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  • Les centres-villes alpins vidés d’habitants et de commerces

    Les centres-villes alpins vidés d’habitants et de commerces

    Devant le manque de commerces et la désertification des centres-villes, de nombreux Bas-Alpins vont jusqu’à Marseille, Aix ou Plan de Campagne pour faire les magasins et trouver une offre satisfaisante. « Quasiment tous les élus ont mis au cœur de leur programme la redynamisation des centres-villes, parce que c’est une nécessité », avance Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce.

    « Digne est plus en souffrance que d’autres communes du département. Les indicateurs ne sont pas bons, il y a un taux de vacance commerciale à 24%. La moyenne nationale est entre 11 et 12%. Donc, à Digne, on a un taux de vacance deux fois supérieur à la moyenne nationale, c’est préoccupant », regrette-t-il.

    « La redynamisation et la revitalisation du centre-ville, c’est le cœur de notre mandat », lance Myriam Sereno, adjointe au maire de Digne déléguée au commerce. « On a eu plusieurs fermetures de magasins importants qui ramenaient du monde, et du coup on a perdu en dynamisme », explique-t-elle. Elle-même ancienne commerçante, elle a perdu 15% de son chiffre d’affaires quand Camaïeu a fermé. « Il y avait des promotions tout le temps. Les gens venaient pour ça. »

    Manager de commerces et parkings gratuits

    Jean-Pierre Pradalier décrit « une spirale négative avec des commerces qui ferment, à partir de là, votre centre-ville est moins attractif, et comme il est moins attractif, les gens viennent moins. Et comme les gens viennent moins, les commerces vendent moins, etc. C’est un cercle vicieux ».

    Lors d’une table ronde sur la dynamisation des centres-villes organisée dans le cadre de l’assemblée générale de la CCI jeudi, le maire de Barcelonnette a également décrit un centre-ville en difficulté : « on a une vraie capacité commerciale historique qui est en train de péricliter », a-t-il regretté. 50% des commerçants ne parviennent pas à transmettre leur commerce quand ils souhaitent prendre leur retraite, selon Jean-Pierre Pradalier. « Une fois le rideau baissé, il faut se bagarrer pour rouvrir. »

    Les élus ont également insisté sur l’importance d’avoir un manager de commerces, qui permet de recenser les locaux vacants et d’aller chercher des repreneurs. Une autre problématique importante pour dynamiser les centres-villes est le stationnement, dans un département où la voiture est inévitable. « Dans des villes comme les nôtres, on ne peut pas chasser totalement la voiture des centres-villes », avance Jean-Pierre Pradalier.

    La ville de Manosque a elle réussi à faire baisser son taux de vacance commerciale de 22% à moins de 10% entre 2020 et 2026, grâce à une manageuse de commerces, au développement de parkings avec trois heures gratuites et à la requalification du centre-ville. La première adjointe a insisté sur la nécessité d’une concertation avec les commerçants pour éviter qu’ils ne souffrent trop des travaux.

  • Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    Zeeman : une grève pour des mesures salariales

    C’est la deuxième grève de l’histoire du groupe en France, c’est historique ! » Devant le magasin de vêtements Zeeman, sur le boulevard d’Athènes à Marseille (1er), une petite vingtaine de salariés tiennent le piquet. L’enseigne d’habillement à bas coût a ses grilles fermées ce samedi, tout comme la plupart des autres boutiques marseillaises de la marque.

    En cause ? Un mouvement de grève national, à l’appel notamment de Force ouvrière, sur fond de négociations annuelles obligatoires (NAO). « La direction a proposé une enveloppe bidon. L’an dernier, on n’avait déjà presque rien eu et on avait été pris pour des imbéciles ! Pour obtenir quelque chose cette fois, on s’est dit qu’il allait falloir bloquer », expose Stéphane, délégué syndical FO et travailleur du magasin situé à l’avenue Jean-Lombard (11e).

