Transmise par les moustiques, cette maladie qui se manifeste habituellement par une fièvre brutale avec des douleurs et une éruption cutanée peut dans de rares cas susciter des complications graves, voire mortelles. « Des mesures de gestion ont été immédiatement engagées afin de limiter tout risque de propagation », précise le communiqué, avec des opérations de démoustication dans le voisinage. En complément, des visites seront réalisées par l’ARS et Santé publique France avec l’appui de la municipalité pour identifier de potentiels cas secondaires et sensibiliser les habitants. L’ARS invite à se protéger des piqûres, consulter immédiatement son médecin traitant, limiter ses déplacements en cas de symptômes.
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Des associations demandent des assises de la santé environnementale
« Il est hors de question de remettre en cause le développement industriel, on dit juste qu’il faut des réponses environnementales », affirme Gérard Casanova, comme un préambule indispensable à son propos. Le cheminot Saint-louisien à la retraite représente dix associations environnementales du territoire industriel de Fos et de l’étang de Berre, associées dans un plaidoyer environnemental publié le 27 juillet dernier. Parmi ces acteurs, Vigueirat nature, l’Association santé environnement France (Asef), France nature environnement (FNE) ou encore l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF).
« C’est dans des constats communs que nous nous retrouvons », explique le militant issu de l’association Au fil du Rhône et de la Fédération d’action régionale pour l’environnement (Fare). D’une part, « les différentes pollutions auxquelles nous sommes exposés, qu’elles soient de l’agriculture, industrielles ou des transports, sont présentées au public de manière segmentée », développe Gérard Casanova. « Ce saucissonnage est une vue de l’esprit que nous dénonçons, car il y a une bioaccumulation avec le temps », des polluants selon le militant.
Dès lors, se pose la question de savoir « ce à quoi nous sommes exposés dans le détail », « mesures et analyses sont indissociables », pour le représentant. Là où le bât blesse, « la directive européenne pour la surveillance met l’accent sur les grosses villes, mais on a tendance à moins surveiller les zones industrielles », relève-t-il. Ce « saucissonnage » se révèle aussi dans les capteurs de particules : « certains captent jusqu’à 10 micromètres, d’autres entre 10 µm et 2,5 µm », mais l’un ne fait pas le travail de l’autre. « On avait un capteur 10 µm en ville, il a été remplacé par un 2,5 µm et du coup on a plus de surveillance des 10 µm », illustre-t-il.
« Ce n’est pas adapté aux changements qui se préparent » considère Gérard Casanova, « bien que nous soyons conscients de la qualité du travail de l’observatoire public qui fait en fonction de contraintes budgétaires et réglementaires », nuance-t-il.
« Il faut se rencontrer »À l’heure des grands changements industriels, notamment pour la production d’acier, le collectif d’associations passe un appel : « les nouvelles techniques de production vont apporter de nouvelles molécules. Nous avons déjà un manque de connaissance sur l’existant, il faut qu’on se rencontre », insiste Gérard Casanova.
Le débat public de zone étant passé, le représentant affirme que « le vrai fond du débat public global était de se conformer à la loi. Ce n’est pas une amélioration du débat public », au sens de l’appropriation du grand public et du traitement complet des enjeux de chacun. La proposition n’est pas de refaire le débat public sur la même forme : « Nous proposons l’organisation d’assises pour mettre à plat les connaissances actuelles sur la santé-environnement pour établir des constats sur lesquels on se retrouve tous, État, associations, élus, syndicats ».
« Une étude* de l’Agence nationale de sécurité sanitaire [Anses] suggère que la pollution de l’air peut provoquer des maladies neurodégénératives. D’où le besoin d’associer les médecins à la table ronde pour documenter la prévalence de ces maladies ou des cancers », conclut le représentant.
