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  • La pénurie de personnels, priorité des lycéens

    La pénurie de personnels, priorité des lycéens

    Le manque de profs » : voilà la priorité exprimée par la quinzaine de lycéens rencontrés pendant la manifestation partie de la place Albert 1er mardi 13 octobre. Âgés de 14 à 17 ans, ils sont scolarisés dans les différents lycées généraux et technologiques de Montpellier. « On a un problème d’absentéisme », pointe Charli, en terminale au lycée Frédéric-Bazille. « Cette année, je n’ai pas de professeur d’histoire. En 2024-2025 [année du bac français], je n’ai pas eu de professeur de français pendant longtemps », se souvient-il. « J’ai des professeurs d’histoire et de biologie qui ne sont que des remplaçants. C’est compliqué », regrette, de son côté, Nael, en seconde au lycée Joffre. Même lorsque les enseignants sont bien présents, ils doivent s’occuper de classes souvent surchargées. À Georges-Clemenceau, dans la terminale de Mathis, ils sont 35 élèves. À Jean-Mermoz, dans la première de Firdaws, ils sont 40.

    Droit d’inventaire

    Face à cette pénurie, le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants promis par le ministre de l’Éducation nationale suscite l’incompréhension. « C’est une bonne idée », concède Nina. « Mais on a besoin de manifester pour que des remplaçants arrivent… Ça aurait pu être fait avant », estime-t-elle. Beaucoup y voient, par ailleurs, une demi-mesure : « Ils veulent arrêter notre mouvement en concédant des petits aménagements », analyse Neio. L’annonce du gouvernement est d’autant moins satisfaisante que les manifestants réclament des recrutements dans tous les métiers des équipes éducatives : « Plus de surveillants, d’infirmières, de psychologues, de conseillers d’éducation [CPE] », liste Paloma, membre du conseil de la vie lycéenne du lycée Jules-Guesde. « Il y a des classes en filière technologique qui ont un CPE seulement deux jours par semaine », déplore l’élève de terminale. Plusieurs manifestants s’indignent également du sous-effectif des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Selon Andrea, « on discrimine une partie de la société. C’est inacceptable aujourd’hui ».

    L’autre grande préoccupation des lycéens est l’état de leurs établissements. Ils notent le manque d’espace, de matériel, d’isolation thermique voire la vétusté des locaux. Mais les élèves montpelliérains ne s’estiment pas les plus mal lotis. Ils s’identifient volontiers à leurs camarades d’autres régions, qui montrent le délabrement de leurs établissements sur les réseaux sociaux. Le sujet agit comme un levier de solidarité à l’échelle de toute la communauté lycéenne. « Nous ne sommes pas forcément un lycée à plaindre », juge Aelia, interne en seconde au lycée Frédéric Bazille. « On revendique pour les autres. En banlieue parisienne, il y a des effondrements et des situations sanitaires catastrophiques », s’alarme-t-elle.

    Les réformes de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup ainsi que des horaires de cours figurent également parmi les revendications des lycéens. La plupart ont entamé leur mobilisation depuis plusieurs jours, prenant part aux blocages de leurs établissements. S’estimant trop peu écoutés par les autorités, ils se montrent déterminés à poursuivre leurs actions. « Je suis révolté. Je veux avoir plus de moyens. On aimerait tous retourner en cours. Mais on ne peut pas. On doit se battre », considère Mathis.

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »