Tag: Magali Brunel

  • Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans quatre des cinq plus importantes villes du Var, les progressistes n’ont pas passé le premier tour. Il n’y a qu’à La Seyne où Stéphane Sacco, 4e, ira au second tour, maintenant sa liste malgré la menace de l’arrivée du RN, pour conserver une voix de gauche à la mairie. À Draguignan, où tout était à faire après 12 années de quasi-disparition de la gauche et des écologistes, il n’y avait guère d’illusion. « On partait de 0, donc 8,4%, c’est une étape, même si on aurait préféré passer les 10% », analyse la tête de liste (Les Écologistes) d’Uni.es pour Draguignan Christophe Terras, qui a pu jauger « la nécessité de l’union. La division aurait donné un très mauvais résultat. On va continuer de travailler sur cette dynamique. Il reste beaucoup de travail qu’on n’a pas pu faire en un an », affirme-t-il avec optimisme.

    Peu d’illusions à Fréjus, également, où la réélection de David Rachline (RN) au premier tour, quasi certaine avant le scrutin, a ironiquement permis à « Fréjus Riposte » de sauver le siège qu’elle détenait au conseil municipal. À Toulon, en revanche, ne pas passer la barre des 10% représente une sacrée déception. Certes, Magali Brunel réalise un score proche de celui de Guy Rebec en 2020 (8,38% contre 9,12). Mais ce dernier avait bénéficié de la victoire au premier tour d’Hubert Falco pour obtenir trois sièges, ce qui n’est pas le cas cette année puisque l’élection se jouera en deux tours. Et malgré sa « main tendue » à Josée Massi, celle-ci ne l’a pas saisie, ce que « regrette » le collectif, qui ne sera donc plus présent dans l’opposition municipale, mais promet de « continuer à porter ses propositions dans l’intérêt des Toulonnais et des Toulonnaises ».

    Déceptions à Sanary et St-Cyr, espoirs au Pradet et à La Garde

    À Hyères, il y aura un second mandat de suite sans élu de gauche. La liste d’union conduite par Caroline Moulin (Les Écologistes) ne franchit pas le premier tour, comme Philippe Dao en 2020, mais affiche une légère progression (7,86% contre 6,63) et une dynamique enclenchée.

    Il est des endroits où le cœur est plus lourd. À Sanary, Jean-Pierre Meyer (PCF), qui avait ramené la gauche au conseil municipal 12 ans après sa disparition, n’a pas pu réitérer cette performance. « Avec 76 voix de plus nous pouvions être au second tour. Mais ce résultat n’efface pas notre belle progression depuis 2014 » positive le candidat, qui veut continuer de favoriser le « vivre tous mieux à Sanary, y compris sans élu, même s’il faudra parler plus fort ». Situation similaire à Saint-Cyr, sevré de ses deux élus de gauche, où la communiste Sylvie Vinceneux veut poursuivre « le combat pour la justice sociale, la solidarité, la paix, la transition écologique et le pouvoir d’achat par d’autres voies ».

    Pas davantage de réussite à Six-Fours, où la liste de Pascal Cabras ne verra pas le second tour. Notons cependant des éclaircies au Pradet, où le Printemps Pradétan de Laurent Bailloux sera au second tour, tout comme la liste (apparentée DVG) de Julia Peironet-Brémond à La Garde, qui, avec 30,65%, n’est qu’à 793 voix de la maire sortante Hélène Arnaud-Bill (LR).

  • Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Épinglé mauvaise élève en matière de droits des femmes par le rapport d’Oxfam, la municipalité toulonnaise ne dispose d’aucun adjoint chargé de l’égalité pas plus que de délégation. Or, dans le cadre de la campagne, la présence des femmes en tête de liste atteint des sommets avec 4 sur les 6 principales emmenées par des candidates.

    En lice, Magali Brunel (PS) pour une liste d’union à gauche, Josée Massi (DVD), maire sortante, Isaline Cornil (LFI) et Laure Lavalette pour l’extrême droite, avec des programmes diamétralement opposés en matière de droits des femmes et d’égalité. La première souhaitant justement mettre en place une délégation, augmenter le budget alloué à un planning familial en grande difficulté car confronté à une baisse de subvention qui met en péril 40% de ses lieux d’accueil (notamment dans la Provence verte). Magali Brunel promet aussi un soutien financier au CIDDF (Centres d’information sur les droits des femmes et des familles).

    L’insoumise Isaline Cornil dénonce elle aussi les coupes budgétaires, estimant que les droits des femmes passe par le maintien des services publics de santé de proximité. Elle propose un accompagnement social renforcé et un soutien aux associations locales qui œuvrent en la matière.

    À droite, Josée Massi résume elle la question à la petite enfance, l’aide aux familles et à l’accompagnement social. Elle entend également mettre le paquet sur la « tranquillité publique » pour permettre aux femmes d’occuper l’espace public.

    Engagée dans les mouvements pro-vie, la députée RN Laure Lavalette a elle voté contre l’inscription du droit à l’IVG dans la constitution en 2022 et prévoit de confier en cas de victoire à Mélanie Auzoux, Miss Var 2025, la vie étudiante, de la jeunesse et des droits des femmes.

    Plus de féminicides

    dans le Var qu’ailleurs

    Plus largement, dans un département particulièrement touché par les féminicides, avec des chiffres 7 fois et demie plus importants que dans le reste de la France en 2024 s’inquiétait dans nos colonnes la directrice générale de l’association AFL-Transition et 5 070 victimes de violences intrafamiliales dont 75 % des femmes en 2025, la question reste cruciale.

    Des maisons des femmes santé ont vu le jour, dont une à Toulon en janvier 2024 après celle de la Seyne en 2021. Plus d’une centaine de femmes ayant été accueillies sur les sites de Sainte-Musse et de l’hôpital George Sand. Deux maisons de protection des familles (MPF) ont également été créées à La Valette et à Draguignan, plus de 1 700 policiers et gendarmes ont été formés à l’accueil des victimes de violences intrafamiliales dans le Var.

  • Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    Deux emplacements en vue pour le nouveau stade du RCT

    À l’heure où certains nouveaux stades sont construits en périphérie des villes (Lyon, Lille…), à Toulon, hors de question d’éloigner le stade du centre-ville. Deux sites sont ciblés par le club : la Tour Royale et Pipady. Ceux-ci offrent l’avantage « d’être en bord de mer », argumente la directrice générale du club Jessica Casanova, qui présente « un stade carte postale. Là, on est différent, on est Toulonnais, on vit grand, tout en restant au cœur du territoire, pas dans une zone industrielle à 20 km. Ces lieux-là sont chargés d’histoire et respectent l’ADN. On ne trahit personne ».

    Mais en pratique, il faudra obtenir le déclassement du domaine public militaire pour une partie du site de la Tour Royale, et du domaine public maritime naturel pour Pipady. Et en ce qui concerne le second, Josée Massi a déjà placé ses pions pour son projet de « Central-Park à la toulonnaise », « Mayol à Pipady », obtenant, en septembre, l’autorisation d’un plan de constatation de la limite du domaine public maritime naturel, et d’une demande de déclassement de certaines emprises attenantes. Magali Brunel, elle, veut lancer le projet Méd in Toulon, avec une promenade jusqu’au Mourillon « pour rendre la mer aux Toulonnais », en rehaussant les quais pour les protéger de la montée des eaux.

    « Un pôle d’attraction extraordinaire »

    Quoi qu’il en soit, ce nouveau stade est imaginé avec une capacité de 18 à 20 000 places, avec, pour objectif, de devenir un atout économique majeur pour la ville, pas seulement pour le club. Moderne, écoresponsable, doté d’espaces générateurs d’activité (restaurant, boutique, salle de séminaire, palais des congrès…), il répondrait à une partie des exigences du projet Massi et saura accueillir d’autres événements que les matches du RCT : congrès d’affaires, concerts et spectacles, expositions, autres sports collectifs comme le football en cas de montée du Sporting, événements annexes (finale de pro D2, XV de France…). « Ce sera un pôle d’attraction extraordinaire qui motivera les venues à Toulon », martèle Martin d’Argenlieu.

    Selon lui, ce nouveau Mayol pourrait être investi dans les 3 à 5 ans suivant la validation du projet. « Il appartient aux élus de reconnaître l’urgence, de s’engager à lancer des études dès le début de la mandature, de placer l’intérêt de Toulon au-dessus de tout », conclut Bernard Lemaître, qui promet que « le futur maire nous aura à ses basques ».

  • L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    L’emblématique Stade Mayol s’invite dans le débat à Toulon

    C’est un sempiternel sujet, qui refait forcément surface à quelques jours des élections municipales : celui du stade Mayol, « très important pour la ville, au-delà du cadre du sport », affirme Bernard Lemaître, le président du RC Toulon. Une enceinte dont l’impact économique demeure majeur (243 emplois, 21,5 millions de chiffre d’affaires annuel), mais qui semble avoir atteint ses limites : classé 14e et dernier stade de l’élite du rugby français selon une étude du Midi Olympique, Mayol parvient « péniblement à 5 millions (8e total du Top 14) de CA annuel sur les hospitalités, quand nos concurrents font jusqu’à 13 millions », déplore Bernard Lemaître.

    Pas assez pour un club qui ambitionne de redevenir une place forte du rugby français, élément phare de l’identité toulonnaise, et qui se doit donc de jouir d’un stade d’une autre envergure, « pour le rayonnement et l’attractivité économique d’une ville moyenne comme Toulon. Il faut qu’on prenne des décisions rapidement », presse le président du RCT.

    L’objectif premier était de rénover le stade : « On a fait un travail avec des experts pendant plus de 6 mois. On a été rattrapé par l’actualité », explique Martin d’Argenlieu, directeur général adjoint du club. Au cours des 18 derniers mois, Mayol a connu des alertes de sécurité importantes : la pluie, tout d’abord, a conduit au report de deux rencontres et montré les limites de l’infrastructure, totalement inondée en septembre face à La Rochelle. Si bien que la Ligue nationale de rugby a menacé de délocaliser de futurs matches en cas d’alerte orange météo.

    Rénovation plus chère qu’un nouveau stade

    Autre problème majeur : en marge de travaux sur l’éclairage l’an dernier, des fragilités ont été repérées dans la structure de la tribune Lafontan, ensuite fermée en partie pendant plusieurs mois. « Il faut un diagnostic de solidité, on aurait pu avoir un morceau de béton dans la tribune », alerte Martin d’Argenlieu. « S’il faut remettre des étais, on en mettra. On n’a aucune autre alternative que de jouer à Mayol. Il faut tenir le temps d’un nouveau projet. »

    Car l’étroitesse et l’impossibilité de s’étendre sans toucher aux infrastructures à proximité (routes, immeubles, parking, palais Neptune, centre commercial…) complique l’idée d’une rénovation. La norme GEEM (Grands Équipements à Exploitation Multiple), référentiel national de sécurité des stades de plus de 15 000 places, impose des obligations impossibles à tenir (12 m d’espace libre autour du stade, 4 cages d’escalier pour les secours contre zéro aujourd’hui ; infirmerie et PC sécurité de 100 m², aire de stationnement pour les secours impossibles à créer…). Sans parler de l’impossibilité de couvrir les tribunes à cause de la structure existante, car le stade est bâti sur une zone marécageuse, rendant périlleux l’ajout de poids supplémentaire.

