Tag: Manu Reynaud

  • À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    Le conseiller métropolitain Manu Reynaud a été élu à la présidence de la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier, établissement chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement sur les 31 communes formant cette dernière, le 19 mai. Il succède ainsi à René Revol, ex-maire de Grabels battu lors des dernières municipales. À ses côtés, l’élu montpelliérain sera épaulé par deux vice-présidents, Céline Pintard, adjointe au maire du Crès, et Thierry Ruf, directeur émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Une gouvernance partagée entre élus mais aussi avec des représentants d’associations et universitaires.

    La nouvelle organisation va s’atteler à plusieurs défis, telle que la question de la qualité de la ressource. « C’est un sujet majeur de ces prochaines années. Notamment sur la question des pesticides mais aussi des micropolluants. Nous devons être en capacité d’être une force de transparence, d’information, de prévention », insiste Manu Reynaud. À l’heure où les Pfas s’invitent dans nos robinets, ce devoir de transparence est érigé comme la priorité du mandat de la Régie.

    Miser sur la qualité mais également sur la quantité. En six ans, les fuites de canalisation ont été réduites de 23 à 13%. « Nous avons eu un beau gain sur la performance du réseau. Nous allons continuer, c’est une nécessité pour la ressource. C’était un argument pour passer en régie publique du point de vue de la gestion des investissements. Il ne s’agit pas de réparer les fuites mais de financer la rénovation des réseaux. Ce n’est pas la même logique, nous investissons pour la suite », reprend l’élu. Des investissements plus coûteux et nécessitant de gros travaux mais qui bénéficieront aux administrés sur le long terme. La Régie des eaux gère également l’assainissement. En ce sens, Manu Reynaud entend développer la réutilisation des eaux usées. « Le cadre réglementaire est très contraint, heureusement. Mais la législation évolue et nous expérimentons l’irrigation de l’agriculture, le nettoyage des rues, l’arrosage des parcs, etc. L’objectif est de généraliser son utilisation », indique Manu Reynaud, promettant des annonces à ce sujet en septembre. L.D.

  • À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    C’était il y a deux ans, en avril 2024. Quarante citoyens rendaient leurs propositions concernant l’usage de l’intelligence artificielle (IA) au sein de la Métropole de Montpellier. Réunis au sein d’une convention, ces derniers ont donc auditionné plusieurs experts pendant un mois. « Ça leur a permis d’éclairer leurs décisions. C’est un peu un reflet de la société montpelliéraine, certes, mais au-delà française et européenne sur son avis à l’instant T. Finalement, à l’échelle de l’IA, deux ans, ça paraît loin, mais ça permet de poser des bases de réflexion et sur lesquelles les gens se sont accordés. Alors ce sont des grands principes, mais des principes dont on verra à l’épreuve du temps comment ils évoluent », détaille Manu Reynaud, adjoint au maire délégué à la ville numérique et à l’intelligence artificielle souveraine.

    Avancer pas à pas

    Maîtrise de l’impact environnemental de l’IA, garantie de la protection de la vie privée, transparence, démocratiser l’IA auprès du grand nombre, telles sont ces recommandations que l’on retrouve dans la convention. « Il est essentiel qu’en toutes circonstances l’IA reste sous contrôle humain, fait valoir la convention. […] Le développement de l’IA est très rapide. Les règles juridiques suivent mais doivent s’adapter et sont souvent en retard sur les avancées technologiques. C’est la raison pour laquelle des principes éthiques doivent encadrer, de façon volontaire, l’utilisation des IA. » Excepté une recommandation relative à la vidéosurveillance, toutes les autres ont été adoptées en Conseil de Métropole. « On a une feuille de route opérationnelle qui permet de décliner ces principes métier par métier parce que quand on parle d’IA aujourd’hui, il faut bien être clair que dans le langage commun, on parle du numérique », poursuit Manu Reynaud.

    Au-delà de cette convention citoyenne, la collectivité de gauche entend mettre en place un Comité métropolitain de l’IA et du numérique au mois de septembre prochain – une recommandation portée par la convention citoyenne. « C’est un organisme auquel on donne des rapports et qui permet à un moment donné une transparence sur l’utilisation d’un certain nombre de services. Tout l’intérêt résidera dans la gouvernance de ce comité pour en faire quelque chose qui puisse permettre aussi de solliciter des avis, notamment de personnes qualifiées, extérieures à la collectivité. L’idée est d’avoir une gouvernance globale par rapport aux usages qui sont faits dans la métropole, justement pour pouvoir confronter les points de vue sur les différents choix : des choix de logiciels ou encore des choix de stratégie », insiste l’élu écologiste.

