Tag: manque de places

  • À Marseille, pas de rentrée à l’école Sinoncelli trop à l’étroit

    À Marseille, pas de rentrée à l’école Sinoncelli trop à l’étroit

    Ce mardi, pas de rentrée scolaire pour les élèves de l’école élémentaire publique Sinoncelli, à Marseille (14e). Les instituteurs et institutrices de l’établissement ont décidé de faire grève afin de dénoncer le manque de places et les classes surchargées.

    « On demande de prendre en considération le fait que nous sommes en REP + [réseau d’éducation prioritaire] et donc les élèves que l’on accueille ont des nombreuses difficultés, explique Géraldine Pauc, enseignante dans l’école. Et donc, avoir 27 élèves en CE2, ce n’est pas possible. »

    Les enseignants exigent ainsi depuis l’année dernière l’ouverture d’un préfabriqué afin de permettre d’avoir des classes supplémentaires. « Car on a les instituteurs, mais pas l’espace. » Certaines classes de CP ont pourtant été divisées en deux, afin de réduire le nombre d’élèves, mais se retrouvent dans la même classe, n’améliorant donc pas la prise en charge des élèves. « On nous a dit que l’on pouvait mettre un rideau entre les deux », rit jaune Géraldine Pauc. Le personnel enseignant réclame donc l’installation d’un préfabriqué pour avoir des classes supplémentaires ainsi qu’un plafonnement du nombre d’enfants pouvant s’inscrire. « Surtout qu’une nouvelle école a ouvert juste à côté, mais on ne nous décharge pas d’élèves », se désole la maîtresse. Contactée, la mairie de Marseille affirme « avoir pris en compte ce besoin d’avoir plus d’espaces d’accueil, s’être saisie du sujet et s’atteler à mettre en place des solutions ».

  • Le 115, un dispositif diffus et nettement insuffisant

    Le 115, un dispositif diffus et nettement insuffisant

    Centre d’hébergement d’urgence (CHU), centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), nuitées d’hôtel… Le 115 dispose de tout un panel de « solutions » temporaires pour répondre aux demandes des personnes à la rue. Un parc composé en région au 31 décembre 2024 de 11 048 places dont 4 902 en CHRS, 3 882 en CHU et 2 264 en hôtel note dans son dernier bilan, de novembre 2025, la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) Paca.

    La variable d’ajustement restant le nombre de nuitées à l’hôtel indique-t-elle car elles sont « plus facilement mobilisables » même si « moins satisfaisantes en termes d’accueil et d’accompagnement » et sont « souvent plus coûteuses ». Entre 2023 et 2024, les services de l’État ont ainsi transformé 400 places d’hôtel en place de CHU pérennes avec un accompagnement social affirme la Dreets.

    Une personne sur 5 appelle le 115

    Reste des besoins immenses. D’abord parce que seulement une personne à la rue sur 5 appelle le 115 selon le SIAO 13, plateforme en charge de la gestion de l’hébergement d’urgence. Dans un département qui affiche 20% de taux de pauvreté, selon l’Insee, entre 5 000 et 9 000 demandes sont recensées par le SIAO 13, plus de 4 000 demandes étant toujours en attente d’orientation.

    Sur la nationalité de ces personnes, « les données recueillies auprès des SIAO sont très sous-estimées et peu exploitables » considère la Dreets Paca, précisant que cette information « n’est renseignée que pour 55% des personnes, tandis que le statut administratif ne l’est que pour 34% » en raison notamment de « l’absence de saisie d’une donnée non obligatoire par les gestionnaires et les écoutants 115, non-maîtrise de la langue, refus de l’usager d’exprimer son origine ou son statut administratif, etc. »

    Selon la Dreets Paca, 26% des personnes ayant sollicité le 115 en 2023 seraient d’origine française, 30% d’origine étrangère, 3% seraient des demandeurs d’asile et 2% seraient bénéficiaires de la protection internationale ou réfugiés. Et d’ajouter que « toutefois, le 115 n’est pas destiné à l’hébergement de ce public, puisqu’il existe des structures spécialement dédiées comme les Cada (Centres d’accueil pour les demandeurs d’asile) ». Seize de ses structures sont implantées dans les Bouches-du-Rhône, basées en grande partie à Marseille mais aussi à Arles, Aubagne, Miramas et Salon-de-Provence.

