Tag: Loïc Linarès

  • Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Plusieurs centaines d’habitants et de curistes se sont retrouvés en fin de matinée devant les thermes de Balaruc-les-Bains. Ils répondaient à l’appel « #DeboutPourNosCures », lancé sur les réseaux sociaux par la Spleth, la société gestionnaire des thermes et dont la commune est actionnaire majoritaire (lire ci-dessus). À la tribune, entouré de son équipe municipale, le maire (PS) de Balaruc, Christophe Rioust, a défendu le bien-fondé des soins délivrés dans les équipements thermaux. Le président (PS) de l’intercommunalité Sète Agglopôle Méditerranée, Loïc Linares, est allé dans son sens : « Quelques millions d’économie, en enlevant les bénéfices du thermalisme, vont handicaper demain la Sécurité sociale. » Les autres maires, conseillers régionaux et parlementaires présents ont tour à tour fustigé une « médecine à deux vitesses » et un « plan social » dans le secteur du thermalisme.

    Le sénateur (PS) Hussein Bourgi a dit vouloir rencontrer la préfète de l’Hérault ainsi que l’Agence régionale de santé (ARS). Il a suggéré que les conseils municipaux votent des motions pour le maintien du remboursement. Il a aussi annoncé une démarche conjointe avec d’autres sénateurs. Le député (LFI) Sylvain Carrière envisage de faire de même à l’Assemblée nationale. Marie Costa, la maire (DVD) de la ville thermale d’Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales), et présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, a évoqué la pétition qu’elle a postée sur Change.org et intitulée « Le thermalisme, poumon socio-économique de nos territoires ». Le texte a déjà recueilli plus de 50 000 signatures.

  • Le déremboursement des cures menace l’avenir de Balaruc

    Le déremboursement des cures menace l’avenir de Balaruc

    Balaruc-les-Bains ne s’appelle pas ainsi pour rien. Cette commune de 7 000 habitants située au bord de l’étang de Thau est la première station thermale du pays. Elle a accueilli en 2025 plus de 50 000 curistes, dont une bonne part venait sur ordonnance médicale. Une cure thermale est prescrite dans le cadre du traitement d’une maladie chronique. Un séjour est remboursé à 65% par la Sécurité sociale. Or le 8 octobre, la ministre de la Santé a annoncé vouloir un transfert de cette prise en charge vers les mutuelles. L’objectif serait d’économiser 200 millions d’euros dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

    Si la mesure s’appliquait, une catastrophe économique en cascades serait à craindre selon Didier Calas, conseiller municipal et président-directeur général de la société Balaruc-les-Bains Eaux Thermales. Les équipements thermaux de la Ville ont ceci de particulier qu’ils sont gérés par la Spleth*, une « société publique locale ». L’entreprise est une société anonyme de droit privé dont les actionnaires sont tous des collectivités publiques, à commencer par la commune qui en détient 85%. Selon Didier Calas, un désengagement de la Sécurité sociale compromettrait la venue de plus de la moitié des curistes. Les emplois de 390 salariés sont en jeu.

    Une chute de l’activité de la Spleth pèserait aussi directement sur les finances de la commune. En 2025, Balaruc a perçu 7,5 millions d’euros de redevance et 1,7 million d’euros de dividendes. La moitié de ces sommes est versée dans un budget annexe qui sert au remboursement des emprunts de la Spleth. Le reste contribue aux recettes de la Ville. Par ailleurs, une diminution de la population saisonnière pourrait entraîner une baisse des dotations de l’État. Compte tenu de la croissance de sa population dix mois dans l’année, la Ville de Balaruc reçoit actuellement une somme correspondant à une collectivité de 20 000 habitants.

    Un territoire fragilisé

    « La ville a bien vécu de cette manne du thermalisme. On a des actions sociales très fortes avec des tarifs très avantageux pour les services publics payants, comme le périscolaire ou les crèches. Le thermalisme a rejailli sur la ville depuis 10 ans », explique Didier Calas. L’action municipale en faveur du cadre de vie des résidents permanents et saisonniers pourrait être remise en cause. La ville emploie 200 agents, ce qui est important pour une collectivité de cette taille. Les habitants n’ont pas connu de hausse de la taxe foncière depuis 2003. La réflexion sur des projets portés à l’échelle intercommunale pourrait être suspendue. Loïc Linares (PS), le président de Sète agglopôle Méditerranée, évoque la transformation de l’entrée de ville de Balaruc, un futur parking répondant aux besoins des curistes ou bien la rénovation de logements.