    Dans le détail, le montant prévu pour ces NAO serait, pour l’heure, de 570 000 euros pour les 1 800 salariés du groupe. FO met en avant un montant correspondant à seulement « 0,3% du chiffre d’affaires ». Pas de quoi sauter au plafond. « C’est presque rien ! Sachant qu’on n’a pas de tickets-restaurants, pas de chèque vacance, peu de primes et pas de treizième mois », abonde Anis, élu Unsa, du magasin du Cours Julien. « On demande à ce que l’enveloppe soit dédiée à un treizième mois, c’est notre combat », développe Stéphane, alors que la prochaine réunion sur le sujet est prévue pour ce mardi 14 avril.

    Une petite famille

    qui ne connaît pas la crise

    Preuve du mécontentement des salariés, ils avaient déjà mené un premier jour de grève, le 8 avril dernier. Ils haussent le ton depuis : « Le magasin des Cinq avenues est fermé, celui du Merlan, celui de rue d’Italie aussi… Sur Marseille, ils sont presque tous fermés. » Rien d’anodin pour le secteur du commerce et encore moins alors que « la zone de Marseille est l’une des plus importantes de l’entreprise en France » selon les travailleurs présents. « Fermer un samedi, c’est pas de gaieté de cœur, mais on n’a pas d’autres choix que de mettre la pression pour obtenir quelque chose », abonde Jérôme, du magasin rue d’Italie. Il insiste : « On demande une reconnaissance, une motivation… Ça fait des années qu’on demande un geste et qu’il n’y a que des refus. »

    Comme le discounter Action, Zeeman est un groupe néerlandais qui ne lésine pas sur l’import de produits asiatiques pour pratiquer des prix défiant toute concurrence. Mais c’est surtout un capital détenu à 100% par les descendants de son fondateur Jan Zeeman, décédé en 2020 qui avait lancé le premier magasin en 1967 et l’une des plus grandes fortunes des Pays-Bas. Depuis, la croissance est exponentielle : 300 magasins en France, 1 300 au total sur plusieurs pays européens.

    Si moult enseignes de vêtements françaises sont en difficulté, comme Jott (lire notre article du 11/04), ce n’est pas le cas de Zeeman France qui a remonté la bagatelle de « 5 millions d’euros versés en dividendes au groupe en 2024 » selon les calculs de FO. « Le prévisionnel est bon, la croissance est là », assure Stéphane. En parallèle, les salariés ont de quoi revendiquer : « L’inflation, les loyers, l’essence… Tout augmente, mais notre Smic n’augmente pas ! »

    D’où l’attitude jugée « méprisante » de la direction à l’égard des demandes des représentants syndicaux. « La dernière fois, on est venu négocier et ils nous ont dit cash : “on parle pas du 13e mois” », s’indigne Anis. Comme un symbole, le rassemblement des salariés avait lieu devant un magasin « qui va bientôt fermer ». Contactée, Zeeman n’a pas répondu à notre sollicitation à l’heure où nous écrivons ces lignes.

    « 5 millions d’euros ont été versés en dividendes »

  • La CFDT d’Alinéa exige des garanties

    La CFDT d’Alinéa exige des garanties

    L’annonce du retrait du seul candidat à la reprise des 35 magasins Alinea (Néomarché) a été un nouveau choc pour les salariés. Ils sont près de 1200 à ne pas savoir de quoi l’avenir sera fait », rappelle la CFDT au national. À Aubagne, 250 salariés travaillent à la fois dans le magasin, et au siège social de Néomarché, maison mère d’Alinea, créée à Avignon en 1988. Alinea, propriété de la « galaxie Mulliez », a été placée en redressement judiciaire en novembre dernier.

