Tag: Logistique

  • Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    Ineos : la CGT dénonce un effet d’annonce sur les 250 millions

    De la « poudre aux yeux ». C’est ainsi que la CGT qualifie l’annonce d’Ineos, qui, le 19 novembre, a officialisé un programme d’investissement de 250 millions d’euros, soutenu par le gouvernement français, pour régénérer et moderniser son site martégal. Le groupe pétrochimique n’était pas entré dans les détails, mais expliquait que cette somme financerait « plusieurs projets, principalement liés aux unités de Lavéra, majoritairement le craqueur, l’usine de Sarralbe et à la logistique associée ».

    Daniel Bretonès, secrétaire général CGT Inéos-Lavéra, affirme : « De A à Z, c’est que du vent, il n’y a rien de plus que nos budgets habituels. Plus de la moitié, 130 millions exactement, est dédiée au grand arrêt qui est en cours. Une autre partie est en fait le budget de maintenance pour l’année prochaine, mais il est réduit de 10% par rapport à l’exercice précédent. Le reste est partagé sur les unités chimiques françaises d’Ineos. »

    Réduction des coûts

    Le groupe confirme « qu’une partie de cet investissement couvre des projets réalisés pendant le grand arrêt en cours », précisant néanmoins : « Cela s’inscrit dans le cadre global du programme de modernisation. » Pour le reste, il poursuit : « Il ne s’agit pas d’un budget de maintenance, mais de dépenses d’investissement en Capex, c’est-à-dire des investissements réalisés pour moderniser sur le long terme nos actifs. » Le groupe assure que « les projets prévus incluent des équipements nouveaux », sans toutefois détailler lesquels.

    Pour Daniel Bretonès, Ineos fait en réalité du lobbying. « Ils veulent se faire payer une partie de leurs investissements et de la décarbonation par l’État, et mettre la pression en disant “regardez, on fait ce qu’on peut pour maintenir l’emploi”. » Dans son communiqué, le groupe faisait en effet savoir que « les phases futures du programme de modernisation de Lavéra permettront de réaliser de nouveaux gains d’efficacité et des réductions majeures de CO2, mais nécessiteront un soutien supplémentaire de l’État français ».

    Daniel Bretonès indique par ailleurs que lors du dernier Comité social économique, la semaine dernière, la direction « a annoncé une politique de réduction des coûts, avec une réorganisation et des suppressions de postes ». À Naphtachimie, 12 postes organiques seraient concernés. « C’est du non-remplacement, il n’y a pas du licenciement, précise le secrétaire général CGT. Le plus gros impact va être sur les assistances techniques, qui sont les sous-traitants qui travaillent pour nous à temps plein. 65% de leurs postes vont être supprimés, alors qu’ils sont primordiaux pour la bonne marche de nos unités. » À ce sujet, Ineos répond simplement maintenir « une discipline financière stricte pour préserver sa compétitivité ».

  • Le Marché des Arnavaux veut se reconstruire sur lui-même

    Le Marché des Arnavaux veut se reconstruire sur lui-même

    Il se passe quelque chose à Minopolis. Imaginé en 2017 puis relancé il y a cinq ans, le projet de construction d’une plateforme logistique au-dessus du Marché d’intérêt national (MIN) des Arnavaux, dans le 14e arrondissement de Marseille, commence à se préciser. Propriétaire des lieux, la Métropole Aix-Marseille a mandaté la société publique locale pour réaliser de premières études préalables de faisabilité, qui doivent être livrées d’ici fin 2026.

    « Nous avons retravaillé le projet, explique Didier Ostré, le directeur général du Marché Marseille Méditerranée. Dans le projet initial, on construisait une dalle au-dessus de l’existant pour accueillir les bâtiments dédiés à la logistique, avec de chaque côté des rampe d’accès. Mais l’existant a plus de 50 ans, il est vieillissant et même de certains côtés obsolètes. » Ainsi le carré des grossistes ne dispose d’aucun quai de livraison malgré les besoins des professionnels, à quoi s’ajoutent des hauteurs de plafond insuffisantes, des risques de ruptures de la chaîne du froid.

