Tag: licenciement

  • Des salariés de la Ligue de l’enseignement en grève

    Des salariés de la Ligue de l’enseignement en grève

    Le 7 février, Sabrina Mahfoud « apprend avec surprise » que son poste d’animatrice famille au centre social Estaque-Bassin-de-Séon, qu’elle occupe depuis quinze ans, va être supprimé. Comme elle, trois autres postes, dans des centres sociaux que gère la Ligue de l’enseignement-Fail 13, seraient sur la sellette.

    Un mouvement de grève avait déjà eu lieu au centre social de l’Estaque, jeudi 12 mars, à l’initiative de la CGT Uspaoc. Cette fois-ci, une trentaine de salariés et de sympathisants « en colère et préoccupés par la disparition progressive des services », se sont réunis devant le siège social de la Ligue 13, dans le 5e.

    Contraintes budgétaires

    « Des solutions de reclassement » ont été proposées aux quatre salariés concernés par les suppressions de postes, mais « elles n’offrent pas les mêmes conditions », selon Nadia Lacheter, coordinatrice famille au centre social de l’Estaque. Des accompagnateurs à la scolarité (AIS), salariés de la Ligue 13, sont aussi en grève pour témoigner de leurs « conditions de travail très précaires ». Pour Alma, embauchée depuis trois ans, « la convention collective de l’animation et les contrats courts sous lesquels nous travaillons ne permettent pas de se projeter sereinement ». Elle ajoute : « Nous sommes solidaires des salariés licenciés, parce que s’il y a moins d’activités en centre social, ce sont moins d’activités proposées aux enfants que l’on accompagne. »

    Des grévistes ont été reçus dans l’après-midi par le délégué général de la Ligue 13, Karim Touche. Contactée, la direction n’a pas encore donné suite. Elle s’était exprimée, lors de la grève du 12 mars, en justifiant du « contexte économique et budgétaire contraint » et de « la fragilisation du secteur associatif », notamment dans le milieu de l’éducation populaire, qui l’amènent à « envisager ces décisions difficiles afin de préserver la pérennité de ses activités ». La Ligue a aussi rappelé être « pleinement attachée au dialogue social ».

  • Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Le centre social de l’Estaque en grève contre un plan de licenciement

    Devant le centre social Estaque Bassin de Séon, une trentaine de personnes se sont réunies à l’appel de la CGT Uspaoc jeudi 12 mars au matin. Les salariés, soutenus par des habitants du quartier, s’indignent de l’annonce de la suppression du poste d’animatrice famille dans l’établissement. Le centre social est l’un des quatorze que gère la Ligue de l’enseignement-Fail 13 à Marseille. En poste depuis quinze ans et élue du personnel, Sabrina Mahfoud raconte avoir été « très surprise » d’apprendre « dans un mail de convocation à une réunion du CSE » le 7 février que son poste était sur la sellette.

    Le désarroi des salariés et des habitants du quartier

    « On ne peut pas faire les choses comme ça ! », déplore Nadia Timricht, déléguée syndicale CGT Uspaoc et agente-secrétaire à la Ligue de l’enseignement 13 depuis 18 ans. Elle ajoute : « C’est une fédération qui prône des valeurs de solidarité. Mais la solidarité doit aussi s’appliquer aux salariés. »

    Une habitante de l’Estaque, retraitée et fidèle du centre social, s’inquiète : « Si le poste d’animatrice disparaît, qui va s’occuper de nos ateliers ? » Inauguré en 2013, le centre social était l’aboutissement d’un long combat qui avait mobilisé les riverains pour répondre aux besoins des familles et des enfants.

    Après une première vague de suppression de postes en 2025, six autres emplois seraient concernés en 2026. Nadia Lacheter, coordinatrice famille au centre social de l’Estaque, explique « soutenir les collègues des autres structures » mais qu’il est « difficile pour eux de se mettre en grève car cela représente une grosse perte de salaire ». Les employés demandent l’abandon du plan de licenciement et à « retrouver du bien-être dans leur travail, où on ne vient plus avec le sourire ».