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![[Entretien] Christiane de Félice : « Il faut prendre des mesures pour la santé au travail »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/85f585020855280fb54f5e740ad5a5d7.jpg)
[Entretien] Christiane de Félice : « Il faut prendre des mesures pour la santé au travail »
Alors que la question des morts au travail se pose face aux épisodes de chaleur, le Gouvernement travaille sur des économies dont le plafonnement des indemnités des victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.
La Marseillaise : Votre association dénonce un plan d’économie sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. De quoi s’agit-il ?
Christiane de Félice : Le Gouvernement a demandé à la caisse des accidents du travail et des maladies professionnelles [AT-MP] de la Sécurité sociale de réaliser 800 millions d’euros d’économies au prétexte de déficit de la branche. Ces économies vont directement toucher les victimes de Troubles musculosquelettiques [TMS], la maladie professionnelle la plus répandue. Le gouvernement envisage en plus de limiter les indemnités journalières dans ces cas-là à 4 ans alors que certaines personnes cumulent parfois plusieurs maladies. Il faut savoir qu’en 2024, 50 598 nouvelles maladies professionnelles étaient reconnues, soit 3 100 de plus qu’en 2023, et dont 90 % sont des TMS. On parle des travailleurs ayant les tâches les plus difficiles et ingrates, qui au bout de 20 ans au même travail deviennent invalides. Il y a eu 150 000 déclarations d’inaptitude en 2024, souvent soldées par un licenciement. Et encore, c’est quand l’entreprise ne dit pas de rester à la maison sans déclarer ! Toute une population va être précarisée. Car l’invalidité saute à la retraite contrairement à la rente des maladies professionnelles.
Mais s’il y a déficit, il faut bien combler quelque part ?
C.d.F. : La branche AT-MP, malgré ce qu’on dit, est toujours en excédent. Les exonérations de cotisations patronales représentent 80 milliards d’euros par an en moins. C’est un détournement financier des droits des salariés qui eux continuent à financer la solidarité par la cotisation sociale. De plus, rendons-nous compte que la sous-déclaration des maladies professionnelles représente entre 2 et 3,6 milliards d’euros. Mais le 5e plan santé au travail 2026-2030 ne propose aucun objectif de résultats.
Quelles sont vos propositions dans ce contexte ?
C.d.F. : Il faut prendre des mesures draconiennes. Il faut de la clarté sur les maladies qui devraient être déclarées comme professionnelles et qui ne le sont pas. La création d’un registre de cancers dans chaque région industrielle. Une médecine du travail au plus près des salariés et de la médecine de ville. Rétablir les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail [CHSCT]. Stopper les exonérations de cotisations, car c’est avec ses cotisations que le travailleur peut se soigner, partir à la retraite ou pouvoir être couvert en cas d’accident. Une partie de cette exonération est financée par la TVA, payée par le salarié. Combien de fois sera-t-il encore pénalisé ?
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Un réseau régional pour défendre une santé planétaire
L’environnement a un impact sur notre santé. C’est à partir de ce constat simple que l’Agence régionale biodiversité environnement (Arbe), sous l’impulsion de l’Agence régionale de santé (ARS), a lancé ce lundi le réseau régional « Une seule santé ». Une centaine de professionnels de la recherche, de la santé, de l’environnement et des collectivités se sont réunis à l’Institut méditerranéen de la ville et des territoires pour ce lancement.
Cette approche, qui intègre l’environnement dans les réflexions autour de la santé, est apparue dans les années 2000 au sein des agences internationales, avant de s’imposer progressivement dans les politiques publiques et les collectivités. L’idée principale est que les santés humaine, animale et végétale sont interdépendantes et liées à celle des écosystèmes dans lesquels elles évoluent. Il devient donc impossible de penser la santé sans prendre en compte l’environnement dans lequel vivent les populations.
« Ce type d’approche permet d’arrêter de travailler chacun dans son coin et de faire dialoguer des domaines qui sont parfois hermétiques les uns aux autres », s’enthousiasme Thomas Margueron, responsable santé environnement de l’ARS. Lancé en 2024, le projet est porté par l’Arbe, choisie par l’ARS. L’objectif est de créer des synergies entre les différents acteurs, notamment à travers des groupes de travail ainsi qu’un annuaire commun pour faciliter les échanges.
