Tag: Marcel Pagnol

  • Une première balade théâtrale réussie dans les collines du Rove

    Une première balade théâtrale réussie dans les collines du Rove

    Le spectacle « En attendant Marcel » a permis au public de découvrir au cours d’une déambulation d’environ 3 km l’univers de Marcel Pagnol à travers des scènes tirées de ses œuvres les plus célèbres.

  • À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    « Marcel Pagnol est un peu le fil conducteur de cette édition du festival Molière. » Armand Rivière annonce la couleur. À l’aune de la manifestation culturelle – qui se tiendra du 1er au 7 juin – le maire PS de Pézenas entend faire du festival une sorte d’hommage à l’écrivain provençal. En effet, un des points forts de la manifestation sera à n’en point douter la représentation de Marius, de la Compagnie Le grenier de Babouchka, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre, lauréat de 5 Molières 2025 pour Du charbon dans les veines (2 juin, à 20h au théâtre de Pézenas). Ce dernier est par ailleurs parrain de l’édition. Le lendemain, sera projeté le biopic Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation réalisé par Sylvain Chomet (14h30).

    L’auteur de La gloire de mon père ne sera pas le seul à être mis en lumière puisque l’on retrouve également une adaptation du Capitaine Fracasse, héros du roman éponyme de Théophile Gautier (6 juin, 21h30 au théâtre de la Verdure). Encore, la Compagnie Dinamo théâtre présentera La folie d’Isabelle, écrite au XVIe siècle pour la comédienne Isabella Andreini (7 juin, 17h30, place Canabasserie). Aux côtés de ces classiques, on retrouve des pièces traitant de sujets sociétaux, à l’instar de L’homme qui plantait des arbres par la Compagnie Théâtre des turbulences, fable écologique sur la déforestation et la raréfaction de l’eau (3 juin, 19h, aux jardins familiaux). « C’est une volonté globale du festival et de la saison culturelle en général de Pézenas, à savoir voir des pièces classiques, revisitées ou non, qui sont des invitations à réfléchir et d’autres qui posent des enjeux de société pour amener le débat », fait valoir Armand Rivière.

    Balade nocturne

    Si les professionnels ont leur rond de serviette au festival, les amateurs et élèves ne sont pas oubliés. « Pézenas compte de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs, nous voulions ouvrir nos scènes, nos salles à ceux qui participent à la création toute l’année. Nous faisons aussi le choix de semer des graines en jouant devant des publics scolaires », poursuit l’édile socialiste. En ce sens, sont prévues deux cartes blanches : pour les amateurs (6 juin, 10h, place Canabasserie) et pour les lycéens (1er juin, 17h, auditorium Bobby-Lapointe).

    Une programmation alléchante pour attirer un public plus ou moins familier des planches de théâtre. Et pour aller chercher ces derniers, la mairie mise sur ses scènes en plein air, réparties aux quatre coins de la ville. Comme le château du parc où se jouera Croire aux fauves, de la Compagnie Les arts oseurs (5 juin, 22h15). Une aventure nocturne entre musique et récit, au cœur d’un espace boisé (compter 20 minutes de marche pour s’y rendre). Pour ceux ne trouvant toujours pas chaussure à leur pied, le festival ne se restreint pas au théâtre. « Nous ne voulions pas être fermés sur un seul art mais mêler différentes formes, avoir plusieurs canaux tournés vers la culture. Nous travaillons par exemple avec les Éditions Domens, créées à Pézenas. Nous souhaitons les promouvoir et les soutenir en en leur ouvrant un lieu le temps d’une journée [5 juin, 18h, gare du Nord, Ndlr] », souligne Armand Rivière. Théâtre, cinéma, photos, lecture, expos, le public va être comblé.

    Programme complet à retrouver sur ville-pezenas.fr.

  • Deux visites guidées sur les pas de Marcel Pagnol

    Deux visites guidées sur les pas de Marcel Pagnol

    En route sur les pas de Marcel Pagnol, l’Office du tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Étoile propose deux visites guidées complémentaires pour découvrir les lieux chers du Provençal et son chemin de vacances d’été.

    La balade de 2h30 « Pagnol, entre nature et mémoire » invite les participants sur les traces du petit Marcel au Domaine de la Font de Mai. À travers ces « paysages qui ont nourri son imaginaire », le guide propose une découverte provençale « entre collines, restanques et évocations littéraires ».