    Contactée, la Ligue de l’enseignement 13 annonce avoir reçu la déléguée syndicale le 11 mars et rester « pleinement attachée au dialogue social ». Elle précise que les postes supprimés « résultent d’un contexte économique et financier particulièrement contraint » et qu’elle « travaille à trouver des solutions de reclassement pour les salariés concernés ».

  • Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, Société générale et Ubisoft : menace sur l’emploi dans l’Hérault

    Capgemini, la Société générale, Ubisoft. En moins d’une semaine, ces grandes sociétés ont fait part de leur volonté de se séparer de milliers de salariés. Le premier coup est venu de Capgemini, le 20 janvier. Le géant français des services informatiques a annoncé vouloir supprimer 2 400 postes sur les 35 000 que compte l’Hexagone. L’Hérault, où l’entreprise compte deux sites, est concerné. Une décision justifiée, selon la direction, par une mauvaise conjoncture économique et un besoin de restructuration des métiers liés à l’IA. « Mais cette conjoncture n’empêche pas Capgemini de continuer à verser des dividendes, de réaliser près de deux milliards de dollars de bénéfices pour [1,6 milliard d’euros] un chiffre d’affaires à peu près constant autour de 20 milliards de dollars [16,7 MD d’euros] », précise Benjamin Girard, délégué syndical CGT chez Capgemini. Et même si l’activité marque le pas en France – le groupe a perdu 5% de son chiffre d’affaires au cours des neuf premiers mois de 2025 – « cette baisse a déjà compensé car l’an dernier, les effectifs ont été diminués de 5 % », reprend le syndicaliste. Ce plan social déguisé prendrait la forme d’une rupture conventionnelle collective. Sur la trentaine de sites en France, Montpellier ne devrait pas y échapper. « Sauf qu’aujourd’hui, on n’a aucune visibilité sur les postes concernés. Si jamais ils n’arrivent pas à trouver le nombre de volontaires suffisants, on ne sait pas ce qu’il va se passer. Ils nous parlent aussi de mobilité interne, ce qui induit des changements de situation personnelle importants. D’autant que si le salarié refuse, cela peut conduire à un licenciement », dénonce Benjamin Girard. Chez Capgemini, on attend l’ouverture des négociations le 5 février avant de se mobiliser. « Nos revendications sont claires : zéro suppression de postes », prévient Benjamin Girard. Le groupe semble préférer faire ses emplettes avec la milice ICE de Trump.

    10 février, grève chez Ubisoft

    Incertitude aussi pour les salariés d’Ubisoft, qui vient d’annoncer 200 licenciements ainsi qu’un plan d’économie de 200 millions d’euros d’ici les trois prochaines années. Si les 200 emplois concernent le siège social, domicilié au Val-de-Marne, « certaines personnes rattachées au siège travaillent dans d’autres studios, comme ici, à Montpellier. C’est pour eux une énorme inquiétude », se désole Clément Montigny, délégué syndical STJV chez Ubisoft Montpellier. Quant au plan d’économies – qui intervient après un premier plan de 300 millions d’euros depuis 2023- laisse également les salariés dans la panade. Six jeux vidéo ont d’ores et déjà été annulés et la direction veut revenir sur le télétravail, point de crispation qui avait déjà mené à une grève en 2024. « Avec le retour en présentiel, les gens vont payer pour venir travailler. Mais nos salaires n’augmentent pas, on risque de perdre encore plus de gens », craint Clément Montigny. Les syndicats appellent donc à un large mouvement de grève, du 10 au 12 février -un rassemblement est prévu le 10 à Montpellier. « Une grève internationale, des pays étrangers devraient se joindre au mouvement », indique Clément Montigny.

