Tag: Logement

  • Frente Amplio, la volonté d’unir largement à gauche

    Frente Amplio, la volonté d’unir largement à gauche

    à quelques semaines de l’échéance électorale du 29 novembre, les partis à gauche du PSOE ont constitué samedi à Madrid le Frente Amplio (Front Large) composé d’une quinzaine de partis emmenés par Izquierda Unida, Mas Madrid, Comuns, Movimiento Sumar. C’est au cours d’un meeting au parc Lineal del Manzanares de Madrid que les principaux dirigeants de ces formations ont officialisé Frente Amplio qui se veut comme la principale alternative au PSOE et réclame l’unité pour faire « face au fascisme ».

    Cette volonté unitaire, est malheureusement contrariée par l’attitude persistante de Podemos à jouer sa propre carte aux côtés de ERC, gauche républicaine catalane dont le leader est Gabriel Ruffian. à quelques kilomètres du meeting de Frente Amplio, Irene Montero et Ione Belarra dirigeantes de Podemos présidaient, au même moment, un conseil citoyen du parti au cours duquel elles ont reproché à Frente Amplio d’avoir passé un accord avec le PSOE pour des candidatures communes au Sénat.

    à noter que Podemos et les formations soutenant Frente Amplio iront ensemble aux élections dans la communauté valencienne et aux Canaries, où des accords ont pu être conclus. Mais, pour Podemos et ERC l’objectif est de gagner des sièges à Madrid et Barcelone, et ces deux partis estiment qu’en participant à Frente Amplio ils seraient sous-représentés, un calcul qui sacrifie une large union au plan national, au profit d’éventuels sièges gagnés au parlement. Lors de leur meeting, les dirigeants de Frente Amplio ont soigneusement évité toute polémique avec Podemos, en leur laissant la porte ouverte. Cette situation rend plus difficile la campagne qui est déjà lancée avec une droite et une extrême droite qui caracolent en tête des sondages.

    Un millier au meeting

    Les dirigeants de Frente Amplio, devant plus d’un millier de participants au meeting de Madrid ont préféré délivrer des messages de mobilisation. Pablo Bustinduy (Sumar) actuel ministre des droits sociaux a lancé « nous avons 43 jours devant nous pour mobiliser la classe des travailleurs. Ils nous voudraient les bras croisés et c’est le contraire qui va se produire. Ne nous laissons pas distraire, en avant pour défendre les travailleurs jusqu’à la victoire ». Toni Valero, le porte-parole de Izquierda Unida au sein de Frente Amplio soulignait pour sa part que « la politique c’est aussi de la générosité, la politique est pleine de gens simples qui font bien les choses. Ici se trouvent les gens organisés, ici c’est le Frente Amplio ». Le représentant de mas Madrid, Tesh Sidi, dans son intervention constatait l’absence de dertaines organisations mais dit-il « nous sommes 15 organisations politiques qui veulent arrêter le fascisme, et pour qu’aucun vote progressiste n’aille à la poubelle ».

    Ada Colau, l’ex-maire de Barcelone et membre de Comuns qui a été désignée comme candidate à la présidence du gouvernement pour les prochaines élections sous la bannière de Frente Amplio, a été reçue chaleureusement par les quelque 1 500 participants au meeting. La charismatique candidate, connue pour ses combats en faveur du droit au logement a notamment déclaré « la majorité sociale vit avec, en tête, constamment le souci du logement (…) nous sommes les locataires et petits propriétaires des quartiers et des villages ceux qui savons qu’avec de tels prix on ne peut continuer à vivre ainsi… » un discours qui fait écho dans la société espagnole quand on sait que c’est la crise du logement et l’expulsion de Maricarmen, décédée depuis, qui a provoqué la convocation d’élections législatives anticipées par le chef du gouvernement Pedro Sanchez.

