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  • Joël Giraud fait chevalier de la légion d’honneur

    Joël Giraud fait chevalier de la légion d’honneur

    Avant de se rendre en gare de Briançon, Jean Castex a fait un petit arrêt par l’Argentière-la-Bessée, ce mardi matin, pour remettre la légion d’honneur à une personnalité politique majeure du département, Joël Giraud. Maire de l’Argentière pendant 28 ans, député des Hautes-Alpes de 2002 à 2024, et vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur entre 2004 et 2014, il a mis un terme à sa carrière politique en 2024, après avoir été deux fois ministre de la Cohésion des territoires.

    Deux hommes qui ont travaillé ensemble

    « J’ai voulu récompenser la fidélité d’un élu au service de son territoire, de la République, et si vous permettez, car c’est bien le sujet du jour, au service de la voie ferrée », a justifié Jean Castex, affirmant que « s’il y a bien un élu qui s’est battu pour le train de nuit Briançon-Paris ». Joël Giraud se voit donc remettre la légion d’honneur, comme son grand-père et son père, maire de l’Argentière de 1959 à 1986, avant lui. Jean Castex a décoré un pair, mais aussi un ancien collaborateur, puisque les deux hommes ont officié ensemble lorsque Joël Giraud était secrétaire d’État chargé de la Ruralité en 2020 au sein du gouvernement présidé alors par l’actuel PDG de la SNCF. « J’ajoute aussi qu’il a été ministre d’un gouvernement dont j’ai été le chef, je l’ai vu à l’œuvre et c’est bien ce dont on parle puisqu’il s’agit de récompenser les mérites et les talents » a-t-il complété, avant de louer également « une personnalité originale, qui sort des sentiers battus, qui a quelque chose d’intéressant je trouve et qui sait convaincre ».

  • [Entretien] Florence Bouis : « Ce n’est pas par le chaos qu’on trouve des solutions »

    [Entretien] Florence Bouis : « Ce n’est pas par le chaos qu’on trouve des solutions »

    La Marseillaise : Pourquoi vous être engagée et quel bilan tirez-vous de ce premier mandat ?

    Florence Bouis : Je n’étais pas du tout issue d’un milieu politique. À la base, c’était un constat : un village qui se dépeuplait, qui s’endormait, après la fermeture de la dernière usine il y a une vingtaine d’années. À un moment, soit on râle, soit on agit. Le mandat a commencé dans des conditions compliquées, avec le Covid, sans formations possibles. On a appris sur le tas. . Notre priorité a été de redresser les finances, de désendetter la commune et d’agir sur le quotidien : un village propre, entretenu, sans grands projets coûteux. Aujourd’hui, avec l’expérience et des formations dédiées aux élus ruraux, je me sens plus solide pour la suite.

    Quels sont vos grands axes de travail pour Molières-sur-Cèze ?

    F.B. : Le cœur du projet, c’est l’habitat. Molières est une ancienne commune minière avec beaucoup de logements sociaux. Les bailleurs se désengagent et cela crée des logements vacants au cœur des quartiers. Il faut redynamiser pour attirer des couples d’actifs avec enfants. La mobilité est l’autre enjeu majeur : tout le monde n’est pas véhiculé, on est à trente minutes d’Alès, et on mise beaucoup sur la réouverture de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges et sur les mobilités douces. Notre projet s’articule autour de quatre axes : habitat, mobilité, transition énergétique et bien-vivre ensemble, avec aussi un volet sur la souveraineté alimentaire et le lien social.

    Comment analysez-vous la montée de l’extrême droite dans le Gard et localement ?

    F.B. : Oui, c’est un vrai risque. On assiste à une banalisation, parfois cachée derrière des listes dites “sans étiquette”. Pourtant, localement, les enjeux ne sont pas l’immigration ou l’insécurité, mais le logement, le travail, la mobilité. Ce qui me frappe, c’est le paradoxe : Molières est une commune de brassage depuis plus d’un siècle, avec une histoire minière, des Italiens, des Espagnols, des Polonais, des réfugiés bosniaques. Malgré cela, l’extrême droite progresse sur les scrutins nationaux. On joue sur la peur, sur le sentiment de perte. Moi, je ne crois pas que ce soit par le chaos qu’on trouve des solutions. Je crois au local, aux initiatives de terrain. Tant que je resterai positive, je continuerai.