    La rue devrait donc devenir le théâtre de mouvements sociaux auxquels pourraient bien participer les salariés de la Société générale. Leur direction vient d’annoncer 1 800 licenciements d’ici 2027.

    2 204 défaillances d’entreprises dans l’Hérault et le Gard

    Selon la Banque de France, l’Hérault et le Gard connaissent de fortes défaillances d’entreprises [ne plus être en capacité de rembourser ses dettes, Ndlr]. Au 9 janvier, on dénombrait 1 515 défaillances de novembre 2024 à novembre 2025. Le Gard n’est guère mieux loti puisqu’entre octobre 2024 et octobre 2025, on dénombre 689 défaillances d’entreprises.

  • À la CGT Énergie, la grève vire au grand rassemblement sur le site de Sormiou

    À la CGT Énergie, la grève vire au grand rassemblement sur le site de Sormiou

    C’est une sanction à l’encontre d’un gazier, « mis à la retraite d’office » qui a secoué les travailleurs de l’énergie sur le site de Cantini. L’onde de choc s’est amplifiée lorsqu’un électricien d’Enedis s’est vu traduit en conseil de discipline. Des menaces de licenciement jugées « arbitraires », par la CGT Énergie de Marseille, qui dénonce des mesures de répression au sein de ses entreprises.

    La réponse se veut à la hauteur des attaques. Elle est montée crescendo et atteint son point d’orgue ce 26 janvier, date à laquelle un des sanctionnés est convoqué à Lyon, avec un appel lancé à un grand rassemblement à 10h devant la station d’épuration du massif des calanques, dans le 9e arrondissement. L’affaire démarre brutalement, par un courrier reçu en main propre dans lequel « il est écrit noir sur blanc : j’envisage de vous infliger la mise en retraite d’office », explique Renaud Henry, secrétaire général CGT Énergie de Marseille, qui précise : « On lui reproche des foutaises ! ». Les gaziers de Cantini ont mis leur sacoche à terre durant deux jours en signe de contestation. Une déclaration de danger grave et imminent suit. Une seconde sanction tombe tout aussi sèchement sur un salarié d’Enedis également jugée injustifiée. Dont acte.

  • À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    À Marseille, les agents de l’énergie contre la « foutaise disciplinaire »

    « Pendant deux jours les agents ont déposé les sacoches et ont arrêté le travail car ils étaient choqués de la situation. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, résume l’état d’esprit des agents gaziers du site de Cantini à Marseille alors qu’un de leur collègue, et camarade, est visé par une procédure disciplinaire loin d’être anodine. « Mardi, la direction a remis à un agent un courrier en main propre dans lequel il est écrit noir sur blanc “J’envisage de vous infliger la mise en retraite d’office” », relate le syndicaliste.

    Un courrier dans le cadre d’un deuxième entretien préalable à sanction, mais la CGT dénonce « une foutaise disciplinaire » dans un tract bien senti. « On juge que c’est de la discrimination syndicale. La direction lui reproche des irritants, un terme du jargon GRDF, c’est-à-dire toutes les problématiques bénignes de l’agence, des choses que tous les agents font », précise Renaud Henry, sans rentrer dans les détails. En clair « des prétextes fallacieux et des raisons complètement infondées » qui visent un militant CGT.

    C’est surtout la potentielle « mise en retraite d’office », équivalent d’un licenciement pour les travailleurs au statut des Industries électriques et gazières (IEG) qui ne passe pas pour l’organisation syndicale. « On ne pensait pas que ça prendrait ces proportions. La mise en retraite d’office pour des faits aussi mineurs, ce n’est pas normal », tempête le secrétaire général. En tout cas, son syndicat en fait une affaire prioritaire et une question de principe. Il a réalisé une déclaration de danger grave et imminent (DGI) « pour risques psycho-sociaux » dans la foulée. Laquelle a été au menu d’un Comité social et économique extraordinaire, ce vendredi.

