Tag: LR

  • « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    Benoît Payan pouvait bien se placer au-dessus de la mêlée, en ouverture du conseil municipal de Marseille ce vendredi matin. « Les mots, les actes nous engagent, parce que nous sommes des élus de la République », invitait l’édile depuis la tribune, rappelant aussi bien la période de réserve électorale que les menaces de mort dont il avait fait l’objet, pour avoir simplement mangé un couscous à Noailles.

    Un vœu pieux dans un hémicycle recomposé. À droite, l’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut est absent, après avoir annoncé son départ de la vie publique et la dissolution de son groupe, dont les élues siègent maintenant avec les troupes de la candidate Martine Vassal. Sans Hayat Atia et Aurélie Falek, qui ont claqué la porte en dénonçant une dérive « vers l’idéologie de l’extrême droite ». Stéphane Ravier (ex-RN) en revanche est bien présent, après avoir annoncé la veille qu’il ne serait pas candidat aux prochaines municipales, ouvrant la voie au RN qui saluait « un geste extrêmement fort ».

    Complotisme antisémite

    Pas de quoi l’inciter au silence. Après les premières escarmouches de la droite sur le coût de l’Été marseillais, le château de la Buzine ou l’état du centre-ville, il n’aura fallu qu’à peine une demi-heure pour que le sénateur vienne mettre les pieds dans le plat. Une de ses diatribes habituelles, au gré d’une attribution de subventions, pour s’attaquer à une supposée « xénophilie suicidaire qui envoie un message aux candidats à l’immigration ». Mais en virant jusqu’au complotisme antisémite cette fois, désignant l’ONG SOS Méditerranée comme « Soros Méditerranée ». Il est rapidement interrompu. « Beaucoup de fake news existent contre Monsieur Soros en raison de sa religion, notamment celle que vous venez dire », le reprend vertement Benoît Payan, après avoir exigé son départ de l’hémicycle. Cette fois, Stéphane Ravier reconnaît son erreur.

    Mais la porte est ouverte. Vingt délibérations plus tard, le RN est fidèle à lui-même en accusant la majorité de « subventionner la submersion migratoire ». Mais dans la foulée, c’est la sénatrice (LR) Valérie Boyer qui accuse la municipalité d’avoir fait de Marseille « la capitale de l’immigration illégale ». Refusant une subvention de 130 000 euros à SOS Méditerranée, « cette organisation par laquelle arrivent dans nos rues la misère et l’errance ». Et s’opposant avec l’extrême droite au contrat territorial d’accueil et d’intégration à 630 000 euros pourtant signé avec l’État. Au fond de la salle, Stéphane Ravier jubile. Et crucifie la droite : « Je peux quitter le conseil municipal, le raviérisme n’est pas mort. »

    En tribune, Benoît Payan proteste. « Est-ce que vous savez combien de personnes ont été débarquées par SOS Méditerranée à Marseille ? Zéro. » « Nous avons entendu les représentants de la droite et de l’extrême droite dire que notre humanisme était mauvais parce qu’il permettait de vivre dans une forme de misère, ajoute l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Mais lorsque nous contractualisons avec l’État pour leur intégration, ils votent contre ! »

    Peu importe : la porte désormais ouverte dans les 9-10, le risque de la dispersion des voix écarté, le RN n’a qu’à dérouler, pendant que la droite surenchérit pour espérer reprendre leur électorat. « Arrêtez de les singer, les gens préféreront toujours l’original à la copie », avertit Benoît Payan. Au fond de la salle, le lepéniste de la première heure Bernard Marendat applaudit des deux mains.

  • Déterminés

    Déterminés

    La tambouille entre les droites LR et macroniste pour permettre à l’extrême droite RN de retrouver, mardi, deux vice-présidences au bureau de l’Assemblée nationale, illustre le fossé abyssal entre les aspirations à la justice sociale, qui se manifestent avec ampleur depuis la rentrée, et les petits calculs politiciens. Un vote aussi décalé que dangereux, dénoncé par les gauches, intervenu la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles à l’appel d’une intersyndicale toujours unie et déterminée pour arracher la justice sociale et fiscale.