    Des inquiétudes se font jour plus largement à l’échelle de l’étang de Thau. Selon la Spleth, les curistes dépensent en moyenne 1 800 euros pendant leur séjour. Le plus souvent les usagers des thermes séjournent trois semaines et viennent accompagnés. Une activité économique s’est développée autour de leur accueil : des professionnels de santé, des hôtels et des restaurants, une offre touristique, etc. « La Spleth est le premier employeur privé du bassin de Thau après les hôpitaux de Sète. Elle a un impact énorme avec des retombées économiques estimées de l’ordre de 250 millions d’euros », évalue Didier Calas. La fin des débats au parlement portant sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale est fixée au 26 novembre.

    * Société publique locale d’exploitation des thermes
    de Balaruc-les-Bains

  • Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Des violences condamnables mais qui ne tombent pas du ciel. Tout en ayant une pensée pour les commerçants vandalisés, Loïc Linarès appelle le gouvernement à un autre niveau de relations avec les citoyens. « Il faut avoir le même niveau d’exigence pour faire régner l’ordre que pour répondre aux attentes légitimes des jeunes qui font écho à celles des pêcheurs, viticulteurs et des Gilets jaunes dès 2018. »

    Pour mener à bien son mandat à la tête de Sète Agglopôle, il attend de l’État autre chose qu’une nouvelle cure d’austérité contre les collectivités. « Elles sont le dernier amortisseur social pour panser les maux de la société. Là, on perdrait 2 millions d’euros en 2027. Le gouvernement nous demande de renoncer à des investissements (-10% prévus), il fait fausse route. Notre territoire subit la crise industrielle, climatique (…). On a besoin d’agir et préparer l’avenir. »

    Voilà pour le contexte un peu morose. Mais Loïc Linarès ne se résigne pas. La preuve ? Il vient de lancer une grande concertation pour faire émerger des idées auprès des professionnels, citoyens, associations… 7 réunions publiques sont prévues jusqu’à décembre suivies d’une première synthèse en février puis d’une restitution à la rentrée 2027. « Pour retrouver la confiance des habitants, il faut de l’écoute et de l’audace pour donner des perspectives, de l’espoir. »

    Bientôt des régies ?

    D’ici là, le président et son équipe continuent de gérer les dossiers et les urgences. 6 millions ont été investis face à la crise conchylicole (face aux eaux pluviales, travaux à Sète sur les réseaux et le quai du Bosc…). Un mas destiné à mettre à l’abri les coquillages a été acheté à Frontignan, il sera opérationnel l’hiver 2027-2028. « On travaille aussi avec Suez sur des process de recherche-développement sur la gestion du norovirus et sa meilleure filtration dans le réseau d’assainissement. » À ce sujet, un travail a été engagé pour la réutilisation des eaux usées à usage agricole. Sur l’eau potable, une discussion va s’engager avec les communes pour un éventuel passage en régie en 2028.

    Au sujet des déchets, exit Nicollin, place dès 2027 à Urbaser, qui a remporté l’appel d’offres. Le marché de collecte (sur 8 ans pour 65 millions d’euros) concerne Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval, Gigean et Balaruc-le-Vieux. Avec un « système de bonus/malus », le but est « d’améliorer la gestion du tri et des déchets professionnels ». Sera aussi construit un bâtiment voué à devenir public pour « créer les conditions d’un passage en régie publique ». En attendant que la chaudière CSR soit construite, Sète Agglopôle accepte durant 4 ans de brûler 40 000 tonnes annuelles de déchets de la Métropole de Montpellier qui prend ses biodéchets en contrepartie.

    Soutien affiché à la LGV

    Face à une « tension foncière réelle » dans un « territoire attractif », Loïc Linarès lance une révision du Plan local de l’habitat. « On a la chance d’avoir des friches industrielles (30 ha mobilisables dans les 20 ans) portuaires, à l’entrée Est de Sète, sur l’ex-site dépollué Lafarge à Frontignan (…) et des opérations de renouvellement urbain dans les centres anciens ». Face à la pression d’Airbnb et aux besoins de toits, « on doit rester maître, préserver l’équilibre ».

