Tag: mal-être

  • Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Jusqu’au 26 juillet, l’exposition « Le Mucem mène l’enquête » invite à se plonger dans les réserves du centre de conservation et de ressources du musée, rue Clovis Hugues, à la Belle de Mai (3e). Dans les services du Mucem, c’est l’Igac qui mène actuellement une enquête auprès des salariés sur « le mal-être au travail ».

    Établissement public, le Mucem est sous-doté et la logique du gouvernement est de tirer au plus bas. Les salariés du musée souffraient déjà de conditions de travail et de rémunérations au ras des pâquerettes quand l’ex-directeur de cabinet de Brigitte Macron est nommé à sa tête, mais ils avaient décidé de laisser s’installer le nouveau président Pierre-Olivier Costa avant de relancer la lutte sociale.

    Le « mal-être » pointé

    « Ses méthodes de travail ont malheureusement compliqué les choses », explique Stéphane Mariani, représentant syndical SUD Culture des personnels. Une lettre des agents est adressée le 10 décembre 2023 au président dans le cadre des 10 ans, pointant les dysfonctionnements, « le travail dans l’urgence est devenu la norme, les agents sont amenés à jongler avec leurs horaires de travail et leur vie personnelle ». Ils ajoutent que « les expositions sont conçues dans des temps toujours plus courts et la gestion quotidienne des collections est mise à mal ». Un courrier de la médecine du travail en septembre 2024 interpelle la direction sur le trop grand nombre d’arrêts et les risques psychosociaux. Puis, plus rien jusqu’à l’arrivée des enquêteurs, « ce qui crée beaucoup d’espoir du côté des agents, enfin entendus », précise le syndicaliste.

  • L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    « On fait comprendre aux enfants qu’ils ont des droits et une véritable valeur », explique Stéphane, bénévole à l’antenne de Gap de l’Unicef. Formé par l’organisation, il intervient dans les écoles pour informer les élèves sur leurs droits. « Il y a toujours à faire, même en France, bien que la situation soit moins grave que dans d’autres pays », ajoute-t-il. Brigitte Pinel Pedro, bénévole dans les Hautes-Alpes, précise : « Les enfants sont les premières victimes des guerres. Ils ne peuvent pas se débrouiller seuls dans ce monde, c’est pour ça que la Convention des droits de l’enfant est aussi importante. » Mais alors, quels sont ces droits ? Il en existe quatre principaux, explique Bruno Enjolras : « La non-discrimination, chaque enfant, peu importe d’où il vient, a les mêmes droits. Le droit pour les enfants de donner leur avis. Aussi, l’intérêt supérieur de l’enfant, car toutes les décisions prises par les adultes doivent s’y inscrire. Enfin leur prise en compte dans les politiques publiques. » Le secrétaire général revient sur la situation en France : « Le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents. Un enfant meurt sous les coups d’un proche tous les cinq jours. » Après la diffusion d’un court-métrage sur la santé mentale, il insiste : « Les enfants doivent avoir conscience de leurs droits, cela peut les pousser à parler, se confier et éviter le pire. »

    Former aux droits des enfants

    Maeva, jeune ambassadrice de l’Unicef, revient sur l’organisation des Gap Good Game, un événement autour du jeu et du numérique : « Nous avons présenté une exposition en réalité virtuelle pour sensibiliser aux droits à l’éducation et à l’importance de l’eau. » Le président détaille sa volonté, cette année, de développer les partenariats « écoles amies » qui ont pour objectif de former les acteurs éducatifs aux droits des enfants, et ainsi les diffuser plus largement dans les départements de la région Paca. Bruno Enjolras rappelle que les élections municipales représentent un enjeu important : « Si les valeurs de l’Unicef ne sont pas intégrées par les mairies, le travail peut devenir difficile. » La journée s’est terminée par une table ronde animée notamment par la pédopsychiatre Pascale Louarn et la sophrologue Marie-Lyne Rozanes autour de la santé mentale des enfants et des adolescents. « Une thématique devenue centrale depuis la crise du Covid-19, qui a accentué le mal-être des jeunes », rappelle Morgane, également bénévole.