    300 millions d’euros

    Le choix, finalement, a été fait de démolir et reconstruire entièrement l’ensemble du MIN, le carré des grossistes comme celui des producteurs, en plusieurs phases, pour ajouter cet étage supplémentaire. De quoi doubler la surface, avec 100 000 m² supplémentaires dédiés à la logistique. Une solution qui a l’avantage de réhabiliter l’existant, tout en réduisant le coût du projet. Un temps chiffré à 600 millions d’euros, celui-ci devrait s’élever autour de 300 à 350 millions, avec une livraison projetée à l’horizon 2030.

    « Il y a un vrai besoin sur Marseille, pour faire en sorte de basculer sur de la livraison douce, défend Didier Ostré. Nous sommes sur un emplacement exceptionnel, cela peut avoir un réel intérêt. » Malgré l’explosion des besoins, les derniers projets a Marseille ont en effet pris du plomb dans l’aile. Dernier épisode en date, en mars dernier, le projet de plateforme à la Valentine (11e arr.) a été abandonné face à la mobilisation des riverains et associations environnementales. « Le modèle envisagé de plateforme logistique aux Arnavaux se base sur un changement de paradigme en matière de distribution urbaine des marchandises », promet le cahier des charges soumis le 6 novembre dernier aux candidats susceptibles d’accompagner le MIN pour réaliser les études préfiguratrices. Plutôt que de se reposer sur des plateformes éloignées, le projet vient concentrer les flux logistiques à l’entrée de la ville, sur ce site proche de la rocade L2 et de la sortie de l’A8, pour ensuite les redistribuer avec des véhicules plus adaptés, moins polluants, pour la logistique du « dernier kilomètre ». De quoi faire sortir les poids lourds du centre-ville, sans artificialiser de foncier supplémentaire. Ainsi un rapport du cabinet d’études Jonction daté du 28 mai 2024 estime que le projet ferait chuter la congestion routière liée à la plateforme de 63% à l’échelle métropolitaine, avec une baisse de 38% des kilomètres parcourus. Et donc une réduction de 45% des tonnes de CO2 émises.

    Du fret ferroviaire ?

    Parmi les six études projetées, la Métropole met aussi sur la table un possible raccordement ferroviaire. « Une ligne arrivait sur le MIN, qui est aujourd’hui sous l’emprise de la L2, explique Didier Ostré. L’étude que l’on va mener permettrait de regarder comment nous sommes capables de prendre la ligne existante située aujourd’hui sur le camp de Sainte-Marthe. » Quatre scénarios sont déjà étudiés, pour un coût qui va de 25 à 103 millions d’euros, indique un deuxième rapport rendu le 31 mai 2024.

    Avec ou sans desserte ferroviaire, le projet qui doit être centré sur la logistique agroalimentaire suscite déjà l’intérêt du secteur. « La Poste comme la Caisse des dépôts et consignations sont intéressés, mais des acteurs privés de la logistique sont aussi prêts à discuter avec nous, comme Sogaris, la CMA-CGM », glisse Didier Ostré. Restera à trouver les fonds nécessaires si la Métropole donne son feu vert. « En ces temps de contraintes budgétaires, ce sera peut-être un mixte public-privé », avance le directeur général.

  • Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    À la fin, c’est le pot de fer qui gagne. Alors que s’est ouverte, vendredi, une nouvelle enquête publique pour régulariser deux plateformes logistiques à Saint-Martin-de-Crau, gérées par Logiprest et CTLog International, Jean-Luc Moya annonce tout de go : « Nous n’allons pas y aller, nous laissons tomber. Nous sommes fatigués de voir la justice leur donner raison. » L’administrateur de l’association de protection de l’environnement Agir pour la Crau était pourtant au premier rang pour lutter contre la multiplication de ces « boîtes à chaussures » géantes. « Nous avons dépensé énormément d’énergie et d’argent dans ce dossier et nous avons obtenu des décisions favorables », rappelle-t-il. Mais, le temps que dure le bras de fer, les documents d’urbanisme ont été révisés pour mettre en conformité les installations. « Le temps donne raison à des personnes qui ont détruit des sites protégés, déplore Jean-Luc Moya. Ce sont des victoires à la Pyrrhus. Mais dans la Crau, le mal est fait. »