    Mobilisation à Alinea

    Une mobilisation a eu lieu devant le magasin d’Alinea Aubagne les 7 et 14 février pour obtenir un plan social « décent ». Dans un communiqué publié jeudi, la CFDT exige « la sécurisation de l’avenir professionnel des salariés ». Pour les salariés des magasins Alinea, le syndicat revendique : « La garantie de leur reclassement dans les sociétés de la galaxie Mulliez, des budgets renforcés pour la formation des salariés, pour les fins de carrière. Et une indemnité de licenciement supralégale, à la hauteur de l’engagement des salariés d’Alinea. » Les réponses de l’AFM à ces revendications « déterminer[ont] le maintien ou non des mobilisations de cette fin de semaine », prévient le syndicat.

  • Les offres de reprise d’Alinea sabrent dans les effectifs

    Les offres de reprise d’Alinea sabrent dans les effectifs

    Une énorme claque. Alors que la société Néomarché, maison-mère de l’enseigne de décoration et mobilier, est en redressement judiciaire depuis le 20 novembre dernier, les repreneurs potentiels avaient jusqu’au 26 janvier pour faire connaître leur offre auprès du tribunal des affaires économiques de Marseille. Sur les 6 à 7 offres reçues, le repreneur le mieux disant « ne reprendrait que 575 salariés sur les 1 172 au niveau national », observe une salariée, qui souhaite garder l’anonymat. Ce promoteur immobilier « a fait la proposition de reprendre plusieurs magasins, dont une partie du siège social de Napollon », indique-t-elle. Sur les 184 salariés de Napollon, 89 perdraient leur emploi… La météo sociale est tout aussi sombre pour le magasin Alinea de la zone des Paluds à Aubagne. Une autre offre, détaille la salariée, celle de Centrakor, du groupe Cargo, également propriété (comme Alinea, Kiabi, Norauto, Midas…) de la richissime famille Mulliez « voudrait n’occuper qu’un étage du magasin, et ne reprendre que six salariés sur les 65 actuels… Encore faudrait-il que le bailleur accepte ». Les repreneurs ont jusqu’au 2 mars pour améliorer leur offre.

    Round social

    Pour les organisations syndicales, une autre bataille commence. Le 19 février est la date butoir fixée pour négocier, avec la direction, les mesures d’accompagnement de ce plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Et le premier round, auxquels participent les syndicats CGC-CFE-Sega, FO, CFTC, CFDT débute dès ce vendredi. « On va se mobiliser pour obtenir quelque chose de décent, honnête par rapport à l’investissement qu’a eu chaque salarié. Certains ont plus de 40, 50 ou même 60 ans, cela va être compliqué pour eux de retrouver du travail. La conjoncture économique est compliquée, le coût de la vie a augmenté », plaide la salariée. Alors que la direction doit présenter aux organisations syndicales ce vendredi 6 février « son enveloppe, avec par exemple le budget de départs anticipés à la retraite, les mesures supra-légales ; si ce n’est pas raisonnable, on ne pourra pas accepter l’inacceptable. Et il faudra absolument maintenir le mouvement de mobilisation prévu samedi à Aubagne ». Dans un climat pesant, la direction fait en effet pression sur syndicats et salariés pour que celle-ci n’ait pas lieu, « pour ne pas nuire à la reprise », évoquerait-elle. Contactée depuis mercredi, elle n’a jamais répondu à nos sollicitations. Pour la salariée interrogée, Alinea aurait fait de « mauvais choix », et n’aurait pas su s’adapter aux nouveaux modes de consommation, mais aussi au pouvoir d’achat, en baisse, des clients.

  • Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Dix minutes chrono. C’est le temps que se donnent les marins pompiers pour intervenir, du coup de fil à l’arrivée des secours sur place. Dans le centre de traitement des appels, à l’état major du BMPM, boulevard de Strasbourg (3e), ils sont 15 à se relayer sur 24 heures. Des hommes et des femmes expérimentés, capables d’évaluer rapidement la situation, même si le numérique leur vient en aide explique le capitaine de frégate Bruno. Un logiciel paramétré par leur soin permet aux marins pompiers de savoir exactement la topographie des lieux, si des travaux sont en cours… Histoire de ne pas engager un gros camion là où il ne pourra pas passer précise ce dernier.