    Car l’IA et le numérique plus largement prennent une place croissante dans la société. Encadrer ces pratiques et ces usages est plus que nécessaire. L’accaparement et le vol de données, question de souveraineté face aux géants de la tech, le risque d’uniformisation de l’information, la prolifération de fake news, autant de problématiques qui deviennent des défis pour les collectivités. « Les sujets du numérique en général passaient jusqu’à maintenant assez hors du radar, parce qu’ils étaient relégués à des questions purement techniques et parce qu’on fait confiance aux techniciens. On pense alors que le numérique c’est neutre. Et quand c’est neutre, c’est indolore, incolore, c’est bien ça qui est dangereux. On commence à voir apparaître une prise de conscience au niveau de la société, une certaine défiance vis-à-vis des technologies proposées et de leur but recherché. On en arrive quand même à une prise de conscience qui commence à émerger à travers l’IA, sur la question du numérique et sur le rapport à nos données », soutient Manu Reynaud.

    Le futur comité pourra donc répondre à certaines de ces problématiques afin d’aiguiller les élus dans la prise de décision. De plus, pas moins de 1 000 agents de la Métropole ont été formés à l’IA générative avec l’éditeur Delibia, plateforme française spécialisée pour les collectivités territoriales. Une manière de lutter face au ChatGPT et aux autres logiciels américains. « On essaie d’avancer au fur et à mesure pour intéresser les gens à la question, les acculturer à un certain nombre de questions et puis essayer de tracer des pistes », espère Manu Reynaud.

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • La Cité Bergère s’invite dans la campagne

    La Cité Bergère s’invite dans la campagne

    À l’instar de la circulation perturbée sur les 4 boulevards, la Cité Bergère est un caillou dans la chaussure du maire de Montpellier.

    En cause la délivrance en août 2025 d’un permis de construire qui autorise 69 logements sur un terrain privé. Un choix qui, selon le collectif qui a déposé un recours en annulation au tribunal administratif, irait à l’encontre des promesses faites par le maire et écrites en novembre 2023 dans le magazine municipal par son adjoint écologiste Manu Reynaud. À savoir : préserver 100% de la Cité Bergère. « C’est un vestige de l’histoire de ce quartier [avenue Saint-Lazare], la dernière terre agricole exploitée en centre-ville qui produit encore des légumes pour ses habitants », insiste Julien Lorentz.

    Avant de lancer une pétition signée près de 28 000 fois, le président de l’association des « Vrais amis du Père Prévost » a bien rencontré M. Delafosse pour demander le rachat par la mairie des 4 400 m² de maraîchage qui seraient réduits à 1 800 m² après construction. « On pourrait en faire un lieu social et pédagogique pour les enfants, une ferme urbaine. » Impossible, selon la municipalité. « La famille Colomina n’est pas vendeuse au prix des terres agricoles », indique Laurent Nison. L’adjoint aux grands travaux précise que via le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal-climat (PLUI-C), la Ville a « rendu inconstructible 80% de la parcelle qui était constructible à 100% auparavant ». M. Delafosse aurait-il dû forcer le deal à 100% ? « On ne pouvait pas spolier le droit à construire sans justification majeure. Pour une expropriation, il aurait fallu une déclaration d’intérêt général, même en préemptant on était hors des clous. La famille aurait pu attaquer et gagner », assure Laurent Nison. « Le droit s’applique à tout le monde. »

    Délivré in extremis sous les règles de l’ancien PLU déplore Thierry Teulade (Vive Montpellier Nord), le permis de construire va notamment être attaqué sur des risques supposés. « C’est une zone potentiellement sujette aux inondations pour les caves et les parkings souterrains », illustre Tristan Baudoin, citoyen engagé. « Il y a la question de la sécurité hydraulique et l’étude d’un expert agricole qui indique qu’une partie du bâtiment se situe dans une zone boisée classée », ajoute l’avocate Me Tamaris Furstenheim.