    Sur le chemin

    des vacances

    « À la croisée de la littérature, du cinéma et du patrimoine naturel », une deuxième visite guidée se combine pour « revivre symboliquement l’arrivée de la famille Pagnol sur les lieux des vacances d’été ». Le temps d’une journée, le parcours d’Aubagne au quartier marseillais La Treille propose une découverte intérieure exclusive de la Bastide Neuve, décrit comme « l’asile des vacances » de Marcel Pagnol par ses passionnés. La visite guidée se prolongera jusqu’à sa maison natale à Aubagne.

    « Pagnol, entre nature et mémoire » 13 et 20 avril

    « La Bastide Neuve, sur la route des vacances » 17 et 24 avril

    Inscription : www.tourisme-paysdaubagne.fr

  • « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    C’est un titre surprenant ces sermons. On n’a pas le souvenir de vous avoir vu un jour porter la soutane. Pourquoi cette abondance ? », alpague en 1969, peu après la sortie des Sermons de Marcel Pagnol, un présentateur de l’émission télévisée Panorama, en direction du célèbre écrivain. Qui lui répond : « J’ai tourné plusieurs films qui se déroulent dans des villages. Dans la dramaturgie villageoise, le curé est un personnage très important, tout comme l’instituteur et le maire. Et lorsque l’on veut montrer tout le village réuni, on le trouve à la messe. » Ces Sermons de Marcel Pagnol, réédités fin novembre chez Fayard, sont à l’origine une idée de son ami lui ayant prodigué l’extrême-onction au crépuscule de sa vie, l’abée général des Prémontrés, Norbert Calmels. Parus en 1968, un « sermonnaire » de Pagnol qui pourrait paraître étonnant pour « un fils d’instituteur laïque, du nom de Joseph, bouffeur de curés et hussard noir de la République », mais dont la mère l’a baptisé en secret sur le Vieux-Port, relatait au micro d’Europe 1 le petit-fils de Marcel, Nicolas Pagnol, à la tête de la gestion des droits de l’œuvre de son illustre aïeul depuis 18 ans. Fayard, Europe 1… la galaxie du magnat Bolloré fait main basse sur tout ce qu’elle peut instrumentaliser.

    Le sens caché

    Il faut dire que par son aspect de Janus, l’œuvre de Pagnol, qui fut moitié bigot moitié laïque, ou encore bien complaisant, puis irrité pendant la période de l’Occupation, offre un terrain favorable à de pareilles récupérations. Malgré sa maestria, rien d’étonnant à ce que ne figure par exemple, un sermon du Curé de Cucugnan, adaptation cinématographique de Pagnol de la nouvelle éponyme d’Alphonse Daudet, cet écrivain antidreyfusard nîmois et parmi les mécènes de Drumont et de son pamphlet antisémite La France juive (1886).

    Mais le sermon, souvent empreint d’une drôle d’acuité sur la société, est aussi un biais efficace dans les trames narratives de Pagnol, comme c’est entre autres le cas dans Manon des sources. Comme le rappelait la comédienne Ariane Ascaride, qui a porté quelques-uns de ces sermons sur scène, dans ce film sorti en 1952, « le sermon soutient la dramaturgie du texte. Il permet au curé de dire aux habitants qu’ils n’ont pas une très bonne mentalité, mais aussi de faire un panégyrique de l’endroit où l’on est né ».

    Les Sermons de Marcel Pagnol, Fayard. 24,90 euros

  • Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    « Chaque fois qu’on va passer devant ces œuvres, on va identifier Aubagne à l’argile, à Marcel Pagnol. Et puis nommer, c’est faire exister. On veut faire exister cette culture et ces œuvres », déclare, jeudi, le maire (LR) Gérard Gazay. Dans le cadre de la célébration des 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol (Aubagne 1895), cette année, la Ville, sur une idée de Philippe Amy, adjoint délégué à la culture a lancé il y a quelques mois un appel à projets pour un parcours d’art public urbain. Sur 100 candidatures, cinq projets ont été retenus par un jury. La Ville a proposé des lieux, et chaque artiste a choisi celui qui l’inspirait pour sa création. Sous un ciel chargé de nuages, parfois troué par les rayons du soleil, la visite du parcours d’art s’est faite au pas de charge…