    Côté développement économique aussi, l’élu PS souhaite « saisir les opportunités ». Et parfois savoir dire non. « Par le passé, des activités ne se sont pas installées au bon endroit. » Au contraire, il veut créer des « conditions d’échanges avec les entreprises à potentialités », par exemple sur l’éolien en mer. « Pour dynamiser l’emploi, on doit travailler avec le port de Sète-Frontignan, la Région et l’État sur la formation des métiers d’avenir. » À côté, il souhaite revoir le schéma de cohérence territoriale (SCoT), notamment pour penser un « tourisme 4 saisons » face à la nouvelle donne climatique.

    Concernant le projet de LGV Montpellier-Béziers contesté par des collectifs dans le bassin de Thau, Loïc Linarès rappelle que « des avancées concrètes » ont été obtenues. « Cette ligne aura des impacts, il faut préserver au mieux. » Les forages prévus à Issanka n’ont pas encore débuté. Des réunions sont prévues après la Toussaint. Pour le bassin de Thau, l’enjeu en matière de transports est de conserver des TGV en gare de Sète, d’obtenir davantage de fret – « une nécessité pour développer le port » – et plus de trains du quotidien (une centaine de TER quotidiens contre 65). « Cette LGV est nécessaire, il nous faut des garanties. »

  • Conforté, Loïc Linarès dévoile sa méthode et ses grands chantiers

    Conforté, Loïc Linarès dévoile sa méthode et ses grands chantiers

    Voilà plus d’un an que Loïc Linarès dirige l’Agglo de Sète mais seulement trois mois qu’il peut s’y projeter sereinement. Lorsqu’il s’installe en mai 2025 dans le fauteuil de François Commeinhes (LR) poussé à la démission par les affaires, Loïc Linarès sait sa marge de manœuvre réduite (2 petites voix). Depuis avril 2026, le président socialiste peut avancer, conforté par le soutien de 14 maires de diverses sensibilités politiques (hors extrême droite).

    Loïc Linarès a donc les mains libres mais n’a pas l’intention de révolutionner son approche. « Je travaille en collaboration, en équipe, je délègue », assure le socialiste. À la tête d’un territoire jugé « fragile », le président se veut un « porte-voix à l’échelle régionale et aussi nationale ». Côté Occitanie, on saisit bien l’idée, Loïc Linarès pouvant compter sur le soutien de la présidente de Région, Carole Delga (PS). Sur le plan national, ce sera autre chose…

    Côté dossiers, Loïc Linarès veut se projeter sur le temps long. D’ici 10 ans, il souhaite libérer entre 15 et 20 hectares de foncier grâce à la reconversion des zones industrielles en dépollution (Exxon Mobil, Timac Agro). En attendant, la réhabilitation de l’existant s’accélère avec une Opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah – rénovation urbaine) étendue à 6 communes : Marseillan, Mèze, Loupian, Poussan, Gigean et Frontignan.

    La LGV débloquée

    Maîtriser l’outil urbanistique est essentiel à la planification. Ainsi la révision du Schéma de cohérence territoriale (Scot) est-elle en cours de finalisation. Elle implique une révision du plan de déplacements urbains (PDU) lancée le 25 juin en conseil d’Agglo. « On doit pouvoir donner notre avis sur le développement économique, nous projeter à 20 ans. » Le tout dans le respect de l’environnement, insiste-t-il. « On a une responsabilité collective à respecter le vivant, à maîtriser notre empreinte carbone. »

    En disant cela, le président songe au travail à poursuivre pour « protéger le trait de côte », à la fois menacé par l’érosion, la cabanisation et les plages privées. L’élu se dit prêt à travailler au respect des règles avec la préfecture de l’Hérault tout en soulignant que la cabanisation révèle aussi « la difficulté à se loger ». Concernant les concessions de plages, des sujets existent sur le lido de Sète à Marseillan ou aux Aréquiers à Frontignan mais « sans contentieux », affirme Loïc Linarès. « Il y a une volonté de l’État de trouver un point d’atterrissage. » Quoi qu’il en soit, le lido devra être chouchouté. « On va travailler sur le confortement rocheux, notamment sur une crique de la Corniche à Sète. »

    Le conseil d’Agglo a aussi remis sur les rails le projet de Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Un grand projet jugé « indispensable » par Loïc Linarès « si on veut arrêter de prendre l’avion et qu’on veut remanier le train ». Un projet toutefois contesté dans le bassin de Thau pour son impact environnemental, notamment en raison de la construction d’un viaduc à Poussan (début des travaux horizon 2029) dont les pylônes doivent être enterrés à proximité de la source d’Issanka, zone classée et protégée qui alimente Sète en eau potable.