    Un plan antisocial

    L’essentiel n’a pas lieu dans les couloirs du Palais Bourbon, mais dans la rue. Rien n’est venu entamer, ces derniers jours, la détermination du mouvement social, qui exige un budget 2026 à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement, tente de ranimer le « conclave » sur les retraites pourtant conclu sur un échec cuisant. Le voilà qu’il évoque la retraite des femmes sans remettre en cause une réforme inique passée en force. Sur le cœur du budget 2026, aucune réponse. Ni sur les franchises médicales, ni sur les suppressions de 3 000 emplois dans la fonction publique, ni sur le financement de la Sécurité sociale. Ni sur le niveau d’investissements pour les services publics. En repoussant la taxe Zucman sur les très hauts revenus, l’homme lige de Macron a envoyé un message limpide : la politique qui a asséché les recettes publiques va continuer. Un plan antisocial dont les travailleurs ne veulent pas. Ils le diront ce jeudi.

  • Gérard Gazay à nouveau candidat à Aubagne

    Gérard Gazay à nouveau candidat à Aubagne

    Les 15 et 22 mars 2026, vous élirez votre maire et sa nouvelle équipe municipale. En 2020, vous m’avez accordé votre confiance en m’élisant à nouveau comme maire. Aujourd’hui, je souhaite renouveler ma candidature pour poursuivre mon engagement, à votre service », écrit, ce 1er octobre, le maire (LR), Gérard Gazay. Si, depuis fin 2024, l’édile, élu depuis 2014, n’a jamais caché son intention de briguer un nouveau mandat, ce courrier et ce post officialisent sa candidature.

    « Enfant du pays d’Aubagne, mon ambition à faire réussir ma ville de cœur reste intacte », assure-t-il. Il ajoute : « Le bilan de notre équipe municipale est solide. Aubagne a retrouvé une ambition, une stabilité, une crédibilité à la fois locale et nationale. Fort de ce succès, je propose que nous poursuivions ensemble le récit de cette histoire, dans le même état d’esprit : celui de l’audace, de la confiance, de la sécurité et de la justice sociale, avec une attention particulière portée à tous et notamment aux plus fragiles. »

    « Contre les extrêmes »

    Joint par La Marseillaise, ce mercredi, Gérard Gazay explique sa démarche : « Un travail de fond a été fait depuis deux mandats. On commence à voir quelques réalisations dans la ville. Il y a encore de nombreux projets, engagés ou à engager, et il faut un peu plus de temps pour les réaliser. » Pour lui, « un premier mandat sert à comprendre les institutions partenaires et comment fonctionne une collectivité. Il est ensuite important de poursuivre pour plus d’efficacité, et pour transformer la commune ».

    Parmi ses priorités, il cite : « assurer la sécurité de nos concitoyens, continuer à rendre la ville plus verte et travailler au développement économique d’Aubagne. » Il précise sa méthode dans sa lettre : « Pour préparer une nouvelle mandature, je propose que nous confrontions nos idées et nos projets avec vos aspirations et vos besoins. Pour cela, je vous invite à participer à des groupes de réflexion dans le cadre d’ateliers thématiques et à recueillir vos contributions sur le site internet de ma campagne. »

    Par téléphone, le maire détaille : « Les Aubagnais vont pouvoir s’inscrire au sein d’ateliers sur le commerce, le social, la culture, le sport… Cela va durer jusqu’en décembre. à partir de ces idées, et de ce que nous voulons proposer, nous présenterons notre programme début 2026. »

    Interrogé sur le risque de progression du vote Rassemblement national dans les Bouches-du-Rhône, notamment après les législatives de juin 2024, où il avait appelé à voter « ni NFP, ni RN » au second tour, Gérard Gazay répond : « Je n’ai pas changé. Je suis toujours contre les extrêmes, à droite et à gauche. Mais ce qui se passe au niveau national ne se reproduit pas forcément au local. »

    En 2020, la liste de Gérard Gazay est arrivée en tête à Aubagne, avec 48%, contre 43% pour la gauche menée par Magali Giovannangeli. Le scrutin, marqué par la crise sanitaire, affichait un taux d’abstention record de près de 60%.