    Une rénovation coûterait 400 millions d’euros. Un nouveau stade 200 millions. Un argument dont la direction veut se servir pour convaincre les candidats à la mairie « d’abord méfiants, puis, je pense, progressivement séduits », avance Bernard Lemaître. « Les obstacles du Mayol actuel font réfléchir, tout comme la création d’un outil phare qui n’existe pas » (lire par ailleurs). Pour l’instant, la maire sortante Josée Massi a affirmé son opposition, arguant avoir « investi 8 millions en deux ans pour le stade » et « discuté d’un plan sur 6 ans avec le président. Où trouver le foncier et les 200 millions ? », demande-t-elle. Un avis partagé par Michel Bonnus, pour qui « il n’y a pas débat : on ne déplace pas Mayol ». Même son de cloche pour Isaline Cornil (LFI) : « Un enfant sur deux en 6e ne peut courir plus de 5 minutes. De nombreux équipements sont à rénover ou à créer. 200 millions, c’est trois fois le total annuel des investissements de la ville ! » La candidate RN Laure Lavalette, elle, se montre ouverte à l’idée si nécessaire. À gauche, Magali Brunel veut agir « en concertation et en responsabilité » et « par étapes. D’abord mettre le stade en sécurité, construire un bâtiment hospitalité devant, puis évaluer le modèle économique et les véritables besoins des acteurs ».

  • Municipales : à Toulon, six listes pour un fauteuil de maire

    Municipales : à Toulon, six listes pour un fauteuil de maire

    « Toulon, mon parti »

    La maire sortante, Josée Massi, élue en 2020 sur la liste de Hubert Falco, se présente « sans étiquette » pour cette élection. Première adjointe, elle prend le 3 mai 2023, les rênes du Conseil municipal après la condamnation de l’édile en charge, déchu de son mandat pour recel de détournement de fonds publics dans l’affaire dite « du frigo » et devient alors la première femme maire de Toulon. Avant d’être lâchée par son mentor.

    « Toulon en grand »

    Dans la course à la mairie, le sénateur Les Républicains Michel Bonnus est le candidat de la droite de Horizons à l’Union des démocrates et indépendants (UDI). Il est soutenu par l’ancien maire de la ville Hubert Falco et le président du Conseil départemental du Var, Jean-Louis Masson qui est également président de la fédération varoise des LR.

    « Toulon en commun »

    Enseignante-chercheuse en sciences de l’éducation et conseillère municipale d’opposition, la socialiste Magali Brunel porte une liste d’union de la gauche hors LFI, soutenue par 12 mouvements et partis. Parmi lesquels figurent le Parti communiste français, les Écologistes, Place Publique, Génération.s, pour ne citer qu’eux. La cheffe de file a notamment reçu le soutien, en personne, du Premier secrétaire du PS, Olivier Faure et de la Secrétaire nationale d’EELV, Marine Tondelier.

    « Un avenir pour Toulon »

    Députée du Rassemblement national et porte-parole du parti à la flamme, Laure Lavalette porte la liste « Un avenir pour Toulon ». Si elle se présente « sans étiquette », consciente de l’effet repoussoir du parti auquel elle appartient dans la ville, elle est pourtant adhérente du Front national depuis 1997. Proche de Marine Le Pen, elle sera la seule candidate de l’extrême droite pour cette élection. Et espère, reconquérir Toulon, ville « laboratoire » du camp brun, dont le passage aux affaires a laissé des séquelles.

    « Toulon populaire »

    Isaline Cornil, professeur d’espagnol et syndicaliste a été désignée pour porter la liste de la France insoumise dans la capitale du Var. Elle fut la candidate du Nouveau Front populaire (NFP) aux législatives 2024 dans la 2e circonscription du Var, Le coordinateur national du mouvement insoumis, Manuel Bompard, est venu lui afficher son soutien lors d’un meeting à Toulon.

    Lutte ouvrière, le camp des travailleurs

    Déjà candidat en 2020, Jean-Michel Ghiotto, retraité de l’Éducation nationale sera la tête de liste de Lutte Ouvrière, le camp des travailleurs à Toulon.

    Des listes uniques dans 42 communes

    Sur les 153 communes que compte le Var, 42 ne comptent qu’une seule et unique liste. Dans l’arrondissement de Brignoles tout d’abord, le plus rural où dans 22 cas, la liste partante n’aura pas de concurrence. Ainsi Ginasservis où Hervé Philibert, maire depuis 2008 repart avec Ensemble pour Ginasservis ou Aiguines et ses 274 habitants où Charles-Antoine Mordelet, maire depuis 1994 repart à la tête de la liste Ensemble pour Aiguines.

    Dans l’arrondissement de Draguignan, 17 communes ne comptent qu’une seule liste. De Tourettes où Camille Bouge brigue un 4e mandat avec une liste sobrement intitulée Garder le cap avec Camille Bouge, Bargème, le plus haut village du Var et ses 207 habitants où Jacques Gérard repart avec la liste Patrimoine et ruralité. Ou encore Callas avec Daniel Maria qui brigue un second mandat.

    En revanche, dans l’arrondissement plus urbain de Toulon, seules trois communes n’affichent qu’une seule liste : Belgentier, Pierrefeu et Riboux.

  • Toulon en Commun dénonce la violence politique

    Toulon en Commun dénonce la violence politique

    « Nous sommes choqués et avons porté plainte car nous voulons dénoncer cette agression », explique André De Ubeda (PCF).Et de poursuivre : « Toulon En Commun et Magali Brunel refusent toute dérive dans la campagne électorale. L’intimidation et la violence n’ont pas leur place vis-à-vis d’aucun candidat ou citoyen. Seul le débat d’idées sur la base des programmes, et des visions de ceux qui les défendent doit départager les listes en présence. Nous, nous voulons porter un programme, des valeurs, des principes, un changement par les idées.Le débat, la controverse, oui ! La violence et les insultes, non ! Toulon, comme la France, a besoin de concorde. »

  • Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    « Il y a des situations difficiles dans nombre de communes, mais le cumul, ici, est assez exemplaire. » En visite au à Toulon, samedi, pour soutenir la tête de liste de Toulon en Commun Magali Brunel, le premier secrétaire du PS Olivier Faure en a profité pour rencontrer des acteurs associatifs de la solidarité. Une réunion qui lui a permis de se saisir des réalités sociales d’une ville marquée par « une politique clientéliste, dirigée vers certaines populations, délaissant complètement les autres. On est face à des ghettos sciemment organisés par la municipalité, qui a mis sous le tapis la mixité sociale, le scolaire et le logement. »