  • Quand le préfet des bouches-du-Rhône veut mettre à la rue des demandeurs d’asile

    Quand le préfet des bouches-du-Rhône veut mettre à la rue des demandeurs d’asile

    Le préfet demandait vendredi 14 août au juge des référés du tribunal administratif d’enjoindre des étrangers ayant perdu leur droit à un hébergement dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) d’évacuer les lieux, ce qui revient pour des familles à des mises à la rue sèche.

    Pour ces audiences, la Préfecture n’envoie même pas de représentant à la barre du tribunal à la Joliette, à Marseille. Ses conclusions sont expédiées par mail au juge. À l’appel du dossier d’Helena, hébergée dans un logement de la cité d’Air Bel, son avocate Juliette Grebaut interpelle le magistrat sur l’argumentaire du Préfet qui invoque la saturation des dispositifs d’asile dans les Bouches-du-Rhône. Aucun document n’est fourni par la Préfecture à l’appui de cette affirmation suivant laquelle, en mars et selon une statistique de l’OFI, 152 demandeurs seraient en attente d’hébergement. « Il est impossible d’en vérifier l’authenticité. Je n’ai pas à pallier l’absence probatoire du préfet qui ne se donne même plus la peine d’étayer ses arguments avec des pièces justificatives. Vous lui rappellerez la règle du contradictoire » demande avec vigueur l’avocate.

    Sa cliente est une mère isolée avec un enfant de 6 ans et une fille de 18 ans astreinte à une prise en charge médicale. « Cette mère est en situation régulière depuis mars 2024. Elle travaille à temps partiel. Elle justifie de ses attaches en France. Elle n’a eu aucune proposition d’hébergement donc vous rejetterez la requête du préfet. »

    « Allez courage ! »

    La procédure suivante est vite examinée. « La famille a quitté le logement qu’elle occupait à Salon de Provence. Cette famille a pu être orientée vers un centre d’hébergement » explique Me Grebaut qui demande au juge de prononcer un non-lieu.

    Le cas de Blessing, que le préfet veut sortir d’un logement de la rue Stanislas Torrent, interpelle. « Elle est déboutée d’asile depuis 4 ans et on vous saisit maintenant ? L’absence d’urgence est patente » souligne son avocate qui rappelle qu’elle conteste en référé l’arrêté de refus de renouvellement de son titre de séjour. La jeune femme est arrivée mineure il y a 9 ans en France. Elle a été régularisée avec son enfant malade. L’avocate plaide les circonstances exceptionnelles devant la densité et la complexité de l’état de santé de sa fille de 7 ans, née prématurée. « Une expulsion avec mise à la rue rendra impossible le suivi médical de l’enfant. Elle n’a pas vocation à rester toute sa vie dans un Cada. Donnez-lui des délais conséquents pour quitter les lieux. Elle ne fait pas la fine bouche. L’envoyer à la Roque d’Anthéron n’aurait pas de sens, sa proximité avec le système de soin est nécessaire. »

    Comment chasser de son logis Kadiatou et ses enfants du 32 rue de Crimée ? Me Julie Grebaut insiste sur « la vulnérabilité de cette mère isolée avec deux enfants de 1 an et 2 ans. Le papa qui ne s’investit pas n’est même pas à Marseille. Elle est proactive dans ses démarches de renouvellement. Elle frappe à toutes les portes ». L’avocate demande a minima un sursis à exécution d’une expulsion à l’initiative d’un « préfet qui ne saurait se défaire de sa responsabilité sur le Département dans le manque de places d’hébergement ».

