Tag: Ligue contre le cancer

  • Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Sans avoir pris connaissance des détails du décret, le président du comité héraultais de la Ligue contre le cancer ne veut pas y croire. « Je ne pense pas que les malades du cancer seront touchés. C’est un effet d’annonce pour faire passer la pilule. Il y aura forcément des dérogations pour les affections de longue durée*. Sans quoi, cela signifie que nous sommes en banqueroute. Ce serait une remise en cause totale de notre système de protection sociale selon lequel la solidarité aide ceux qui en ont le plus besoin », estime le professeur Jean-Bernard Dubois.

    Et pourtant, en l’état actuel des annonces de Stéphanie Rist, il y a de quoi s’alarmer. Le 23 juillet, la ministre de la Santé a annoncé que le plafond des franchises médicales sera relevé de 100 à 200 euros annuels (toujours 1 euro par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par consultation médicale, examen radiologique ou analyse, 4 euros par transport sanitaire). Le lendemain, elle enfonçait le clou pour l’Assurance maladie en promettant une baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et autres médicaments jugés « moins efficaces ». Le tout dans une logique comptable d’économies de bouts de chandelle (1,5 à 1,7 milliard d’euros pour les déremboursements) afin soi-disant de « lutter contre les abus ».

    Inflation des tarifs des complémentaires santé ?

    Une logique inacceptable selon les associations car elle revient à faire payer davantage les malades. « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance-maladie », a tout de suite dénoncé France assos santé. « Il vaudrait mieux lutter contre les fraudeurs plutôt que punir tout le monde », regrette Gilles Loison.

    Si on sait déjà que 18 millions de Français ne seront pas concernés (mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), femmes enceintes), le secrétaire héraultais du Secours populaire s’inquiète des répercussions chez les plus fragiles. « Nous recevons des publics qui ne sont pas en capacité de se payer une mutuelle et qui parfois, faute de moyens, renoncent à des soins dentaires ou sur des lunettes alors qu’ils sont la porte d’entrée de la santé. »

    De son côté, Que choisir Ensemble craint que les complémentaires santé qui ont déjà augmenté leurs tarifs de 25% en 3 ans (selon une étude de cette association de consommateurs), ne répercutent encore la mesure sur ses tarifs. « Ce sera pour elles un prétexte », prévient Claude Gaubert. Selon le responsable communication montpelliérain de l’asso qui fêtera ses 50 ans en septembre, aucun patient n’a à gagner à s’enfermer dans une logique où le privé prend une part de plus en plus importante des soins. « Quand vous donnez 100 euros à la Sécu, il vous en revient 95. Et seulement 80 quand c’est une complémentaire santé qui doit rémunérer ses actionnaires. » Une logique aussi fustigée par Gilles Loison au Secours populaire. « On va vers des soins à deux vitesses avec une sorte de système à l’américaine. Ils veulent la mort du système de Sécu d’après guerre. »

    * Cancers, diabétiques, AVC, maladies psychiatriques, neurodégénératives, insuffisances cardiaques, rénales…

  • La Ligue contre le cancer alerte sur les risques des UV

    La Ligue contre le cancer alerte sur les risques des UV

    Objectif : sensibiliser le public aux dangers de l’exposition aux rayons UV, responsables de 100 000 cas de cancers de la peau, chaque année, en France. Un chiffre multiplié par trois entre 1990 et 2023. Sur la plage des Capucins, l’association a proposé gratuitement diverses animations : quiz, jeu de l’oie géant et chamboule-tout. Une façon de rappeler les bons réflexes à adopter au soleil : appliquer régulièrement de la crème solaire, porter des lunettes de soleil et un chapeau, et privilégier les zones ombragées.

    Fantine Lambey

  • À Martigues, le nouveau mammographe facilite la vie des patientes

    À Martigues, le nouveau mammographe facilite la vie des patientes

    Il s’appelle Siemens Mammomat B.brilliant, il trône en vedette de la salle d’examen, et s’apprête à changer la vie des patientes. C’est en tout cas l’ambition affichée par l’Hôpital de Martigues et le maire (PCF) Gaby Charroux lors de l’inauguration de ce mammographe mardi soir.

