien sur un accord législatif.

    Un mot sur la gauche marseillaise ?

    P. M. : Je suis ravi de la victoire de Benoît Payan et j’aimerais que le Parti socialiste retrouve une visibilité à Marseille, où la gauche de gouvernement porte avec force ses valeurs et tient à distance les élucubrations mélenchonistes. Je me félicite aussi de la liste sénatoriale et de la probable élection de Marie-Arlette Carlotti. Entretien réalisé par Christophe Casanova

    * participer.choisir2027.fr

  • Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche mène campagne unie

    Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche mène campagne unie

    Nous sommes très heureux de repartir ensemble tous les trois », lance la sénatrice socialiste Marie-Arlette Carlotti, sur la terrasse du Polikarpov, cours Honoré d’Estienne d’Orves (1er), ce vendredi. À ses côtés, ses collègues du palais du Luxembourg, le communiste Jérémy Bacchi et l’écologiste Guy Benarroche font part du même enthousiasme. Comme en 2020, tous les trois seront sur la liste d’union de la gauche – hors LFI – dans les Bouches-du-Rhône.

    « Les élections sénatoriales étant la traduction des séquences municipales, nous avons considéré qu’il était tout à fait logique de poursuivre l’aventure et l’unité à gauche avec l’ensemble des forces de progrès écologistes et citoyennes », argumente Jérémy Bacchi, chef de la fédération départementale du PCF, qui sera la tête de cette liste. « Nous sommes dans des groupes politiques différents mais chaque fois que l’intérêt des communes du département des Bouches-du-Rhône était en jeu, nous étions ensemble », pousse la socialiste. Et Guy Benarroche de prendre pour exemple l’expérimentation nationale Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) dans la commune de Jouques depuis 2016 : « L’essentiel était que le texte soit prolongé pour que l’expérience puisse continuer, mais pas à n’importe quelle condition. Nous avons pesé de la même façon tous les trois pour que le texte se rapproche de ce que souhaitait la ville », souligne-t-il, citant également le texte sur le statut de l’élu ou sur la police municipale. « Qui dénonce les budgets des collectivités territoriales en baisse dans les deux derniers budgets à part nous ? », interroge le sénateur écologiste.

    Si pour l’instant, ils sont les seuls à se déclarer sur cette liste, les élus font état de rapprochements avec des maires du camp progressiste et au-delà. Jérémy Bacchi relate des discussions avec des édiles du pays d’Arles, sans les citer : « L’un d’entre eux, divers droite, me dit : “On ne sera pas d’accord sur les retraites, sur la sécurité et sur tout un tas de choses. Mais moi, maire d’un petit village, c’est les services publics qu’il faut défendre, donc je voterais pour vous” », raconte le communiste. Avant de citer avec un brin de malice, l’ancien maire de droite de Marseille : « Jean-Claude disait l’élection sénatoriale, c’est la seule élection où ce sont les électeurs qui mentent plus que les candidats », sourit-il.

    Institution de « résistance » à l’extrême droite

    Sur les plus de 3 600 grands électeurs bucco-rhodaniens, 1181 sont Marseillais. Aux 73 élus du Printemps marseillais au Conseil municipal s’ajoutent 704 délégués supplémentaires. Ce qui sécurise deux sièges a minima à la chambre haute du Parlement mais la gauche veut voir plus grand, et en vise quatre sur les huit que compte le département. Qui complétera ce quatuor ? Ce sera assurément une femme, confirment les candidats. Le nom de Mireille Jouve qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice, est évoqué. « Les choses avancent », résume le communiste.

    Sur la tablée, eau gazeuse et Pac à l’eau, le soleil réussit à s’infiltrer entre les parasols. La gauche, en ordre de bataille, est néanmoins détendue parce qu’elle est unie, du moins à cette échelle. Quand, en face, la droite peine à s’accorder et l’extrême droite part carrément divisée. Mais le camp brun pourrait, pour la première fois, être en capacité de former son propre groupe au Sénat. Alors, les parlementaires veulent rassembler large, « cette institution, même si elle est plutôt réactionnaire, elle est au moins républicaine. On veut continuer à ce qu’il n’y ait pas de groupe d’extrême droite dans le Sénat. Je pense que par les temps qui arrivent, ça sera important qu’il y ait au moins une institution qui fasse de la résistance républicaine », martèle Marie-Arlette Carlotti.

  • À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    Tout autour du centre de rétention administratif (CRA) de Marseille, sur le boulevard des Peintures (14e), les barbelés sont flambant neufs. Installés il y a quelques mois, ils donnent au bâtiment un aspect de maison d’arrêt. à l’occasion de la publication du rapport national de la Cimade sur les conditions en CRA, publié le 19 mai, les sénateurs Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Écologiste), accompagnés du député (PS) Laurent Lhardit, ont fait valoir leur droit de visite, ce vendredi. C’est d’abord au tribunal, accolé au centre, que se sont retrouvés les parlementaires.