  • Des hébergements pour les femmes victimes de violences

    Des hébergements pour les femmes victimes de violences

    Le CIDFF 04 (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) compte se doter, pour la première fois, d’un lieu d’hébergement pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, à Digne. « L’idée, c’est d’avoir un refuge où elles peuvent se poser, travailler leur situation, sécuriser le volet social, mettre en place l’accès aux droits, travailler la situation des enfants, et se projeter, en fonction de leur situation professionnelle, vers l’après, avec un hébergement plus pérenne », explique Wided Halaoua, directrice du CIDFF 04.

    L’idée est de réaménager un bâtiment appartenant au bailleur social H2P, situé près du centre-ville de Digne, « de le réhabiliter, parce qu’il est un peu vieillissant, et d’en faire des locaux plus accueillants et plus confortables. La Cepac a la volonté d’apporter un standing plus élevé pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, pour qu’elles aient un environnement agréable dans lequel vivre », avance la directrice. Un ascenseur doit notamment être installé. « Actuellement, le logement est occupé par une autre association qui va déménager. H2P attend un engagement définitif de l’État sur le projet, puisqu’on ne peut pas se lancer dans les travaux et réhabiliter complètement le logement si derrière, on n’a pas l’assurance que l’État financera des places d’hébergement pour le CIDFF », précise Wided Halaoua.

    Éloigner du danger

    « L’idée, c’est qu’il y ait des salariés dédiés pour le bâtiment, un temps d’accompagnement social et un temps de psychologue, et possiblement un veilleur de nuit », explique la directrice du CIDFF 04. Un psychologue et un travailleur social devront notamment être recrutés par l’association pour ce projet.

    La Caisse d’Épargne financera le bâti, et Solidarité Femmes 13 aidera le CIDFF « dans tout ce qui sera aménagement des locaux. Ils vont nous accompagner sur la recherche de financement liée spécifiquement à ça », indique Wided Halaoua. Une fois le bâtiment livré, la gestion courante sera financée par le CIDFF.

    L’association Solidarité Femmes 13 « porte toute l’ingénierie du projet, et nous fait bénéficier de leur expertise, puisqu’ils gèrent actuellement de l’hébergement pour les femmes victimes de violences, contrairement à nous », avance la directrice. Le projet prévoit 19 places d’hébergement et 11 logements, du studio au T2, selon elle.

    Des femmes d’autres départements pourront être orientées vers ce lieu d’hébergement à Digne « pour éloigner de manière plus efficace la personne ». De la même manière, des femmes du département des Alpes-de-Haute-Provence « à plus fort risque de représailles pourraient être orientées hors département » pour mieux les protéger et les éloigner du danger.

    Le besoin d’hébergement est d’autant plus important dans le département rural, « où les gens sont excentrés » et ont plus de mal à accéder aux services publics, avance Wided Halaoua.

  • L’extrême droite s’oppose aux politiques du logement

    L’extrême droite s’oppose aux politiques du logement

    L’extrême droite marseillaise avait déjà habitué l’hémicycle municipal à son opposition face à toute régulation des meublés touristiques marseillais. Ce vendredi matin, leur combat s’est étendu à la défense des propriétaires de logements vacants. Le groupe du RN et ses alliés se sont ainsi opposés à tout doublement de la taxe sur ces locaux inhabités.

    « Nous faisons face à une crise du logement qui laisse de nombreux Marseillais dans l’impossibilité de se loger dignement », alertait pourtant l’adjointe (PCF) au logement, Audrey Garino, au moment de présenter le plan municipal contre la vacance. « Nous n’acceptons plus que des milliers de logements restent vides quand des milliers de Marseillais n’arrivent plus à se loger », insistait-elle. Et de détailler toutes les mesures déployées, incitatives comme coercitives. À l’extrême droite, Samuel Benhamou monte au créneau. « On ne remplit pas un logement en vidant le portefeuille de son propriétaire », proteste-t-il. L’adjointe communiste lui répond sèchement : « On ne s’attaque pas aux propriétaires. On s’attaque aux multi-propriétaires qui font de la spéculation immobilière sur notre ville, c’est une position assumée. » En rappelant qu’à Aix, l’opposition RN n’avait rien trouvé à redire face aux mêmes mesures.