    Ce matériel permet de nouvelles possibilités d’imagerie moderne. Notamment la tomosynthèse, « une mammographie en trois dimensions qui permet une meilleure caractérisation des cancers » détaille la Dr. Hanifa Dorbani, radiologue. Mais aussi la macrobiopsie, soit « un prélèvement d’une microcalcification pas toujours visible à l’échographie » précise la radiologue. Et en cas de contre-indication à l’IRM, cet appareil permet une « angiomammographie avec injection de produit de contraste pour analyse fonctionnelle des lésions », d’après la médecin.

    Ces examens sont maintenant accessibles à tous, y compris aux personnes handicapées, notamment en fauteuil, comme le démontrent les manipulatrices radio en variant la hauteur de l’appareil. De plus, « la technologie plus récente permet de faire moins mal aux patientes grâce à une compression adaptée » des seins, avance l’une d’entre elles. Sa collègue renchérit : « Le but est que les dames soient moins traumatisées, qu’elles reviennent plus volontiers. » Les fleurs de cerisiers et papillons ajoutés aux murs par les agentes en attestent.

    La Dr Hanifa Dorbani explique que dorénavant, ce nouveau matériel permet « une sémiologie de proximité et une prise en charge totale pour les patientes ». C’est-à-dire qu’« à Martigues, les gens sont pris en charge du jour où on apprend le cancer au jour où on est en rémission », précise le président de la Ligue contre le cancer 13, Pierre Garosi.

    Un matériel à 287 000 €

    La Ligue a financé 200 000 euros, complétés par les 87 000 euros restants de l’Agence régionale de santé (ARS). « L’ambition est d’améliorer les chiffres de dépistage du cancer du sein » selon Delphine Hauptmann, directrice de l’ARS au niveau départemental, avançant qu’« une femme sur 4 participe au dépistage dans le département, la moyenne nationale étant d’1 sur 2 ».

    Le directeur de l’Hôpital de Martigues Loïc Mondoloni, l’assure : « Sans la Ligue et l’ARS, on n’en serait pas là. » « Ce saut technologique est important pour le territoire », poursuit-il, « il est de notre rôle d’avoir cette proximité », notamment « pour éviter les kilomètres et les embouteillages » pour aller à Marseille, surtout si on vient de Port-Saint-Louis.

    Le maire de Martigues Gaby Charroux ne cache pas son enthousiasme. « On veut le meilleur pour notre hôpital et on lutte pour la technologie, le personnel et les moyens financiers. » L’engagement de la Ville pour cet appareil a pu être redirigé vers un autre matériel grâce à un rajout des financeurs.

  • Pour sensibiliser au cancer du col de l’utérus, le mois de juin se met au vert

    Pour sensibiliser au cancer du col de l’utérus, le mois de juin se met au vert

    Avec 3 000 nouveaux cas recensés chaque année et 1 100 décès en France, le cancer du col de l’utérus est un véritable enjeu de santé publique. Aussi, plusieurs acteurs de la santé occitans – notamment l’ARS Occitanie, l’Assurance maladie ou encore le CHU de Nîmes – ont lancé l’opération « juin vert », une vaste campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du col de l’utérus.

    Causé principalement par les papillomavirus humains (HPV), qui se transmettent lors de rapports sexuels, le cancer du col de l’utérus est le seul à pouvoir être éradiqué par des dépistages précoces, capables de prévenir la maladie. « L’objectif est de réduire de 30% la mortalité et le nombre de cas d’ici 10 ans », souligne François Mengin Lecreulx, directeur de l’ARS Occitanie.