  • Douleurs chroniques : « J’ai dû apprendre à vivre avec la douleur »

    Douleurs chroniques : « J’ai dû apprendre à vivre avec la douleur »

    « Je pensais être douillette », commence Claire, 36 ans, aujourd’hui suivie dans un centre spécialisé à Montpellier. Dès ses premières règles, à 13 ans, elle ressent des douleurs violentes au ventre et au bas du dos. « Je vomissais, je faisais des malaises. Mais on me disait que c’était normal, que toutes les femmes ont mal pendant leurs règles. » Pendant quinze ans, elle enchaîne les consultations sans réponse. Les échographies sont « parfaitement normales », les traitements hormonaux se succèdent, sans jamais calmer la douleur. « À 25 ans, je devais parfois m’allonger dans les toilettes de mon travail. J’ai dû apprendre à vivre au quotidien avec la douleur. »

    C’est seulement à 28 ans, après un déménagement et un nouveau gynécologue, qu’un diagnostic tombe : endométriose profonde, avec des kystes sur les ovaires et des lésions digestives. « C’était vraiment un drôle de sentiment. D’abord, j’ai pleuré de soulagement. Enfin, quelqu’un me croyait. Enfin, j’ai pu mettre des mots sur ce mal qui me rongeait de l’intérieur, littéralement. Et puis il y a eu la réalisation du combat qui allait m’attendre. C’était dur. »

    « Ce n’est pas

    une maladie honteuse »

    Depuis, Claire a subi deux opérations et suit un traitement hormonal lourd. « Les effets secondaires sont terribles : fatigue, sautes d’humeur, bouffées de chaleur. Parfois, je ne me reconnais plus. » Mais le plus difficile reste l’invisibilité de la maladie : « On ne voit rien, alors les gens ne comprennent pas. Certains collègues pensent que j’exagère. » Mariée depuis trois ans, elle et son compagnon rêvent d’un enfant. « On a dû se tourner vers la PMA. Chaque échec est un déchirement, mais je garde espoir. »

    Claire s’investit désormais dans une association de patientes, EndoZen Occitanie : « On échange, on rit, on pleure. Ce réseau m’a sauvée. C’est bon de savoir que l’on est pas seule au monde. » Elle espère avant tout que les jeunes filles d’aujourd’hui n’auront pas à attendre aussi longtemps qu’elle. « Il faut parler, témoigner, former les médecins. Ce n’est pas une maladie honteuse, c’est une maladie réelle, invalidante, et on a besoin d’être entendues. »

  • Douleurs chroniques : « Parfois, on préférerait avoir une maladie grave »

    Douleurs chroniques : « Parfois, on préférerait avoir une maladie grave »

    Au fond d’un long couloir aux murs immaculés du Centre hospitalier universitaire de Montpellier se trouve un service qui fait, depuis plus de 45 ans, la fierté des soignants montpelliérains. Le centre anti-douleurs héraultais est en effet l’un des premiers de France et comble aujourd’hui des besoins qui s’étalent sur tous les départements limitrophes de l’Hérault et parfois même au-delà.

    Ici, le soin a laissé place à l’évaluation et au traitement d’une multitude de patients qui ont tous un point en commun : ils souffrent. Parfois sans savoir d’où proviennent ces douleurs, ils sont tous rongés par un mal qui a rendu leur quotidien infernal avec des conséquences sur tous les pans de leur vie.

    Pour leur venir en aide, ce centre s’appuie sur une approche holistique où les choix du patient sont réellement pris en compte. « Traiter la douleur c’est accompagner un projet thérapeutique qui se construit autour du patient. On sort d’une médecine paternaliste. Ici, on propose un traitement, on l’explique et le patient peut refuser. Le patient doit être acteur de son soin. C’est aussi une médecine intégrative, c’est-à-dire qu’elle intègre l’ensemble de la problématique du sujet et pas que le point douloureux. Nous avons souvent des patients pris en soin sur l’aspect technique auxquels on propose en même temps un accompagnement relevant du champ de la psychologique : méditation, sophrologie, hypnose, musicothérapie, etc. Mais c’est aussi une médecine très chronophage », explique Raphaël Gonon Demoulian, psychiatre et pharmacien de formation devenu chef de service du Centre depuis un an et demi.

    Pour accueillir les 70 patients par jour, l’équipe s’appuie sur tout un ensemble de médecins spécialistes, kinésithérapeutes, rhumatologues mais aussi sur une aide-soignante formée en réflexologie ou un ancien patient qui s’est formé à l’insertion professionnelle et qui propose de l’accompagnement social deux demi-journées par semaine.

    Une nouvelle écoute

    Pendant que le professeur Gonon Demoulian prend le temps de recevoir chaque premier patient pendant une heure et que deux autres médecins s’activent pour tenter de vider une salle d’attente toujours remplie, Magalie, infirmière, forme quatre patients à la Stimulation électrique transcutanée (TENS). Dans la salle, Jean, 75 ans, ne peut pas rester assis : « Je suis suivi ici depuis deux ans. Moi, j’ai mal partout parce que j’ai eu de graves accidents de ski et de voiture. Et j’ai mal tout le temps, du moment où je me lève jusqu’au coucher. Je sais que j’aurai mal toute ma vie mais l’objectif en venant ici c’est de baisser l’intensité de la douleur. »