Pour cette première année, trois axes de travail prioritaires ont été définis : remettre de la nature en ville, développer la prescription de nature pour les patients et renforcer la surveillance des zoonoses, ces maladies infectieuses transmises à l’homme par les animaux.
Engager les collectivitésL’ambition est également d’engager les collectivités dans ces démarches, « car ce sont elles qui ont les principaux leviers d’aménagement du territoire », insiste Audrey Michel, directrice de l’Arbe région Sud. Cela concerne notamment la végétalisation des villes, l’alimentation ou encore la qualité de l’air. « Notre rôle [en tant qu’agences régionales] est d’accompagner les collectivités dans leur démarche. Et d’avoir des applications concrètes de cette approche. »
Un réseau régional d’autant plus riche que de nombreuses expérimentations existent déjà sur le territoire, comme à l’hôpital du pays salonais ou à la Ville de Marseille, qui a créé une direction dédiée à cette question. Un réseau pour réfléchir ensemble et s’inspirer des initiatives existantes.
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L’essor de l’hospitalisation à domicile au cœur des débats à Marseille
Professionnels de santé, responsables d’établissements et représentants institutionnels se retrouvent au Parc Chanot, les jeudi 18 et vendredi 19 juin à Marseille, pour échanger sur les enjeux de l’hospitalisation à domicile (HAD), à l’occasion des Universités d’été de la FNEHAD.
15 470 patients l’an passéL’HAD est une hospitalisation à part entière permettant à des patients de recevoir, à leur domicile, des soins médicaux et paramédicaux complexes qui auraient autrement nécessité un séjour dans un établissement de santé. Chimiothérapies, soins palliatifs, pansements complexes, assistance respiratoire ou encore rééducation peuvent ainsi être réalisés sur le lieu de vie du patient, grâce à une coordination entre médecins, infirmiers et autres professionnels de santé.
La région Sud figure parmi les territoires où cette activité progresse le plus rapidement. En 2025, les 22 établissements d’hospitalisation à domicile de la région ont réalisé 740 016 journées d’hospitalisation, soit une hausse de 9,2% en un an, au bénéfice de 15 470 patients (+14,7%).
Porté par le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et la nécessité de désengorger les hôpitaux, ce développement s’accompagne de besoins croissants en personnel.
Les structures d’HAD emploient notamment des infirmiers, aides-soignants, médecins coordonnateurs, cadres de santé, psychologues, assistants sociaux et logisticiens. Elles travaillent également avec de nombreux professionnels libéraux.
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« Plus de recherche ! » : sensibiliser sur l’encéphalomyélite myalgique
Vêtements et matériel orange, les bénévoles de l’association VoxEm installent leur stand pour la nuit, samedi. « On a un système immunitaire un peu bas », justifie Marion, alors que tous les protagonistes ont un masque chirurgical vissé sur le visage. Tenu par des malades d’encéphalomyélite myalgique, (qui provique une fatigue chronique invalidante), le stand de l’association s’est installé pour la Nuit du handicap, initiative organisée sur le cours Mirabeau. Un événement qui « prend de l’ampleur », explique Laurent Dilinger, élu à la santé, alors qu’une trentaine de stands ont investi cet axe principal du centre-ville. Objectif pour ces bénévoles en orange, alerter la population sur cette maladie « invisible » mais « reconnue par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1969, mais toujours non reconnue par la France », rappelle Stephan Oberg.