  • Martine Vassal chez elle à la rentrée des LR

    Martine Vassal chez elle à la rentrée des LR

    Face aux affiches qui célèbrent « la France des honnêtes gens », ils étaient plus de 400 ce vendredi soir à acclamer leur « candidate naturelle » Martine Vassal. Renforcée après l’élection de Bruno Retailleau, la fédération des Républicains des Bouches-du-Rhône a vu sa rentrée se transformer rapidement en meeting pour la présidente (DVD) de la Métropole.

    Les esprits certes sont échauffés après la condamnation de Nicolas Sarkozy. « Ceux qui ont lu Soljenitsyne, on y est presque », souffle la présidente de la fédération Laure-Agnès Caradec. Mais ce sont les municipales qui occupent les esprits. « Le Printemps marseillais voulait faire le plus grand port d’accueil des migrants, arrêter les permis de construire, ne voulait plus de vidéoprotection, ils ont tenu leurs promesses, ils nous amènent vers l’abîme », lance Martine Vassal. Elle pose trois axes de campagne, la sécurité, les incivilités, l’attractivité. « Il faut un choc fiscal », annonce-t-elle, promettant de baisser les impôts locaux. Certes, il lui faut se justifier après les perquisitions dont elle a fait l’objet, tout comme le « maître chanteur », son ancien directeur des relations internationales, qui l’accuse. « On ne va pas valider un deuxième féminicide politique dans notre ville. Une Rubirola, c’est bon, deux, c’est trop », ose-t-elle. Avant de renvoyer dos à dos « l’immobilisme du Printemps marseillais » et « l’amateurisme du Rassemblement national ». Au risque de banaliser toujours plus l’extrême droite. Peu importe, elle fait semblant d’y croire, pourvu que l’alliance de la droite et du centre tienne : « Ensemble, nous allons gagner ! »

  • Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Si ce n’est pas une surprise, c’est un jalon essentiel dans la campagne. Dix jours après l’officialisation de sa candidature aux municipales pour Marseille, la commission nationale d’investiture des Républicains a apporté officiellement son soutien à Martine Vassal ce mardi soir. « Femme de droite, elle porte des valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons pleinement et elle a tout notre soutien dans ce combat débuté il y a maintenant quelques jours », se félicite la présidente du parti dans le département, Laure-Agnès Caradec. Après avoir quitté le parti en 2022, elle sera de nouveau présente à la rentrée des Républicains des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir, à la Maison de la Mer de la Pointe-Rouge.

    Tandis que les représentants de la droite et du centre affichent leur union, malgré la candidature annoncée du professeur Frédéric Collart, il lui reste à obtenir notamment l’investiture de Renaissance. Alors qu’une commission d’investiture doit se tenir prochainement, rien n’est arrêté, indique-t-on dans les rangs des macronistes, les négociations se poursuivant avec le président (Ren.) de Région Renaud Muselier.

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.

  • Plongée dans les comptes de campagne

    Plongée dans les comptes de campagne

    Derrière les colonnes arides des comptes et les chiffres qui s’égrainent de circonscription en circonscription, c’est tout le récit d’une campagne précipité après la dissolution de l’Assemblée nationale, au soir du 9 juin 2024, que l’on retrouve. Le 29 juillet dernier, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements publics (CNCCFP) a rendu publiques les dépenses engagées par les candidats à l’occasion des dernières législatives. Dans les Bouches-du-Rhône, moins de 800 000 euros de dépenses ont été retenus, dont 585 000 euros remboursés par l’état aux candidats ayant obtenu plus de 5% des voix au premier tour. Soit deux fois moins que lors du précédent scrutin de 2022, où 1,6 million d’euros avaient été dépensés.

    Le nombre de candidats s’est en effet effondré, passant de 201 à 126 personnes. Surtout, la campagne s’est déroulée en un temps éclair, trois semaines pour le premier tour, alors même que la dissolution n’était anticipée par personne. De quoi contraindre les états-majors à improviser.