    Les deux plateformes logistiques soumises à enquête publique pour un mois illustrent cette longue bataille. La préfecture avait autorisé l’exploitation des deux entrepôts dès 2014, avec des prescriptions complémentaires en 2016, lorsqu’ils ont été confiés aux deux sociétés aujourd’hui propriétaires. Le premier, de 46 000 m² divisés en huit cellules, est exploité depuis 2016 par CTLOG International, avec en moyenne 80 salariés en CDI (dont 50 encadrants et administratifs) et 150 en interim ou CDD. Et 109 poids lourds par jour pour desservir le site. Le second, confié aux filiales du géant néerlandais Katoen Natie, n’a été livré qu’en 2020. Il s’étend sur 73 000 m² divisés en douze cellules, avec en moyenne 39 magasiniers, 13 encadrants et 7 personnes pour les services supports, et quelque 48 poids lourds quotidiens en circulation.

    Pas de nouvelles compensations

    Mais, le 22 janvier 2020, ces autorisations successives ont été annulées par le tribunal administratif, saisi par les associations Agir pour la Crau et France nature environnement. Sans que l’activité ne cesse sur aucun des deux sites, constatait six mois plus tard l’inspection de l’environnement. Poussant la préfecture à mettre en demeure les deux exploitants pour régulariser leur situation administrative. Mais, alors que les deux entreprises avaient déposé leur dossier, une série d’arrêts de la cour administrative d’appel annulait les décisions de justice passées, soulignant que le tribunal n’avait pas pris en compte l’évolution du plan local d’urbanisme. De quoi remettre à plat toutes les procédures après une réunion de crise en sous-préfecture le 1er mars 2023. C’est que la décision pointait le manque d’indépendance de la direction régionale de l’environnement dans son avis et une dérogation pour la destruction d’espèces protégées périmée.

    Peu importe : l’état des lieux pour l’étude d’impact est cette fois réalisé avec des plateformes logistiques déjà construites. Les exploitants n’ont donc pas à proposer de nouvelles mesures de compensations pour les atteintes à l’environnement. De quoi faire grincer des dents du côté de l’autorité environnementale, qui voulait que soit pris en compte l’état initial des lieux en 2014, avant la construction des bâtiments, tandis que les porteurs de projet s’abritent derrière la jurisprudence. Il restera malgré tout encore à régulariser les deux entrepôts voisins, face à des dérogations là aussi illégales. Quant aux associations écologistes, « nous restons engagés sur de nombreux autres dossiers », rappelle Jean-Luc Moya. Le regard tourné vers les centres de données en projet autour de Marseille.

    Refus de permis annulé à Rognac

    Le tribunal administratif de Marseille a retoqué, le 15 octobre dernier, le refus de l’ancienne maire de Rognac d’accorder un permis de construire pour la plateforme logistique de la société Gemfi sur les anciennes emprises de Shell, à Berre-l’Etang. L’entreprise avait en effet obtenu une autorisation tacite, le 24 août 2022, que la municipalité de Rognac n’avait pas le droit de retirer trois mois plus tard. Les quelque 57,4 millions d’euros d’indemnités réclamés par la société Gemfi sont en revanche retoqués par les juges administratifs. La préfecture, de son côté, a donné son feu vert au projet avec un arrêté pris le 6 juin, et contesté par la municipalité, pour cet entrepôt de 29 125 m² (pour une capacité de stockage de 87 250 tonnes). Y.S.

  • Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Après des années d’études, la Métropole a défini les objectifs du réaménagement global de cette place de 1,2 ha jadis remarquable et devenue illisible, morcelée et déboisée. Elle lance le marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux en 2027-2028. Il s’agit d’abord de restaurer l’escalier monumental inscrit en décembre 2022 au titre des monuments historiques, de recréer des espaces publics apaisés, harmonieux, végétalisés et reconnectés à la future « Gare souterraine Marseille Saint-Charles » qui doit voir le jour en 2035.

    La place doit servir d’accès au hub de mobilité du pôle d’échanges multimodal de la gare. Le socle situé sous l’esplanade Narvik doit s’ouvrir sur la place. L’objectif déclaré est de réduire la place de la voiture, mais d’intégrer le réseau des bus. L’offre de stationnement pour véhicules motorisés sera majoritairement contenue à l’intérieur de la « boîte gare ». La « station taxi » sur la terrasse côté boulevard Bourdet sera supprimée. Les fonctions de taxis et dépose minute seront majoritairement à l’intérieur de la gare. « Ainsi, la place des Marseillaises requalifiée sera un parvis de gare apaisé et libéré des modes de transports individuels motorisés (voitures personnelles, voitures de location, deux-roues motorisés). »

    S’agissant de l’Est de la place occupé aujourd’hui par un parking d’une quarantaine de places « plus ou moins légitimes » (sic !), il est indiqué qu’« à terme la majeure partie des services de location de voiture seront répartis dans les infrastructures du projet Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur afin de libérer les espaces publics de ce site emblématique », écrit la Métropole. Des stationnements résidents seront maintenus et « du fait de la présence d’hôtels autour de la gare, l’offre de stationnement “linéaire” sur la voirie ne sera pas supprimée dans son intégralité, mais réduite et devra avant tout intégrer les usages de logistique urbaine (livraison, hôtels, restaurateurs etc.) ». La trame circulatoire globale est en cours de finalisation.

    Restituer des alignements d’arbres

    Le site devra intégrer des itinéraires cyclables sécurisés avec intégration d’abris pour 75 vélos dans le socle Narvik. Des aires de stationnement pour les cycles seront offertes à l’intérieur de l’ouvrage Gare (jusqu’à 750 places de stationnement cycle côté place des Marseillaises et autant côté Ouest sur la façade du Bd Bourdet/Bd Charles Nédelec).

    Les deux jardins d’agrément situés de part et d’autre de l’escalier seront requalifiés. « En surplomb depuis la terrasse, les pieds de l’escalier devront offrir les qualités d’un paysage immersif et ombragé », prescrit le cahier des charges, qui inscrit la restitution des alignements d’arbres, avec des essences adaptées au climat et au site, alors que la moitié des platanes atteints du chancre ont déjà été abattus. L’état phytosanitaire des deux hauts palmiers Washington, qui encadrent l’escalier, reste à surveiller.

    L’enveloppe prévisionnelle affectée aux travaux est estimée à 11,3 million d’euros HT incluant la restauration du monument historique estimée quant à elle à 1,9 millions d’euros HT.

  • En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    Les camionnettes jaunes de La Poste à l’arrêt, ce mercredi. En grève reconductible depuis le 30 septembre dernier, avec le soutien de la CGT, quasiment aucun des chauffeurs qui desservent les bureaux de poste de la cité phocéenne n’a quitté le site des Aygalades, dans le 15e arrondissement.

    En cause ? Leur opposition à un projet de réorganisation qu’ils jugent mal ficelé. « On n’a pas été consultés, l’augmentation de la charge de travail n’est pas compensée et la direction veut passer en force ! », résume Stéphane, chauffeur livreur pour le service postal depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette refonte des livraisons est en lien, selon les chauffeurs, avec le dispositif « Log’issimo », un service présenté par La Poste comme une réponse aux « enjeux de la logistique du premier et du dernier kilomètre », proposant des livraisons diversifiées. « Ils ont mis en place les nouvelles tournées sans venir nous en parler ! Mais on va faire plus de kilomètres, finir plus tard… Et sans compensation ! », dénonce Stéphane. Autour de lui, ses collègues approuvent d’un signe de tête. « On n’a pas de reconnaissance de notre travail ! Pour eux, ce n’est pas fatigant ce qu’on fait », poursuit Christophe, également chauffeur depuis plusieurs dizaines d’années.