Pour ceux qui en sont atteints, c’est la double peine. « La Maison départementale des personnes handicapées, ne reconnaît pas notre maladie, sauf si on ruse avec les médecins et qu’on se fait passer pour malades psy, poursuit Stephan. On nous dit souvent que c’est dans la tête, puisque rien dans nos analyses ne montre que l’on est malade. » Seuls quelques médecins spécialisés en France sont aptes à diagnostiquer la maladie, précisent les bénévoles. Selon Marion, « 80% des malades sont des femmes ». Une « double stigmatisation ». Alors, en attendant une reconnaissance officielle, les bénévoles s’attellent à sensibiliser le public. « On doit expliquer ce qu’est cette maladie, les retentissements dans notre vie quotidienne et mettre la puce à l’oreille aux gens. S’ils connaissent quelqu’un qui souffre d’un épuisement permanent, des troubles cognitifs, qui a du mal à se remettre d’un effort, ce n’est pas nécessairement une dépression », insiste Claire.
Autres symptômes à repérer et avec lesquels il faut vivre, un épuisement constant, les malaises post-effort, sorte de décompression et d’exacerbation des symptômes qui arrive dans les heures qui suivent une activité. Pour les bénévoles, une seule solution pour que ces malades soient mieux pris en charge : « Plus de moyens pour la recherche autour de cette maladie. ». E.B.-G.
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Face aux moustiques tigres, la vigilance est requise
Avec la chaleur, ils pullulent. Les moustiques tigres sont de retour, et ils gâchent la vie d’Alain. « On est assaillis depuis trois ans, c’est invivable, s’agace-t-il. On ne peut pas vivre dehors, l’été c’est un peu bête… Moi je suis retraité j’aimerais bien pouvoir profiter de mon jardin. »
L’an dernier, c’est dans son quartier de la ferme de Croze qu’un important épisode d’épidémie de chikungunya s’était déclaré. Pas moins de 47 cas avaient été identifiés par les pouvoirs publics au cours de l’été. Selon le maire de Vitrolles (PS) Loïc Gachon, « les quartiers pavillonnaires sont les plus touchés. Le moustique tigre vole mal et très peu loin. C’est pour ça que la densité de population sur un secteur et la végétalisation sont déterminantes. »
Alors que 80% des gîtes larvaires se trouvent dans des espaces privés, l’édile a un message à faire passer : « On a tous, dans notre jardin, une soucoupe ou un fond de pot qui n’a pas été retourné depuis l’hiver. À chacun de prendre sa responsabilité et d’éliminer les eaux stagnantes. Il n’y a pas d’espoir ou d’attente à avoir envers les pouvoirs publics qui ne peuvent pas intervenir sur l’essentiel du réservoir. (…) Ce contrôle ne peut être fait que par les citoyens. »
En cas de symptômes – douleurs articulaires importantes, fièvre élevée, éruptions cutanées pour le chikungunya ; courbatures, maux de tête et douleurs orbitales pour la dengue -, les habitants sont appelés à se signaler auprès d’un médecin généraliste.
Clémentine Calba, épidémiologiste chez Santé Publique France (SPF), explique : « Lorsqu’on identifie un premier cas autochtone, on met une enquête de terrain en place avec du porte à porte auprès des riverains en étroite collaboration entre SPF, l’ARS et la commune pour sensibiliser, passer les messages de prévention et rechercher un max de cas. » À Vitrolles, sur les 47 personnes diagnostiquées, 24 avaient été identifiées par le biais de cette opération.
Devant l’ampleur de l’épidémie, l’Entente interdépartementale pour la démoustication était passée tôt le matin dans les jardins du quartier pour éliminer le foyer à l’aide d’insecticide, invitant les habitants à rester calfeutrés chez eux. Pour éviter ce dernier recours, mieux vaut prévenir que guérir.
