Tag: Manon Bouquin

  • La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    La gauche résiste dans l’Hérault, le RN s’incruste

    À gauche, il y a deux manières d’analyser les résultats des sénatoriales dont l’officialisation en préfecture de l’Hérault aura été laborieuse, dimanche 27 septembre, en raison de la mystérieuse disparition du procès-verbal du 11e bureau.

    La première lecture, c’est de se dire qu’avec la réélection d’Hussein Bourgi (PS) et l’accession de Julie Frêche (PS) au palais du Luxembourg, la liste d’union PS/PCF/Place Publique a réussi son coup. Difficile de dire autre chose au vu des 793 voix recueillies sur 2710 votants (2730 inscrits) alors que PS et PCF n’en avaient obtenu que 561 et 84 en partant séparés en 2020. Pour le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), c’est la preuve que « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place publique » a porté ses fruits.

    De même que le travail de terrain mené depuis 2020 par H. Bourgi. Lequel a tout de suite salué Julie Frêche comme la « première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ». « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne », a tenté de rassurer l’élue Montpelliéraine qui va devoir laisser son poste de vice-présidente à la Métropole.

    Revers pour K. Mesquida

    La seconde manière de lire le scrutin, c’est se souvenir que la gauche héraultaise comptait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Christian Bilhac et Henri Cabanel) et n’en a plus que deux. La faute à la division. Car les 5 autres listes de gauche ont toutes échoué. En dépit d’un faible nombre d’élus locaux, Les Écologistes d’Agnès Gizard-Carlin (49 voix) et les Insoumis d’Alexia Laforge (119 voix) ont préféré se compter plutôt que s’entendre. Même échec au Département de l’Hérault, où la dissidence de la divers gauche (DVG) Audrey Imbert (147 voix) a empêché l’élection d’Aurélien Manenc (DVG, 275 voix), infligeant au passage un revers au président Kléber Mesquida (La Convention) présent sur sa liste. Quant à l’élue régionale Florence Brutus (PRG, 139 voix), elle n’a pas capitalisé sur l’héritage de Christian Bilhac.

    Le prix de la division est identique à droite (5 listes dont Nouvelle Énergie de Malik Hamadache, 164 voix) qui ne conserve qu’un député et tente de se réinventer. Exit le sénateur Jean-Pierre Grand (Horizons, 145 voix), victime de son départ des Républicains (en échec avec Alain Berthet, 129 suffrages) et de la perte de Castelnau-le-Lez. À bientôt 76 ans, le gaulliste a lui-même annoncé sa retraite politique à Hérault Tribune. « Je regarderai la politique depuis mon poste de télévision ». Après maintes tentatives, l’entrepreneur Joseph Francis (DVD, 427 voix) a enfin gagné un scrutin sur son nom, sans l’UDI. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite.
    Je serai le sénateur de la ruralité
      », a promis… le Montpelliérain.

    Le corollaire de ce double constat, c’est que le RN a tiré les marrons du feu. Certes, grâce à la prise d’Agde et surtout la fragilisation du plafond de verre, le RN obtient quasi trois fois plus de voix (328) qu’en 2020 (118). Mais sans la division des forces républicaines, jamais Manon Bouquin n’aurait pu se faufiler au Sénat.

  • Sénatoriales : dans l’Hérault, la gauche largement en tête mais perd un siège

    Sénatoriales : dans l’Hérault, la gauche largement en tête mais perd un siège

    Depuis 2020 dans l’Hérault, la gauche avait trois sénateurs (Hussein Bourgi, Henri Cabanel, Christian Bilhac) sur quatre (Jean-Pierre Grand). Au sortir des Sénatoriales 2026, ils ne sont plus que deux dans le camp progressiste.

    Et pourtant, la liste d’union de la gauche (PS, PCF, Place publique) a réussi son pari puisque outre le sortant Hussein Bourgi, la Montpelliéraine Julie Frêche, en seconde position sur la liste, siègera elle aussi au Palais du Luxembourg. Baptisée « Pour l’Hérault, pour la France », leur liste d’union l’emporte nettement avec 793 voix sur 2710 votants (sur 2730 inscrits) et 2694 suffrages exprimés. « Je vois dans cette victoire deux motifs : la rançon du travail accompli. Durant 6 ans, j’ai parcouru ce territoire héraultais dans toute sa diversité (…). Aux côtés de l’urbain, la ruralité a un avenir à construire », s’est félicité H. Bourgi rendant immédiatement hommage à Julie Frêche qui « entre dans l’Histoire comme la première femme socialiste élue au Sénat dans l’Hérault ».