    Dans la foulée, c’est la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, qui refuse de soutenir les aides en faveur du logement locatif social. « Nous ne sommes pas opposés au logement social par principe », jure-t-elle. Deux jours plus tôt en conseil d’arrondissements, son adjoint (RN) au logement Marc-Antoine Ponelle assumait pourtant : « Nous refusons la construction de nouveaux logements sociaux ». La maire du secteur elle s’inquiète de ne voir subventionné que du logement très social (PLAI). « Il ne faut pas laisser de côté ceux qui gagnent trop pour certaines aides », réclame-t-elle.

    « Il y a la réalité sociale d’une ville comme la nôtre. Nous avons besoin de logements très abordables », répond Audrey Garino. Elle rappelle que le premier critère dans leur attribution est la sortie de l’indignité. Et souligne que le programme local de l’habitat prévoit 32% de logements intermédiaires pour Marseille.

  • Des finances au logement, les dossiers du conseil municipal de Marseille

    Des finances au logement, les dossiers du conseil municipal de Marseille

    À l’issue des différentes commissions et de conseils d’arrondissement particulièrement orageux, dans les couloirs de l’hôtel de ville, chacun s’accorde à dire que le conseil municipal de rentrée, qui se tient ce vendredi matin, s’annonce long. Et animé.

    Au-delà d’un ordre du jour chargé, avec quelque 167 délibérations inscrites à l’ordre du jour, les élus d’extrême droite dans les différents secteurs de la ville ont déjà exprimé leur réticence, voire leur opposition, à toute construction de logements sociaux, et surtout à une série de subventions de solidarité. Parmi elles, la Ville de Marseille renouvelle son soutien à SOS Méditerranée, qui a son port d’attache dans la cité phocéenne. Pour la première fois, ce soutien ne sera pas accueilli par les outrances haineuses de l’ex-sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier.

    Mais, dans ces délibérations, le rapport de la chambre régionale des comptes consacré à la gestion de la municipalité marseillaise de 2018 à 2024 a beau être relégué à la fin de l’ordre du jour, il est déjà au cœur de toutes les attentions. Tandis que l’opposition de droite est déjà montée au créneau, c’est le maire (DVG), Benoît Payan, qui devrait y apporter une réponse politique. La réponse technique, elle, est déjà en partie inscrite dans le budget supplémentaire. Face aux reproches d’une fiabilité des comptes insuffisante, la municipalité opère « des régularisations nécessaires sur les écritures très anciennes datant du début des années 2010 ». Mais il faut aussi ajouter 16,5 millions de dépenses supplémentaires en fonctionnement, dont 5 millions d’euros seulement pour les dépenses d’énergie face aux canicules respectives.

    Des bambins aux étudiants

    Face à cet ordre du jour chargé, le conseiller d’opposition (Ren.) Romain Simmarano tiquait, face à la presse : « Il y a des absences qui pèsent plus que des présences. » En reprochant à la majorité de ne pas inscrire d’ores et déjà ses promesses de campagne phares. Les dossiers pourtant ne manquent pas. À commencer par le logement (notre édition du 15/10) avec la présentation d’un plan de lutte contre la vacance à Marseille et la validation, après celle en bureau de la Métropole, des conventions pour les opérations d’intérêt national de requalification de quatre copropriétés dégradées, à Marseille. S’y ajoute aussi la relance de l’assurance logement, avant des tarifs renégociés encore à la baisse.

    Au-delà du renouvellement des gratuités d’activités pendant les prochaines vacances scolaires et de la prise en charge par le centre communal d’action sociale des gratuités du périscolaire, la municipalité doit approuver les financements d’une nouvelle crèche municipale à Malpassé (13e), d’une trentaine de berceaux, pour 1,8 million d’euros. En même temps qu’elle fixe ses orientations en matière d’accueil du jeune enfant face aux carences dans les quartiers populaires et la multiplication des très lucratives micro-crèches privées.