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![[Ce cancer dont personne ne parle 1/3] Quand le tabagisme menace aussi la vessie](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/eb281a8bf1e26127f070f23f30a6bc30.jpg)
[Ce cancer dont personne ne parle 1/3] Quand le tabagisme menace aussi la vessie
Le cancer de la vessie est responsable du décès d’environ 5 000 Français par an. L’équipe d’onco-urologie de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) compte actuellement sept chirurgiens urologues seniors. Géraldine Pignot, l’un d’entre eux, souhaite sensibiliser les Français aux facteurs à risque de cette maladie, et surtout sur le tabagisme, responsable de 80% des cancers de la vessie qu’il soit actif, passif, sevré depuis longtemps ou pas. « Il est vrai qu’on connaît bien son impact sur le poumon, parce qu’effectivement, on le respire. Mais une fois qu’il a été respiré, il passe dans le sang puis il est filtré par la vessie, c’est là que les carcinogènes entrent en contact avec la muqueuse, le revêtement interne de la vessie, et génèrent des transformations de cellules en cancer », explique-t-elle. « Pour le moment, notre patientèle, est pour les deux tiers masculines et un tiers seulement féminine à cause de la consommation de tabac qui jusque-là était plus fréquente chez les hommes. Cette donnée change avec les nouvelles générations. »
Des facteurs souvent oubliés
Un facteur de risque résultant d’un cadre professionnel existe aussi. « Et même si c’est une minorité de nos patients, parfois, on est amené à faire une enquête à la recherche d’une éventuelle maladie professionnelle », précise Géraldine Pignot. Selon l’institut national du cancer (INCa) et les synthèses reprises par l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), 2 à 14% des cancers de la vessie ont une origine professionnelle. L’exposition à certains produits toxiques développe des cellules cancéreuses. Les plus classiques sont les aminés aromatiques (benzidine, 2-naphtylamine, 4-aminobiphényle…) utilisés dans la chimie des colorants, des pigments et du caoutchouc ou les produits de combustions présents dans les goudrons et les huiles de houille. En somme, les professionnels menacés sont ceux exerçant dans les domaines de la chimie, de l’acier, du cuir ainsi que certains mécaniciens automobiles, techniciens dentistes ou même coiffeurs. Pour autant, la Suva, caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents, rappelle que la cause reste souvent difficile à identifier. Toutefois, il est important de rappeler que l’exposition aux cancérogènes en milieu de travail concernait 11% des salariés dans l’enquête Sumer 2017, soit environ 2,8 millions de personnes en France. Enfin, le troisième facteur de risque, actuellement en cours d’identification, et souvent méconnu des professionnels, est environnemental. Facteurs « qui mériteraient plus d’exploration dans les années à venir », ajoute Géraldine Pignot. L’arsenic est un important facteur environnemental notamment dans certaines zones géographiques à contamination élevée. « Et notamment sur la région marseillaise, on a un pic de fréquence par rapport à d’autres départements, plutôt vers les Goudes, là où étaient anciennement installées les usines qui déversaient de l’arsenic. » Et les pesticides ne sont pas en reste.
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![[Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/81431a57293ca3af9901e142e692af70.jpg)
[Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »
Alors qu’une jeune femme a été évacuée mardi de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) vers un hôpital de Marseille pour une infection possiblement liée à l’hantavirus Andes, le chef de l’État Emmanuel Macron s’est voulu rassurant en déclarant que la situation en France était « sous contrôle », le gouvernement ayant mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». « Maintenant, il est important qu’il y ait une vraie coordination européenne, c’est-à-dire que les protocoles aillent vers les standards les plus exigeants qui ont été définis à très court terme, et que l’Organisation mondiale de la Santé puisse coordonner tout cela comme il se doit ». La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté le scénario d’une « circulation diffuse » en France et a précisé que sur les 5 Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme est « dans un état grave. »
La Marseillaise : Que pensez-vous de la gestion de l’hantavirus pour le moment ?