    Manon contemporaine

    Dénommé Réanimation murale, le trompe-l’œil réalisé par Docteur Colors, deux artistes muralistes de Roubaix, a en effet réveillé le mur jusque-là aveugle et gris de la maternelle Antide-Boyer. Les artistes muralistes ont représenté une bibliothèque aux couleurs vives, où les livres de Marcel Pagnol occupent une large place. À quelques pas de là, sur la façade de l’Espace des Libertés, l’artiste plasticien lillois Grégory Valentin a, par son travail, ouvert en quelque sorte un livre de Marcel Pagnol. Il reproduit, en lettres rouge sombre découpées dans une tôle d’inox, un poème inédit de l’écrivain, confié par Nicolas, petit-fils de l’académicien. Il l’a baptisé La cigale. Cette cigale chante la musique des mots de Pagnol, « dans une dentelle de lettres. L’idée est de pousser le spectateur à déchiffrer, faire une pause, et apprécier le texte. À travers mon travail, je veux que l’on voie la littérature autrement, avec une dimension esthétique, graphique et artistique », livre l’artiste. Elle a quitté les pentes odorantes du Garlaban. Elle s’est aventurée en ville. Elle est là. Manon des sources. Le regard droit et fier, la silhouette mince et cambrée, la farouche et libre Manon se dresse, espace Lucien-Grimaud. Elle porte boucles d’oreille, baskets, et une robe simple, comme effilochée. Haute de 3 mètres, réalisée en acier Corten, qui va se patiner avec le temps, du roux au brun, elle a été conçue par Christophe Milcent. « Je trouvais que Manon des sources, par sa force de caractère, sa manière de ne pas être soumise à la parole patriarcale, collait bien avec notre époque », explique l’artiste nantais. Place Pasteur cette fois, Fouch, artiste lyonnais, a créé À nos enfances et leurs collines.

    Une œuvre qui représente, en silhouettes épurées, une famille, main dans la main, qui partirait se balader dans la colline. « Je joue avec ce vide, qui crée la suggestion. L’œuvre vit avec la ville et son environnement », dit l’artiste. Mais l’environnement parasite aussi l’œuvre. Avenue des Goums, Frédérique Fleury, plasticienne (Rhône), a placé Garrigue. Un triptyque totémique en céramique, haut de 3,57 mètres. « Je voulais utiliser des couleurs gris vert subtiles, en accord avec le Garlaban en fond. J’ai souhaité faire une œuvre présente, mais pas envahissante car pour moi l’art doit aussi faire partie du paysage », estime l’artiste.

  • Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Des ouvriers du livre à l’œuvre dans les anciennes rotatives de La Marseillaise, des ramasseurs de lavande aux reflets chatoyants au pied du Ventoux… Humaines et chaleureusement colorées, nombreuses sont les toiles aux senteurs d’une époque hélas révolue, qui ont marqué les esprits sous le pinceau ou le couteau de l’autodidacte Pierre Ambrogiani.

    Rien ne prédestinait pourtant ce facteur, issu d’une famille modeste d’Ajaccio, à basculer dans les années 1920-1930 dans le monde des arts à Marseille, avant de devenir l’une des figures de la peinture provençale du XXe siècle. Enfin, presque. Ça serait oublier le bagout et le désir émancipateur harnachés à cet homme qui démarra comme porteur de dépêches à la Poste Colbert, à l’âge de 13 ans.

    Révolutionnaire

    Avant de mordre dans la couleur, Pierre Ambrogiani se fait les dents en réalisant, dans les années 1920, des statuettes satiriques en argile colorée, indiquait l’historien Robert Mencherini, disparu en avril dernier, dans la revue numéro 11 de Promemo, association travaillant sur la mémoire du monde ouvrier en Provence. Des débuts indissociables de l’équipe des Peintres prolétariens, dont il faisait partie, créée sous l’impulsion d’Antoine Serra. « Des peintres qui se situent du côté de la classe ouvrière, peignent des paysages d’usines, des portraits d’ouvriers, de vagabonds… », situait en 2021, pour La Marseillaise, Robert Mencherini.