    Concrètement, la nouvelle organisation les obligerait à se rendre quasi systématiquement à la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence (PIC Vitrolles) avant de revenir aux Aygalades. À cela s’ajoute le rude quotidien des petites mains du service postal : « On n’a pas de 13e mois, peu de primes, des amplitudes horaires de travail de dingue… La pénibilité de notre travail n’est pas reconnue », poursuit Christophe. Le tout, pour des salaires au ras des pâquerettes. Deux livreurs de moins de trente ans déplorent des salaires nets de « 1 425 et 1 400 euros par mois », pour respectivement 6 et 7 ans d’ancienneté. On comprend mieux leur revendication d’une « prime compensatoire » de 500 euros pour ladite réorganisation.

    Échec des négociations

    Contactée précédemment, La Poste confirmait la volonté de réorganisation, mais avec une analyse tout autre de la situation : « Un projet est en cours sur l’organisation du transport, avec pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier, à savoir la conduite de poids lourds, en les déchargeant progressivement des tâches de manutention. » Avant de battre en brèche les accusations de dialogue social au point mort : « Il fait l’objet du dialogue social toujours en cours à La Poste. » Reste qu’une réunion de négociations s’est déroulée dans l’après-midi, réunissant grévistes, la CGT et la direction. « La direction n’a rien lâché, il y a eu un refus sur tous les points des revendications », relate Stella Estaque pour la CGT. Les grévistes se réunissent donc à nouveau, ce jeudi, pour étudier les suites à donner au mouvement.

  • La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    Il faut se projeter pour le moment entre les grues, les parpaings et les isolants. Mais c’est bien au 50 chemin de la Madrague-ville à Marseille (15e) que la cinémathèque française posera ses valises, en janvier 2027. Ce mercredi, le président du Centre national du cinéma (CNC), Gaëtan Bruel, le président de la cinémathèque française et réalisateur, Costa-Gavras, et le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud, sont venus visiter ce qui deviendra une salle de projection, un auditorium et une salle d’exposition pour leur antenne marseillaise.

    C’est au sein du campus de 18 000 m2 de l’école d’informatique la Plateforme, fondée et dirigée par Cyril Zimmermann, que l’institution va prendre ses quartiers. Avec une salle de projection de 124 places, une salle d’exposition de 400 m2 et un pôle éducatif, l’institution du 7e art bénéficiera d’un espace de 1 500 m2 sur le campus. Un auditorium pouvant accueillir jusqu’à 550 personnes pourra également être utilisé par la cinémathèque, lors de grands événements.

    Pas de hasard

    « Le but est de faire de cet endroit un village apprenant, explique Cyril Zimmermann. Les projections et les expositions pourront attirer les étudiants, mais aussi les résidents du quartier et tous les habitants de Marseille. » Originalement prévue aux docks des suds, c’est finalement en plein centre du quartier des crottes que l’antenne prendra vie. Ironique pour le réalisateur et président de la cinémathèque, Costa-Gavras, qui aimait beaucoup travailler avec Yves Montand, né dans ce quartier. « J’étais souvent venu le visiter avec Yves Montand », se souvient le cinéaste âgé de 92 ans.

    Créée en 1936, avec comme mission de collecter, restaurer et diffuser le patrimoine cinématographique mondial, c’est la première fois de son histoire que cette institution se délocalise. Et Marseille n’a pas été choisie au hasard.

    « Il y avait un enjeu à reconnaître ce que l’on doit à Marseille dans le domaine du cinéma et de l’image animée, insiste Gaëtan Bruel, président du CNC. C’est une ville, un territoire, qui, de [Marcel] Pagnol à [Jean] Giono jusqu’à [Robert] Guédiguian et [Cédric] Jiménez, a donné à notre pays certains de ses plus grands talents. » Un domaine qui s’est d’ailleurs développé dans la cité phocéenne avec l’arrivée de la Cinéfabrique, une école d’audiovisuel gratuite, ou encore la base logistique créée il y a deux ans, CinéMabase, dans le cadre du plan Marseille en grand.