    Le projet d’un deuxième réseau de chaleur doit aussi être présenté, d’abord dans le 13e arrondissement pour raccorder les résidences de la Rose et de Frais-Vallon à la copropriété du parc Corot, pour une première phase prévue à l’horizon 2031. Un réseau qui atteindrait à terme, en 2036, quelque 46 km pour desservir 195 bâtiments en récupérant la chaleur de l’usine de potabilisation de Sainte-Marthe, des industries locales et d’une centrale biomasse. Enfin, l’ordre du jour rejoint l’actualité des mobilisations, avec une nouvelle aide en soutien aux étudiants, avec pour l’instant une amorce de 100 000 euros.

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Marseille s’attaque au logement vacant

    Marseille s’attaque au logement vacant

    Un outil de plus dans l’arsenal municipal pour le logement. Ce vendredi matin, la majorité marseillaise profite de la présentation de son plan de lutte contre la vacance pour soumettre au vote de l’hémicycle municipal le doublement de la taxe sur les logements vacants. Une évolution rendue possible dans le dernier projet de loi de finances, et qui s’inscrit dans les dix actions listées par la municipalité pour remettre sur le marché ces habitations.

    « Nous menons des actions en soutien de la production et de la réhabilitation de logements sociaux, mais quand plus de 100 000 personnes sont en attente d’une attribution, il y a une nécessité de maintenir un parc privé abordable », insiste l’adjointe (PCF) au logement, Audrey Garino. Si elle met en avant l’action de la municipalité face aux meublés touristiques et réclame toujours au gouvernement un encadrement des loyers, les plus de 14 137 logements vacants depuis plus de deux ans à Marseille – soit environ 3,5% des logements – représentent un gisement non négligeable. Aujourd’hui à 17% pour la première année, et à 34% à partir de la deuxième année d’inoccupation, les taux passeront respectivement à 30 et 60%. De quoi amener jusqu’à 9 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires. « Le bâton ne suffit pas, il faut aussi mobiliser l’ensemble des dispositifs », précise cependant l’adjointe communiste.

    Au mois de juin déjà, une convention avec la Fondation pour le logement des défavorisés avait ainsi été votée pour avoir une meilleure connaissance des motifs de la vacance. La municipalité rappelle aussi les travaux d’office, les aides mobilisées pour remettre en location des logements vacants, son soutien à l’intermédiation locative, la mobilisation du patrimoine public libre (un tiers de la vacance) pour de l’hébergement. Une campagne Zéro logement vacant a été lancée dans les quartiers de Lodi et Notre-Dame-du-Mont, et le conseil municipal doit aussi se prononcer sur la mise en œuvre d’un diagnostic structurel décennal, une autre évolution législative récente, dans les opérations programmées d’amélioration de l’habitat. La municipalité travaille également à l’acquisition de bâtiments « en état d’abandon manifeste », afin de les réhabiliter.

    Copropriétés à rénover

    Après le bureau de la Métropole ce jeudi, le conseil municipal doit aussi passer un cap dans les opérations d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradées à Marseille, avec la signature des conventions qui définissent les périmètres d’intervention des pouvoirs publics au Mail, les Rosiers et Super Belvédère, la Maurelette et Consolat. « C’est la déclinaison opérationnelle des arrêtés publiés par le Conseil d’État en décembre 2025, pour que l’on puisse rentrer dans une phase opérationnelle au début de l’année prochaine », décrit Audrey Garino. Ne restera qu’à boucler le tour de table pour réunir les 536 millions d’euros nécessaires (dont environ 66 millions de la municipalité), avec l’approbation du projet de loi de finances et la réunion du conseil d’administration de l’établissement public foncier, qui porte ces opérations.

  • À Toulon, une table ronde pour défendre le droit à un logement digne

    À Toulon, une table ronde pour défendre le droit à un logement digne

    Passoires thermiques, logements indignes, difficultés d’accès à un hébergement d’urgence… Le mal-logement recouvre des réalités multiples qui fragilisent chaque jour davantage les personnes les plus précaires. Dans le Var, comme ailleurs, la pénurie plus ou moins organisée de logements sociaux interroge la capacité collective, ou tout simplement la volonté politique des élus, à répondre à un besoin pourtant essentiel : celui d’avoir un toit sur la tête.