    C’est parce qu’il estime avoir obtenu des garanties que le président d’Agglo a décidé le 25 juin de débloquer l’enveloppe nécessaire aux études (840 000 euros) jusqu’ici gelée par son prédécesseur. « La couche calcaire est située entre 30 et 50 mètres de profondeur, le forage ne descendra qu’à 15 mètres. Et les sondages se feront à 600 mètres des puits des secteurs de captage », tente de rassurer Loïc Linarès. Il fait aussi valoir des crédits de fonds de compensation et 30% supplémentaires dans le budget initial pour une « vraie démarche qualitative ». Pas sûr que cela suffise aux opposants mais voilà pour la nature.

    Côté économique, le président évoque une réserve foncière pour une halte à Poussan. Et un engagement de la SNCF à investir sur la ligne historique durant 60 ans. Sera-t-il tenu quand on connaît l’état des finances publiques à terme et le risque de submersion marine ? Quoi qu’il en soit, Loïc Linarès se félicite des avancées glanées par la Région. À savoir : la promesse du maintien de TGV sur la gare actuelle de Sète. « Nous n’avons pas de garantie du nombre de TGV car cela dépend de marchés à passer et de la libéralisation », concède le président. Qui préfère positiver sur les « 18 sillons quotidiens disponibles contre 11 actuellement ». Par ailleurs, 100 TER quotidiens (au lieu de 68) devraient pouvoir circuler « avec des amplitudes horaires étendues le soir jusqu’à environ minuit ». Enfin le nombre d’Intercités sera doublé (4 à 8) et les rames renouvelées.

  • À Frontignan, quel avenir pour l’ex-site industriel ?

    À Frontignan, quel avenir pour l’ex-site industriel ?

    Un immense terre-plein central et un bâtiment administratif. À Frontignan, voilà ce qu’il reste de l’ancien site de 11 hectares de la raffinerie Exxon Mobil, dont l’opération de dépollution vient de s’achever.

    Après 4 ans de travaux complexes mais réalisés « sans aucun incident majeur », précise Pierre Grangette de North Atlantic Group Énergies – à l’exception de la découverte sur le chantier d’une bombe datant de la Seconde guerre mondiale (!) -, cette friche industrielle a pu être remise, le 27 mai, à la Ville de Frontignan, propriétaire du terrain.

    Obtenue en justice il y a 20 ans, par l’ancienne majorité municipale de Pierre Bouldoire (PS) sur la base du pollueur- payeur à l’entière charge (60 millions d’euros) de l’entreprise Esso SAF, l’opération de dépollution du site fut titanesque. Entre août 2022 et mars 2026, quelque 175 000 m3 de terre ont été excavés jusqu’à 4 mètres de profondeur, dont la moitié pour traitement en biocentre et réemploi. Afin de limiter les nuisances (émanations d’hydrocarbures, poussières), une tente gonflable géante (120 mètres de long sur 50 de large et 16 de haut) avait été installée sur place. Un dôme géant de 60 tonnes déplacé 18 fois pour quadriller la zone au fur et à mesure de l’avancée d’un des plus grands chantiers de ce type en Europe qui aura mobilisé sur place entre 40 et 70 ouvriers. Un « vrai défi » relevé en faisant en sorte que « les riverains soient le moins possible impactés par le bruit et les nuisances olfactives », se félicite Olivier Laurent, adjoint au maire.

    Un pôle d’échanges autour de la future gare SNCF

    Et maintenant ? Quel avenir pour cette friche industrielle à Frontignan la Peyrade ? S’il est donc réhabilité, le site ne pourra pas forcément accueillir n’importe quel projet. Une étude va être menée avec les services de l’État pour voir ce qu’il est possible de faire. Quoi qu’il en soit, le président de Sète Agglopôle voit le signe du « lancement d’une nouvelle ère pour le bassin de Thau ». « Les friches industrielles constituent un enjeu fondamental. Un espace de cette qualité-là, à proximité de la plage et du centre-ville, est unique et précieux », insiste Loïc Linarès (PS) précisant que sa collectivité facilitera le cas échéant les demandes « d’implantation d’entreprises locales » ou « d’installation de grands groupes ».