    Une richesse et un dynamisme que la cinémathèque tient à mettre en avant, en faisant de Marseille le sujet de la première exposition qui aura lieu au 50 chemin de la Madrague-ville. « Le but sera de montrer la ville elle-même à travers le 7e art et la télévision, explique le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud. Et il y en aura des choses à montrer », s’enthousiasme-t-il.

    Ouverture prévue pour janvier 2027 pour les séances de cinéma, et au printemps de la même année pour la première exposition de l’antenne marseillaise de la Cinémathèque française.

  • « Marguerite » veut passer la logistique en mode durable

    « Marguerite » veut passer la logistique en mode durable

    Stationnement, bouchons… Comment gérer efficacement et de façon durable sa logistique quand on est commerçant ou artisan dans le centre-ville de Marseille ou d’Aix ? C’est la question à laquelle le programme « Marguerite » entend répondre avec un « catalogue de solutions », a expliqué ce jeudi 2 octobre Delphine Blanc, déléguée générale de l’association « La fabrique de la logistique », à l’origine du projet.

    Livraison en vélos-cargos, utilisation de véhicules en auto-partage ou casiers connectés, 14 lauréats proposent de faire « dans la dentelle » avec un accompagnement financier et une prise en charge du dispositif choisi pour le tester.

    Des tests concluants

    Pour Olivier Bizot, élu de la Chambre de métiers et de l’artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur, partenaire de l’opération, la transition écologique offre une véritable opportunité, « en termes de motivation des équipes qui cherchent un sens à leur travail, et en répondant aux attentes des consommateurs ». À Marseille, « on a été pris de court par la ZFE mais elle va revenir, c’est à nous maintenant de nous en emparer » estime-t-il. À ses côtés, Bernard Marty, vice-président de la Chambre de commerce 13 abonde, appelant « à s’outiller ».

    Pas moins de 494 conversions sont espérées sur le territoire. Certains ont déjà sauté le pas. Serrurier, boulangère, nettoyeur industriel, ils font partie des 11 artisans qui à Marseille, Aix ou Carnoux ont tenté l’expérience avec « Les boîtes à vélo » Paca, raconte Louis Joggerst, chargé de mission à l’association. Et ont été convaincus. Car malgré le manque de pistes cyclables et la congestion des rues, « dans un rayon de 5 km autour du Vieux-Port, c’est plus rapide », indique-t-il.

  • La production de méthanol de synthèse sur les rails d’ici 2031

    La production de méthanol de synthèse sur les rails d’ici 2031

    Produire et distribuer du carburant de synthèse, un projet à deux temps. La stratégie d’Elyse Energy pour son projet Neocarb a été présentée, lundi soir, à la Maison de la mer et du sport de Fos-sur-Mer. L’idée est, pour l’entreprise, de créer une unité de production de méthanol de synthèse à partir de CO² rejetté par les autres industriels de la zone, comme Marcegaglia (ex-Ascometal), futur voisin. À terme, ce méthanol sera également utile à la création de kérosène synthétique.

    Le directeur territorial d’Elyse, Jérôme Giraud, confie que « Neocarb n’est qu’une partie d’un projet industriel global. Les armateurs sont intéressés et nous attendent pour 2030. Mais, le temps de réaliser l’usine, la production ne démarrera qu’à partir de 2031, voire 2032, à Fos ».

    Pour ne pas perdre d’opportunités, Elyse Energy compte sur la mise en service du projet de production de méthanol EM Rhône en 2029, similaire à Neocarb et située à Salaise sur Sanne, entre Lyon et Valence. « On y va petit à petit. L’acte 1 de Neocarb vise à implanter notre base logistique d’ici 2029 à Fos. L’acte 2 sera celui des unités de production », détaille Maxime Vigot, chef du projet Neocarb. Dans l’idée d’amorcer la distribution du carburant produit dans la vallée du Rhône.

