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  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    La Marseillaise : Ce début d’année est marqué par le chaos international…

    Serge Ragazzacci : On a une situation globale qui est en train de dégénérer. On dénombre plus de 400 morts depuis le cessez-le-feu en Palestine. On voit bien qu’on a une situation de guerre qui continue un peu partout dans le monde autour des questions liées aux ressources, en Ukraine avec les métaux rares, au Venezuela avec le pétrole. On revient à des choses un peu basiques dans le capitalisme, avec des postures très coloniales, les menaces réaffirmées sur Cuba, le Groenland, qu’on est bien obligés de prendre au sérieux après l’enlèvement de Maduro. Il faut donc réaffirmer un message de paix et la nécessité de se mobiliser contre l’avancée de l’extrême droite dans le monde et dans notre pays. On voit malheureusement ce qu’il s’est passé aux USA, avec cette police ICE, l’assassinat de cette mère de famille, les images de chasse à l’homme, des choses qui doivent en faire rêver plusieurs chez nous.

    L’année 2025, d’un point de vue syndical, a été marquée par des luttes victorieuses, notamment sur les retraites…

    S.R. : Ce qu’on a gagné, c’est de maintenir cette question des retraites dans le paysage et de ne rien lâcher. Il y a eu des conséquences politiques et même si c’est symbolique, ce décalage existe. On peut construire dessus pour aller vers la progression. Donc c’est une bonne chose, mais surtout ce qui a marqué l’année 2025, ce sont les luttes dans les entreprises sur l’emploi, les salaires. On a constaté qu’on avait eu une activité soutenue parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait fait beaucoup d’actions, de formations. Il n’y a pas eu de relâchement, même si, peut-être, c’est moins visible de l’extérieur car il n’y a eu de grandes manifs.

    Néanmoins, on ne dénombre
    pas moins de 483 plans de licenciements en ce début d’année, il faut amplifier la lutte
     ?

    S.R. : C’est la grande question. Ça va bientôt faire un an que la CGT publie des éléments sur les plans sociaux en cours. Il faut arriver à enrayer le processus, même si on a pu avoir quelques victoires comme le rejet du PSE d’Auchan, le projet de la nationalisation d’Arcelor Mittal. Un certain nombre de luttes sont engagées et c’est sûrement un des grands enjeux de la séquence parce que notre pays est frappé, toujours dans le contexte international, par un déficit de souveraineté. Si on maintient la destruction de notre industrie, le pays va être complètement dépendant de ses approvisionnements en matériel. On l’a découvert en grand en 2020, mais rien n’a changé depuis. C’est ce qui fait le déficit de notre balance du commerce extérieur mais aussi ce qui crée notre dette au niveau de la planète et de la couche d’ozone. On a besoin de réindustrialiser le pays, ce qui veut dire commencer par éviter les grands plans de licenciement et les fermetures d’usines.

    Nationalisation, réindustrialisation, les idées syndicales progressent dans le débat public en 2026 ?

    S.R. : Il faut qu’on arrive d’une part à les partager davantage avec les autres formations syndicales et d’autre part que ce soit repris à la hauteur nécessaire par les formations politiques. Sur un certain nombre de sujets, je trouve que la gauche reste un peu timide. On a une offensive droitière pour revenir sur un ensemble de conquêtes sociales : les 35 heures, le 1er mai, etc. De l’autre côté, on a un peu du mal à trouver une accroche pour garantir quelques points d’appui pour le monde du travail. Par exemple, une nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures ; le CDI dans le privé et le statut dans le public redeviennent la norme parce qu’aujourd’hui il y a une forte précarité, une déréglementation. On doit retrouver un droit du travail qui protège et évite de mettre les gens en compétition non pas sur la qualité de leur travail mais sur le statut de leur contrat de travail. La question de l’augmentation des salaires et des pensions est essentielle. Il y a quand même des éléments structurants que le mouvement syndical a mis en évidence et qui doivent être repris beaucoup plus fortement dans le débat public et sans aucune retenue.

  • Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    « C’est officiel, nous sommes tous licenciés. » À la sortie de son entretien de pré licenciement, ce mercredi, Karima Malagouen, qui travaille depuis 15 ans au sein de l’hôtel Marseille centre gare saint Charles, est déçue mais reste déterminée. Après une semaine et demi, les casseroles et les slogans du piquet de grève des salariés de l’ex-Holiday inn, résonnent ce mercredi encore, malgré le froid, pour exiger de meilleures conditions pour leur licenciement.