    Il a notamment mentionné l’absence de « structure d’accueil pour femmes victimes de violences, qui sont dans des situations très précaires », et s’est étonné de la situation du « quartier de la Beaucaire, composé de 47% de familles monoparentales, où 57 % vivent sous le seuil de pauvreté. Comment lutter contre le narcotrafic quand on laisse à l’abandon des quartiers entiers ? Dans ce contexte, les enfants sont des proies faciles. »

    Une situation qu’Olivier Faure dit plus alarmante qu’ailleurs, « où des choses sont inscrites par les municipalités. Tout ne se fait pas en deux jours, mais là, il n’y a rien qui émerge. » Et cela va, selon lui, dans le sens de « l’extrême droite, qui ne cherche pas à traiter les causes, mais les effets, superficiellement, et entretient ces oppositions pour se maintenir. »

    « L’extrême droite utilise le communautarisme »

    Face à ces situations naît, comme lui a décrit une militante, une difficulté à se sentir français. « L’extrême droite utilise le communautarisme pour exclure certaines populations. Quand on pousse les gens au même endroit et qu’on leur dit qu’ils sont communautaristes, on se fout du monde. Ce mot renvoie la faute sur ceux qui n’ont jamais pu connaître la mixité », accuse le député de Seine-et-Marne. Même raisonnement pour les violences urbaines, qui « ont lieu dans les quartiers où on vit mal, avec le sentiment que l’État ne fait rien. Quand on veut traiter ces questions-là, il faut le faire réellement, pas en bout de chaîne. » Pour apporter des solutions, Magali Brunel promet de « s’attaquer aux causes en profondeur », avec, entre autres, un projet axé sur le logement social, l’éducation, une refonte de la carte scolaire, ou encore le tramway, « en renonçant au fatalisme dans lequel on baigne les Toulonnais. »

  • Sécurité locale : ce que promettent les candidats aux municipales

    Sécurité locale : ce que promettent les candidats aux municipales

    Marseille

    Benoît Payan, maire sortant (DVG), projette de doubler le nombre de policiers municipaux et dit vouloir installer un commissariat de police dans chaque arrondissement. Pour le reste, il assure, dans un entretien donné à Made in Marseille, « qu’il n’y a que [ses] adversaires qui pensent qu’un maire est responsable du ministère de l’Intérieur ».

    De son côté, Martine Vassal (DVD), espère aussi doubler les effectifs. À ceci s’ajoute la volonté de créer une « Brigade anti-criminalité (BAC) municipale », dont l’appellation reste à déterminer, qui bénéficierait d’une « capacité d’intervention rapide » et la mise en place d’un hôtel de police mixte.

    Le programme de Sébastien Delogu, candidat (LFI), mise lui sur le refus d’une politique « centrée sur la répression ». Parmi les objectifs affichés : le désarmement des agents (armés depuis 2015) et la création d’une police municipale « exemplaire dans la lutte contre les discriminations » avec l’apparition de « modules et de stages sur la gestion non-violente de conflit, la lutte contre le sexisme, le racisme, le validisme et les violences intrafamiliales ».

    Pour répondre à son ambition de « remettre Marseille en ordre », le candidat RN Franck Allisio envisage lui aussi d’agir sur la police municipale, en commençant par « tripler ses effectifs ». Dans son programme mis en ligne sur son site web, le candidat d’extrême droite assure également vouloir mettre en place des brigades « anti-stup », « anti-squat » et « anti-tags », chacune bénéficiant d’une « expertise et d’un effectif propre ». Il dit aussi souhaiter multiplier les patrouilles de police mixte, municipale et nationale, qui devront suivre pour « consigne le harcèlement des dealers comme des consommateurs et la verbalisation de toute infraction, même mineure ».

    Toulon

    La maire sortante, Josée Massi (SE), se projette à l’horizon 2032 avec au total 200 policiers municipaux, soit un effectif augmenté de 50 agents par rapport à aujourd’hui. Elle s’engage à un renforcement du « quadrillage des quartiers », renforcé par « une augmentation du nombre de patrouilles dans les quartiers moins couverts et une implantation des policiers dans les mairies annexes ».

    Michel Bonnus, candidat LR, dit lui aussi vouloir créer un hôtel de police où seraient rassemblés agents municipaux et nationaux. Il entend également mettre en place une brigade de proximité dans dix grands secteurs de la ville, réactiver la brigade cynophile et étendre les horaires de nuit de la police municipale. Côté effectif, il promet de créer de nouveaux postes dans les quartiers, notamment au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var.

    Sans surprise, la sécurité est aussi affichée comme l’objectif phare de l’extrême droite toulonnaise, incarnée dans cette campagne par la députée RN Laure Lavalette. Candidate sans étiquette, elle promet le recrutement de nouveaux policiers municipaux, accompagné d’une restructuration de l’institution. Elle vend également l’apparition d’une brigade nocturne.

    Magali Brunel, candidate PS à la tête de la liste Toulon en Commun, plaide pour un renforcement des « ressources humaines et logistiques des personnels et locaux de police », d’après son site de campagne. Elle projette aussi d’améliorer la formation des policiers, pour une meilleure prise en charge des victimes.

    Comme son homologue marseillais, Isaline Cornil, candidate LFI, défend que « les armes à feu ne sont pas nécessaire au quotidien » pour police municipale.

    Avignon

    Dans son volet sécurité, David Fournier (PS), promet une police municipale présente 24 heures sur 24 et aborde l’idée de l’instauration de rondes quotidiennes.

    Olivier Galzi, sans étiquette mais ancré à droite, fait de la sécurité sa première priorité et prévoit de « doubler la présence policière effective sur le terrain ».

    Mathilde Louvain, candidate LFI, a assuré lors d’une réunion publique sur la sécurité vouloir « revoir les missions de la police municipale » ce qui pourrait passer par « une augmentation des effectifs ».

    Anne-Sophie Rigault, en lice pour le RN, table comme ses collègues d’extrême droite sur une augmentation des effectifs, qu’elle entend doubler, et promet d’instaurer une présence policière 24 heures sur 24.