    Son homologue socialiste de la mairie de Frontignan a déjà des idées derrière la tête. L’ancien bâtiment administratif de la Mobil est voué à accueillir les voyageurs de la gare, avec espace de restauration et parc à vélos à proximité. L’idée de Michel Arrouy est d’implanter un pôle d’échange multimodal. La gare SNCF déplacée en serait le cœur (début des travaux espéré en 2028 ou 2029) avec un parking pour « fluidifier la circulation à l’entrée de la ville » ainsi qu’un passage souterrain et un cheminement piéton vers le centre-ville. Mais seulement si la concertation avec les habitants s’avère concluante. « Nous voulons créer un quartier qui vive toute la journée, tourné vers la jeunesse, et ainsi, permettre à tous nos concitoyens de s’approprier cet espace public comme un vrai lieu de vie, à la fois source d’activités économiques, de qualité de vie au cœur de la ville », confie Michel Arrouy. Si l’État donne son feu vert, il n’est pas exclu que le futur quartier accueille aussi des logements…

    « Créer un quartier qui vive toute
    la journée, tourné vers la jeunesse (…) »

  • Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    « Si les élus ne prennent pas leurs responsabilités, des associations comme ALT TGV pourraient faire un recours. » Tandis que le sujet devait être évoqué lors du Conseil de Sète Agglopôle, jeudi 28 mai en soirée (après que ces lignes ne soient écrites), Christophe Aucagne annonce la couleur.

    Pour ce membre de l’association Bancs Publics opposé à l’actuel tracé de la LGV Montpellier-Perpignan qui passe par le site protégé d’Issanka situé entre Poussan et Balaruc-le-Vieux, il est hors de question de rester les bras croisés. Or, si aucun recours juridique n’est déposé d’ici le 8 juin, l’arrêté préfectoral du 8 avril deviendra effectif. Celui même qui autorise les forages exploratoires au niveau de la source d’Issanka qui « abreuve la ville de Sète à 60% sauf en cas de sécheresse », rappelle Christophe Aucagne.

    Selon l’activiste, les sondages prévus en vue de fixer les futurs piliers du Viaduc de Poussan censé faire enjamber le Bassin de Thau à la future ligne à grande vitesse (LGV), ont « 90% de chances d’engendrer une rupture du captage ». Parmi les opérations prévues figurent trois sondages de 80 mètres de profondeur, deux forages carottés à 20 mètres et une quinzaine d’autres à 1,5 mètre maximum.

    Marche samedi 6 juin

    Autant d’investigations à risques autorisées à titre dérogatoire par la préfecture de l’Hérault dans l’intérêt général du projet LGV. Problème : un autre arrêté préfectoral de 1988 sacralise justement la source d’Issanka déclarée d’intérêt public. « La préfecture n’a aucun argument pour aller à l’encontre. Une étude d’Antea Group dit clairement que ce site n’est pas compatible avec des forages », alerte Christophe Aucagne.

    Au-delà de la ressource en eau, le militant ajoute qu’un tel chantier serait une « aberration » pour la biodiversité. « Le site a des arbres bicentenaires et compte une vingtaine d’espèces d’oiseaux, des hérons, des poules d’eau… Pierre Maigre, le président de la LPO, est venu faire une reconnaissance. Ce serait un gâchis. »

    En espérant que le maire de Sète Hervé Marquès (DVD) et que le président d’Agglo Loïc Linarès (PS) ne se positionnent, les défenseurs d’Issanka appellent à une marche entre Frescaly et Issanka, samedi 6 juin à 9h30.

  • [Sète Agglopôle] Loïc Linarès rempile pour un second mandat

    [Sète Agglopôle] Loïc Linarès rempile pour un second mandat

    Un vote de confirmation pour Loïc Linarès. Le président PS était candidat à sa réélection à la tête de Sête Agglopôle, le 31 mars, face à Sébastien Pacull, élu RN à Sète. Sans surprise le socialiste a été réélu, au 1er tour. Car il semblerait que le bilan réalisé au cours des dix derniers mois ait séduit les différents édiles et élus du territoire. À l’instar du maire de Gigean, Marcel Stoecklin, doyen du conseil nouvellement élu, en charge de présider la séance dans la salle de l’Aire à Frontignan. « Le changement de gouvernance à 10 mois de l’échéance a montré que quand la gouvernance s’écoute, les blocages se lèvent. Ce modèle est à consolider. Les attaches partisanes doivent s’effacer et l’intérêt territorial primer », a-t-il souligné.