    C’est autour de ces constats que se tiendra cette table ronde à la Maison de la Méditerranée. Organisée dans le cadre des initiatives liées à la Journée mondiale du refus de la misère, elle réunira Francis Verne, de la Fondation pour le logement, et Jean-Paul Jambon, pour le collectif logement d’Habitat Humanisme. L’objectif affiché est d’ouvrir le dialogue, de partager les expériences et de faire émerger des pistes d’action.

    Des acteurs engagés sur le terrain auprès des personnes confrontées au mal-logement et dans l’impossibilité d’accéder au parc social croiseront leurs regards sur les difficultés du territoire et les réponses à développer afin de favoriser l’accès à un habitat digne.

    Lutter contre la pénurie

    de logements sociaux

    Une situation préoccupante dans le département, qui ne semble pas perturber certains maires varois, qui « depuis plus de vingt ans contestent et fustigent la loi SRU [Solidarité Renouvellement urbain, ndlr] », rappelle Jean-Paul Jambon. Et préfèrent s’acquitter de lourdes pénalités plutôt que de répondre aux besoins de leurs administrés, « en continuant à infuser ce poison du rejet des habitants en grande demande, à contraindre les jeunes à quitter la commune alors qu’ils devraient en être la force vive et à obliger les travailleurs à ne pouvoir habiter la commune ».

    Dans un département où près de 70% des ménages sont éligibles au logement social et où près de 37 000 d’entre eux en ont fait la demande en 2025 pour seulement 3 730 attributions, la prise de conscience peine encore à émerger. C’est à cela qu’aspire la rencontre de ce soir, qui se poursuivra autour d’un apéritif partagé.

    Le samedi 17 octobre, le collectif donne également rendez-vous, toujours dans le cadre de la Journée du refus de la misère, à l’accueil de jour Domensa, à partir de 11h. Au programme : une journée d’échanges et de rencontres permettant de recueillir les témoignages de celles et ceux qui connaissent, ou ont connu, l’enfer de la rue. Des ateliers et un théâtre-forum seront organisés jusqu’à 17 heures.

    Des initiatives de sensibilisation ouvertes au grand public dont l’objectif est de permettre à chacun de changer de regard sur la pauvreté et, pourquoi pas, d’inciter le plus grand nombre à entrer dans la bataille en s’engageant pour faire évoluer les choses, que ce soit en matière de construction de logements sociaux ou de création de places d’hébergement d’urgence.

  • Nîmes lance son conseil local de la santé mentale

    Nîmes lance son conseil local de la santé mentale

    Ce n’est pas un nouveau guichet de psychiatrie. Et c’est justement tout l’enjeu. Mercredi 7 octobre, au Centre des congrès, Nîmes installe son Conseil local de santé mentale (CLSM), un espace où doivent enfin se parler celles et ceux qui travaillent trop souvent chacun dans leur couloir : soignants, travailleurs sociaux, associations, éducateurs, acteurs du logement, de la culture ou du sport, proches et personnes directement concernées. Le dispositif n’a pas vocation à suivre des situations individuelles, mais à construire des réponses collectives à l’échelle de la ville.

    Le chantier est loin de partir de zéro : une enquête menée en 2025 par les sociologues Christian Laval et Pauline Rhenter, complétée par plusieurs temps collectifs, a mobilisé près de 200 participants. Et à Nîmes, le constat est rude : en 2023, 51,6 habitants sur 1 000 étaient pris en charge pour une maladie psychiatrique, contre 40,2 au niveau national.

    « Il est hors de question d’organiser la prise en charge de la santé mentale comme si elle était isolée », insiste Olivier Bénézet, conseiller municipal délégué à la santé mentale et à la lutte contre les addictions. Et le rapport de préfiguration lui donne du grain à moudre : 31% des Nîmois vivent sous le seuil de pauvreté, et jusqu’à 70% dans certains quartiers prioritaires. Logement, revenus, droits sociaux, travail, scolarité, isolement : la santé mentale est aussi une affaire de conditions de vie.