    Manosque

    Sur le site de campagne du maire sortant, Camille Galtier, aucune information n’est pour l’instant publiée sur de potentielles propositions liées à la police municipale.

    De même pour « Le regain manosquin », liste d’union de gauche de Patrick Rousset et pour Sébastien Aubert, de « Manosque ensemble ».

  • Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Un soir tout particulier… Tout sourire devant la foule qui a envahi l’Après M à Sainte-Marthe (14e), Amine Kessaci (EELV) est venu, ce lundi 26 janvier, se porter candidat aux municipales aux côtés du maire DVG sortant de Marseille, Benoît Payan. « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », lance le jeune homme.

    Après avoir perdu son petit frère, Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, le fondateur de l’association Conscience avait promis de ne pas lâcher son combat contre le narcotrafic. À la suite de son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus franchement pour et dans sa ville.

    « Pour Amine, ce n’est pas rien. C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble », a déclaré, ému, Benoît Payan. Et de revenir sur les engagements du Printemps « dans la conviction que nous devrions protéger les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi les rassembler, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur quartier. »

    « Je suis ici pour dire

    qu’on ne se résignera pas »

    Sous les bravos, en présence de sa mère, de ses sœurs et de la plupart des adjoints au maire, celui qui donne un coup d’accélérateur à une campagne atone, avec son combat à la résonance internationale, a martelé sa volonté de rester « debout » comme il l’avait fait lors de la marche blanche en hommage à son frère Mehdi.

    « Je suis ici pour dire qu’on ne se résignera pas. Nous avons su nous lever par milliers pour dire non, mais surtout pour dire oui à la paix, oui à la justice, oui à une vie meilleure. C’est ce que l’équipe municipale du Printemps marseillais a porté, tout au long de ses six années », enchaîne Amine Kessaci. Une majorité qui a agi selon lui « pour l’égalité, pour l’équité des territoires, pour les transports, pour l’école. Et comme le disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

    Son ennemi premier : l’extrême droite, contre laquelle il avait déjà bataillé aux législatives de 2024 sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il avait alors perdu de 835 voix son duel, au second tour, contre Gisèle Lelouis (RN). « Un engagement naturel » insiste-t-il, tant il était évident pour lui « de dire que jamais Marseille ne tombera aux mains des extrémistes. Jamais Marseille ne sera dirigé par le Rassemblement national. Ce n’est pas possible ».

    Le désormais candidat n’a pas manqué non plus de remettre sur l’ouvrage la charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic avec les bailleurs sociaux. Il en est persuadé, « Benoît Payan sera le premier maire à la signer ».

    La force d’un destin.

    La sécurité, mantra de Martine Vassal

    La candidate de la droite et du centre à la Ville de Marseille a clairement fait de la sécurité un de ses thèmes favoris, bien avant la campagne, quitte à empiéter sur les plates-bandes du RN. Martine Vassal propose de créer une Brigade anticriminalité (BAC) municipale et de faire du centre-ville un lieu d’expérimentation de l’intelligence artificielle, avec « des drones et la police présente ». Le recours à la vidéosurveillance serait également renforcé. Celle qui est déjà présidente de la Métropole a, par ailleurs, déjà armé les 99 agents du Groupement d’assistance et de protection de la RTM de matraques et de bombes lacrymogènes. « La sécurité est la première de nos libertés », a-t-elle martelé.

  • Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    L’enseignante, actuellement conseillère municipale d’opposition, est interrogée sur le projet démocratique, social et solidaire dont elle est porteuse, en particulier ici sur les moyensà mettre en place pour juguler la crise du logement ou comment améliorer les dotations aux écoles afin de favoriser l’égalité des chances. Mais aussi comment promouvoir l’usage des transports en commun, faciliter les mobilités et rendre la ville plus solidaire, plus accueillante. Tout un programme.

    Alain Tournay : On ne va pas se mentir, l’école ne va bien du tout. Comment faire en sorte d’améliorer les dotations pour qu’elles soient à la hauteur des besoins ? Pareil pour la restauration scolaire qui a un train de retard, voire un tramway, alors qu’on sait que certains élèves ne font qu’un seul vrai repas par jour à Toulon ?

    Magali Brunel : Alors d’abord, sur la dotation scolaire, je pense qu’il est bon de resituer un petit peu les choses, puisque nous sommes trois élus d’opposition depuis six ans dans la municipalité actuelle. Et c’est un sujet sur lequel on s’est toujours mobilisés. À chaque budget, à chaque occasion où un sujet éducatif était sollicité, on est revenu sur la question d’un meilleur soutien pour l’école, que ce soit sur les dotations aux classes qui servent justement à acheter les fournitures et puis à développer des projets, ou les sorties scolaires et les classes transplantées, puisque ce ne sont pas les mêmes lignes budgétaires.

    Ce sont deux sujets sur lesquels on s’est beaucoup battus, André de Ubeda en particulier, puisqu’il était en charge de la commission éducation. Et on a obtenu d’ores et déjà des choses. La revalorisation des crédits de dotation a été marquante aux alentours de 40 000 euros. Et pareil pour les classes transplantées.

    Mais ce n’est pas suffisant. Il faut avoir une vision un petit peu globale de l’enjeu que c’est d’accompagner toute une génération dans de bonnes conditions matérielles. Et à Toulon, c’est sûr qu’on n’est pas au rendez-vous. Je crois qu’on est dans les plus bas des classements en termes de dotation par élève. Nous pensons que d’abord, on peut y répondre avec, dès la rentrée, une prise en compte de la nécessité d’équiper les enfants de kits scolaires gratuits. Ça se fait à Marseille aujourd’hui, et dans plusieurs autres communes de la région. Ça met tous les élèves à égalité.