    Et Julie Frêche d’abonder. « C’est le résultat du travail, de la rigueur, de la ténacité d’Hussein ». Les deux élus socialistes étant de Montpellier, elle rassure tout de suite. « Je serai la sénatrice de tous les territoires : urbains, ruraux, du littoral, de la montagne ». De son côté, Michaël Delafosse (PS), va devoir trouver un(e) autre vice-président(e) aux transports. Ce dimanche 27 septembre à l’annonce des résultats à la préfecture, le maire de Montpellier, grand sourire, a salué « la très belle dynamique de rassemblement de la gauche unie avec le PCF et Place Publique ».

    En seconde position, Joseph Francis crée la surprise. Habitué aux déceptions électorales sous la bannière UDI, l’entrepreneur montpelliérain partait cette fois en tant que candidat divers droite. Pari gagnant qui a convaincu 427 grands électeurs. « Une nouvelle page de la droite et du centre est en train d’être écrite. Ce n’est pas un aboutissement mais le début d’un chemin. Je serai le sénateur de la ruralité », s’est réjoui Joseph Francis.

    Mais ce que tous les démocrates redoutaient est arrivé. Avec 328 voix, la députée Manon Bouquin se hisse en troisième position du scrutin au record de listes (13 !). Suffisant pour que le RN rafle un siège de sénateur pour la première fois dans l’Hérault. Le résultat d’une « lepénisation des esprits » et de la conquête d’Agde, 4e ville de l’Hérault, aux élections municipales. À noter qu’à l’extrême droite, le vote utile a joué à plein puisque la liste Reconquête (Romain Arnoult) n’obtient que 7 voix.

    À droite, le grand perdant se nomme Jean-Pierre Grand. À 74 ans, cette l’indéboulonnable sénateur est tombé et pas qu’un peu. Récoltant à peine 145 suffrages, il est victime de la perte de son ancien fief Castelnau-le-Lez, de son départ des Républicains pour Horizons, de l’usure du pouvoir et de la division de son camp.

    Car à droite, les voix se sont éparpillées entre Malik Hamadache (Nouvelle énergie, 134 voix), Alain Berthet (Les Républicains, 129 voix) et Amaury Fretay (divers centre, 2 voix).

    Même phénomène à gauche où le PRG, qui disposait d’un sénateur sortant (Christian Bilhac), perd gros avec l’échec de la conseillère régionale Florence Brutus (139 voix). Déception également pour le conseiller départemental Aurélien Manenc (divers gauche), qui rate l’élection (4e avec 275 voix). Pour le président héraultais, Kléber Mesquida (La Convention), qui figurait sur sa liste, c’est un revers. L’élue héraultaise Audrey Imbert (DVG) n’en a pas profité (147 voix).

    Enfin, en dépit d’un faible nombre d’élus Insoumis, la liste LFI d’Alexia Laforge recueille 119 voix et celle de la piscénoise d’Agnès Gizard-Carlin (Les Écologistes) 49.

  • Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    À douze jours du scrutin, le casting est désormais complet. Dimanche 27 septembre, 1 982 grands électeurs dans le Gard et 2 729 dans l’Hérault choisiront sept sénateurs. Une élection discrète, mais qui ressemble à un troisième tour des Municipales : les nouveaux rapports de force locaux vont se traduire au Palais du Luxembourg.

    Un deuxième siège pour

    la gauche dans le Gard ?

    Dans le Gard, cinq listes se disputent trois sièges. Les sortants Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) partent avec une longueur d’avance, sans garantie pour leur camp de doubler la mise. En 2020, la droite avait obtenu 672 voix et deux élus, contre 663 voix et un siège pour la gauche. Six ans plus tard, la donne est bouleversée : la gauche a conquis Nîmes, quand le RN a pris Vauvert, Bagnols-sur-Cèze et conserve Beaucaire. L’avantage nîmois de la gauche est cependant rongé par sa dispersion. La liste d’union de la gauche, autour de Denis Bouad, « Le Gard en commun », réunit PS, PCF et PRG, avec la communiste Cathy Chaulet en deuxième position. L’objectif : transformer la victoire nîmoise en deuxième siège. Mais Carole Bergeri mène sa propre liste divers gauche et LFI part seule derrière Jean-Baptiste Thibaud. En 2020, une dissidence socialiste avait recueilli 118 voix ; la gauche n’avait échoué que de quelques suffrages à décrocher un deuxième élu. À la plus forte moyenne, chaque voix égarée peut coûter cher.

    À droite, Laurent Burgoa présente au contraire une liste unique allant de LR au centre, soutenue jusqu’à Renaissance. Malgré la perte de Nîmes, le sortant conserve un réseau dense d’élus ruraux. Mais son véritable adversaire pourrait être Sylvie Josserand. La députée RN conduit une liste où figurent les maires de Vauvert et Bagnols-sur-Cèze. Le parti à la flamme avait déjà obtenu 203 voix en 2020, avec un ancrage municipal bien moindre. Son entrée au Sénat consacrerait une nouvelle étape de son implantation dans un département où l’extrême droite a remporté toutes les circonscriptions législatives en 2024.

    Dans l’Hérault, trois sièges

    à défendre pour la gauche

    Dans l’Hérault, la gauche se présente avec une équation presque inverse : elle détient aujourd’hui trois sièges sur quatre et a donc beaucoup à perdre. D’autant que deux de ses trois sénateurs, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (DVG), ne repartent pas. Leurs retraits ont libéré deux fauteuils et aiguisé les appétits : pas moins de six listes issues de la gauche ou de ses marges se retrouvent en concurrence.

    Le sortant socialiste Hussein Bourgi, soutenu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) et allié au PCF, semble disposer du socle le plus solide, notamment à Montpellier. Sa réélection paraît à portée, mais faire entrer sa numéro deux, Julie Frêche (PS), sera une autre affaire. Aurélien Manenc (DVG), poussé par le président du Département Kléber Mesquida (PS), entend capter l’électorat rural ; Florence Brutus (PRG), soutenue par Christian Bilhac, espère maintenir une représentation radicale ; Audrey Imbert (DVG) joue sa carte, tandis qu’Agnès Gizard-Carlin pour Les Écologistes et Alexia Laforge pour LFI ont choisi l’autonomie. Une addition de candidatures risque de coûter à la gauche l’un de ses trois sièges. La droite, elle aussi éclatée, dispose toutefois d’un socle municipal solide. Le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons) repart avec Patricia Mirallès, mais doit affronter Joseph Francis (DVD), entouré de plusieurs maires, Alain Berthet pour LR et Malik Hamadache (DVD), soutenu par David Lisnard, maire de Cannes et président de l’association des maires de France. À cette offre déjà fragmentée s’ajoutent Romain Arnoult (Reconquête) et Amaury Fretay (divers centre).

    118 voix pour le RN en 2020

    Et derrière cet embouteillage, le RN attend son heure. La députée Manon Bouquin parie sur l’ancrage municipal accru de l’extrême droite, notamment après la conquête d’Agde et dans un Biterrois où la droite radicale dispose déjà d’un solide terreau. En 2020, le RN n’avait obtenu que 118 voix. Cette fois, décrocher un siège ne relève plus totalement de la politique-fiction si les suffrages continuent de s’éparpiller. Gard et Hérault deviennent ainsi deux laboratoires d’un même phénomène : la capacité du RN à transformer ses performances électorales en implantation institutionnelle durable. Face à lui, la gauche conserve de fortes positions locales, mais ses divisions peuvent l’empêcher d’en récolter les fruits. Le 27 septembre, quelques dizaines de voix pourraient montrer combien l’union ou la dispersion finissent par se compter.

  • [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    Le retrait des sortants aiguise les appétits individuels mais accentue le risque des désillusions collectives. Pour la gauche, le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre a tout l’air du piège.

    Tout d’abord, elle est sortie plutôt affaiblie des Municipales dans l’Hérault. Or, le corps électoral des 2 729 grands électeurs est largement constitué de délégués des conseils municipaux. Ajoutez à cela un mode de scrutin singulier (la proportionnelle de liste à un tour) et l’affaire se corse un peu plus.