    Menottés pour aller du CRA au tribunal, ce sont pourtant des retenus, et non des détenus, qui comparaissent tous les jours devant le juge des libertés pour savoir si leur rétention sera renouvelée, à la demande de la préfecture. Leur maintien en rétention est censé n’être que transitoire et administratif, en attente d’un renvoi dans un autre pays. Pourtant, seul un sur cinq est effectivement éloigné, d’après le rapport de la Cimade. Pour Marie-Arlette Carlotti, la situation est kafkaïenne : « La procédure est inefficace. Et puis dans ces CRA, on mélange tout : personnes sans-papiers, petits délinquants, ça n’a pas de sens. »

    « Double peine »

    Car entre ces murs bien fermés, certains n’y ont comme faute que celle d’être illégalement sur le territoire et d’avoir été contrôlés. Si d’autres ont été condamnés pour des faits de délinquance, ils ont pour la plupart déjà effectué leur peine de prison. « C’est donc la double peine », se désole un bénévole de la Cimade. Si leur enfermement est censé être purement administratif la cheffe du centre, reconnaît pourtant « avoir les mêmes problématiques qu’en maison d’arrêt ».

    Le centre est divisé en cinq parties distinctes. Les déplacements des retenus ne sont libres qu’au sein d’une de ces zones composées d’une salle télé, de chambres, d’une cour, dont on ne voit le ciel qu’à travers des grillages et d’un petit espace avec une table de ping-pong. Dans les chambres, qu’ils ne peuvent pas fermer, il y a peu de place pour ranger ses affaires : deux lits simples et un cordon pour étendre sa serviette font office de mobilier. Sur les murs, des traces noires témoignent de la crasse accumulée.

    Manque d’activités

    Dans le reste du centre, infirmerie, réfectoire, distributeurs automatiques, ou encore salle commune avec une console de jeux, ne sont accessibles qu’à certaines heures et accompagnés d’une escorte. Et au manque de liberté s’ajoute le manque d’activités. « On organise des choses, mais ils ne peuvent pas être trop nombreux », affirme la fonctionnaire.

    Une oisiveté que l’incertitude sur la date de sortie rend parfois plus difficile à supporter. Car, ici, on peut rester entre 4 et 90 jours suivant les demandes de renouvellement du préfet. à Marseille, d’après le rapport de la Cimade, les retenus restent en moyenne 45,6 jours, contre 33,4 au niveau national. Une durée qui a doublé par rapport à 2016 et qui risque de s’allonger encore. Mercredi 20 mai, le Sénat a voté en faveur d’une proposition de loi permettant l’allongement de la rétention administrative de 90 à 210 jours, pour les personnes présentant des risques de radicalisation.

  • [Entretien] Jérémy Bacchi : « Il faut prendre tous les sujets de front »

    [Entretien] Jérémy Bacchi : « Il faut prendre tous les sujets de front »

    La Marseillaise : Que vous inspirent ces procès et cette réponse judiciaire ?

    Jérémy Bacchi : En amont, je veux saluer le travail des forces de police qui permet d’arriver à ces procès contre les chefs mafieux, et plus largement contre ce système. Ce travail d’investigation est la priorité. Ce volet judiciaire envoie un signal fort à ces organisations et à la population : on peut de lutter contre ces phénomènes, les choses avancent, et on ne peut que s’en réjouir.

    L’Appel de Marseille que vous avez initié préconisait une réponse politique. Vous en êtes satisfaits ?

    J.B. : L’Appel de Marseille lancé en janvier 2024 visait à provoquer un électrochoc dans la société pour que les pouvoirs publics se saisissent du sujet et adaptent notre appareil législatif aux réalités actuelles du narcotrafic. Le mois suivant, avec Guy Benarroche et Marie-Arlette Carlotti, nous avons saisi le président du Sénat pour la créer une commission d’enquête sur les narcotrafics dont le rapport a été adopté à l’unanimité du Sénat qui a adopté en 2025 une loi pour « sortir la France du piège du narcotrafic ». Sur cet aspect l’Appel a rempli ses objectifs initiaux. Mais un deuxième volet préventif en matière sanitaire et éducative, mériterait quelque chose du même type.

    Sur quoi mettre encore l’accent ?

    J.B. : Il y a quatre piliers. La protection de l’enfance est dans une situation dramatique, elle a besoin de plus de moyens. Près d’un jeune sur deux enrôlés dans les réseaux est issu de l’ASE, et les jeunes filles confrontées à la prostitution et exploitées par ces mêmes filières. Il y a ensuite le volet sanitaire pour l’accompagnement des personnes addictes car, effectivement, moins de consommateurs, c’est moins de trafic. Il y a aussi la question des relations diplomatique avec les pays producteurs de drogues. Puis il y a le levier financier avec le blanchiment de l’argent de la drogue et l’utilisation des avoirs confisqués liés au narcotrafic. Il faut prendre tous les sujets de front.

    Il y a aussi la protection des familles de victimes ?

    J.B. : Je suis intervenu la semaine passée au Sénat sur un texte que le Gouvernement, main dans la main avec la droite, a rejeté, et je le regrette, portant notamment sur la protection des personnes, militants associatifs et politiques qui dénoncent et se battent contre le narcotrafic. Mais la bataille continue.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.