Tag: low cost

  • Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    En 2026, l’aéroport de la 7e ville de France va-t-il enfin prendre son envol ? En basant un avion en 2020, Transavia devait déjà faire entrer Montpellier dans la cour des grands. Mais la pandémie de Covid avait ralenti ses projets.

    Six ans plus tard, l’aéroport de Montpellier franchit un nouveau pas qui doit lui permettre d’atteindre les 3 millions de passagers, qu’il vise à terme contre 1,9 million actuellement. Mercredi 14 janvier, Volotea a officialisé sa volonté de faire de la capitale héraultaise sa 11e base en France. « Depuis 2012, nous avions 8 enfants (Ajaccio, Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg et Minorque). Il était temps de se marier ! », se félicite Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport Montpellier Méditerranée. « Il s’agit d’un mariage à l’ancienne sans divorce, ironise Carlos Muñoz. On va continuer à développer ce partenariat très longtemps », assure le fondateur et PDG de Volotea.

    La compagnie low cost ibérique va commencer par « faire dormir » un Airbus A320 (180 sièges) à Montpellier en attendant le second d’ici 2 ou 3 ans. « Cela signifie de la ponctualité puisque l’avion est sur place et aussi que nos collaborateurs connaîtront bien les clients car ils habiteront ici et feront vivre ce territoire », insiste Gilles Gosselin. Des recrutements vont être lancés afin de pourvoir les 30 emplois de pilotes, hôtesses de l’air et stewards créés à Montpellier.

    900 000 passagers visés d’ici 2030 au plus tard

    Dès novembre, Volotea proposera 4 nouvelles destinations : Bordeaux, Madrid, Tenerife Sud et Lanzarote. A la différence de son concurrent déjà installé, Volotea préfère développer les liaisons des villes telles que Montpellier. « 65% des Européens vivent dans des villes petites ou moyennes pas assez desservies », explique Carlos Muñez. Le PDG fait valoir un taux de réalisation des vols irréprochable (99,4%) et un indice de satisfaction en hausse (+24%) pour la compagnie à bas coûts. « Ça ne veut pas dire qu’on sert du caviar et qu’on propose des douches comme Émirates, mais 9 clients sur 10 nous recommandent ».

    Dans le courant de l’année, de nouvelles destinations vers l’Europe, le Maghreb ou les pays nordiques devraient être dévoilées à des « prix abordables » malgré l’impact de la taxe de solidarité (6,3 euros par billet). Certaines seront permanentes, d’autres saisonnières. « On s’adaptera à la demande et au succès des routes », promet Gilles Gosselin. Le directeur de la « première compagnie domestique en France » ne cache pas son ambition dans une Occitanie où Volotea est déjà implantée à Toulouse, Rodez, Lourdes/Tarbes. « On veut être la compagnie majeure de référence de l’aéroport de Montpellier ». En 2026, 400 000 sièges (+9%) sont espérés ici et 900 000 annuels sont visés d’ici 2 à 4 ans. Depuis 2012, Volotea a déjà transporté 2,8 millions de passagers depuis Montpellier.

  • [Entretien] Serge Coutouris : « Un enjeu national sur le modèle des ports »

    [Entretien] Serge Coutouris : « Un enjeu national sur le modèle des ports »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre mobilisation ?

    Serge Coutouris : Rappelons le contexte : À Port-la-Nouvelle, il y a de nouveaux projets avec de nouveaux acteurs portuaires. Le tout, voulu et impulsé par la Région Occitanie. Depuis le début, le montage capitalistique et sa gouvernance nous interpellent. Surtout lorsqu’on voit qu’un manutentionnaire est devenu concessionnaire tout en étant actionnaire du port. Il y a peut-être là une forme de conflit d’intérêts. On voit aussi que la place de la Région au sein du port et de la société Semop [société d’économie mixte à opération unique qui assure la gestion du port via une concession de service public, Ndlr.] diminue. Une diminution au profit du privé, qui impose petit à petit sa manière de faire. Cela fait des années que nous nous inquiétons sur le sujet. Au sein du port, les travailleurs portuaires demandent une visibilité, et une lisibilité, sur leur avenir. Il était annoncé un « port vert », avec un enjeu de transition écologique, puisque tourné vers l’éolien en mer, les énergies marines renouvelables [EMR Ndlr] et l’hydrogène. Sauf qu’aujourd’hui, il y a des interrogations sur l’hydrogène et un retard pris sur l’éolien… Et donc le concessionnaire a d’autres vues et entend se diversifier.