    Au vu de son actuelle situation confortable (3 sièges sur 4), la gauche héraultaise semble avoir plus à perdre qu’à gagner face à une droite certes elle aussi divisée mais solide et une extrême droite qui ne cesse de progresser.

    Le fait que deux sortants (Christian Bilhac, PRG/RDSE et Henri Cabanel, DVG/RDSE) ne se représentent pas génère de l’incertitude. Une brèche vers le palais du Luxembourg dans laquelle de nombreux impétrants souhaitent s’infiltrer à gauche. Sans même compter les listes surprises qui pourraient être déposées en préfecture du 7 au 11 septembre, pas moins de 6 listes de gauche sont déjà annoncées dans l’Hérault.

    Embouteillage à gauche

    La liste qui semble favorite semble être celle menée par Hussein Bourgi. Allié à la vice-présidente de Métropole Julie Frêche (numéro 2) et soutenu par le PCF, le sénateur sortant peut compter sur un solide réseau d’élus notamment à Montpellier. Probablement suffisant pour conserver son siège. Pour en obtenir un second en revanche…

    Il faudra batailler avec les concurrents. À commencer par Florence Brutus (PRG). La vice-présidente de Région auprès de Carole Delga est soutenue par le sortant Christian Bilhac. L’ancien maire de Péret peut compter sur ses réseaux du monde rural.

    En probable 5e position (non éligible), le président du Département, Kléber Mesquida (DVG), en rupture avec la ligne du PS depuis son départ du parti à la rose, poussera la liste de l’élu héraultais, Aurélien Manenc. Lequel mise lui aussi sur la ruralité. Problème : la liste DVG dissidente d’Audrey Imbert, élue du canton de Mèze, vient compliquer la tâche.

    Enfin, les Écologistes et les Insoumis devraient partir séparés. Durant l’été, les premiers n’ont eu de cesse de faire les yeux doux aux seconds. En vain. La faute à la stratégie nationale autonome dictée par Jean-Luc Mélenchon. Massivement présente à ce scrutin, LFI n’a que peu de chance de succès. Dans l’Hérault, la mission s’annonce ardue pour l’élue municipale d’opposition à Castelnau-le-Lez, Alexia Laforge. Avec en tête de liste Agnès Gizard-Carlin (élue à Pezenas), les Verts chercheront eux aussi avant tout à tisser leurs réseaux et gagner en notoriété.

    Le RN tapi dans l’ombre

    Et la droite dans tout cela ? Au moins quatre listes devraient être en lice. Pourtant des ambitions ont pu être freinées. Un temps sur le coup contre le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons), le délégué héraultais du parti d’Edouard Philippe, Jean-François Audrin, a renoncé. L’ex-UMP sera toutefois concurrencé à droite par Les Républicains. Leur liste sera menée par l’avocat et ex-porte-parole de l’association Non au béton, Alain Berthet. L’entrepreneur Joseph Francis devrait lui aussi mener une liste sans le logo UDI. Enfin, Malik Hamadache, adjoint au maire de Villeneuve-lès-Maguelone, devrait candidater pour Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.

    La droite pourra compter sur les nombreux élus divers droite. Reste à savoir combien seront tentés par la liste RN de la députée Manon Bouquin appelée à dépanner suite au retrait (pour raisons médicales) du Sétois Sébastien Pacull qui avait été investi. Avec la prise d’Agde qui s’ajoute à l’emprise ménardienne dans le biterrois, le scénario d’un sénateur RN dans l’Hérault n’apparaît plus totalement farfelu.

  • [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    Si l’extrême droite a raflé toutes les circonscriptions du Gard en 2024 et une partie de la ruralité héraultaise, son ancrage au plus près de la population reste encore à prouver. Sans personnalités locales reconnues, le RN ou l’UDR sont en effet contraints de s’appuyer sur leurs députés pour tenter d’engranger des victoires pour ces élections municipales des 15 et 22 mars. Ce pari n’est en effet pas très risqué : avec le non-cumul des mandats, soit ils sont élus et seront alors remplacés à l’Assemblée nationale par leur suppléant (garantissant à leur parti le même nombre de députés), soit ils perdent et ils gardent leur poste de député. Tour d’horizon de ces députés en campagne.