    La mobilisation a débuté lundi 29 décembre, après que six salariés aient appris leur licenciement le lendemain de Noël pour des raisons économiques, selon la direction. Un mouvement de grève qui a poussé la directrice des ressources humaines du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel depuis trois ans, a rencontré quatre représentants vendredi dernier. Une réunion lors de laquelle les licenciements ont été confirmés (notre édition du 3 janvier).

    Des difficultés remises en question

    Ces mardi et mercredi, les salariés concernés ont eu leur entretien de pré-licenciement, où leur a été transmis un contrat de sécurisation professionnelle, que l’employeur est légalement tenu de proposer. « On a beau essayé de discuter avec eux, ils ne veulent rien entendre et nous disent que c’est économique », se désole Karima Malagouen, coordinatrice du petit-déjeuner. Une explication qui a toujours du mal à passer pour la salariée : « Ils ne nous ont rien donné pour prouver que l’hôtel était en difficulté. Ils nous l’ont juste dit à l’oral. » Une décision d’autant plus incompréhensible pour ces employés, que certains avaient reçu des félicitations pour leur travail quelques jours avant et que l’hôtel entame des gros travaux pour passer à quatre étoiles.

    Les négociations avec la direction sont toujours en cours et la grève est reconduite ce jeudi à 11h, et « tant qu’aucun accord de fin de conflit est obtenu et signé » affirme Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13.

  • Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Pas d’avancées mais des entretiens dans le bras de fer de l’ex-Holiday Inn

    Le bruit des casseroles du piquet de grève du personnel de l’hôtel Marseille Centre Gare Saint Charles (ex-Holiday Inn) s’entend depuis l’entrée de la gare de la ville, ce mardi.

    Après plus d’une semaine de mouvement avec la CNT-SO, la détermination des grévistes est intacte et n’est pas érodée par le froid glacial du jour. « On est toujours là malgré la météo. On ne baisse pas les bras », lance Karima Malagouen, responsable des petits-déjeuners de l’établissement, entre deux coups de casseroles. En lutte contre plusieurs menaces de licenciements pour de supposés motifs économiques, et malgré des débuts de discussions avec la direction du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel, il n’y a malheureusement rien de nouveau sous le soleil dans le conflit. « Ces tentatives de licenciements sont injustes et injustifiables donc on ne lâchera pas. On est ici depuis longtemps, on sait que l’hôtel va bien. De l’argent, il y en a. On a d’ailleurs eu deux fois de suite une prime de qualité, preuve de notre bon travail », tempête la salariée.

    Seul bougé notable : le début d’une série d’entretiens préalables à licenciement, comme annoncé dans notre édition du 06/01, avec une première salve ce mardi, et une autre mercredi. « On n’a pas eu de retours sur nos propositions dans le cadre des négociations. La direction ne revient pas sur sa volonté de licenciement. Les entretiens ne vont pas être faciles », précise Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13. D’où « une mobilisation spéciale », avec la remise de chèques de solidarité avec les grévistes, ce mercredi à 12 heures.

  • La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    Suite à l’annonce d’un licenciement économique de six salariés et non plus sept comme prévu initialement de l’hôtel Marseille Saint-Charles, une grève a débuté lundi. C’est dans ce contexte que la directrice des ressources humaines (DRH) du groupe Alboran, qui possède l’établissement, a rencontré quatre de leurs représentants, ce vendredi. La direction n’est pas revenue, lors de ce rendez-vous, sur ces six licenciements, qu’elle qualifie d’économique, d’après les syndicats. La grève est donc reconduite ce samedi, devant l’hôtel.

    Depuis lundi, les casseroles et les sifflets se font entendre dès que l’on s’approche de l’ex-hôtel Holiday Inn, face à la gare Saint-Charles, à Marseille. Accompagnés par leur syndicat, CNT-SO, les six salariés, qui ont appris leur licenciement le lendemain de Noël, réclament l’annulation de cette procédure. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner depuis 15 ans au sein de l’hôtel, a été la première à être au courant. C’est l’incompréhension pour la syndiquée à la CNT SO : « On nous jette sans prendre en compte notre ancienneté, sans nous proposer de solutions dans d’autres hôtels du groupe, ou des formations. » Pour le moment, seule elle et son collègue équipier Toufik Ghodbane, délégué syndical à la CNT SO, ont été officiellement informés de leur licenciement.