    On sait que la pédagogie de projet et l’ouverture hors de l’école, c’est un des moyens de lutter contre les inégalités scolaire et sociale, parce que nos enfants, s’ils reçoivent tous le même enseignement, ils sont à l’école devant le même enseignant, ils n’ont pas le même environnement pour profiter de ces cours qui leur sont dispensés. Donc, c’est sur l’environnement, sur le projet, sur l’ouverture qu’il faut jouer.

    Concernant ensuite la cantine, c’est un sujet qui est, à mon sens, sous-évalué aujourd’hui. L’alimentation en général dans une collectivité, d’ailleurs. Nos seniors s’alimentent mal, et cela accentue leur problématique de vieillissement ; les personnes les plus démunies s’alimentent mal et ça accentue les problématiques de leur vie quotidienne ; et nos enfants, qui sont l’avenir, sont soit mal alimentés, soit s’alimentent mal parce que l’environnement n’est pas suffisamment favorable. Et cela a des conséquences sur leur développement, leur santé, leurs apprentissages. Nous pensons qu’il faut mettre le paquet sur la restauration scolaire.

    De ce point de vue là, on a également des références, avec des municipalités qui ont déjà mis des choses en place et qui ont très bien fonctionné. C’est le cas dans des petites communes comme Correns ou Mouans-Sartoux, qui font office de modèles. Mais c’est le cas aussi à Lyon, qui est quand même une collectivité plus importante que Toulon. Donc, nous, on se situe entre deux. Si on arrive à faire mieux que Correns et Mouans-Sartoux et juste en dessous de Lyon, on ne sera déjà pas si mal.

    Et on a des moyens de le faire, parce qu’à Toulon, tout ce qui est production alimentaire n’est pas mobilisé par des sous-traitants qui donnent des repas prêts à l’emploi. Nous avons des personnels qui sont des cuisiniers et des cuisinières et qui ont donc un savoir-faire.

    Il faut qu’on s’appuie sur ces savoir-faire. Et il faut qu’on réfléchisse à davantage nous appuyer aussi sur nos producteurs locaux, rentrer dans une boucle positive pour qu’eux vivent mieux et qu’ils nous permettent de mieux alimenter nos enfants.

    Salima Arrar : Que prévoyez-vous en termes de politique de santé, et concernant le devenir des cliniques privées ?

    M. B. : Le paysage qui se dessine, c’est celui d’une santé à deux vitesses qui a été encouragée par l’installation de groupes privés. Et puis, il y a l’hôpital public et tous les acteurs de la santé publique qui sont en grande souffrance, notamment du fait de resserrement des budgets nationaux. Avec des corps de métier qui sont en très grande tension.

    Pour ce qui concerne la gouvernance municipale, la priorité est de faire en sorte qu’il y ait une offre de soins pour tous les habitants de la ville. Et donc, de ce point de vue là, pour prendre l’exemple de la clinique Saint-Jean, quand il a été question de son éventuel déménagement sur La Crau par le groupe Sainte-Marguerite, notre rôle a été de mettre en évidence le véritable problème que cela pouvait créer pour ce quartier déjà en difficulté. Il est important de s’attacher à maintenir des systèmes qui fonctionnent là où ils sont implantés, à proximité des habitants. Nous avons eu des réserves sur les conditions de la reconfiguration et l’extension négociée par Madame Massi [maire de Toulon SE, Ndlr], parce que cela impacte un parc, et que nous pensons qu’il faut trouver d’autres solutions que de couper des arbres et de sacrifier de l’espace vert. Parce que c’est aussi une question de santé que les gens puissent bénéficier d’espaces verts. Mais, ceci étant, je le répète, nous soutenons un projet qui consisterait à permettre à une structure existante et qui fonctionne dans l’environnement de rester dans son lieu.

    Nous avons d’ailleurs voté il y a quelques semaines, un contrat local de santé et de santé mentale, qui est une manière pour la collectivité de coordonner l’action des acteurs locaux. C’est un outil intéressant, mais là encore, un outil qui nécessite de la concertation et de la co-réflexion réelle. Ces outils-là ont de valeur que si tout le monde est sollicité, tout le monde contribue : la médecine de ville, les différentes structures privées de santé, la structure publique et les autres acteurs de santé comme le CCAS. Donc nous, nous souhaitons faire vivre ce contrat local de santé pour qu’il soit un véritable organe de régulation, de concertation et d’amélioration de la politique de santé municipale.

    Je termine en évoquant les centres de santé qui sont des lieux où on peut aller se faire soigner, qui sont coordonnés avec l’hôpital et qui appartiennent au réseau de la santé publique. De notre point de vue, il y a un audit à mener pour clarifier où sont les besoins sur le territoire municipal. On a parlé de cliniques privées, d’hôpital public, mais il y a des zones blanches. Dans le quartier de Claret, par exemple, le dernier médecin généraliste va partir à la retraite et il n’y a personne pour le remplacer. Pour nous, il faut répondre à ces problématiques non pas simplement en termes de bâti, en mettant à disposition un local et en laissant faire ceux qui souhaiteraient y aller, mais bien identifier les besoins et faciliter l’installation de médecins qui pourraient être salariés et donc faire partie du personnel public. Cela nous permettrait de répondre aux besoins là où ils sont.

    Xavier Hardy : On est vraiment très soucieux du traitement réservé aux migrants, aux personnes à la rue ou en grande difficulté… Comment allez-vous permettre cet accompagnement social par les structures ?

    M. B. : Nous nous y étions engagés en 2020, nous n’avons pas changé d’avis : nous serons signataires de la charte de l’Anvita [Association nationale des villes et territoires accueillants, Ndlr]. Donc si Toulon en Commun est appelé à mener la municipalité nous assumerons les différents articles de cette charte. Et nous envisageons les actions de solidarité dans la durée. Parce qu’on n’est pas solidaires un jour par an au moment par exemple de la collecte de la Croix-Rouge ou la journée de ceci ou de cela.

    Pour moi, investir la mairie c’est respecter les trois mots qui caractérisent la vie publique : liberté, égalité, fraternité, sans en laisser un de côté. La fraternité se traduit notamment, il me semble que c’est un signe fort, dans la manière dont une ville traite les gens qu’elle accueille : les plus fragiles, les personnes qui ont subi des exils, des traumatismes, des accidents de vie. Nous avons à les accueillir avec humanité. Et c’est ensemble que nous devons le faire.