    « Un enjeu collectif »

    « Les agents du site sont tous anxieux. Ils craignent d’aller en conseil de discipline pour un oui ou pour un non. Dans le dossier disciplinaire du camarade ils ont tout et rien mis », poursuit Renaud Henry. Avant de marteler : « C’est un enjeu collectif qui va au-delà du cas du collègue : dans quelles conditions va-t-on travailler si l’on laisse passer une injustice pareille ? »

    Et la CGT compte passer à l’action rapidement, avec mobilisation et appel à la grève dans le viseur : « Ce mardi, on établit en assemblée générale un plan d’action et de lutte contre cette situation injuste. » Et ce, jusqu’à la convocation dudit agent, le 26 janvier prochain à Lyon…

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    La Marseillaise : Ce début d’année est marqué par le chaos international…

    Serge Ragazzacci : On a une situation globale qui est en train de dégénérer. On dénombre plus de 400 morts depuis le cessez-le-feu en Palestine. On voit bien qu’on a une situation de guerre qui continue un peu partout dans le monde autour des questions liées aux ressources, en Ukraine avec les métaux rares, au Venezuela avec le pétrole. On revient à des choses un peu basiques dans le capitalisme, avec des postures très coloniales, les menaces réaffirmées sur Cuba, le Groenland, qu’on est bien obligés de prendre au sérieux après l’enlèvement de Maduro. Il faut donc réaffirmer un message de paix et la nécessité de se mobiliser contre l’avancée de l’extrême droite dans le monde et dans notre pays. On voit malheureusement ce qu’il s’est passé aux USA, avec cette police ICE, l’assassinat de cette mère de famille, les images de chasse à l’homme, des choses qui doivent en faire rêver plusieurs chez nous.

    L’année 2025, d’un point de vue syndical, a été marquée par des luttes victorieuses, notamment sur les retraites…

    S.R. : Ce qu’on a gagné, c’est de maintenir cette question des retraites dans le paysage et de ne rien lâcher. Il y a eu des conséquences politiques et même si c’est symbolique, ce décalage existe. On peut construire dessus pour aller vers la progression. Donc c’est une bonne chose, mais surtout ce qui a marqué l’année 2025, ce sont les luttes dans les entreprises sur l’emploi, les salaires. On a constaté qu’on avait eu une activité soutenue parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait fait beaucoup d’actions, de formations. Il n’y a pas eu de relâchement, même si, peut-être, c’est moins visible de l’extérieur car il n’y a eu de grandes manifs.

    Néanmoins, on ne dénombre
    pas moins de 483 plans de licenciements en ce début d’année, il faut amplifier la lutte
     ?

    S.R. : C’est la grande question. Ça va bientôt faire un an que la CGT publie des éléments sur les plans sociaux en cours. Il faut arriver à enrayer le processus, même si on a pu avoir quelques victoires comme le rejet du PSE d’Auchan, le projet de la nationalisation d’Arcelor Mittal. Un certain nombre de luttes sont engagées et c’est sûrement un des grands enjeux de la séquence parce que notre pays est frappé, toujours dans le contexte international, par un déficit de souveraineté. Si on maintient la destruction de notre industrie, le pays va être complètement dépendant de ses approvisionnements en matériel. On l’a découvert en grand en 2020, mais rien n’a changé depuis. C’est ce qui fait le déficit de notre balance du commerce extérieur mais aussi ce qui crée notre dette au niveau de la planète et de la couche d’ozone. On a besoin de réindustrialiser le pays, ce qui veut dire commencer par éviter les grands plans de licenciement et les fermetures d’usines.

    Nationalisation, réindustrialisation, les idées syndicales progressent dans le débat public en 2026 ?