    La montée en puissance de ce groupe artistique et politique coïncide avec l’avènement du Front Populaire, en 1936. Aux côtés de ses camarades de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires, proche du Parti communiste français, Pierre Ambrogiani accompagne la fondation de la deuxième Maison de la culture en France, juste après celle de Paris, au 68 rue Sainte (voir entretien ci-contre). Inaugurée par le poète Louis Aragon, elle verra passer « des conférenciers prestigieux comme André Malraux, qui viendra y parler de la Révolution espagnole ou de la grève des Asturies ». La guerre d’Espagne fait d’ailleurs l’objet du numéro de décembre 1936 du mensuel Peuple et culture, lié à la Maison de la culture, avec des dessins de Pierre Ambrogiani. Secrétaire général de cette revue, Paul Meier, fera à l’époque part de sa défiance vis-à-vis de « l’art dit populaire, cet art de vulgarité et de médiocrité, l’art sirupeux des Tino Rossi que la bourgeoisie a imposé au prolétariat pour mieux l’endormir, l’humilier, l’avilir. Nous repoussons aussi bien la prétendue culture des singes de salon que l’idiotie navrante et la vulgarité ». Le journaliste interpellait ensuite les lecteurs : « ne peignez-vous pas ou n’avez-vous la tentation de peindre, et alors ne voulez-vous pas venir travailler avec ces peintres déjà excellents qui sont sortis eux-mêmes des rangs du prolétariat et qui s’appellent Serra, Ambrogiani, Toncini ? Ils sont là et vous attendent. »

    « Ambro » le fils des fauves

    Non loin de ce temple des belles heures de la culture populaire, se trouve alors l’atelier de celui que l’on surnomme « Ambro », sur le Cours d’Estienne d’Orves, avant de s’installer en 1943 sur le quai de Rive neuve. Jusque dans les années 1970, une zone d’effusion culturelle où fourmillent peintres, sculpteurs, poètes, photographes et journalistes, que certains appelleront « la bande du Péano », du nom du bar-restaurant de la place. Le quartier général de la bohème marseillaise qui y refait le monde.

    « Ambrogiani est de son temps. La puissance d’expression de ses dessins nous dépasse. Son imagination est très grande, trop grande pour nous », confessera même Antoine Serra. « Il a été influencé par René Seyssaud, qui utilisait des couleurs très fortes et contrastées. Ambrogiani allait souvent le retrouver pour peindre dans son atelier du côté du mont Ventoux. à sa mort, son corps a d’ailleurs été transféré au cimetière de Sault », rappelle Maya Garcia, guide et responsable de la librairie du musée Regards de Provence, qui compte des œuvres telles qu’une Allégorie de la Provence de 4 m de long, ou Le Cap Canaille à Cassis. « Ambrogiani faisait une sorte de corps à corps avec la toile. Même quand il peint une bouillabaisse, on a l’impression que le poisson va sortir de la surface de la toile. Tel un maçon, il prenait sa truelle ou son couteau et envoyait la matière. Il n’était pas avare en peinture », sourit-elle en pensant à cet artiste qui répétait souvent « je rêve de peindre avec les couleurs du soleil », note André Alauzen dans La vie et l’œuvre de Pierre Ambrogiani (1985).

    Homme aux multiples amitiés, dont celles de Giono, Pagnol ou du poète Axel Toursky, un gouailleur et bon vivant dont la « silhouette massive » et « joviale » a marqué le cours d’Estienne d’Orves, rapporte La Marseillaise au lendemain de sa mort, survenue le 23 octobre 1985, après de longues années à lutter contre la maladie. L’ancien Résistant et critique d’art Jean Bouret écrira même à son sujet : « un Phocéen parfum d’anis flotte autour de ses toiles faites de grands éclats rocheux aux couleurs des Maures ou de l’Esterel. Combattant de la lumière pure comme les fauves dont il est le fils turbulent, Ambrogiani garde un sens de la vie truculent et sonore. Comme il ne s’est pas fait aux écoles, notre peintre fleure bon la liberté, celle de Courbet, le grand bonhomme. »

  • La poésie graphique de Sylvain Chomet baigne le film tout entier

    La poésie graphique de Sylvain Chomet baigne le film tout entier

    Après la projection, dimanche vers 15h devant le cinéma, Christiane donne son sentiment.

    « J’ai beaucoup aimé le film, car il reste dans la poésie et la pudeur qui caractérisent Marcel Pagnol. Il avait cette manière de dire les choses avec retenue et émotion à la fois. Sylvain Chomet a tout capté de cet héritage-là », livre cette Aubagnaise de 60 ans. Cyrille, 56 ans, vient lui aussi de voir, sur grand écran, Marcel et monsieur Pagnol. « J’ai adoré en 2003 Les Triplettes de Belleville, je suis venu voir le film de Sylvain Chomet. J’ai retrouvé ici l’originalité de ses dessins, ses couleurs, très caractéristiques, les personnages avec des poches sous les yeux… », apprécie-t-il.