    En quoi cette diversification vous inquiète ?

    S.C. : Il y a sur la table des creusements de quais en eaux profondes pour accueillir de gros navires vraquiers et l’occupation d’un espace pour faire du roulier… Actuellement, avec les informations que l’on a, cela impliquerait un transfert d’activités de ports à proximité, comme Sète ou Marseille, pour combler les volumes de Port-la-Nouvelle. Il y a donc une vraie menace sur les trafics existants. Et ce, pour l’ensemble des ports français, de Bayonne à Toulon. C’est pour cela que des dockers et travailleurs portuaires de tous les ports du pays sont présents, avec les organisations territoriales de la CGT comme l’Union départementale, Comité régional, Union locale… On est sur un enjeu national sur le modèle économique des ports. Même certaines directions de grands ports reconnaissent que ce qui est fait à Port-la-Nouvelle est problématique.

    Vous évoquez un « port low-cost ». Comment cela se concrétise pour les travailleurs ?

    S.C. : On est sur un port low-cost car le montage capitalistique et les conditions données au concessionnaire et manutentionnaire permettent d’avoir des prix défiants toute concurrence. Concrètement, on a des pressions dans tous les ports avec des menaces sur l’emploi et les conditions de travail. Il nous est dit : « Si vous ne baissez pas vos compositions d’équipes, on s’en va sur Port-la-Nouvelle ». Avec ce nouveau port qui attirerait des trafics, car beaucoup moins cher, on pourrait avoir un chantage à l’emploi. Il est moins cher parce que la précarité est de mise sur ce site : des intérimaires et des occasionnels travaillent sur les bateaux. Alors que dans notre profession, on a un cursus et une réglementation sur la formation professionnelle. Par ailleurs, on n’a pas d’éléments sur l’avenir des travailleurs portuaires, leur périmètre à venir ou des embauches éventuelles… Il pourrait y avoir de l’externalisation et donc encore plus de précarité. Avec, donc, des salaires bien inférieurs à la moyenne des autres ports, des conditions de travail qui ne respectent pas forcément la réglementation. Preuve en est : Depuis deux ans, on négocie avec la direction du port sur les salaires, l’organisation et l’emploi. Mais on s’enlise puisque le port n’a plus la main.

    Quel message adressez-vous à la Région Occitanie et à l’État ?

    S.C. : On dit à la Région de reprendre la main ! De reprendre son rôle dans un port qu’elle laisse à une privatisation totale… À Port-la-Nouvelle, la Région est minoritaire, mais a une minorité bloquante, donc elle peut, et doit, jouer son rôle. Il y a deux ans, dans un salon international qui rassemblait tous les acteurs du maritime, on retrouvait une pancarte : « Port-la-Nouvelle, premier port 100% privé en France ». On est aussi dans un contexte où une loi est en discussion sur les modèles économiques dans les ports décentralisés. Cette loi pourrait être un pas de plus vers une privatisation totale de ces ports. On demande des garde-fous au ministère des Transports.

    C’est une remise en cause de la planification industrielle nécessaire sur les ports ?

    S.C. : À la CGT, on ne parle pas de concurrence entre les ports, mais de complémentarité. Or, on voit qu’on se dirige vers une spécialisation des ports. Alors qu’on veut que les ports gardent leurs trafics ! Un exemple concret : Port-la-Nouvelle prévoit d’accueillir du trafic de véhicules alors que Sète et Marseille en ont… Ce schéma de port low-cost pourrait mettre en péril les trafics existants tout en mettant la pression sur l’emploi portuaire. On est dans la lignée de la déréglementation totale orientée par l’Union Européenne et les recommandations ultra libérales de la Commission européenne.

  • Portuaires et marins vent debout contre le low-cost

    Portuaires et marins vent debout contre le low-cost

    Sur les quais comme en mer, ça tangue sérieusement pour l’emploi en Méditerranée. Ce sont des personnels de tous les ports de France, très inquiets face à un redoublement de l’offensive libérale, qui sont appelés à se mobiliser à Port-la-Nouvelle, ce 11 décembre. Craignant que le port audois devienne « une zone de non-droit pratiquant une concurrence déloyale », les syndicats interpellent les Régions et l’état sur leur stratégie de développement du trafic maritime et industrialo-portuaire.