    Pascale Bordes

    à Bagnols-sur-Cèze

    Les Bagnolais vont-ils élire une candidate qui a méprisé les questions locales pendant cinq ans ? Élue d’opposition depuis 2020, la députée de la 3e circonscription du Gard n’a en effet plus mis les pieds en conseil municipal depuis 2021. Pourtant, l’avocate Pascale Bordes a été facilement réélue députée en 2024 (46,65% au premier tour, 53,92% au second). Après avoir écarté les profils « problématiques » du RN à Bagnols, elle fait aujourd’hui figure de favorite dans la 3e ville du Gard. Et signe que le parti a misé sur elle, Marine Le Pen en personne est venue la soutenir vendredi 6 mars. Si elle est élue, c’est Catherine Dellong-Meng qui siégera à l’Assemblée.

    Nicolas Meizonnet

    à Vauvert

    Dans le parti lepéniste, la politique, c’est une affaire de famille. Après le père, Jean-Louis Meizonnet, battu en 2020 par Jean Denat (par 155 voix), c’est au tour du député Nicolas Meizonnet de défier l’édile socialiste de Vauvert. Adhérent du Front National depuis 2011, il devient député en 2020 lors de la démission de Gilbert Collard en partance pour le Parlement européen. Contre le mariage pour tous, félicitant Donald Trump lors de son élection, Nicolas Meizonnet a aussi dirigé le FN gardois en 2017. S’il est élu, c’est Caroline Devaux qui le remplacera à l’Assemblée nationale.

    Julien Sanchez à Nîmes

    Julien Sanchez a préparé son atterrissage à Nîmes. Maire de Beaucaire depuis 2014, l’adhérent du FN depuis 2000 qui garde Jean-Marie Le Pen pour « modèle » s’est fait élire en 2024
    au Parlement européen. Également en charge des investitures du parti pour ces élections municipales, il ne passe donc qu’un an à Strasbourg avant d’annoncer sa candidature dans la capitale du Gard… S’il est très peu présent sur le terrain, il a reçu le président du RN Jordan Bardella pour un meeting, le 3 mars.

    Alexandre Allegret-Pilot à Bessèges

    Le Haut-savoyard parachuté par Éric Ciotti dans les Cévennes, promettait des défaites à tous les maires de gauche (et notamment communistes) sur sa circonscription. Finalement, l’absence de relais locaux ne lui a pas permis de peser sur les listes dans sa circonscription à l’exception de Bessèges. La ville du nord du Gard était promise à son assistant parlementaire Nathan Casano sauf que celui-ci est inéligible (il n’a pas présenté ses comptes de campagne après sa candidature aux législatives de 2022). Tant pis, le député UDR s’est rangé en cinquième position de la liste menée par l’entrepreneur pro Zemmour, Hervé Fiselle (mais largement construite par Nathan Casano).

    Aurélien Lopez-Liguori à Agde

    Après l’affaire de la « voyante ventriloque » et l’emprisonnement du maire Gilles d’Ettore (LR), le RN a très vite compris qu’il avait une carte à jouer dans la cité balnéaire héraultaise. C’est donc au député de la circonscription, Aurélien Lopez-Liguori, que la tâche a été confiée (il a dû pour cela déménager de Sète à l’été 2025) ce qui a provoqué des départs dans les rangs des élus RN locaux. Il a lui aussi reçu Jordan Bardella début février. Agde est devenu un véritable enjeu pour le parti d’extrême droite qui considère l’agglomération comme la plus prenable de France. Aurélien Lopez-Liguori aurait aussi dans le viseur la présidence du Département de l’Hérault en 2028. En cas d’élection, il sera remplacé à l’Assemblée par Bernard Chaumeil qui figure sur la liste d’Yves Michel (DVD) à Marseillan.

    Julien Gabarron

    à Béziers

    Après Emmanuelle, Robert ? Vainqueur face à la députée sortante et femme de Robert, Emmanuelle Ménard, Julien Gabarron tente désormais de s’attaquer à l’édile de Béziers qui a reçu le soutien des Républicains à défaut d’avoir celui du RN. Élu en 2014 avec l’aide du Front national, Robert Ménard reste en tête des sondages et pourrait même être élu au premier tour. Julien Gabarron, patron du RN héraultais, ancien membre de l’UMP, a tout de même reçu le soutien de trois responsables locaux de LR et espère créer la surprise dans la 2e ville de l’Hérault.