    « L’homme n’est pas l’œuvre »

    En effet. Avec un sens inouï du détail de ces années 1950 que l’on traverse, avec ses publicités d’époque, les hommes en costume et chapeau, les femmes en robe, le jazz que l’on entend ; Sylvain Chomet, grâce à son dessin et sa palette d’une grande beauté, peintre d’atmosphères, entraîne le spectateur dans « l’histoire vraie » de la vie de Marcel Pagnol. « Ce film retrace la vie du vrai Pagnol », insiste Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel, qui, pour ce film, est allé chercher, il y a neuf ans, Sylvain Chomet pour le réaliser. Il explique : « Dans l’imaginaire des Français, Marcel Pagnol est soit un enfant de dix ans qui découvre la liberté, le monde adulte et l’innocence de l’enfance, soit un vieux monsieur académicien très installé, très arrivé. » Il poursuit : « Pour moi, le vrai Pagnol, c’est bien sûr cet enfant et ce vieux monsieur arrivé, mais c’est comment le petit Marcel est devenu le grand Pagnol, c’est ce jeune homme qui monte à Paris pour faire du théâtre et qui va conquérir Paris en quelques années et le monde presque immédiatement, c’est cette grande aventure du cinéma parlant, ses doutes, ses échecs, ses renaissances, ses femmes, tout ce qu’il a traversé. Parce qu’on connaît l’œuvre, mais l’homme n’est pas l’œuvre. » L’originalité du sujet du film est là. Au tout début, Marcel Pagnol a 62 ans. Il est désabusé. « À quoi bon écrire quand on ne veut plus vous lire ?… », lance-t-il. Mais le petit Marcel, son double enfant avec l’accent, va l’aider à remonter dans ses souvenirs. Il va se frayer un chemin dans l’enfance, mais aussi dans la vie parisienne de Pagnol. Dans son insatiable besoin de créer.

  • Dans « Marcel et Monsieur Pagnol », les affres de la création

    Dans « Marcel et Monsieur Pagnol », les affres de la création

    «Ce film est une renaissance pour Marcel. J’en suis très heureux, parce qu’il va remettre Pagnol en lumière. Le vrai Pagnol », déclare Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel. à trois jours de sa sortie nationale, mercredi 15 octobre, Marcel et Monsieur Pagnol, premier film d’animation parlant de Sylvain Chomet, le réalisateur notamment des Triplettes de Belleville (2003) ; va être projeté sur grand écran, dimanche, dans plusieurs salles du cinéma Pagnol. Le réalisateur, l’ensemble de l’équipe de production et Nicolas Pagnol ouvriront la séance.

    Laurent Lafitte, la voix de Marcel

    Le film, qui à l’origine devait être un documentaire avec des parties animées pour illustrer la vie de Marcel Pagnol, célèbre académicien aubagnais dont on fête cette année les 130 ans de la naissance, est finalement un film d’animation à part entière. « À l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours… En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain », esquisse le synopsis. « Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire. » Tel est le propos du film. Et sa singularité. « Tout au long du film, le petit Marcel guide le Marcel adulte, tel un revenant. Il l’inspire, lui fait rencontrer les personnages déterminants de son parcours », relate Sylvain Chomet. « J’ai eu cette idée en visitant, avec Nicolas Pagnol, le bureau de Marcel Pagnol où il a écrit La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Il était resté intact depuis sa mort en 1974 », évoque-t-il.

    « Marcel et Monsieur Pagnol est un film sur les affres de la création. » L’acteur Laurent Lafitte prête sa voix à tous les âges de la vie adulte de Marcel Pagnol. « C’était un véritable challenge pour lui. Il devait jouer un personnage qui vieillit et qui perd aussi son accent ! Quand Marcel arrive à Paris, il a un fort accent marseillais, l’accent de son enfance, qu’il perd, même s’il en reste toujours un petit quelque chose », commente Sylvain Chomet. Grand musicien de jazz et interprète de classique, Stefano Bollani a signé la musique du film. Et le rappeur aubagnais SCH, la chanson du générique.