    Cinquième dossier avec Mariam dont les accompagnantes du Cada soulignent la fragilité psychologique de cette mère isolée de 20 ans avec un enfant d’un an. « Une mise à la rue aurait des conséquences disproportionnées pour elle et son enfant » argumente Me Grebaut qui demande un sursis jusqu’à son orientation vers une structure.

    Aïcha, 22 ans et Aboubakar, 27 ans, débarquent de Miramas en train en poussant le landau du bébé de 18 mois au pied du juge. La mère enceinte est épuisée et peine à se lever. Ayant un refus d’asile, le préfet veut les expulser de ce Cada éloigné où ils sont depuis janvier 2025. Leur avocate n’est pas là. « Y a pas de traducteur ? » demande Aïcha. « Non, ce n’est pas prévu, mais vous n’êtes pas obligée de parler. J’ai lu le mémoire de votre avocate » dit le juge. « On tape beaucoup de portes. On appelle le 115 pour nous aider, mais y a rien. Je suis malade et enceinte de 6 mois. Je ne sais pas où on va… On veut rester dans le Cada s’il vous plaît ». Elle pleure, pose sa tête sur l’épaule de son mari qui lui caresse les cheveux. « Allez courage ! Vous pouvez y aller » conclut le juge qui rendra ses délibérés la semaine prochaine.

  • Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    Les syndicats dénoncent une école inclusive à l’abandon

    À Marseille, la FSU, la CGT Éducation 13, SUD Éducation et la FCPE ont organisé une conférence de presse commune, vendredi à la Bourse du travail, pour dénoncer le fait de ne pas avoir été invités à la 5e Conférence nationale du handicap (CNH). Ce rendez-vous, prévu le 25 juin sous la présidence du chef de l’État, a finalement été reporté, sans nouvelle date. Créée par la loi de 2005, cette conférence fixe pourtant, tous les trois ans, les grandes orientations de la politique du handicap, y compris à l’école.

    Pour les syndicats, ne pas être invités est « inacceptable », puisqu’il s’agit de « ne pas convier les personnels de l’éducation qui tiennent à bout de bras l’école inclusive au quotidien ». Vingt ans après la loi de 2005, le constat reste sévère : la Cour des comptes pointait déjà, en septembre 2024, un manque de formation des enseignants et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui revendiquent un statut de fonctionnaire et une gestion plus humaine. Dans les Bouches-du-Rhône, les syndicats dénoncent des réseaux d’aides spécialisées (Rased) à bout de souffle et le manque de dispositifs spécialisés, notamment d’Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis). Selon Élodie Boussarie, enseignante spécialisée et militante à SUD Éducation, une quarantaine de postes d’enseignants auraient disparu dans le département, dont dix gelés à Marseille. À l’échelle nationale, elle évoque « 50 000 enfants qui étaient sans solution pour aller à l’école à la rentrée 2025 ».

    Des moyens humains insuffisants

    Côté AESH, Laurence Casandri, qui accompagne des élèves en Ulis à Port-de-Bouc, décrit un métier précaire : « La majorité d’entre nous gagnent entre 900 et 1 000 euros. » Elle évoque aussi une charge de travail épuisante, qui a fortement augmenté et pousse beaucoup d’entre eux à démissionner : « Avec un même contrat de 24 heures, on peut aujourd’hui suivre dix à quinze élèves, contre deux ou trois à ses débuts en 2009, faute d’assez de personnel. »

    Les syndicats critiquent aussi les Pôles d’appui à la scolarité (PAS) qui, selon eux, récupèrent des postes déjà existants au lieu de créer de nouveaux moyens. Ils demandent notamment moins d’élèves par classe, un véritable plan de formation pour les enseignants spécialisés, un statut pour les AESH et un renforcement de l’intervention du médico-social directement au sein des établissements scolaires.