    À ses côtés, Stéphanie, 64 ans, est aussi, depuis deux ans, une habituée du centre, où elle a trouvé une nouvelle écoute : « Quand je suis arrivée ici, j’étais très mal. J’ai mal tout le temps et j’ai des crises la nuit. J’ai vu beaucoup de médecins qui m’ont dit que c’était le stress. J’avais l’impression qu’on m’accusait. Alors qu’ici, on écoute votre douleur. Rien que ça, ça a été un soulagement. » Dans le groupe, une blouse blanche reste silencieuse et écoute les patients. Anesthésiste, Samir est venu d’Aurillac pour une semaine de stage dans le service pour comprendre l’ampleur de ces douleurs dans la vie des patients. Lui aussi regrette le manque de formation des médecins sur les douleurs chronique. « Il faudrait créer le module douleur pour les étudiants en médecine, pour connaître les conséquences de ces douleurs. Il faut vraiment sensibiliser les futurs médecins à la douleur chronique », confirme-t-il.

    Valérie, 58 ans, 1m85, n’a pas perdu son énergie malgré des douleurs qui l’empêchent aujourd’hui de travailler. « J’ai eu des problèmes de dos qui se sont diffusés mais je pensais que c’était inhérent à la vie jusqu’au jour où je n’ai pas pu sortir du lit. J’avais mal tous les jours et je ne me rendais pas compte de l’impact que ça avait sur la vie de tous les jours et sur ma capacité à gérer mon quotidien. Je ne voyais pas que ce n’était pas normal. J’ai donc été arrêtée de travailler et ça aussi c’est très dur pour quelqu’un qui est très actif comme moi. Je ne peux plus aller au cinéma ou jardiner. Il y a aussi la reconnaissance de cette douleur qui est difficile. Parfois, on préférerait avoir une maladie grave comme un cancer. »

    Face à l’afflux de patients dans ce service, la direction du CHU a prévu de déménager le Centre à l’été 2027 dans le bâtiment en construction de Balmès 2, déménagement qui s’accompagnera d’un recrutement de personnels.

  • 3114, un numéro d’écoute pour prévenir les suicides

    3114, un numéro d’écoute pour prévenir les suicides

    « Le suicide n’est pas une fatalité et sa prévention est un enjeu de santé publique ». Tels sont les mots de Yann Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour évoquer la journée internationale de prévention du suicide, ce mercredi. Avec une moyenne de 800 suicides par an dans la région, l’ARS Paca rappelle l’existence d’un centre régional dédié à l’accompagnement des personnes en détresse psychologique.

    Lutter contre l’isolement

    « La solitude est un facteur aggravant du suicide », explique Jean Marc Henry, psychiatre et responsable médical du centre régional de prévention du suicide. C’est pour briser cet isolement que des plateformes téléphoniques ont été mises en place, depuis 2023, afin d’apporter une aide d’urgence ou pour offrir un suivi. Trois dispositifs existent pour tenter de prévenir le passage à l’acte.

    Le 3114, numéro national de prévention du suicide, constitue la première porte d’entrée. Sa plateforme, située à Marseille, offre un soutien téléphonique 24h/24 et 7 jours sur 7, assuré par des professionnels de santé, psychologues ou infirmiers, dans le respect de l’anonymat. « Ce numéro permet d’être là au bon moment, ce qui est très utile », précise le responsable médical du centre régional. Les interlocuteurs sont formés pour apporter de l’aide aux personnes en détresse. Le numéro s’adresse aussi bien aux personnes ayant des pensées suicidaires qu’à leur entourage, en quête de solutions pour les aider.

    Le deuxième dispositif, VigilanS, également national, propose un suivi aux personnes ayant déjà fait une tentative. En région Paca, il permet l’accompagnement de 2 000 personnes. « Ce dispositif a permis une baisse de 38% des réitérations de l’acte », indique le responsable médical du centre.

    La troisième action du centre se focalise sur les adolescents, en travaillant avec l’Association suicide et mal-être de l’adolescent (Asma). Créée en 2002 au sein de l’AP-HM, l’association a depuis rejoint le centre régional.

    Des dispositifs efficaces

    Ces dispositifs d’écoute et de suivi s’accompagnent également d’actions de formation et de prévention. L’association Asma a, par exemple, développé un jeu de société intitulé « Bien ou quoi » à destination des jeunes de la 4e à la terminale. « Ce jeu permet de prévenir le suicide en apportant aux jeunes les ressources qui existent et en leur apprenant à communiquer », explique émilie Stella-Lyonnet, responsable du service d’Asma.

    Une prévention qui semble porter ses fruits. Bien que les décès par suicide restent la deuxième cause de mortalité évitable en France, leur nombre diminue depuis une dizaine d’années. « En 10 ans, il y a eu une réduction de 14% des décès par suicide, ce qui montre que ces dispositifs fonctionnent. Mais il reste encore beaucoup à faire », conclut Yann Bubien.