    S.R. : Il faut qu’on arrive d’une part à les partager davantage avec les autres formations syndicales et d’autre part que ce soit repris à la hauteur nécessaire par les formations politiques. Sur un certain nombre de sujets, je trouve que la gauche reste un peu timide. On a une offensive droitière pour revenir sur un ensemble de conquêtes sociales : les 35 heures, le 1er mai, etc. De l’autre côté, on a un peu du mal à trouver une accroche pour garantir quelques points d’appui pour le monde du travail. Par exemple, une nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures ; le CDI dans le privé et le statut dans le public redeviennent la norme parce qu’aujourd’hui il y a une forte précarité, une déréglementation. On doit retrouver un droit du travail qui protège et évite de mettre les gens en compétition non pas sur la qualité de leur travail mais sur le statut de leur contrat de travail. La question de l’augmentation des salaires et des pensions est essentielle. Il y a quand même des éléments structurants que le mouvement syndical a mis en évidence et qui doivent être repris beaucoup plus fortement dans le débat public et sans aucune retenue.

  • Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    « C’est officiel, nous sommes tous licenciés. » À la sortie de son entretien de pré licenciement, ce mercredi, Karima Malagouen, qui travaille depuis 15 ans au sein de l’hôtel Marseille centre gare saint Charles, est déçue mais reste déterminée. Après une semaine et demi, les casseroles et les slogans du piquet de grève des salariés de l’ex-Holiday inn, résonnent ce mercredi encore, malgré le froid, pour exiger de meilleures conditions pour leur licenciement.

    La mobilisation a débuté lundi 29 décembre, après que six salariés aient appris leur licenciement le lendemain de Noël pour des raisons économiques, selon la direction. Un mouvement de grève qui a poussé la directrice des ressources humaines du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel depuis trois ans, a rencontré quatre représentants vendredi dernier. Une réunion lors de laquelle les licenciements ont été confirmés (notre édition du 3 janvier).

    Des difficultés remises en question

    Ces mardi et mercredi, les salariés concernés ont eu leur entretien de pré-licenciement, où leur a été transmis un contrat de sécurisation professionnelle, que l’employeur est légalement tenu de proposer. « On a beau essayé de discuter avec eux, ils ne veulent rien entendre et nous disent que c’est économique », se désole Karima Malagouen, coordinatrice du petit-déjeuner. Une explication qui a toujours du mal à passer pour la salariée : « Ils ne nous ont rien donné pour prouver que l’hôtel était en difficulté. Ils nous l’ont juste dit à l’oral. » Une décision d’autant plus incompréhensible pour ces employés, que certains avaient reçu des félicitations pour leur travail quelques jours avant et que l’hôtel entame des gros travaux pour passer à quatre étoiles.

    Les négociations avec la direction sont toujours en cours et la grève est reconduite ce jeudi à 11h, et « tant qu’aucun accord de fin de conflit est obtenu et signé » affirme Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13.

  • Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Le bruit des casseroles du piquet de grève du personnel de l’hôtel Marseille Centre Gare Saint Charles (ex-Holiday Inn) s’entend depuis l’entrée de la gare de la ville, ce mardi.

    Après plus d’une semaine de mouvement avec la CNT-SO, la détermination des grévistes est intacte et n’est pas érodée par le froid glacial du jour. « On est toujours là malgré la météo. On ne baisse pas les bras », lance Karima Malagouen, responsable des petits-déjeuners de l’établissement, entre deux coups de casseroles. En lutte contre plusieurs menaces de licenciements pour de supposés motifs économiques, et malgré des débuts de discussions avec la direction du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel, il n’y a malheureusement rien de nouveau sous le soleil dans le conflit. « Ces tentatives de licenciements sont injustes et injustifiables donc on ne lâchera pas. On est ici depuis longtemps, on sait que l’hôtel va bien. De l’argent, il y en a. On a d’ailleurs eu deux fois de suite une prime de qualité, preuve de notre bon travail », tempête la salariée.

    Seul bougé notable : le début d’une série d’entretiens préalables à licenciement, comme annoncé dans notre édition du 06/01, avec une première salve ce mardi, et une autre mercredi. « On n’a pas eu de retours sur nos propositions dans le cadre des négociations. La direction ne revient pas sur sa volonté de licenciement. Les entretiens ne vont pas être faciles », précise Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13. D’où « une mobilisation spéciale », avec la remise de chèques de solidarité avec les grévistes, ce mercredi à 12 heures.