    Recoudre les parcours

    C’est là que le CLSM doit tenter de recoudre les parcours. « L’objectif est de mieux connaître les ressources existantes à Nîmes, de repérer les besoins du territoire et de faire travailler ensemble des acteurs qui interviennent parfois séparément », résume Bénézet. Car l’enquête de préfiguration pointe moins une absence de dispositifs qu’un système où ceux-ci peinent encore à se coordonner : sorties d’hospitalisation sans relais, délais d’attente, accès aux droits complexe, ruptures de logement ou manque de continuité entre psychiatrie, médico-social et secteur social.

    Une première feuille de route est attendue au premier trimestre 2027. Parmi les pistes déjà avancées : former davantage de professionnels aux premiers secours en santé mentale, rendre les dispositifs plus lisibles, prévenir les ruptures d’accompagnement ou mieux prendre en compte l’expérience des personnes concernées. « Il faut prendre conscience qu’on peut s’occuper de notre santé mentale comme on s’occupe de notre santé en général », souligne Sandrine Haas, coordinatrice du projet territorial de santé mentale du Gard.

    Le lancement pendant les semaines d’information sur la santé mentale doit aussi permettre d’ouvrir le sujet au-delà des cabinets médicaux, à travers une trentaine de rendez-vous mêlant ateliers, expositions et débats jusqu’au 18 octobre. « Je vois ce collectif comme un engrais, un faiseur d’idées, un faiseur de liens », conclut Haas, pour faire de la santé mentale une affaire de cité, et plus seulement de spécialistes.

  • Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    Le secteur associatif sonne l’alerte face au manque de moyens

    « Au niveau social, sans les associations, tout s’effondre », campe Giorgia, travailleuse sociale pour Habitat Alternatif Social, une association se battant pour l’accès au logement des plus précaires. « Nous, si on arrêtait, on enverrait des personnes avec de multiples problèmes de santé à la rue », poursuit-elle, faisant référence aux 7 femmes qu’elle accompagne au quotidien dans une pension de famille située dans la rue d’Aubagne, à Marseille.

    Ce mardi matin, dans le cadre de la mobilisation associative nationale « Et si nous arrêtions vraiment ? » pour dénoncer les baisses de financement dans le budget examiné depuis ce jour par les députés, des locataires de la pension de famille et des membres de l’association organisaient une vente de vêtements et de nourriture. Une initiative à double objectif : alerter sur la situation financière de la structure et récolter des fonds pour financer les activités des résidents.

    Sortie de parcours de prostitution, accidents de vie, troubles d’addictions, décès familiaux… Âgées de 35 à 65 ans, « les femmes qui viennent ici sont isolées socialement et dans une situation de grande précarité », précise Mathilde, seconde travailleuse sociale du lieu. Ici, chacune bénéficie d’un logement privé à des loyers très réduits, tandis que des espaces communs permettent d’accueillir des activités collectives au rez-de-chaussée. Alors qu’elle alpague des passants au stand de vente, Alexandra, locataire depuis 9 ans, se confie : « Je me sens carrément bien ici, c’est comme une grande coloc. » Elle apprécie l’approche bienveillante de l’association, notamment sur la réduction des risques : « On a le droit de consommer de l’alcool dans les espaces communs sans se faire culpabiliser, par exemple ».

    Insuffisance de personnel

    Mais la bonne humeur régnant en cette matinée ne saurait cacher les inquiétudes du personnel associatif.

    Si le manque de financement des activités pose problème, c’est surtout l’absence de soutien médical auprès de résidentes souffrant parfois de troubles psychiques qui inquiète. « Il nous faudrait a minima un infirmier. On a eu une décompensation psychique il y a pas longtemps, on a dû appeler les pompiers », déplore Mathilde.

    « On a un gros turnover et beaucoup de difficultés à pérenniser les postes à cause du manque de moyens », se désole également Joëlle Fage, la responsable financière d’Habitat Alternatif Social.

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.