Philippe Halfon : En termes de gestion de crise, c’est catastrophique. Disons que, si on cherchait à disséminer une épidémie, nous n’aurions pas pu faire mieux. Dans les gestions d’épidémie qu’on a connue dans le passé, lorsqu’il y avait des maladies graves comme la peste ou autre, on appliquait le principe de quarantaine. Dans le cas qui nous intéresse, on avait la chance d’avoir les patients regroupés à l’intérieur d’un bateau, où aurait pu se tenir cette quarantaine. Il aurait été possible de mettre en place un bateau médicalisé, avec tout ce qu’il faut en termes de ventilation mécanique, de réanimateurs et autres. Car bien sûr, il n’est pas question de laisser mourir les gens. Ce qui se passe actuellement est vraiment le résultat d’une très mauvaise gestion au départ. J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid. D’autant que, dans le cas du Covid, il était beaucoup plus difficile de contenir l’épidémie dans la mesure où les gens n’étaient pas au départ confinés sur un bateau.
Que sait-on de l’Hantavirus actuellement ?
P.H. : C’est un virus qu’on connaît depuis très longtemps. Ce n’est pas nouveau comme le SARS-CoV-2 [Virus responsable du Covid-19, Ndlr]. À l’époque on connaissait le coronavirus, mais pas le SARS-CoV-2. Là, les hantavirus sont très connus. On savait qu’il y avait des contaminations inter-humaines [la majorité des hantavirus ne touchent que les rongeurs, Ndlr]. Il existe un centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur depuis 2016 [Les Centres nationaux de référence sont des laboratoires, qui, en centralisant les informations à l’échelle nationale, participent à la lutte et au contrôle des maladies, Ndlr]. Les hantavirus ont été parfaitement décrits en médecine, dans les syndromes rénaux, dans les syndromes cardiopulmonaires, sur la base de toutes petites épidémies, très confinées.
Quels sont les symptômes que peut impliquer une infection ?
P.H. : Les premiers symptômes sont la fièvre, les courbatures, les douleurs articulaires, la fatigue, autrement dit les syndromes très communs des virus. Dans les cas qui nous intéressent, il y a eu des syndromes pulmonaires, avec une atteinte respiratoire, parfois hémodynamique, [circulation du sang, Ndlr] avec des hypotensions qui peuvent nécessiter une admission en réanimation. C’est ce qu’il s’est passé pour les patients décédés, ils sont morts d’un symptôme respiratoire aigu.
Le virus est-il aussi dangereux pour tout le monde ?
P.H. : Comme dans le cas de n’importe quelle infection, bactérienne ou virale, ce que vous voulez, l’état de la défense immunitaire du patient ou la présence de comorbidité a une grande influence. Naturellement, nous sommes tous infectés tous les jours par des virus, et des bactéries. On les sent plus ou moins passer, mais il ne se passe pas grand-chose. On a un petit coup de pompe, on est un peu fatigué, on se sent un peu fiévreux. Mais on ne sait pas forcément d’où ça vient, on ne va pas se tester. Il y a toujours un hôte et un virus, une bactérie avec son hôte. Comme dans le cas des rongeurs, qui parfois peuvent être asymptomatiques, il est possible qu’un humain infecté ne sente rien.
Mais le taux de mortalité reste plus élevé que dans le cas du Covid…
P.H. : Bien sûr. Dans le cas du Covid-19, on est à moins de 1%. Pour l’épidémie actuelle, si on compte 3 décès pour 8 cas, on obtient 38%. Je pense que ce chiffre très élevé de mortalité va baisser. On n’a pas encore de photographie globale. Dans d’autres cas, comme l’épidémie qui a eu lieu pendant la guerre de Corée, la première qui a été décrite [c’est le fleuve Hantaan, situé entre les deux Corées, qui donne son nom aux hantavirus, Ndlr], le taux de mortalité était de 5 à 10%. Dans d’autres cas plus récents, le taux de mortalité était de 50%. J’ai l’impression que chaque épidémie à son taux de mortalité, mais ça reste bien plus élevé que le Covid.
Le virus est-il aussi contagieux que le Covid ?
P.H. : La contagiosité est bien inférieure à celle du Covid. On sait que, dans les précédents cas, les épidémies sont restées très confinées, ce qui est plutôt bon signe.
Entretien réalisé par Margot Milhaud

![[Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/9d5aed920d0efa39b0b40b2b76d3e6e4.jpg)