    Sur l’écran géant, une carte de la ville avec des étiquettes pour figurer les équipes engagées. Un code couleur permet à deux opérateurs de suivre les interventions en cours et d’ajuster : « Orange, ils sont à l’hôpital, en jaune en train de revenir, en vert disponible et en rouge en intervention », détaille-t-il.

    Depuis début décembre, des moyens supplémentaires ont été engagées « afin de faire face à la demande de secours sur le centre-ville ville et à proximité de Grand Littoral et de La Valentine, les magasins sont ouverts, les gens font leurs courses et aussi samedi dernier autour du Vieux-Port pour le feu d’artifice et le spectacle de drones », précise le capitaine de frégate.

    Plus de technicité

    Pour la nuit du 31 décembre, bien moins agitée que celle du 14 juillet, jusqu’à 350 personnes sont mobilisées pour porter secours. Une vingtaine de marins sont dédiés aux ambulances uniquement, « c’est 15% de plus », précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon. « On décale l’armement de nos engins pour avoir plus de personnel la nuit, jusqu’à 3h du matin », ajoute le capitaine de frégate Bruno.

    Si la nuit de Noël devrait être plutôt calme, ils redoutent « les accidents de la circulation notamment avec les trottinettes (+56% cette année), bref les comportement à risque. L’invulnérabilité n’existe pas », martèle le vice-amiral.

    Tout au long de l’année, le bataillon a pu constater une hausse des appels, à raison de 4% par rapport à 2024, soit 126 000 en 2025, pour 346 interventions par jour, indique-t-il, sans être vraiment en mesure d’analyser cette tendance. « Je pense que c’est la même chose pour le 17, nous sommes peut être dans un sentiment global anxiogène, où on a besoin d’être rassuré et à Marseille ce qui rassure c’est le bataillon », constate Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille, en charge de la sécurité publique et du BMPM.

    Pour autant l’augmentation des effectifs n’est pas à l’ordre du jour. L’idée étant plutôt pour le vice amiral de gagner en efficacité avec plus de technicité. Plus d’officiers ont été engagés, la Ville et la Marine financent une école qui devrait voir le jour sur la friche Louis Armand (12e) en 2030.

  • Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    L’heure n’est pas à l’agitation dans les rayons des Galeries Lafayette de Toulon. Quelques clients semblent flâner sans but précis, et rares sont ceux qui ressortent avec un sac sous le bras. L’établissement, ouvert en 1951 sous pavillon Aux Dames de France, devenu Galeries Lafayette en 1985, et menacé de fermeture à cause de la possible liquidation de l’enseigne, avait finalement été sauvé en mars 2024. Une bonne nouvelle pour les salariés, pas autorisés par leur direction (qui a refusé de nous recevoir) à répondre à nos sollicitations concernant ce maintien. « Mais allez demander aux clients ce qu’ils en pensent », nous glisse malicieusement l’une d’entre elles.

    « Pourquoi sont-elles encore ouvertes ? »

    Parmi ceux-ci, certains, comme Angélique, parlent de « très bonne nouvelle. Je suis une cliente occasionnelle, c’est agréable d’y faire un tour, on est bien reçu, et il y a du choix. Il y a tous types de prix, et les promotions continues sont adaptées au budget des Français ». Pour cette habituée du rayon parfumerie, il est primordial de conserver « cette institution avec des points de vente physiques », et de ne pas avoir cédé à la marque Shein, dont l’installation dans sept magasins a provoqué la fin du partenariat entre Galeries Lafayette et la Société des Grands Magasins (SGM) : « Il fallait préserver l’image et l’honneur français ».

