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  • [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    La Marseillaise : Quel état des lieux faites-vous de la formation professionnelle ?

    Sylvain Bego-Ghina : Ça va être vite vu : ils sont en train de tuer la formation professionnelle. Sur les 13 milliards d’euros récoltés par an aux entreprises, 11 sont orientés vers l’apprentissage, il ne reste donc plus d’argent pour les opérateurs de compétences [Opco, Ndlr.]. Tous les budgets baissent, les voyants sont dans le rouge. Le Compte personnel de formation (CPF) est aujourd’hui limité. À France Travail, les choix de formations se résument à celles dont les métiers sont en tension, comme l’hôtellerie-restauration ou l’aide au service… Les missions locales subissent des baisses de moyens. C’est plus que les vaches maigres ! Dans 10 ans, il n’y aura plus de centre de formation tel qu’on l’a connu, l’Afpa ne sera peut-être plus là. L’apprentissage est normalement adressé aux mineurs, ou aux moins de 20 ans… Ce n’est pas ce qu’on entend traditionnellement par « formation professionnelle ».

    Qu’est-ce que ça implique
    de favoriser l’apprentissage
    au détriment de la formation professionnelle
     ?

    S.B.-G. : Plusieurs choses. Quand on est en apprentissage, on est une semaine dans une boîte de formation et trois semaines chez un patron. C’est de la main-d’œuvre bon marché pour le patronat. À l’Afpa, les stages étaient de 3-4 semaines, on n’est pas sur la même échelle de temps. On est d’ailleurs en train de devenir des centres d’apprentissage. La direction veut prendre « le train de l’apprentissage » et table sur des fermetures de CFA… On va faire la voiture balais des CFA, ça en dit long sur les politiques menées. D’autant que notre direction veut tout rentabiliser et entend fermer tout ce qui n’est pas rentable. On craint prochainement des fermetures de formations, de centres, a minima des regroupements de structures ou encore des licenciements. C’est toute l’histoire du macronisme : ils ne veulent plus de services publics de pleine compétence, faire plus avec moins… De toute façon, on est tellement dans le rouge, que la seule chose qui reste pour baisser les coûts c’est baisser la masse salariale. Et moins il y a de masse salariale, moins il y a de formations… Vous voyez le schéma.

    Quelles conséquences concrètes de ces baisses de moyens ?

    S.B.-G. : Avant, à l’Afpa, les usagers étaient hébergés, nourris, il y avait la médecine du travail, de l’orientation, une vraie égalité devant la formation… Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Également, les fermetures de centres ont une conséquence très concrète : l’impossibilité de faire une formation près de chez soi. Il y a des endroits où il faudra faire 150 km pour devenir maçon…

  • Déterminés

    Déterminés

    La tambouille entre les droites LR et macroniste pour permettre à l’extrême droite RN de retrouver, mardi, deux vice-présidences au bureau de l’Assemblée nationale, illustre le fossé abyssal entre les aspirations à la justice sociale, qui se manifestent avec ampleur depuis la rentrée, et les petits calculs politiciens. Un vote aussi décalé que dangereux, dénoncé par les gauches, intervenu la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles à l’appel d’une intersyndicale toujours unie et déterminée pour arracher la justice sociale et fiscale.

    Un plan antisocial

    L’essentiel n’a pas lieu dans les couloirs du Palais Bourbon, mais dans la rue. Rien n’est venu entamer, ces derniers jours, la détermination du mouvement social, qui exige un budget 2026 à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement, tente de ranimer le « conclave » sur les retraites pourtant conclu sur un échec cuisant. Le voilà qu’il évoque la retraite des femmes sans remettre en cause une réforme inique passée en force. Sur le cœur du budget 2026, aucune réponse. Ni sur les franchises médicales, ni sur les suppressions de 3 000 emplois dans la fonction publique, ni sur le financement de la Sécurité sociale. Ni sur le niveau d’investissements pour les services publics. En repoussant la taxe Zucman sur les très hauts revenus, l’homme lige de Macron a envoyé un message limpide : la politique qui a asséché les recettes publiques va continuer. Un plan antisocial dont les travailleurs ne veulent pas. Ils le diront ce jeudi.