    Car la France est à la traîne en matière de dépistage. Alors que le seuil européen acceptable est fixé à 70%, seulement 60,9% des Françaises ont été dépistées en 2025. L’Occitanie fait un peu mieux avec 63,2%. Mais là encore, on observe des disparités géographiques entre départements : le Gard est au-dessus de la moyenne régionale (63,5% en 2024) tandis que l’Hérault récolte le bonnet d’âne (59,8%). Pourtant, un dépistage précoce permet d’éviter les drames. « Il est recommandé de réaliser un premier dépistage à 25 ans car l’infection HPV peut se faire très tôt, dès les premiers rapports sexuels – 80% des femmes ont été infectées au cours de leur vie. Or le temps entre l’infection et l’apparition des premières lésions cancéreuses est de 10 ans », insiste Pierre Mares, président du Centre régional de coordination du dépistage des cancers en Occitanie (CRCDC-OC) et gynécologue obstétricien au CHU de Nîmes.

    « Aller vers »

    le public éloigné

    Le chiffre médian de l’apparition du cancer étant de 52 ans, un dépistage à 25 ans peut donc permettre d’éradiquer la maladie. Proposé à toutes les femmes de plus de 25 ans et pris en charge à 100% par la Sécu, le dépistage est réalisé par un frottis tous les 1 à 3 ans pour les 25-29 ans puis par un test HPV tous les 3 à 5 ans pour les femmes de plus de 30 ans. Tout l’enjeu pour les professionnels de santé est d’aller chercher les publics éloignés des parcours santé et donc non dépistés. « La précarité joue sur le dépistage. On remarque aussi un décrochage sur une population plus vieille, ménopausée », soutient Noémie Aldigier, directrice adjointe CPAM de l’Hérault. « Il y a une vie après 65 ans, le dépistage ne doit pas s’arrêter », confirme Pierre Mares. La Sécu organise donc des événements de sensibilisation avec l’objectif « d’aller vers » le public concerné sur le terrain afin d’informer, d’accompagner dans la réalisation du dépistage. Aussi, des centres téléphoniques ont été mis en place où les agents contactent directement ces femmes éloignées des soins afin de les accompagner. Il n’y a pas que l’Assurance maladie qui met la main à la pâte. La ligue du cancer s’y attelle également. « Nous disposons d’un proxi-bus afin de sillonner le Gard pour rencontrer des femmes éloignées de l’accès aux soins. C’est une volonté d’y aller, y compris dans les quartiers prioritaires de la Ville, (QPV) », illustre Charlotte Voulouzan, directrice du comité du Gard de la Ligue contre le cancer.

    Cette campagne œuvre à une meilleure sensibilisation au dépistage, mais aussi à la vaccination contre les HPV, notamment pour un public jeune.

    Vacciner 80% des élèves de 5e d’ici 2030

    Dès 11 ans, les filles et les garçons peuvent recevoir deux injections du vaccin (trois injections pour les 15-26 ans). Cette vaccination peut se faire par le médecin traitant ou en milieu scolaire. Une manière de prévenir le virus, mais qui ne remplace en aucun cas le dépistage. « L’objectif est de vacciner 80% des 5e [onze ans] en 2030. Nous en sommes cette année à 51% des filles et 32% des garçons. On progresse d’année en année », avance François Mengin Lecreulx. le Gard et l’Hérault sont à la traîne avec 46,7% des Gardoises et 48,6% Héraultaises vaccinées contre 27,9% de Gardois et 30,7% d’Héraultais.

    Mais grâce au travail de terrain mené par les professionnels, ce chiffre devrait progresser.

  • Fracture sociale

    Fracture sociale

    Le cancer n’est pas seulement une affaire de santé, c’est aussi une question sociale. Longtemps perçue comme une maladie frappant sans distinction, la pathologie la plus meurtrière dans le pays révèle au contraire des fractures sociales profondes. L’étude de la Drees en apporte une démonstration implacable. Les plus modestes sont davantage exposés aux facteurs de risque, recourent moins au dépistage et sont plus souvent diagnostiqués à un stade avancé. Résultat : des formes plus graves, et des chances de survie plus faibles.

    Ce constat, les médecins le connaissent déjà. Sur le terrain, le cancérologue et élu (PCF) marseillais Anthony Gonçalves le confirme. Ce que les chiffres mettent aujourd’hui en évidence, les praticiens l’observent chaque jour : le cancer n’échappe pas aux déterminants sociaux. Il en est même l’un des révélateurs les plus douloureux.