    Alors que la direction affirme qu’il s’agit de licenciement économique, les concernés refusent d’y croire et réclament l’accès aux dossiers comptables, qui justifierait ces licenciements. Malgré la réunion avec la DRH, aucun document comptable ne leur a été transmis. « Ils disent qu’il n’y a plus d’argent, mais ils font des travaux dans l’hôtel pour 5 millions d’euros », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical et équipier. Le 8 janvier doivent commencer ce chantier de plusieurs mois pour permettre à l’hôtel, propriété du groupe Alboran depuis janvier 2023, de devenir un quatre étoiles.

    Pour Karima Malagouen, c’est d’autant plus incompréhensible que l’hôtel est souvent complet. « Je participe aux réunions toutes les semaines. On est souvent complet, et les clients sont très satisfaits de notre travail ! » Danila Gomes, femme de chambre depuis 2019, ne comprend pas non plus cette décision : « Je ne vois pas comment ils vont faire pour nettoyer toutes les chambres sans nous, alors que l’on fait plein de choses : les chambres, mais parfois, on est équipier ou gouvernante. »

    Pour la coordinatrice de petit-déjeuner, c’est un moyen pour l’hôtel de baisser les salaires. « Ils me licencient car je coute cher, et ils réembaucheront quelqu’un a un salaire beaucoup plus bas », suppose-t-elle. La grève est donc reconduite ce samedi. « On n’arrêtera pas la grève, parce que c’est le seul outil qu’on a », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical.

    Contacté, le groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    « Rien ne justifie cette décision. L’année dernière, on a fini à plus 7% de bénéfices. Ici, nous sommes la quatrième usine sur les neuf de France  », indiquait Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Malgré de fortes mobilisations – 1 000 personnes le 1er-Mai, 3 000 en juillet – et le soutien de personnalités (Sophie Binet, François Ruffin, Vincent Bouget), la direction n’a rien voulu entendre et les négociations ont échoué. Le site a alors été bloqué par les grévistes en octobre avant qu’OI n’annonce la fermeture définitive du four, signant la fin d’un autre fleuron industriel gardois. Sans candidat sérieux, les chances d’un repreneur s’amenuisent de jour en jour. Un temps cité, Nestlé pourrait faire l’affaire. Mais empêtré dans ses scandales sanitaires avec Perrier, l’option semble incertaine.

  • [Rétro 2025] Gard : clap de fin pour Solvay et ses 64 salariés

    [Rétro 2025] Gard : clap de fin pour Solvay et ses 64 salariés

    Salindres a été sous le feu des projecteurs en cette année 2025. En effet, l’usine chimique Solvay – qui produit du TFA, le plus petit des per- et polyfluoroalkylées (Pfas) – avait annoncé fin 2024 sa volonté de fermer son site gardois, mettant sur le carreau les 64 salariés dont certains y travaillaient depuis une vingtaine d’années. Un exemple de plus de casse industrielle frappant un département déjà durement touché par la désindustrialisation. Pourtant, les salariés ont lutté tout au long de l’année pour tenter de stopper l’engrenage. Bien que le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ait été signé par l’intersyndicale (composée de la CGT, la CFDT et CFE-CGC) – prévoyant entre autres une compensation de 40 000 euros et un congé de reclassement de 15 mois – et validé par la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) le 21 janvier, la bataille s’est finalement menée sur les terrains sanitaire et environnemental.

    Car beaucoup pointent la dangerosité du TFA. Aussi bien du côté des associations écolos comme Générations Futures ou le collectif Gard-eau-Pfas, qui ont réalisé des prélèvements autour de Salindres montrant une forte contamination de l’eau au TFA aux alentours que de l’ARS, qui a décidé de se saisir de la question en organisant ses propres prélèvements. Des analyses qui ont provoqué la fureur des salariés, se sentant encore plus abandonnés par la direction. À l’instar de Jean-Pierre Tosi, opérateur sur le site depuis 2001 et en arrêt maladie depuis deux ans. « J’ai une maladie auto-immune qui s’attaque à mes reins. (…) Quand la maladie s’est déclenchée, j’ai été hospitalisé un mois à Nîmes. Certains médecins me disaient que c’était à cause des produits chimiques que j’avais respirés et d’autres étaient moins catégoriques », soutient le salarié dans les colonnes de la Marseillaise. D’autant que son cas est loin d’être isolé : son père et son oncle, tous deux travaillant également à Solvay, sont décédés d’un cancer.