    Une circo en or à Aix

    Certes, tous n’ont pas été mis à la diète. Zemmouriste converti à l’union avec le Rassemblement national derrière éric Ciotti, Gérault Verny a dépensé quelque 66 542 euros pour sa campagne, aux deux tiers pour payer ses tracts et affiches, dont 35 156 euros lui ont été remboursés par l’État. Des deniers avancés par l’entrepreneur lyonnais multimillionnaire, actionnaire du média identitaire Frontières et désormais député UDR d’Aix-en-Provence. Il a ainsi réalisé la quatrième campagne la plus chère de France, juste derrière Laurent Wauquiez (LR). Face à lui, l’ex-députée (Ren.) qui a permis son élection en refusant de se désister, Anne-Laurence Petel, avait dépensé près de 43 000 euros, au deuxième rang dans le département. Elle est celle qui a recueilli le plus de dons privés, à hauteur de 11 000 euros. Mieux placé qu’elle à l’issue du premier tour, le socialiste Jean-David Ciot n’a dépensé même pas 14 000 euros…

    Les candidats du Nouveau front populaire sont pourtant ceux qui ont le plus dépensé, près de 17 000 euros en moyenne, devant les candidats macronistes (13 000 euros) et le Rassemblement national (10 000 euros), qui n’a eu qu’à peine à faire campagne pour l’emporter, jusqu’à être désignés comme des candidats fantômes. Romain Tonussi n’a eu qu’à engager 2 500 euros pour se faire élire à Salon-de-Provence… Quant aux Républicains, bousculés par le ralliement d’éric Ciotti à l’extrême droite, ils n’ont dépensé que 4 000 euros par candidat, six fois moins que lors des scrutins de 2022, où ils émargeaient en tête des comptes de campagne.

    Dans cette campagne, certains se distinguent par leurs frais de télécommunication comme l’insoumis Allan Popelard (9 500 euros), leurs réunions publiques comme la RN Gisèle Lelouis (9 000 euros), leur communication en ligne comme Lionel Royer-Perreaut (14 000 euros) ou les honoraires de com comme Pascaline Lécorché (PP) et Claire Pitollat (LREM), 10 000 euros chacune. « J’ai renforcé la communication, notamment par des formats vidéo, à cause de la rapidité de la campagne, témoigne cette dernière. Les documents imprimés prennent plus de temps de fabrication et ne correspondaient pas au timing. »

    Début juillet, quatre candidats, dans le département, ont été déclarés inéligibles faute de déclaration de leurs comptes de campagne, dont le zemmouriste Jean-Philippe Courtaro et le RN Franck Liquori.

    « J’ai renforcé la communication, notamment par des formats vidéo, à cause de la rapidité
    de la campagne. »

  • Bayrou renversé, Macron au pied du mur

    Bayrou renversé, Macron au pied du mur

    Le rideau est définitivement tombé sur François Bayrou à l’issue d’un dernier acte provoqué par lui-même, lundi 8 septembre, à l’Assemblée nationale. Une écrasante majorité de députés, 364 sur 558 suffrages exprimés, ont refusé de lui accorder la confiance, faisant, de facto, tomber le gouvernement. Ils ont été seulement 194 à voter « pour ». Comme le stipule la Constitution, François Bayrou doit remettre sa démission au président de la République, neuf mois à peine après sa nomination. Il le fera ce mardi. Dans un communiqué, l’Élysée précise qu’Emmanuel Macron « prend acte » du résultat et nommera un nouveau Premier ministre « dans les tout prochains jours. »

    En engageant sa responsabilité, François Bayrou savait qu’il allait à l’échec, ne disposant pas de majorité. « Cette épreuve de vérité, je l’ai voulue », a lancé, bravache, le maire de Pau avant d’enfourcher son dada : la dette. « La France n’a pas connu de budget à l’équilibre depuis 51 ans », a-t-il déclaré pour justifier son « plan pour aller vers le désendettement ». Une cure d’austérité budgétaire de 44 milliards d’euros pour 2026 qu’il avait révélée le 15 juillet. « Vous avez le pouvoir de faire tomber le gouvernement, mais vous n’avez pas le pouvoir d’effacer le réel », a-t-il conclu, en guise d’oraison funèbre. Côté soutiens, Bayrou a reçu celui de son groupe, les Démocrates. Son président, Marc Fesneau, a fustigé les « déficito-spectiques ». Autre allié, le groupe Horizons et Indépendants, par la voix de Paul Christophe, a asséné sa potion amère, celle d’Édouard Philippe : « Nous devons dépenser moins et travailler plus ». Pour les macronistes, Gabriel Attal (Ensemble pour la République), a joué la carte du dialogue avec les socialistes, mais sans les nommer. « Je tends la main et je vous le demande, dialoguons » . Voilà pour les soutiens. Car du côté de la droite LR, pourtant au gouvernement avec Bruno Retailleau, contraint de quitter Beauvau, les votes se sont partagés. Bayrou n’a même pas réussi à faire le plein chez les députés du socle commun : 194 voix sur 210 potentielles. Un désaveu dans le désaveu. Quant à l’extrême droite RN et son supplétif, l’UDR d’Éric Ciotti, Marine Le Pen a martelé son obsession : la dissolution de l’Assemblée nationale. Ce à quoi Macron se refuse, pour l’instant.