    Enjeu politique

    Car ces inégalités ne relèvent pas du hasard. Elles sont le produit d’un accès inégal à l’information, à la prévention, et plus largement au système de soins. Lorsque certains se dépistent plus tôt et plus souvent, d’autres arrivent trop tard. Lorsque certains bénéficient d’un suivi régulier, d’autres renoncent, faute de moyens ou de repères.

    Derrière la maladie, c’est donc un enjeu politique majeur qui se dessine. Réduire les inégalités face au cancer suppose de sortir d’une approche strictement médicale pour investir pleinement le champ social : aller vers les publics les plus éloignés, renforcer les politiques de prévention et garantir un accès effectif aux soins. À défaut, la fracture ne pourra que se creuser davantage.

  • Une quatrième édition record en vue pour les 10 km de Marseille

    Une quatrième édition record en vue pour les 10 km de Marseille

    Après un retour remarqué l’an dernier, marqué par la participation de 3 500 coureurs après cinq ans d’absence, la quatrième édition des 10 km de Marseille s’annonce ambitieuse.

    À un peu plus de deux semaines de l’échéance, 3 200 personnes se sont déjà inscrites sur la plateforme Sport’N’Connect pour être sur la ligne de départ, le 12 avril. Près de 4 000 sont attendus, preuve de la notoriété grandissante de ce rendez-vous devenu incontournable dans la cité phocéenne. « C’est un immense plaisir pour nous d’être, le temps d’un week-end, les ambassadeurs de notre cher Marseille, cette ville qui possède tellement d’atouts, même si on la critique souvent », pointe Nathalie Lachiche, présidente de l’ASPTT Marseille, organisateur emblématique et club omnisports phare qui fêtera, l’année prochaine, ses 120 ans d’existence.

    Pour cette édition 2026, la présidente Lachiche compte bien sur les atouts du centre-ville pour attirer davantage de coureurs et de spectateurs. Au départ et à l’arrivée du Vieux-Port de Marseille, les participants auront une vue prenante sur les monuments incontournables de la cité phocéenne, à l’instar de l’Hôtel de Ville de Marseille, l’Ombrière du Vieux-Port, le Palais de la Bourse, le Mucem, la Villa Méditerranée et les voûtes de la Cathédrale Notre-Dame de la Major. En plein cœur des 2e et 3e arrondissements si chères à Gérard Azibi. « Depuis le début de notre mandat, on a toujours voulu développer d’autres activités sportives, sur le secteur, que la boxe et le football. On y est parvenu avec l’appui de l’ASPTT Marseille, qui s’est toujours impliquée en plus de la course », souligne l’actuel adjoint au sport du maire (PS), Anthony Krehmeier.

    Une boucle au lieu de trois

    L’année passée, les coureurs devaient faire trois fois le tour du parcours pour réaliser les 10 km attendus. Une expérience qui n’a pas été au goût de tous. « On a retenu toutes les remontées que nous ont fait à la fois les bénévoles pendant leur travail, mais aussi les coureurs, par les divers médias et tout ce qu’on a entendu dire, pour façonner cette nouvelle édition », relève Régine Rouard, présidente de la section athlétisme et triathlon à l’ASPTT Marseille, aux manettes de l’aspect technique de l’événement depuis deux ans. « Beaucoup de participants ont estimé qu’ils étaient trop serrés sur trois boucles. Et d’ailleurs, la Fédération française d’athlétisme (FFA) nous a dit que si on ne changeait pas le parcours cette année, la course ne serait pas labellisée. Ce qui aurait été préjudiciable pour notre événement », poursuit la passionnée de running, pleinement investie dans l’élaboration du tracé.

    Le circuit du 5 km tournera au niveau de la place de la Joliette, quand celui du 10 km remontera jusqu’au milieu de la montée du Capitaine Gèze, avec la présence inédite de coureurs d’allure – issus de la section athlétisme de l’ASPTT Marseille – afin de permettre aux participants de se fixer un objectif de temps. « C’est un parcours qui est très roulant et où on peut faire de bonnes performances, parce que c’est quasiment plat tout au long », note Régine, pour qui le plus important reste que les coureurs se fassent plaisir, tout en faisant attention à leur sécurité.