    Sur le terrain, ce manque de moyens se traduit par des enfants qui peinent à suivre un enseignement correct. C’est le cas de Nils, 7 ans, atteint de troubles du spectre autistique et de TDAH. Sa mère, Sandra Manitch, raconte deux années de maintien en maternelle à l’école Château Saint-Cyr, à Marseille, puis un refus d’intégration en Ulis faute de place, sans aucune explication. Sa notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) prévoit pourtant 12 heures d’accompagnement AESH par semaine. Résultat : à la rentrée, en CP, Nils sera déscolarisé à mi-temps, faute de moyens suffisants pour l’accompagner toute la journée. « C’est la débrouille pour les directrices, pour les maîtresses, pour les parents, pour les enfants. Tout le monde doit se débrouiller tout seul », confie-t-elle.

    Les syndicats appellent désormais à une mobilisation commune pour faire entendre la voix des personnels et des familles, notamment lors de la prochaine CNH.

  • Les Goudes contre la surfréquentation

    Les Goudes contre la surfréquentation

    « Les Goudes en colère. » Banderoles et pancartes levées, près d’une centaine d’habitants déterminés des Goudes ont manifesté samedi matin dans les rues du village de l’est marseillais pour crier leur ras-le-bol face au manque de stationnement et appeler les autorités à réguler la surfréquentation qui rend leur vie invivable.

    Le CIQ des Goudes a réussi sa mobilisation alors que la saison estivale a démarré et avec elle un flux toujours plus important de véhicules qui s’engouffrent dans l’entonnoir et butent sur un parking saturé et sur l’impasse de Callelongue. « On veut une ZTL [Zone à trafic limité] pour apaiser comme il y en a en Italie. C’est-à-dire concrètement une caméra vidéo qui filme la plaque d’immatriculation. Si votre véhicule n’est pas autorisé, vous recevez un PV de 135 euros », explique Julie Rigal, deux pancartes en mains : « Les bus et les bateaux, ça ne suffit pas. Stop voitures » et « La solution, c’est la ZTL ».

    « à leurs experts de trouver des solutions »

    « Notre but, c’est de se faire entendre », explique Romain Garoute, le président du CIQ. « On veut que les collectivités se posent sur le sujet pour mener des actions concrètes. Et il n’y a rien eu depuis un an. On veut que tous les acteurs se réunissent régulièrement pour trouver une vraie solution. On n’est pas urbaniste, c’est à leurs experts de trouver des solutions. Si ça ne bouge pas, on sera encore dans la rue. Aujourd’hui on est en train de tuer le village. On a un littoral magnifique. Des gens du monde entier viennent par ce que c’est beau et instagrammable mais il n’y a pas de piste cyclable et rien n’est aménagé pour les piétons. » De citer des chiffres parlants. Le village de près de 500 habitants ne compte que 250 places de parking pour un flux journalier estimé à 2 500 véhicules. Une création de parking sur l’ancien camping et au Cap Croisette ? Le parc national des Calanques a refusé. L’an dernier, des plots ont été installés qui ont retiré du stationnement mais qui ont amélioré les mobilités douces (rallongement du bus de la ligne 20 et stations pour les deux roues).

    « Qu’ils viennent

    en bus ou en vélo ! »

    « C’est infernal, ça s’aggrave d’année en année. Les résidents qui vivent à l’année ont une priorité sur les touristes. Cette année, j’ai payé 600 euros de PV », explique Sandra. « Moi j’habite ici depuis 40 ans. La solution, c’est de fermer les Goudes. Non, ça ne privatise pas les Goudes. Qu’ils viennent en bus ou en vélo ! Regardez sur la Côte bleue, c’est fermé. Vous descendez pas à Niolon, c’est fermé. Vous vous garez en haut. Au Vallon des Auffes et à Malmousque, ils ont mis des barrières. »

    « Mes parents avaient le cabanon depuis 50 ans et c’était pas comme ça. On n’en peut plus. C’est lamentable. Au lieu de nous mettre des PV à nous, que la police passe la nuit pour les motos qui passent en trombes et les rodéos », proteste Claudine, habitante depuis 22 ans. « Je ne peux même pas dire à ma fille qui vit à Plan-de-Cuques de venir dîner car elle n’aura pas de place pour se garer. L’été, on s’en va parce que c’est infernal, on prend un mobile-home près de Valréas. »