    Notre programme s’est bâti à la fois dans le collectif mais aussi grâce à des rencontres avec des acteurs associatifs, des acteurs de la solidarité, des personnes aussi qui ont cette expérience-là. Voir des enfants à la rue, des femmes passer des nuits dehors avec leurs petits gamins, ce n’est juste pas possible !

    Alors, comment on soutient ? D’abord en facilitant et en accompagnant le travail des associations. On a la chance sur Toulon d’avoir un tissu déjà créé qui sait travailler ensemble, et donc il faut s’appuyer sur les compétences et sur l’expertise existantes. Aider aussi à l’identification de ces structures, parce que quand on débarque à Toulon dans une situation souvent terrible, qu’on est à la recherche d’un toit et de quoi manger, il faut qu’on ait une solution rapidement identifiable, donc des cartographies qui permettent de savoir à qui s’adresser rapidement.

    Jean-Paul Jambon : Quelles propositions faites-vous
    pour remédier à la carence
    de logement social
     ?

    M. B. : Il y a en fait deux problématiques. Celle de la construction, pour commencer. Et on s’aperçoit que les leviers pour produire davantage de logements sociaux ne sont pas actionnés. La deuxième concerne le vieillissement du parc existant, qui fait qu’on met des habitants, des locataires qui paient leur loyer régulièrement, dans des situations d’indignité du logement. Ce qui rajoute des problèmes, parce que quand on vit dans un logement dégradé on veut légitimement en partir. Et donc on demande à muter, ce qui ajoute, en quelque sorte, une pièce supplémentaire dans la machine.

    Il faut traiter les deux problèmes en même temps et pas de manière différenciée. La construction du logement social, c’est un sujet, lui aussi, sur lequel depuis 6 ans, là dans le cas précis, c’est moi, on intervient en conseil municipal. Au début, c’était M. Falco qui me répondait « Mais Mme Brunel, là, il y a la mer, là, il y a la montagne, il n’y a pas un seul mètre carré de foncier disponible ». Bon, on a trouvé beaucoup de mètres carrés pour faire du logement privé et des belles résidences.

    A priori, il n’y en avait pas pour les classes populaires. Donc évidemment, ce traitement n’est pas admissible. Et ça veut dire qu’il faut mettre en face de cela une stratégie qui marque la rupture. Et pour commencer abaisser les seuils d’obligation à construire du logement social lorsque l’on construit des résidences. Ce qui va augmenter leur nombre dans un espace de mixité sociale.

    Parce que quand on fait cela, on ne construit pas une tour où on concentre des populations issues des mêmes milieux socio-économiques, mais on fait vivre ensemble des populations différentes avec des niveaux d’acceptabilité qui font que nous coexistons et nous coexistons avec harmonie. Donc en cela, on répond à la fois à un problème de logement et à un problème de mixité qui s’enchaîne sur la mixité scolaire. Enfin, vous voyez, c’est la chaîne vertueuse au lieu de rester dans une chaîne de blocage.

    Il est urgent également de rénover le parc social et d’améliorer la vie quotidienne des habitants, parce qu’on a laissé tomber les locataires, on a laissé tomber les cités. Et on a rajouté en plus des problèmes au moment de la rénovation urbaine du centre-ville, c’est-à-dire que les personnes qui vivaient dans le centre ancien depuis des années, on les a déracinées. J’ai rencontré des messieurs qui avaient toujours vécu ici dans ce centre-ville et qui ont été envoyés à la Beaucaire où ils sont perdus, parce que c’est ici qu’ils ont leur cercle.

    Ça, c’est très choquant. Il faut s’engager à ce qu’une rénovation urbaine ne soit pas une façon de sortir les habitants de leur lieu de vie, mais qu’on construise avec eux le logement pour eux et pour demain.

    Sandra Gérard : Nous avons un double problème à Toulon du fait du manque de logements mais aussi de la cherté des loyers. Ce qui oblige beaucoup de salariés à s’éloigner de Toulon, et provoque un engorgement de la circulation… Comment comptez-vous agir sur ces deux phénomènes ?

    M. B. : On est toujours sur la difficulté d’accès au logement. Le problème c’est qu’on est dans un enkystement de la situation qui a conduit, notamment après le Covid, à une augmentation des prix de l’immobilier qui n’a fait que s’accentuer. Et ça continue d’ailleurs du fait du nombre de résidences secondaires qui se multiplient sur la ville et qui ne sont pas découragées. Sans compter le développement des moyens de location de meublés touristiques type Airbnb, mais pas que, et qui bloquent du logement. Parce que c’est plus rentable de louer en succession à plein de touristes qu’à une famille qui en a besoin. Ce qu’on identifie dans les différentes analyses, c’est que, en plus, les effets de la pénurie de logement et la cherté des loyers touchent particulièrement les jeunes actifs et les familles avec enfants qui sont obligés comme vous le dites de quitter Toulon.

    Donc ça signifie qu’il faut absolument apporter des réponses parce qu’on dévitalise une ville aussi. Et il faut d’abord s’attaquer à la question des Airbnb. Il y a des solutions très simples, votées récemment. Donc on a les dispositifs, les outils.

    Dans le Pays Basque, ils ont fait ça de manière très volontariste avec des résultats qui sont évidents. Donc faisons en sorte de limiter les abus. Il ne s’agit pas d’interdire de louer 15 jours son appartement quand on est en vacances, mais bien les abus qui créent du blocage à la location de longue durée.

    Deuxième sujet, la question du prix des loyers. Il y a une façon très raisonnable de faire les choses, c’est de prévoir un encadrement. Un encadrement, ce n’est pas que tout le monde a le même loyer. Le loyer est analysé en fonction de l’offre et dans une marge de manœuvre raisonnable qui permet de valoriser éventuellement un appartement qui est plus attractif par rapport à un autre qui l’est moins, mais dans une proportion raisonnable de façon à permettre aux locataires de payer un juste prix.