    Surtout que quelques binômes de non-voyants seront présents dans le peloton du 10 km. « Notre mission est d’ouvrir le sport à tous et pour tous », martèle Nathalie Lachiche, persuadée que le sport est un formidable levier d’insertion, d’inclusion et de remobilisation. « Nous croyons à la force du sport de transmettre des valeurs, la citoyenneté, le dépassement de soi, la confiance en soi, l’acceptation de l’autre, la tolérance, le respect, la rigueur, la discipline », ajoute-t-elle, en rappelant que la cause associée à cet événement sera, comme l’année dernière, la lutte contre le cancer. Un euro sur chaque dossard sera reversé à la Ligue contre le cancer.

  • Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    La camionnette « Au fil de la Ligue », garée sous le soleil de la place Jules Guesdes, à Marseille, a été inaugurée ce mardi, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer. Les représentants du projet ont coupé le ruban, ouvrant les routes des Bouches-du-Rhône à ce véhicule décoré à l’effigie de la Ligue contre le cancer.

    En ralliant trois communes par semaine, dans « les marchés, sur les plages ou dans les entreprises », la camionnette est un « nouvel outil pour aller là où sont les gens, les rencontrer dans leur lieu de vie » notamment « ceux qui manquent d’information, isolés », détaille Magali Maugeri, directrice générale de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône.

    En commençant par le marché de Gardanne le vendredi 6 mars, cet espace mobile de prévention parcourra le département, avec des missions de prévention et de dépistage. Avec une psychologue, une onco-esthéticienne et une médecin interne à son bord, les habitants pourront être sensibilisés à l’importance du dépistage, dans une région où le cancer est la première cause de mortalité. Pour Michelle Philip, retraitée et bénévole depuis 4 ans au sein de la Ligue, la camionnette « est magnifique, et va permettre d’aller au plus près des gens, partout », chose importante car « le cancer touche toutes les familles, tous les environnements possibles ».

    « Au plus près du dépistage »

    Le dépistage précoce d’un cancer permet très souvent un meilleur traitement, moins lourd et avec plus de chances de guérison. Or, sur les traitements des cancers du colon ou de la prostate, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur constate un retard de 20 à 25 points par rapport aux autres régions, en raison d’un « manque de prévention sur le dépistage, sur lequel il nous reste encore des choses à faire », insiste Renaud Muselier, président du conseil régional PACA. Ambition régionale donc que de travailler à une meilleure prévention, « faire en sorte d’être au plus près du dépistage ».

    Mais pour se faire dépister, il faut oser. La peur de connaître le diagnostic freine : un sondage réalisé par l’IFOP pour Biogroup à l’occasion d’octobre rose en 2025 montre qu’une personne sur deux interrogées redoute le dépistage, quand 12% renoncent à la démarche. Justement, Charlotte Douchet, responsable de la prévention au sein de la Ligue, affirme qu’il s’agit bien « d’être disponible, d’aller contre les peurs des personnes ». En se rendant dans « des lieux retirés ou populaires, pour aussi aller vers des personnes qui ont moins accès à l’information », la camionnette est une tentative de généraliser le dépistage dans le département.

    Ainsi, c’est avec le soutien de la première région française à avoir adopté un « Plan cancer » que la Ligue souhaite rendre accessible sa connaissance de la maladie. Déjà pionnière, la branche des Bouches-du-Rhône, qui accueille entre 650 et 700 personnes par mois dans ses centres, lutte notamment contre les déserts médicaux. La camionnette « Au fil de la ligue » rejoindra donc des communes isolées, dans lesquelles les rendez-vous médicaux sont parfois longs à obtenir.

    Rendre la santé mobile est une manière de généraliser l’accès au soin et à l’information. Si la camionnette n’a pas encore entamé son périple, Renaud Muselier est confiant : en 2020, la région avait développé une camionnette de vaccination et de tests Covid, qui avait « très bien fonctionné ». Selon lui, « pour un développement harmonieux de la région, il est nécessaire de lutter contre les déserts médicaux, d’aller vers les habitants dans les lieux où il y a moins de médecins ».