    En pleine campagne, ce projet immobilier contre lequel 7 candidats (Roumégas, Müller, Oziol, Gaillard, Saurel, Altrad, Zbairi) se sont engagés, fait resurgir le périlleux sujet de l’urbanisme. A l’instar des vieilles batailles citoyennes pour le stade du Père Prévost ou le Parc Montcalm, les responsables associatifs Tony Chavard et Jean-Michel Justamon ont le sentiment que les engagements urbanistiques des maires respectifs font long feu à Montpellier.

  • Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Après des années d’atermoiements, le Contournement ouest de Montpellier (COM) semble sur la voie royale. Le préfet de l’Hérault vient de lui offrir un boulevard, une autoroute, diraient les opposants à ce projet routier de construction d’une 2 fois 2 voies (plus une voie d’urgence empruntée par les bus) de 6,2 km entre Saint-Jean-de-Védas et Juvignac.

    Le double objectif affiché par les porteurs du projet, à savoir relier l’A709 à A750 et ainsi réduire le trafic de transit dans Montpellier, qui souffre des embouteillages et de la pollution, a été réaffirmé par le préfet de l’Hérault. Comme il s’y était engagé, François-Xavier Lauch est (enfin) venu, lundi 15 septembre, présenter aux maires et conseillers métropolitains les contours d’un projet jusqu’ici ficelé en coulisses entre l’État, le maître d’ouvrage désigné (Vinci) et l’exécutif de la Métropole.

    Durant cette séance de travail d’1h30 non ouverte à la presse, le représentant de l’État a défendu bec et ongles le COM qu’il juge « indispensable », comme le président Michaël Delafosse (PS). Selon François-Xavier Lauch, les résultats de l’enquête publique préalable qu’il avait programmée en août (au grand dam des oppositions) sont sans appel. « Quand 6 000 personnes se prononcent sur une infrastructure de ce type, avec 65% en faveur du projet, je pense que c’est beaucoup. » Suffisant en tout pour annoncer publiquement qu’il délivrera l’autorisation environnementale le 30 octobre au chantier qui pourrait débuter (après les diagnostics archéologiques) fin 2026 ou début 2027. D’un coût de plus de 300 millions d’euros financé par Vinci (qui se rémunérera sur la hausse du tarif des péages de l’A9 à Baillargues et Saint-Jean-de-Védas), l’infrastructure doit être livrée à l’horizon 2030.

    Le préfet juge et partie ?

    Ainsi la messe semble dite, même si le préfet dit « s’attendre à des recours ». Pourtant, à l’instar de René Revol (Grabels), Isabelle Touzard (Murviel) ou Véronique Négret (Villeneuve), des maires ont soulevé des interrogations voire émis des réserves. C’est aussi le cas de Manu Reynaud, pourtant fidèle adjoint au maire M. Delafosse. Plutôt que ce qui est désormais qualifié de « route express », l’élu écologiste aurait préféré un « vrai boulevard urbain limité à 70 km/h, pas 90 km/h ». D’autant, insiste-t-il, que « l’infrastructure est conçue pour 110 km/h donc surdimensionnée ». Persuadé, à l’instar de l’échec annoncé du doublement de l’A9, que les bouchons persisteront après le COM, Manu Reynaud s’étonne aussi d’apprendre qu’aucun aménagement pour le covoiturage n’a encore été envisagé.

    Du côté du collectif AutreCOM, pas d’étonnement. Mais on s’agace d’un certain passage en force du préfet. « Il bafoue son rôle d’arbitre, il a un devoir de réserve. Il devrait attendre le rapport du commissaire enquêteur », souligne une porte-parole du collectif d’opposants. Chez AutreCOM, on s’interroge aussi sur la crédibilité des trois études commandées par la Métropole et présentées aux élus lundi soir. « La première a été faite par des personnalités émérites au Canada, la seconde confiée à un géographe pro-Frêche et la troisième à un chercheur du CNRS qui critique l’agence Atmo », liste la porte-parole qui y voit « des études de complaisance financées par le contribuable ». « Elles reprennent les éléments de langage de Vinci, elles sont bâclées. Leur seul but est de discréditer l’étude des Shifters, qui prouve que le trafic induit n’est pas pris en compte dans le projet de Vinci. »

    « Pour un vrai boulevard urbain limité
    à 70 km/h »