    Et puis il y a une troisième solution qui est le permis de louer, qui fait que la municipalité est garante de ce qui est offert à louer aux locataires. Parce que quand vous vous retrouvez à payer 800 euros un taudis ou un endroit ultra-humide, c’est indigne. Et ça ne devrait pas être admissible par une collectivité qui a les moyens de régler cela. Le permis de louer permet de faire en quelque sorte un filtrage pour mettre à la location un logement qui peut effectivement être habité.

    Ça peut être d’ailleurs associé aux aides de la CAF. Donc ça veut dire qu’on a des leviers pour soutenir tout simplement des gens qui sont responsables dans la location qu’ils mettent à disposition. Il ne s’agit pas du tout de faire la guerre à des propriétaires ou à des organismes qui fonctionnent de manière tout à fait citoyenne, mais de se prémunir des abus et des positions de faiblesse dans lesquelles on met les locataires et les gens qui veulent accéder à la propriété.

    C’est-à-dire ?

    Libérer le parc, c’est permettre aussi un accès à la propriété plus facile aux ménages qui à force d’efforts ont pu faire en sorte de dégager des économies pour investir. Là aussi il y a des solutions qui permettent d’acheter le bâti et que le foncier reste à la propriété de la ville, et qui font qu’on peut devenir propriétaire à moindre coût.

    Et quand on s’attaque à la question du logement, on limite aussi les problématiques d’embouteillage automobile qui sont un poison pour les gens, pour les travailleurs en termes d’écologie et de bien vivre dans la ville. Néanmoins, évidemment, il faut faciliter la mobilité quand elle n’est pas contrainte.

    Et pour nous, l’un des points forts de notre programme c’est le tramway comme axe structurant l’ensemble de la métropole de la Seyne, au moins, à La Valette, et si possible plus loin encore. C’est-à-dire l’axe majeur de circulation au sein de notre territoire. Parce qu’il est beaucoup plus efficace et plus écologique. C’est la solution la plus adaptée à notre ville. Et que nous pensons que ce travail sur des investissements structurants, doit être associé avec une gratuité progressive.

    Parce que pour changer de mode de transport, toutes les études montrent dans des métropoles comparables que seulement l’offre ou seulement la tarification ne suffisent pas. C’est l’association des deux qui font qu’à un moment donné un usager, un habitant choisit de passer à une autre modalité de transport. C’est ce que nous voulons faire et nous comptons l’articuler avec les autres moyens de transport intra-urbains qui sont notamment les moyens ferroviaires. On a parlé d’un RER toulonnais mais il n’est pas encore à sa vitesse de croisière.

    Roland Biache : Est-ce que votre programme intègre a minima le maintien des volumes financiers en cours à destination
    des associations, voire a prévu
    de les faire progresser ?

    M. B. : Alors, nous d’abord, on est évidemment convaincus que le tissu associatif c’est le filet de la cohésion sociale. Et c’est souvent, concernant les associations de la solidarité, le filet de survie et le filet de sécurité de toute une série de populations précaires. Donc nous avons un regard absolument attentif à ce tissu associatif. Et ça fait partie aussi des sujets sur lesquels on est intervenu plusieurs fois en conseil municipal parce que le discours abusif de M. Falco était le maintien. On maintient les sommes telles qu’elles ont été accordées l’année précédente.

    Mais comme on peut en faire facilement le calcul, les 23 ans à la direction de cette municipalité de M. Falco, compte tenu à la fois de la hausse des recettes de la ville et de l’inflation, ont abouti à ce que les associations fassent les frais au final de budgets en baisse. Donc nous avons demandé chaque année, non pas qu’on nous parle de maintien, mais qu’on nous parle de réactualisation, au moins, au même taux, et sur lesquelles les associations peuvent s’appuyer. C’est notamment quelque chose qu’on a réussi à obtenir les deux dernières années, parce que notre argument a été entendu et que l’hypocrisie a été quand même levée.

    Nous allons aussi regarder de près l’utilisation de l’argent public, comment on s’en sert, quel est son usage, quel est le public qui en est bénéficiaire. Aller voir concrètement les effets, les résultats. C’est pourquoi la proposition d’une commission de concertation me paraît être une bonne solution, parce qu’elle permet à la fois de voir les bonnes pratiques, d’être clair sur les critères et donc qu’il n’y ait pas, en quelque sorte, de concurrence déloyale.

    On a parlé tout à l’heure des associations de logements. Voilà typiquement un sujet sur lequel on peut avoir des grosses inquiétudes quant à la transparence de leur action. Et donc il est certain que nous, à Toulon en Commun, qui avons une logique participative pour notre propre mode d’action, nous considérons que la concertation et la transparence sont la règle d’or du fonctionnement de toute action citoyenne et donc aussi celle des associations. La proposition de budgets pluriannuels me semble une bonne solution. Je pense que l’idée de se dire qu’on part sur une échelle plus longue pour permettre aux gens de travailler sereinement est une idée à explorer, c’est une réponse au stakhanovisme des dossiers à compléter qui occupent beaucoup les associations au détriment de leur travail sur le terrain et celui des agents municipaux. Et donc peut-être qu’on gagnerait à se faire confiance sur un temps donné, à être réellement attentifs aux bilans et donc à voir de près quels sont les bénéfices et ainsi faire travailler les gens sereinement.

    Je tiens également à dire que la culture n’est pas une variable d’ajustement dans un budget municipal. Pour nous, elle participe de la citoyenneté. Elle est un levier de citoyenneté et elle doit être partout.

    Focus sur les lecteurs

    Alain Tournay, enseignant (responsable syndical)

    Salima Arrar, aide-soignante (syndicaliste et membre du PCF)

    Xavier Hardy, retraité (collectif Migrants)

    Jean-Paul Jambon, retraité (Fondation pour le logement)

    Sandra Gérard, fonctionnaire de catégorie B à l’Arsenal de Toulon

    Roland Biache, retraité (militant associatif)