  • La Ligue contre le cancer lance un bus de prévention dans le Gard

    La Ligue contre le cancer lance un bus de prévention dans le Gard

    « Dans de nombreux territoires français et principalement le Gard, la participation au dépistage diminue. Que ce soit au niveau national ou local, le taux de dépistage organisé des cancers du sein, par exemple, est inférieur à 50%. Pourtant depuis 10 ans, le nombre d’actions de sensibilisation réalisées dans le cadre d’octobre rose ne cesse d’augmenter », observe le directeur du comité du Gard de la Ligue contre le cancer, Ricardo Dominguez.

    Pour lutter contre cette tendance, l’association a lancé, début septembre, un minibus de prévention qui va sillonner le Gard des Cévennes à la Camargue en proposant gratuitement et sans rendez-vous divers examens de prévention : dépistage des cancers du col de l’utérus, du sein, de la peau, colorectal, vaccination HPV… À bord, des professionnels de santé de santé du territoire concerné ou des intervenants conventionnés réalisent les examens ou remettent les kits nécessaires.

    « L’objectif est d’aller vers les publics les plus éloignés du système de santé et de réduire les inégalités territoriales d’accès à la prévention en amenant, par exemple, une sage-femme qui fait des frottis de dépistage des cancers du col de l’utérus là où il n’y en a pas ou bien où les délais sont trop longs  », illustre Ricardo Dominguez. « Nous voulons que personne ne renonce à un dépistage faute de moyens de transport ou de professionnels disponibles près de chez soi. Outre les zones rurales, nous nous rendrons également dans certains quartiers de Nîmes, en partenariat avec les centres sociaux ou les associations de quartier, pour toucher des populations dont on sait qu’elles se font très peu dépister ».

    Zones rurales et quartiers

    Déjà expérimenté lors de plusieurs Journées santé femmes, ce dispositif est porté par la Ligue contre le cancer du Gard en partenariat avec la CPAM, le CRCDC-Occitanie, la MSA, l’ARS et la Mutualité Française. Ce minibus est le deuxième déployé en France dans le cadre d’un programme initié par la Ligue nationale contre le cancer, « qui prévoit la mise en place d’une flotte de camionnettes de prévention dans des territoires spécifiquement en besoin. »

    Outre le volet dépistage, le minibus de proximité gardois proposera également, notamment à La Calmette et à Vauvert dans les prochaines semaines, du soutien psychologique pour les personnes qui ont ou ont eu un cancer ainsi que les soins d’une socio-esthéticienne, dont pourront également bénéficier les aidants.

    Les prochaines dates : 18 novembre, Bagnols-sur-Cèze : journée santé femmes ; 24 novembre, Alès : journée santé autonome (personnes à la rue) ; 4 décembre, Aigues-Vives : Journée santé femmes ; 11 décembre, Lézan : journée santé autonome

  • La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    Après l’hôpital de Salon-de-Provence, c’est au tour de l’hôpital de Martigues de se voir doter d’un mammographe neuf, en grande partie financé par la Ligue contre le cancer. Une bonne nouvelle, alors qu’Octobre rose (mois dédié à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein) vient de s’achever, que salue le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni : « Cet équipement d’imagerie médicale, destiné à détecter les tumeurs du sein, permet aussi de faire de la prévention et du dépistage, ce qui est un élément extrêmement important. Cette prise en charge existait déjà au centre hospitalier de Martigues. Ceci étant, les équipements arrivent à un niveau d’utilisation qui nécessite leur remplacement. Le niveau de précision du nouveau mammographe nous permettra d’utiliser à bon escient l’intelligence artificielle et l’imagerie virtuelle pour connaître le niveau d’atteinte de la patiente en cas de tumeur, et pour savoir s’il y a une suspicion éventuelle ou un niveau de fragilité. »

    Cet appareil dernier cri, d’un coût de 280 000 euros, financé à hauteur de 200 000 euros par la Ligue contre le cancer et de 80 000 euros par la Ville de Martigues, remplacera le précédent, qui datait de 2012. Si 13 années peuvent paraître peu à l’échelle d’une vie, dans le domaine médical, c’est un monde. L’évolution des technologies est un « sujet très important » pour les établissements, affirme Loïc Mondoloni. « Les équipements très onéreux comme les IRM ou les scanners doivent être renouvelés tous les sept ans, pour des montants qui peuvent aller de 600 000 euros à 1,5 million d’euros », illustre-t-il. Une exigence compliquée à honorer, alors les hôpitaux sont exsangues.