  • La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    Suite à l’annonce d’un licenciement économique de six salariés et non plus sept comme prévu initialement de l’hôtel Marseille Saint-Charles, une grève a débuté lundi. C’est dans ce contexte que la directrice des ressources humaines (DRH) du groupe Alboran, qui possède l’établissement, a rencontré quatre de leurs représentants, ce vendredi. La direction n’est pas revenue, lors de ce rendez-vous, sur ces six licenciements, qu’elle qualifie d’économique, d’après les syndicats. La grève est donc reconduite ce samedi, devant l’hôtel.

    Depuis lundi, les casseroles et les sifflets se font entendre dès que l’on s’approche de l’ex-hôtel Holiday Inn, face à la gare Saint-Charles, à Marseille. Accompagnés par leur syndicat, CNT-SO, les six salariés, qui ont appris leur licenciement le lendemain de Noël, réclament l’annulation de cette procédure. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner depuis 15 ans au sein de l’hôtel, a été la première à être au courant. C’est l’incompréhension pour la syndiquée à la CNT SO : « On nous jette sans prendre en compte notre ancienneté, sans nous proposer de solutions dans d’autres hôtels du groupe, ou des formations. » Pour le moment, seule elle et son collègue équipier Toufik Ghodbane, délégué syndical à la CNT SO, ont été officiellement informés de leur licenciement.

    Alors que la direction affirme qu’il s’agit de licenciement économique, les concernés refusent d’y croire et réclament l’accès aux dossiers comptables, qui justifierait ces licenciements. Malgré la réunion avec la DRH, aucun document comptable ne leur a été transmis. « Ils disent qu’il n’y a plus d’argent, mais ils font des travaux dans l’hôtel pour 5 millions d’euros », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical et équipier. Le 8 janvier doivent commencer ce chantier de plusieurs mois pour permettre à l’hôtel, propriété du groupe Alboran depuis janvier 2023, de devenir un quatre étoiles.

    Pour Karima Malagouen, c’est d’autant plus incompréhensible que l’hôtel est souvent complet. « Je participe aux réunions toutes les semaines. On est souvent complet, et les clients sont très satisfaits de notre travail ! » Danila Gomes, femme de chambre depuis 2019, ne comprend pas non plus cette décision : « Je ne vois pas comment ils vont faire pour nettoyer toutes les chambres sans nous, alors que l’on fait plein de choses : les chambres, mais parfois, on est équipier ou gouvernante. »

    Pour la coordinatrice de petit-déjeuner, c’est un moyen pour l’hôtel de baisser les salaires. « Ils me licencient car je coute cher, et ils réembaucheront quelqu’un a un salaire beaucoup plus bas », suppose-t-elle. La grève est donc reconduite ce samedi. « On n’arrêtera pas la grève, parce que c’est le seul outil qu’on a », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical.

    Contacté, le groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    « Rien ne justifie cette décision. L’année dernière, on a fini à plus 7% de bénéfices. Ici, nous sommes la quatrième usine sur les neuf de France  », indiquait Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Malgré de fortes mobilisations – 1 000 personnes le 1er-Mai, 3 000 en juillet – et le soutien de personnalités (Sophie Binet, François Ruffin, Vincent Bouget), la direction n’a rien voulu entendre et les négociations ont échoué. Le site a alors été bloqué par les grévistes en octobre avant qu’OI n’annonce la fermeture définitive du four, signant la fin d’un autre fleuron industriel gardois. Sans candidat sérieux, les chances d’un repreneur s’amenuisent de jour en jour. Un temps cité, Nestlé pourrait faire l’affaire. Mais empêtré dans ses scandales sanitaires avec Perrier, l’option semble incertaine.