    Un intérêt territorial qui s’est retrouvé avec la candidature de Loïc Linarès. La veille, un accord avait été trouvé, assurant la présidence au socialiste et désignant Hervé Marquès, maire LR de Sète, comme premier vice-président et Thierry Baëza, maire de Mèze, comme deuxième vice-président. Signé par les 14 édiles de l’Agglo, il laissait peu de place au suspense. Même Sébastien Pacull s’est présenté sans y croire, « conscient des équilibres de l’assemblée ».

    « Relation de confiance »

    C’est sur son bilan que Loïc Linarès a appuyé sa candidature. « Ce vécu de 10 mois a tissé une relation de confiance avec tous les maires. Cette relation et notre travail collectif motivent ma démarche. Le consensus trouvé est constructible et vise à protéger l’intérêt collectif de notre territoire », soutient le socialiste. Et d’insister sur les enjeux économiques et environnementaux qui seront majeurs dans cette nouvelle mandature. « Nous prendrons en main un certain nombre de dossiers, qui n’avaient pas été assez portés comme le Scot, la LGV », poursuit Loïc Linarès.

    C’est donc avec 42 voix que le Frontignanais a été élu (2 votes blancs, 6 pour Pacull). Remerciant l’administration, les collègues de l’assemblée et sa famille, Loïc Linarès s’est mis « au boulot » en déterminant le bureau communautaire (15 vice-présidents et 2 élus délégués). Là non plus, pas de coup de théâtre par rapport à ce qui était annoncé. Hervé Marquès devient le premier vice-président (VP), suivi de Thierry Baëza comme 2e VP. Chaque commune obtient une vice-présidence, exceptée Sète avec la nomination de Vincent Sabatier (LR) comme 14e VP. Ainsi s’ouvre un nouveau chapitre pour l’agglomération sétoise.

  • Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    C’est un bus flambant neuf que les riverains de l’agglo de Sète ont pu apercevoir dans les rues en cette nouvelle année. Le 5 janvier, a été inaugurée la ligne A de bus reliant la gare routière de Balaruc-le-Vieux à l’arrêt Noël-Guignon, à Sète, en passant par la gare SNCF. Sa particularité ? Être un transport en commun à site propre (TCSP) 100% électrique. « Les bus auront une voie dédiée entre le canal de la Peyrade et la Pointe Courte, l’entrée de Sète [d’une distance de 1,9 km, Ndlr]. Ils sont prioritaires par rapport aux voitures pour la traversée de giratoires », détaille Eric Van de Putte, chef du service mobilités de l’agglo. Concrètement, quand un bus s’approche d’un rond-point, un radar le détecte et le feu passe automatiquement au rouge pour les voitures afin de le laisser passer. « L’été, par rapport à la voiture, le gain de temps estimé est près de 10 minutes », reprend Eric Van de Putte.

    D’autres lignes renforcées

    Un gain de temps non négligeable pour les travailleurs de toute l’agglomération. Car cette nouvelle ligne s’accompagne d’un renforcement du réseau. La fréquence des lignes desservant Montbazin, Poussan, Loupian, Mèze et Villeveyrac (20, 21, 22 et 23) est doublée. Tout comme l’offre les dimanches et jours fériés, qui se voit renforcée : chaque commune de l’agglo sera desservie par une ligne.

    Cette nouvelle ligne de bus contribue également à tendre vers l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. « Cette ligne facilite le lien nord-sud de l’agglomération. Dans les années à venir, nous compléterons ce service par la création de pistes cyclables et le développement de l’autopartage », soutient Loïc Linarès, président de Sète Agglopôle. Reste à voir si les habitants du Bassin de Thau délaisseront leur voiture.

  • La LGV Montpellier-Perpignan enfin sur de bons rails en 2026 ?

    La LGV Montpellier-Perpignan enfin sur de bons rails en 2026 ?

    Seul chaînon manquant de la grande vitesse entre Séville et Amsterdam, la Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) pourrait (enfin) faire un pas de géant cette année.

    Réunis le 9 décembre dernier en comité de pilotage, les porteurs du plus grand projet ferroviaire d’Occitanie dont le coût continue d’interroger (a minima 6 milliards d’euros) ont réaffirmé leur volonté de voir les travaux du tronçon Montpellier-Béziers de la Ligne à grande vitesse (LGV) débuter en 2029.