    S’ils reconnaissent l’importance de l’enseigne dans le patrimoine commercial français, les autres clients croisés ne sont pas tout à fait du même avis. Dia, lui aussi intéressé par les parfums, « se ficherait » d’une fermeture. « Il y a d’autres enseignes, j’irai ailleurs », conclut simplement le jeune homme. D’autres, comme Vanessa, se demandent même « pourquoi elles sont encore ouvertes. Il n’y a pas grand intérêt à ce magasin qui coûte cher, et qui n’a pas grand-chose à proposer. J’y vais parfois pour passer le temps, mais je ne trouve rien. Il n’y a que des choses généralistes qui sont chères. Aujourd’hui, ce magasin n’est plus adapté à la population et à notre pouvoir d’achat. » Danielle et Armand, eux, n’y trouvent plus leur compte : « C’est trop classique. On vient par habitude car on allait aux Dames de France avant. Ce serait dommage que ça disparaisse, mais il faudrait que ça se modernise, avec un conglomérat de petites enseignes plutôt que des kilomètres de pull-overs et de chemises classiques. Ça n’a plus aucun sens, il faut du dynamisme », concluent ces deux retraités du commerce de prêt-à-porter.

  • Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    La fermeture avait été annoncée en janvier et prendra effet dès ce samedi 18h : les Galeries Lafayette marseillaises tirent définitivement leur rideau, un mois après le début de la liquidation de la marchandise. Les 145 personnes qu’employaient l’enseigne seront toutes licenciées dans la foulée. « Les Galeries n’avaient plus le prestige qu’elles ont pu avoir à l’époque, note Yacine, employé depuis un an et demi dans le magasin du Centre Bourse (1er). Et puis les habitudes changent, les gens achètent sur internet ou dans des magasins plus discount, ça ne me choque pas, c’est la demande qui évolue ». Il envisage une reconversion, dans la santé, « brancardier peut-être ». Les 145 salariés seront accompagnés par un cabinet de conseil pour mieux envisager leur avenir professionnel.

    La fin d’une époque

    Autour de Yacine, les rayons sont bien vides. Quelques articles se vendent encore, bradés jusqu’à 70%. Restent les marques qui ne « participent pas à la liquidation » : Chabrand, Lacoste et plusieurs autres exposent encore leurs articles, plein pot. à l’étage, les couloirs sont déserts. Morgan, Tommy Hilfiger, Boss, Dockers, Guess : il ne reste que les logos de ces géants du prêt à porter, dont les étals ne présentent plus une chemise. « ça fait peur quand même », souffle une cliente. Deux portants Diesel sont encore installés à l’entrée où se vendent des jeans en promo. « Bien sûr qu’on est tristes, on vient depuis l’ouverture, tonne une habituée en entrant. Quand on est du quartier, on connaît bien les lieux ! ». Patrick Durand, lui aussi fidèle de l’enseigne, voit dans cette fermeture le symbole d’un appauvrissement de la ville. « Je viens depuis que je suis gamin, j’étais là dès 77 quand ça s’appelait encore les nouvelles galeries. ça représentait quelque chose… ça ferme parce que les gens n’ont plus assez d’argent pour consommer ici », s’indigne-t-il.

    Un centre-ville moins attractif ?

    Dans une étude publiée en 2024, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Aix-Marseille établit un bilan mitigé sur l’évolution de l’attractivité du centre-ville. Alors que le taux de vacance moyen est évalué à 15% dans la zone commerciale historique, soit 4 points de plus que la moyenne nationale, l’étude constate une légère amélioration sur le secteur Vieux-Port (2e), avec un passage de 13 à 11% de vacance entre 2019 et 2024. Un périmètre qui confirme donc son positionnement convivial et festif, malgré des signes de faiblesse notés sur le Quai du Port, en lien avec un turn over important. La rue Paradis conserve, elle, son statut de première de la classe, affichant un taux de vacance à 6% et étant évaluée comme « l’axe commercial le plus dynamique ». Sur les 212 commerçants interrogés lors de l’enquête, 52% assurent constater une baisse de chiffre d’affaires, allant parfois jusqu’à moins 30%.