    à Allauch, une expo sur « Les secrets de fabrication du film »

    Présentée jusqu’au dimanche 2 novembre, l’exposition « Marcel et Monsieur Pagnol, les secrets de la fabrication du film », est à voir à la galerie du Pôle culturel de l’Usine électrique, au 164, av. de Gaulle (ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h, le week-end de 10h à 12h et 14h à 18h, sauf jours fériés). L’entrée est libre. La Provence, le port de Marseille, les rues de Paris, le monde du théâtre, la magie des plateaux de tournage… De l’esquisse à l’image finale, l’exposition dévoile les dessins originaux, décors et tout le fascinant processus de création de Marcel et Monsieur Pagnol, à travers des visuels extraits de l’ouvrage paru aux éditions Michel Lafon. Lionel de Cala, maire (LR) d’Allauch, indique : « un vrai projet pédagogique en direction des écoliers a été construit autour de l’expo. » Quant au projet de musée dédié à Marcel Pagnol, qui devrait occuper le 1er étage de l’Usine électrique, « on continue d’y travailler », dit-il. Le musée pourrait ouvrir en 2027 ou 2028.

  • Dans « Marcel et Monsieur Pagnol », les affres de la création

    «Ce film est une renaissance pour Marcel. J’en suis très heureux, parce qu’il va remettre Pagnol en lumière. Le vrai Pagnol », déclare Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel. à trois jours de sa sortie nationale, mercredi 15 octobre, Marcel et Monsieur Pagnol, premier film d’animation parlant de Sylvain Chomet, le réalisateur notamment des Triplettes de Belleville (2003) ; va être projeté sur grand écran, dimanche, dans plusieurs salles du cinéma Pagnol. Le réalisateur, l’ensemble de l’équipe de production et Nicolas Pagnol ouvriront la séance.

    Laurent Lafitte, la voix de Marcel

    Le film, qui à l’origine devait être un documentaire avec des parties animées pour illustrer la vie de Marcel Pagnol, célèbre académicien aubagnais dont on fête cette année les 130 ans de la naissance, est finalement un film d’animation à part entière. « À l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours… En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain », esquisse le synopsis. « Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire. » Tel est le propos du film. Et sa singularité. « Tout au long du film, le petit Marcel guide le Marcel adulte, tel un revenant. Il l’inspire, lui fait rencontrer les personnages déterminants de son parcours », relate Sylvain Chomet. « J’ai eu cette idée en visitant, avec Nicolas Pagnol, le bureau de Marcel Pagnol où il a écrit La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Il était resté intact depuis sa mort en 1974 », évoque-t-il.

    « Marcel et Monsieur Pagnol est un film sur les affres de la création. » L’acteur Laurent Lafitte prête sa voix à tous les âges de la vie adulte de Marcel Pagnol. « C’était un véritable challenge pour lui. Il devait jouer un personnage qui vieillit et qui perd aussi son accent ! Quand Marcel arrive à Paris, il a un fort accent marseillais, l’accent de son enfance, qu’il perd, même s’il en reste toujours un petit quelque chose », commente Sylvain Chomet. Grand musicien de jazz et interprète de classique, Stefano Bollani a signé la musique du film. Et le rappeur aubagnais SCH, la chanson du générique.

    à Allauch, une expo sur « Les secrets de fabrication du film »

    Présentée jusqu’au dimanche 2 novembre, l’exposition « Marcel et Monsieur Pagnol, les secrets de la fabrication du film », est à voir à la galerie du Pôle culturel de l’Usine électrique, au 164, av. de Gaulle (ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h, le week-end de 10h à 12h et 14h à 18h, sauf jours fériés). L’entrée est libre. La Provence, le port de Marseille, les rues de Paris, le monde du théâtre, la magie des plateaux de tournage… De l’esquisse à l’image finale, l’exposition dévoile les dessins originaux, décors et tout le fascinant processus de création de Marcel et Monsieur Pagnol, à travers des visuels extraits de l’ouvrage paru aux éditions Michel Lafon. Lionel de Cala, maire (LR) d’Allauch, indique : « un vrai projet pédagogique en direction des écoliers a été construit autour de l’expo. » Quant au projet de musée dédié à Marcel Pagnol, qui devrait occuper le 1er étage de l’Usine électrique, « on continue d’y travailler », dit-il. Le musée pourrait ouvrir en 2027 ou 2028.