    Côté ports, c’est l’ouverture d’une ligne de déchargement de véhicules pour Neptunes lines, dans l’enceinte de Port-la-Nouvelle, qui provoque d’énormes remous chez les ouvriers dockers et travailleurs portuaires. Mais c’est l’ensemble des ports qui est concerné. « Hors de question d’avoir un port “low cost” mettant en péril les équilibres sur l’ensemble des ports de la Méditerranée, de Nice à Port-Vendres, en passant par Marseille, Fos, Sète et utilisant une précarité structurelle, jusqu’à ne pas respecter les règles conventionnelles en termes de formation professionnelle », explique la FNPD CGT, dans son communiqué.

    L’opérateur grec livre déjà 80% des 90 000 véhicules par an à Sète. à partir de janvier 2026, ce partenariat avec la Semop (société d’économie mixte à opération unique), qui est à la fois manutentionnaire, concessionnaire et actionnaire de Port-la-Nouvelle, lui permet de passer à 180 000 véhicules sur 20 ans.

    Ne pas baisser pavillon

    « Ce que nous dénonçons depuis des mois, c’est une gestion des ports qui s’organise sans contrôle sur le trafic, où on laisse s’implanter des entreprises qui ne respectent pas les statuts des travailleurs », résume Pascal Galéoté, le secrétaire général CGT du grand port maritime de Marseille (GPMM). L’occitanie ferait office de cheval de Troie de la « low-costisation » des ports en utilisant le dumping social. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), proposant de « jouer la complémentarité et faire pack », n’a pas eu l’heur de rassurer les portuaires. Ils exigent aujourd’hui : « La question de la gouvernance opaque de ce port doit être éclaircie, alors que des projets de loi sur l’avenir des ports sont en cours de discussion. » Contactés, les services de la Région n’ont pas donné suite.

    Déréglementation également côté mer. Une délégation syndicale CGT Marins de Maritima, du Remorquage, de Corsica Linea et de La Méridionale a bloqué à quai deux navires, ce mercredi, dans le port de Marseille-Fos. C’est l’exploitation sous pavillon international du pétrolier Shana des Slops par la société port-de-boucaine Sermap et de l’avitailleur Gaz Vitality, affrété par TotalEnergies, qui provoque la colère des marins. « Ces sociétés pratiquent une concurrence déloyale avec les opérateurs historiques du port de Marseille-Fos, précise Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT Marins. Elles mettent en péril l’emploi maritime en allant à l’encontre des droits sociaux des marins et en passant par des sociétés de placement de travail temporaire pour échapper au droit et aux cotisations sociales de notre régime ENIM [établissement national des invalides de la Marine]. »

    Là encore, depuis 2018, les marins n’ont cessé de dénoncer ces conditions d’exploitation. Lors des dernières Assises de la mer, la Fédération nationale des syndicats du maritime CGT s’était encore alarmé « de l’annonce de la volonté du gouvernement de supprimer la dotation publique des ports, qui devront s’autofinancer par la privatisation du domaine public maritime ».

    Repères

    12

    Outre le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), la façade méditerranéenne compte 12 ports de commerce décentralisés dont Sète, Toulon, Bastia, Port-La-Nouvelle, Ajaccio, Port-Vendres, Porto-Vecchio, Propriano, Nice, Cannes…

    3

    Outre les ports de plaisance, la Région Occitanie compte 3 ports majeurs : Sète-Frontignan, Port-la-Nouvelle et Port-Vendres. En région Paca, le port de Marseille est le seul port maritime d’État de la façade méditerranéenne.

    800

    Port-la-Nouvelle prévoit 800 millions d’euros d’investissements pour atteindre un trafic de « 12 millions de tonnes, entre 2040 et 2060 ». Marseille-Fos prévoit plus d’un milliard pour son projet stratégique « Marseille Fos 25-29 ».

    3 000

    La Région Occitanie table sur la création 3 000 emplois, directs et indirects, à venir avec le développement de Port-la-Nouvelle, quand la réindustrialisation du golfe de Fos est estimé à 10 000 emplois dans les Bouches-du-Rhône.

    66

    Au total, la France compte plus de 500 ports décentralisés, dont des ports de plaisance, de pêche… Parmi eux, on décompte 66 ports de commerce maritimes, dont 11 ports maritimes d’État.