    Une aubaine pour le train ?

    Le directeur Jérôme Giraud l’assure : « Le déroulement en deux phases ne remet pas en cause le projet. On accélère en créant une étape intermédiaire et la décision finale d’investissement doit toujours être prise en 2027 ».

    Le transport par train est stratégique pour Neocarb. « Marcegaglia a besoin de développer sa plateforme ferroviaire. Nous pensons créer un groupe d’intérêt économique avec Gravithy pour la rénover avant 2030 », indique Jérôme Giraud.

    Ce qui interroge le conseiller municipal (PCF), Nicolas Féraud : « vous présentez quatre voies de triage sur votre site, avez-vous changé votre chiffrage entre le train et les camions ? » « On ne fait que dériver la voie d’accès à Marcegaglia pour trier sur notre poste, les chiffres de la concertation préalable n’ont pas changé », répond Maxime Vigot. En l’occurrence, le dossier de concertation évoque 30% des flux de CO² par rail et 15% pour les carburants. Les camions 10% pour chacun des produits.

    Le prochain atelier de la Commission nationale du débat public (CNDP) sur Neocarb est prévu le 7 octobre, salle Marcel-Pagnol de Port-Saint-Louis-du-Rhône, de 18h30 – 20h30, autour de la logistique et de la biodiversité.

  • Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    « On fait un échange comme au collège ! » plaisante Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca, en montant les escaliers des locaux de Miramas ce jeudi 25 septembre. Le matin même, les travailleurs du rail visitaient les installations de la centrale de Gardanne. L’après-midi, retour à l’envoyeur. Alors que la contestation sociale bat son plein et que les syndicats sont accusés de toute part de bloquer le pays, les organisations des deux industries présentent un projet de chaîne logistique décarbonée entre le Grand Port maritime de Marseille et l’exploitation de GazelEnergie.

    Depuis le redémarrage de l’unité biomasse en avril 2022, près de 240 000 tonnes de biomasse (sur les 400 000 tonnes nécessaires au total) doivent être acheminées de l’international chaque année pour produire de l’électricité. « Aujourd’hui, GazelEnergie préfère le transit par camions, ce qui représente 100 camions par jour avec tout ce que ça incombe en termes de pollution, de détérioration et de surcharge du réseau routier, explique Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. La décarbonation ne passe pas que par la limitation des émissions du process, mais aussi par l’approche de nos intrants et leur acheminement. » Le syndicat revendique donc le retour de l’activité ferroviaire qui était en place jusqu’en 2019.

    Cette solution reposerait sur la voie ferrée Miramas/Aix-en-Provence via Rognac, qui servait autrefois à l’envoi de bauxite en direction de Pechiney, aujourd’hui Alteo, pour la production d’alumines. « Les infrastructures existent, mais jusqu’à quand ? demande Robin Matta. Il n’y a plus aucun train qui circule sur cette voie, qui est donc en péril. Pour nous, il y a urgence à maintenir un trafic sur cette ligne. Il y va de sa survie. Nous portons également un projet de développement en termes de service voyageurs pour partir de Miramas et aller à Aix en direct, sans avoir à passer par Marseille. »

    À moyen terme, la future activité de production de biométhane de la centrale de Gardanne pourrait également reposer sur le transport ferroviaire, évitant la circulation de vingt camions supplémentaires par jour.

    Un choix politique

    La CGT assure que cette solution n’engendrerait pas de coût supplémentaire en termes de travaux tout en pérennisant les emplois. « Pour la gare de triage de Miramas, ça nous permettrait de retrouver plus d’une cinquantaine d’emplois que nous avons perdus depuis 2019 », calcule Robin Matta. Du côté de la centrale, il s’agit d’assurer l’avenir des 27 salariés licenciés qui seront réembauchés dès le mois de décembre, selon les termes du protocole signé entre le syndicat et la direction.