    Accompagnement et soins support

    Magali Maugeri, directrice de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, le concède : « On pallie les manques de l’État. » Cette année, le comité départemental de l’association a accordé plus de 900 000 euros au financement de la recherche et d’équipements médicaux, une somme record.

    « On le sait, l’argent manque », poursuit-elle. Pas seulement au plus haut niveau de l’État : « L’accompagnement financier qu’on propose aux familles touchées par la maladie devient de plus en plus récurrent, les gens sont pris à la gorge. Cette année, on va en aider plus de 480 à hauteur de 600 euros maximum. L’an dernier, elles étaient 320. »

    La Ligue contre le cancer propose aussi un accompagnement psychologique et social gratuit aux malades et aux aidants, avec des ateliers de sport adapté, une offre de soins de support et un accès à professionnels de santé et de bien-être. L’association tient des permanences au Pôle santé handicap de Martigues.

  • Toulon : les vertus du tri pour la planète et contre le cancer

    Toulon : les vertus du tri pour la planète et contre le cancer

    Depuis 2011, le Syndicat intercommunal de transport et le traitement des ordures ménagères de l’aire toulonnaise (Sittomat) s’engage aux côtés de la Ligue contre le cancer grâce au tri du verre. Pour chaque tonne de verre ménager collectée, le Sittomat reverse 1,30 euros sous forme de don.

    Au titre de l’année 2024, un chèque de 14 125 euros a été remis, ce mercredi matin, à l’association reconnue d’utilité publique. Un geste fort qui s’inscrit dans le cadre de la campagne Octobre rose, destinée à sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche. Ce montant correspondant aux 10 866 tonnes de verre triées par les habitants.

    En 13 ans, ce partenariat a permis de participer à hauteur de 125 418 euros à cette cause. « Un geste citoyen qui a du sens », souligne le Sittomat, et auquel les résidents doivent être sensibilisés, étant entendu que l’on peut aller encore plus loin en évitant de gaspiller cette « ressource précieuse » qui se recycle à l’infini, sans perte de qualité.

    Pour diminuer les coûts

    Le Sittomat rappelle donc que chaque bouteille, pot ou bocal déposé dans les conteneurs de tri à opercule vert affiche une double utilité. La première, et pas des moindres, étant de préserver l’environnement, sachant que c’est 0,5 tonne d’équivalent CO2 d’économisée par tonne de verre recyclé. La seconde, comme on le voit, est de contribuer à soutenir la recherche.

    Sans compter que c’est également bon pour le porte-monnaie, souligne Jean-Luc Vitran, le vice-président du Sittomat : « C’est important qu’on puisse sortir le verre des ordures ménagères, il y en a encore beaucoup trop, par rapport au poids qu’il représente et son incidence dans le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Donc mieux trier diminue les coûts. »

    Le président de la Ligue, Jean-Louis Wengling, a rappelé le rôle de l’association qui, outre le fait de récolter des dons et d’intervenir dans l’information et la prévention, notamment par les activités d’Octobre rose et de Mars bleu, représente également les patients dans les établissements. Il ajoute : « Notre mission est aussi de les aider à passer ce cap à travers les soins de support, mais aussi les commissions sociales qui nous permettent, sur des dossiers présentés par les assistantes sociales, d’apporter notre soutien en moyenne à 250-300 familles par an qui sont en difficulté à cause du cancer. »

    Son seul regret, concernant Octobre rose, est que, malgré la notoriété de l’événement, « il y a toujours 40% des femmes qui ne font pas de dépistage, alors qu’il permet la guérison du cancer du sein plus de 9 fois sur 10 ».