    En signant une nouvelle convention de 68,6 millions d’euros qui rappelle que rien que les études sont onéreuses, la SNCF, l’État, la Région, la Métropole de Montpellier et les autres partenaires actent la perspective de l’ouverture d’un appel d’offre du marché de conception réalisation en septembre 2026.

    Point noir pour les opposants du Bassin de Thau, le comité dédié au futur viaduc de Poussan présidé par le président d’Agglo, Loïc Linarès (PS), a vu son cadre posé suite aux propositions émergentes de l’atelier citoyen.

    Tandis que l’autorisation environnementale est attendue pour mai 2026, l’enquête publique suit son cours. Les diagnostics archéologiques et les sondages géotechniques complémentaires pourront ensuite être engagés. Une étude d’attractivité et de desserte visant à « favoriser l’accroche à la grande vitesse » des territoires des agglos de Sète et d’Agde a également été validée.

    La phase 2 au printemps

    Si la phase 1 semble sur les rails, il reste pas mal de questions à trancher sur la phase 2 (Béziers-Perpignan). A l’instar du premier tronçon Montpellier-Béziers, la seconde partie de la ligne sera-t-elle mixte (fret/voyageurs) ? Va-t-on construire une ou deux gares TGV à Béziers et/ou Narbonne ? La concertation préalable sur la phase 2 dont les modalités seront arrêtées début 2026, est programmée au printemps 2026.

  • [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    Sur l’île singulière, 2025 restera l’année du séisme politique. Après 24 ans de règne sans partage, François Commeinhes a brusquement tout perdu : la mairie de Sète, la présidence de l’Agglomération et son statut de notable respectable.

    Pour le gynécologue de profession qui jusqu’ici paraissait intouchable, la dégringolade fut brutale, dans la lignée de celle de son voisin agathois de droite, Gilles d’Ettore, contraint l’an passé de quitter le pouvoir dans l’attente de son procès dans l’affaire de la voyante.

    Pour François Commeinhes, qui n’avait plus sa carte des Républicains depuis 2017, point de conversation ésotérique avec l’au-delà mais là encore une affaire de « détournement de fonds publics ». Fin avril, l’édile était définitivement condamné en cassation pour avoir versé, entre 2016 et 2019, des rémunérations indues à son ancien directeur général des services, Patrice Millet, pour la coquette somme de 99 000 euros. Quand bien même la Cour de cassation reconnaissait que F. Commeinhes ne s’était pas lui-même enrichi de la manœuvre dont il a toujours nié avoir eu connaissance, la Justice confirmait ainsi le jugement de la Cour d’appel de Montpellier. Condamné à un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec interdiction de droit de vote, F. Commeinhes, 76 ans, prenait acte de la sanction jugée « disproportionnée sur le fond ». Dans une vidéo Facebook postée le 30 avril, il annonçait aussitôt sa démission de tous ses mandats sans désigner d’héritier politique.

    Linarès récupère l’Agglo

    En dépit de la secousse, la Ville de Sète est restée à droite. Du conclave de la majorité municipale, c’est finalement avec le nom d’Hervé Marquès que sort la fumée blanche le 5 mai avant le vote de confirmation le 12 mai. Salué pour sa connaissance des dossiers et sa personnalité, l’ancien adjoint aux sports fait consensus et coiffe sur le poteau d’autres postulants (François Escarguel, Jeanne Corporon, Hervé Merz…). Depuis, le maire par intérim, qui n’a pas encore déclaré sa candidature en 2026, s’efforce de terminer le mandat dans les pas de son mentor, sans faire trop de vagues ni coup d’éclat.

    En revanche, l’histoire a pris un tout autre cours dans le Bassin de Thau. Le 13 mai, Jean-Guy Majourel (22 voix), le candidat envoyé par la municipalité sétoise, était battu à la présidence de Sète Agglopôle. Après 3 tours d’un scrutin indécis, Loïc Linarès (PS), jusque là deuxième vice-président du maire de Frontignan, Michel Arrouy (PS), prenait la main (24 voix). Avec une majorité relative fragile, Loïc Linarès s’est immédiatement promis d’agir dans un « esprit de coopération sincère en respectant les sensibilités et en assurant une gouvernance claire, partagée et respectueuse de l’intelligence collective ». Si la gauche conserve Frontignan en 2026, voilà qui ouvre des perspectives.