    Le secrétaire CGT des cheminots Paca fait le lien avec la mobilisation sociale actuelle : « Nous voulons produire, c’est ce que nous disons aux services de l’État et à nos entreprises : il faut arrêter de liquider nos outils industriels. Sans appareil productif, nous ne pourrons pas régler nos problèmes de financement de notre sécurité sociale, de nos services publics ou d’augmentations salariales. Il s’agit d’investissements et de choix politiques. »

  • Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    Les centres sociaux en fête ce week-end sur le Vieux-Port

    « Cela fait depuis mars que l’on travaille pour faire une belle fête pour tous les Marseillais », se félicite Nacer Azzoug, directeur du centre social de la Rouguière. Sur le Vieux-Port, à côté de l’hôtel de ville, les centres sociaux vont investir l’espace pour proposer des animations et présenter à tous les Marseillais leur travail. De 11h30 à 20h30, des repas, spectacles, ateliers et DJ sets seront organisés sur la place Bargemon. Un emplacement stratégique pour Nacer Azzoug : « de la Solidarité à Bonneveine, on se retrouve au milieu et tout le monde se rencontre ».

    Lancé pour la première fois il y a trois ans à l’initiative de la ville de Marseille, cet événement est financé par la Municipalité, mais entièrement organisé par les centres sociaux. Après la ligue de l’enseignement et l’Ifac, c’est l’association Synergie family qui prend cette année en charge l’organisation en travail étroit avec les autres fédérations.

    « L’objectif de cet événement, c’est quand même de valoriser le travail qui est fait, qui est dans l’ombre, explique Joseph Richard-Cocher, délégué départemental de l’Union des centres sociaux. Parce que les centres sociaux ont toujours été au cœur des territoires et sont essentiels dans l’animation des quartiers. » Des villages santé, sport, culture ou encore petite enfance seront présents pour montrer les différentes facettes de ce travail.

    Diversité des activités

    Pour le délégué de l’Union des centres sociaux, la force de ces structures est leur diversité. « Tout le monde connaît les centres sociaux de son quartier, mais ils ne savent pas nécessairement tout ce qu’ils font de la garde d’enfant à l’informatique, en passant par la citoyenneté », insiste-t-il.

    Une soixantaine de centres sociaux seront présents. Un repas partagé « autour du monde » est prévu par les farandoleurs, avec des spécialités thaïlandaises, comoriennes, guyanaises et françaises. Chaque centre a pu inscrire 20 personnes pour participer gratuitement à ce repas « On aurait aimé faire plus mais en termes de logistique ça aurait été compliqué », sourit Nacer Azzoug. Pendant le repas un DJ set est prévu par The Only One Geemoney, ancien animateur en centres sociaux. À 15h30, ce sont d’autres talents issus de ces structures qui seront mis en avant grâce à une scène ouverte. Théâtre, humour, musique, de nombreux numéros d’environ huit minutes chacun vont s’enchaîner, créés par des jeunes qui fréquentent ces maisons pour tous.

    Casser les préjugés

    Pour l’adjoint (RDG) au maire chargé des Centres sociaux, Ahmed Heddadi, cet événement est aussi l’occasion de casser les préjugés qui entourent ces lieux. « Beaucoup pensent qu’ils sont réservés aux personnes précaires ou marginales. Mais ces maisons de quartiers sont pour tous les Marseillais », insiste-t-il. Il rappelle que bien qu’il y en ait plus « dans les quartiers prioritaires de la ville car ce sont des endroits où les populations sont précaires, il y en a dans tous les quartiers de la ville. Ils sont là pour tout le monde ».

    Pour le directeur de Synergie family, Frank Tortel, « c’est une belle journée qui s’annonce festive et conviviale. » Un événement qui prend chaque année un peu plus d’ampleur. Les organisateurs attendent ce samedi entre 3000 et 4000 participants sur le Vieux-Port.

    Plus d’informations sur l’Instagram @fetedesc.s.marseille