    Mais les salariés n’auront jamais réussi à faire flancher une direction refusant de payer des tests médicaux. Après un blocage d’accès au site, celle-ci a finalement accepté de garder une vingtaine de salariés, dont une douzaine du Groupement d’intérêt économique. Le 28 mars, la plus grande vague de départs avait lieu, marquant la fin d’une histoire. Puis les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. En juillet, l’Inspection du travail a confirmé le licenciement pour motif économique de salariés protégés, exerçant des fonctions représentatives. « Les derniers salariés sont donc licenciés », soupirait Damien Orly, délégué CGT à Solvay. Pourtant, le TFA est, lui, toujours présent.
    Louis Dupin

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.

  • Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    Ultime journée pour les Galeries Lafayette

    La fermeture avait été annoncée en janvier et prendra effet dès ce samedi 18h : les Galeries Lafayette marseillaises tirent définitivement leur rideau, un mois après le début de la liquidation de la marchandise. Les 145 personnes qu’employaient l’enseigne seront toutes licenciées dans la foulée. « Les Galeries n’avaient plus le prestige qu’elles ont pu avoir à l’époque, note Yacine, employé depuis un an et demi dans le magasin du Centre Bourse (1er). Et puis les habitudes changent, les gens achètent sur internet ou dans des magasins plus discount, ça ne me choque pas, c’est la demande qui évolue ». Il envisage une reconversion, dans la santé, « brancardier peut-être ». Les 145 salariés seront accompagnés par un cabinet de conseil pour mieux envisager leur avenir professionnel.

    La fin d’une époque

    Autour de Yacine, les rayons sont bien vides. Quelques articles se vendent encore, bradés jusqu’à 70%. Restent les marques qui ne « participent pas à la liquidation » : Chabrand, Lacoste et plusieurs autres exposent encore leurs articles, plein pot. à l’étage, les couloirs sont déserts. Morgan, Tommy Hilfiger, Boss, Dockers, Guess : il ne reste que les logos de ces géants du prêt à porter, dont les étals ne présentent plus une chemise. « ça fait peur quand même », souffle une cliente. Deux portants Diesel sont encore installés à l’entrée où se vendent des jeans en promo. « Bien sûr qu’on est tristes, on vient depuis l’ouverture, tonne une habituée en entrant. Quand on est du quartier, on connaît bien les lieux ! ». Patrick Durand, lui aussi fidèle de l’enseigne, voit dans cette fermeture le symbole d’un appauvrissement de la ville. « Je viens depuis que je suis gamin, j’étais là dès 77 quand ça s’appelait encore les nouvelles galeries. ça représentait quelque chose… ça ferme parce que les gens n’ont plus assez d’argent pour consommer ici », s’indigne-t-il.

    Un centre-ville moins attractif ?

    Dans une étude publiée en 2024, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Aix-Marseille établit un bilan mitigé sur l’évolution de l’attractivité du centre-ville. Alors que le taux de vacance moyen est évalué à 15% dans la zone commerciale historique, soit 4 points de plus que la moyenne nationale, l’étude constate une légère amélioration sur le secteur Vieux-Port (2e), avec un passage de 13 à 11% de vacance entre 2019 et 2024. Un périmètre qui confirme donc son positionnement convivial et festif, malgré des signes de faiblesse notés sur le Quai du Port, en lien avec un turn over important. La rue Paradis conserve, elle, son statut de première de la classe, affichant un taux de vacance à 6% et étant évaluée comme « l’axe commercial le plus dynamique ». Sur les 212 commerçants interrogés lors de l’enquête, 52% assurent constater une baisse de chiffre d’affaires, allant parfois jusqu’à moins 30%.

    Informations sur la reprise des Galeries Lafayette, dans la Rue de la République avec Benoît Payan dans nos pages.

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.

  • Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    « Cest un compromis qui n’est pas trop mal », lance Yohan Goupille, le délégué syndical CGT qui a mené les discussions avec la direction d’Owens Illinois aux côtés de FO et la CFE-CGC. Les dernières discussions avec la multinationale américaine se sont donc déroulées à Lyon les 20 et 21 octobre derniers et ont permis aux syndicats d’arracher encore quelques avancées.

    « Au niveau des indemnités supra-légales, nous avons obtenu 25 000 euros nets d’impôt pour ceux qui ont moins de 20 ans de boîte et 20 000 euros pour ceux qui ont plus de 20 ans d’ancienneté », détaille le syndicaliste. « Il y a une différence pour tenter de rétablir un peu d’équité par rapport à l’indemnité de licenciement qui est basée sur l’ancienneté. Ensuite sur le congé de reclassement, il y en a plusieurs à Vergèze. Pour les moins de 50 ans, ce sera 16 mois pour les salariés sans formation de reconversion et 18 mois pour ceux qui suivent une formation. Pour les plus de 50 ans, ce sera 22 mois et 24 mois. On a essayé d’avoir 24 mois pour tout le monde mais on n’a pas réussi. Nous avons aussi obtenu des reclassements rapides pour que les jeunes puissent retrouver du boulot plus rapidement et puissent sortir avec une prime en plus ».

    Jeudi 23 octobre, les organisations syndicales ont tout de même rendu un avis défavorable à ce PSE pour continuer à marquer leur opposition à la fermeture du site. Mais tous étaient plutôt satisfaits des concessions arrachées par les syndicats. Désormais, les salariés vont devoir s’organiser au jour le jour puisqu’aucun calendrier précis n’est établi. Ils savent uniquement que le PSE prendra fin le 31 octobre. Ils recevront ensuite une lettre de licenciement, qui ne sera pas effectif avant les premiers jours de janvier 2026. D’ici là, un repreneur a encore deux mois pour manifester son intention de relancer l’activité sur le site de la verrerie. Durant cette période, la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) doit valider ou non le plan social et les licenciements pour raison économique. Même si le site gagnait de l’argent l’an dernier, les syndicats n’imaginent pas l’instance s’opposer à cette fermeture. « Vu notre gouvernement et ses orientations, la Dreets va le valider. Depuis le début de l’année, aucun plan de licenciements n’a été retoqué par les Dreets. Parfois ils reviennent sur quelques petits points mais jamais sur le plan en lui-même  », fustige Yohan Goupille.

    Entre désarroi et colère

    Depuis le perçage du four à la mi-octobre, lançant de fait la fin de la fabrication de bouteilles à Vergèze, les salariés sont partagés entre tristesse et colère. Et depuis l’arrêt définitif du four, puisque les dernières gouttes de verre ont été vitrifiées et le four a été complètement refroidi, ils ne sont plus très nombreux à revenir sur le site. « De jour en jour, il y a moins de monde. Ceux qui ont la formation d’équipier de seconde intervention sont restés parce qu’ils ont été formés à la sécurité incendie. Ils sont 5-6 par équipe à tourner. La direction a établi un ordre de présence jusqu’au lundi 27 octobre », précise Bruno Santiago, également responsable syndical CGT. « Même nous, les élus, nous allons tourner. Nous sommes 12 élus à la CGT, nous allons faire deux groupes de 6 pour rester sur le site. Mais on ne va pas être là toute la journée alors qu’il n’y a rien à faire  », ajoute Yohan Goupille.

    Plus les jours avancent, plus le site se met en veille. Les installations électriques sont arrêtées les unes après les autres, les compresseurs ont été stoppés, l’unité de production d’oxygène aussi, et toutes les machines de contrôle ont été éteintes. Condamnés à passer encore quelques heures au milieu de ce site, considéré il y a encore quelques semaines comme un fleuron de l’industrie gardoise, les salariés sont gagnés par la mélancolie et la résignation. « Il n’y a plus un bruit dans l’usine et ça devient très stressant. Les gens sont assis sur une chaise ou marchent pour se dégourdir les jambes mais ils ne font rien. La direction fait donc venir du personnel alors que ce n’est pas nécessaire. Les salariés sont là pour la sécurité au cas où il y aurait un feu mais je ne vois pas d’où pourrait venir le feu puisque le four est arrêté », regrette Bruno Santiago qui doit rencontrer la direction prochainement pour la convaincre de mettre les salariés en indisponibilité totale jusqu’à leur licenciement.