    Informations sur la reprise des Galeries Lafayette, dans la Rue de la République avec Benoît Payan dans nos pages.

  • Liquidation aux Galeries Lafayette et la fin d’une époque

    Liquidation aux Galeries Lafayette et la fin d’une époque

    « Je suis furieuse, vraiment. C’est un si bel établissement… des produits de qualité, des vendeuses toujours attentives », lâche depuis les rayons du Centre Bourse Fadila la cinquantaine, « cliente marseillaise du 7e » précise-t-elle avant de poursuivre : « Je compare, puis j’attends les soldes. Je ne vais pas sur internet. » Tout à côté, dans le rayon foulards, où les étiquettes annoncent le -70% dès mercredi, se trouve Marie-Anne, 75 ans : « Ici, tout me plaît. C’est de la qualité, certes pas forcément à portée de bourse. Je venais déjà rue Saint-Ferréol aux Nouvelles Galeries avec ma mère qui m’habillait à Noël et à Pâques pendant les périodes de promotion. »

    Parquet au sol, tout est bien rangé par thème et mis en valeur dans les vitrines. Daniella, la vingtaine est plongée dans un bac de sacs à main. « J’aimais bien venir. Je rêve un peu dans ce magasin », lâche la jeune fille.

    Véritable vitrine pour les fabricants locaux représentant pour certains jusqu’à 50% du chiffre d’affaires, le grand stand central de créateurs marseillais accueille les visiteurs. Cigale, hirondelle, fleurs de badiane fluo, les objets de décoration signés Monochromic sont des produits d’appel avec ses classiques jamais ringard. Marseille en vacance invite à apprendre les expressions locales les plus typiques, les plus drôles. Ou encore Theline et sa signature avec un trait métallique qui symbolisent la ville. La vendeuse responsable y était… pour tout. Après le 29 novembre, ce sera le chômage, où la retraite pour nombre des salariés, majoritairement des femmes. Les 145 travailleurs des magasins du centre-ville et du Prado seront licenciés.

    La fin d’une époque

    Beaucoup d’émotion dans les rayons, pour les clientes, mais aussi pour celles qui travaillent et étiquettent la liquidation.

    Entre 1850 et 1930 parallèlement à l’essor des transports et de l’industrie, c’est l’âge d’or, les grands magasins reflètent l’évolution de la société. Ils ont révolutionné les modes de consommation tout en inventant une organisation sociale nouvelle, souvent comparée à une ruche, avec une multitude d’employés. À Marseille, ce sera 1925 pour les Dames de France rue Saint-Ferréol, devenues Nouvelles Galeries, puis fermées en 2018, pour renaître dans le centre commercial Prado la même année. Le centre Bourse inauguré en 1977, à l’époque se veut futuriste. En 2015, il fait peau neuve, avec une nouvelle façade en forme de vague, puis un agrandissement l’année suivante assorti d’une rénovation de l’intérieur entamée en début d’année 2017. Huit ans plus tard, rien n’y aura fait. Les Galeries Lafayette tirent le rideau pour laisser la place aux magasins discounts, au grand dam des pouvoirs locaux impuissants devant ce raz-de-marée.

    L’OM au Prado Shopping ?

    Au centre commercial Prado Shopping, les milliers de mètres carrés sur 4 niveaux laissés vacants par les Galeries Lafayette sont à portée de crampon du Stade Vélodrome, sur le boulevard Michelet. Selon nos confrères d’Ici Provence, l’Olympique de Marseille serait très intéressé pour créer une nouvelle boutique OM plus grande, mais aussi un restaurant aux couleurs du club. Reste à savoir ce qu’en pense le groupe Klépierre propriétaire des lieux.