    Manon Bouquin à Mèze

    Comme en 2020, l’ostréiculteur Joël Armentier, membre du parti d’extrême droite depuis 20 ans, se lance dans la campagne des municipales. Mais cette année, il pourra compter sur le soutien de la députée du coin Manon Bouquin qui figure à la deuxième place de sa liste. Battue en 2022, l’assistante parlementaire d’Aurélien Lopez-Liguori a en effet pris sa revanche en 2024. Candidate initialement à Paris, Manon Bouquin est une ancienne militante de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant d’extrême droite qui a participé à des actions violentes.

    France Jamet

    à Montpellier

    Cette historique du Front national, fille d’Alain Jamet qui a fondé le parti avec Jean-Marie Le Pen et encartée dans le parti d’extrême droite depuis 1974, est devenue députée européenne lorsque Louis Aliot a été élu à l’Assemblée nationale en 2017. Soutenue cette année par l‘UDR et « Identité et Liberté », elle s’était déjà présentée dans la capitale de l’Hérault en 2014 (13,8% au 1er tour, 9,1 au second). Malgré la présence du dissident Thierry Tsagalos, France Jamet est donnée entre 8 et 10% dans les sondages.

  • Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Invisible à Montpellier depuis 2017, l’actuelle députée européenne d’extrême droite France Jamet est de retour. Plus revancharde que jamais 12 ans après son échec en 2014 (13,8% au 1er tour puis 9,18% au 2e tour), l’héritière du co-fondateur du Front national vient d’annoncer avoir été investie aux municipales par le Rassemblement national (RN) avec la bénédiction de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti.

    Une investiture obtenue de Paris au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos qui s’autoproclamait candidat du RN depuis plusieurs semaines. « Il s’est obstiné, il a préféré jouer une carte personnelle. C’est dommage, il va être exclu. Quand on a une machine de guerre comme la nôtre, on doit mettre nos forces en commun », tranche France Jamet.

    Fille d’Alain Jamet (décédé récemment), le co-fondateur du FN aux côtés de Jean-Marie Le Pen , France Jamet a de solides appuis au sommet de l’état major du RN. Le député pro-Eric Ciotti, Charles Alloncle (UDR), l’a bien compris. Opportuniste, il sera en bonne position sur la liste RN au contraire de son suppléant Thierry Tsagalos. De même que Flavia Mangano, ancienne candidate RN aux législatives sur la 2e circonscription de l’Hérault. Un troisième colistier a été dévoilé : Alex Frederiksen, collaborateur de la députée Manon Bouquin (RN).

    Le RN qui n’a jamais scoré à Montpellier ambitionne moins de rafler la ville que d’y gagner en influence. Comme les autres opposants déclarés, France Jamet s’inscrit dans une « volonté de rupture » avec la politique municipale actuelle. A l’instar de Mohed Altrad, déclaré candidat la veille ou de l’ancien maire (2014-2020) Philippe Saurel (qui pourrait lui aussi se dévoiler dans les prochains jours), elle fustige les 2 milliards de dette de la Ville (un audit des finances sera réalisé) et promet de faire des « économies ». La solidarité devrait trinquer. « On supprimera les subventions à SOS Méditerranée », illustre-t-elle. En revanche, au vu du succès populaire, pas question de faire marche arrière sur la gratuité des transports en commun.

    A l’image d’Isabelle Perrein, autre candidate divers droite soutenue par l’UDI, France Jamet cible la circulation embouteillée en ville. Elle promet de rouvrir le tunnel sous la Comédie et l’avenue Albert Dubout. « Le tout vélo ne marche pas, il faut plus de parkings. On doit en finir avec cette politique répressive des automobilistes et sortir de cette dictature écologiste ».

    Alors même que son parti prône le repli sur soi (protectionnisme, frontières, droit du sang…), elle trouve que « Montpellier s’est trop renfermée sur elle-même. Rien n’a été fait vis-à-vis de Toulouse. Montpellier doit retrouver sa place en s’ouvrant ».

    Enfin, sans surprise, elle compte axer sa campagne sur la sécurité. Tandis que l’actuelle majorité a déjà créé des brigades des transports et du logement social, elle joue la surenchère avec « plus de caméras, de policiers municipaux équipés ». « On doit abandonner le laxisme ». France Jamet, elle, n’a rien perdu de sa hargne.

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.