    Si les gauches ont été unies dans le vote « contre », les stratégies pour l’après Bayrou divergent fortement. Boris Vallaud (PS) a déclaré que « les socialistes sont prêts, avec la gauche et les écologistes, à gouverner ». Il se tourne vers les députés du socle commun : « Acceptez le désir de changement des Français. Comme socialistes, nous ne nous déroberons pas ». Pour les députés écologistes, Emmanuel Macron doit « nommer un premier ministre issu du Nouveau front populaire », la coalition des gauches arrivée en tête aux législatives anticipées en juin 2024. Mais la présidente du groupe, Cyrielle Châtelain, prévient : « Le dialogue, toujours, la compromission, jamais ». La présidente du groupe FI, Mathilde Panot, a été plus cinglante : « Tous ceux qui tenteront de sauver le soldat Macron tomberont ». Pour la députée insoumise, avec la chute de François Bayrou, « le mouvement du 10 septembre aura obtenu une victoire avant son commencement ».

    Le mouvement social ne peut, en effet, rester en marge. Stéphane Peu (PCF), rappelle que les Français « souhaitent que l’on change de politique ». Le président du groupe Gauche démocrate et républicaine estime ainsi majeurs les rendez-vous sociaux des 10 et 18 septembre, avec notamment une intersyndicale à nouveau unie pour la justice sociale. « L’écart entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi grand depuis 30 ans », a insisté le député, remettant au mitan un enjeu cardinal.

    « Les socialistes sont prêts, avec la gauche et les écologistes, à gouverner. Qu’il vienne nous chercher ! »

  • L’élu d’opposition LR Robin Prétot entre en campagne

    L’élu d’opposition LR Robin Prétot entre en campagne

    C’est au Pub de l’Europe, à deux pas de l’ancien hôtel de ville d’Istres, que Robin Prétot a souhaité rencontrer la presse pour officialiser sa candidature lors des prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Un lieu « symbolique » pour le conseiller municipal d’opposition (LR) : « C’est un peu à l’image du message de notre campagne qui est “Istres de toute son âme”. Je considère que c’est tout le symbole de notre engagement et de tous nos maux. On est une ville qui tourne un peu le dos à son histoire, à son patrimoine, à son identité provençale. Aujourd’hui on en est à une municipalité qui pour un euro symbolique va vendre un mastodonte administratif. »

    À 35 ans, le militaire de formation veut incarner le « renouveau » de la classe politique face à François Bernardini (PS), conseiller municipal depuis 1977 passé maire en 2001, et redonner « ce sentiment d’appartenance » et cette « fierté d’être istréen » aux habitants. Sans annoncer son programme, qu’il dévoilera le 20 septembre lors de son meeting de lancement de campagne, le candidat identifie quatre priorités stratégiques : l’attractivité et le dynamisme du centre-ville, le ralentissement de l’urbanisation, la santé et la tranquillité publique.

    Une liste qui « ressemble aux Istréens »

    Parmi la liste qu’il mènera, ses deux collègues du groupe municipal « Istres audacieuse », Jocelyn Planelles et Michèle Leban. « Je ne veux surtout pas rentrer dans une logique de collections d’étiquettes politiques ou de club d’opposants », affirme Robin Prétot, tout en assurant néanmoins ne pas compter travailler avec le Rassemblement national.

    « François Bernardini n’est, aux dernières nouvelles, plus candidat, poursuit-il. C’est en tout cas l’engagement qu’il avait pris en 2020. Donc ma question c’est comment on construit la ville après. Il faut la construire avec de nouvelles personnes et qu’on crée donc une liste qui ressemble aux Istréens, avec toutes les générations, tous les métiers, tous les quartiers représentés. »