Le centre-ville d’Aix-en-Provence n’échappe pas à la fermeture silencieuse de ses commerces. Récemment, l’épicerie solidaire Yapagaspi a baissé le rideau. Le cœur d’Aix a aussi vu Boulanger, mastodonte de l’électroménager quitter le Boulevard des Belges. Plus tôt dans l’année, la Librairie indépendante le Lagon Noir s’en allait. Plusieurs fois, notamment en conseil municipal, la faute aux loyers commerciaux coûteux a régulièrement été pointée du doigt. La Ville, ayant pourtant instauré, dès 2023, un droit de préemption commercial dans plusieurs zones de la Capitale de Provence. Marc Pena, député PS de la 11e circonscription et élu d’opposition, estime que ce sont « 30 % des commerces qui ont fermé (ces dernières années). La diversité se perd, les commerces sont souvent éphémères. Ce qui ne marche pas, ce sont les loyers. Pourtant l’activité, à Aix, n’est pas nulle, il y a des consommateurs pour tout. » Côté commerçants, les causes aux fermetures et difficultés sont diverses : économie nationale, loyers, aussi, beaucoup l’absence de parkings… « Bien sûr que le loyer prend une part importante du chiffre, mais ce qui prend une part beaucoup plus importante par rapport à la productivité, c’est les salaires, explique Sandrine Ratier, gérante de la boutique Artyana et secrétaire générale de l’Association des commerçants du centre-ville. Mais aussi la suppression des exonérations pour les charges des apprentis. » Selon elle, si, depuis le second semestre 2024 la situation commerçante s’est « compliquée », un « élan » économique peut être attendu dans les semaines à venir.
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À Marseille, une deuxième librairie ciblée par l’extrême droite en une semaine
Quatre jours après la librairie Transit, c’est cette fois la librairie-jardinerie Les Sauvages, dans le quartier des Cinq-Avenues (4ᵉ arr.) qui a été ciblée par l’extrême-droite.
Ainsi, ce vendredi 5 décembre au matin, ses équipes ont-elles découvert à leur tour une croix celtique taguée sur leur rideau. «Nous ne nous laisserons pas intimider par ces actes menaçants et violents, et invitons nos confrères, nos partenaires, élus et citoyens à prendre conscience de cette menace grandissante», réagit la librairie face à cette attaque.
De quoi alerter l’association Librairie du Sud. «Depuis plusieurs mois, des librairies indépendantes, partout en France, sont intimidées et parfois vandalisées en raison de leurs choix éditoriaux et des opinions qu’elles défendent, réagit le réseau dans un communiqué ce vendredi. Ces attaques menacent directement la liberté d’expression, la diversité éditoriale et la sécurité des librairies.»
Et de réaffirmer sa solidarité avec ces librairies visées, rappelant que la librairie indépendante est un lieu de débats, d’idées et de rencontres, qui ne doit «jamais être sanctionnée ou menacée pour ses choix».
Condamnations politiquesLe député (L’Après) de la circonscription, Hendrik Davi, a lui aussi apporté son soutien, et appelle à rester mobilisé «face à la fascisation et aux intimidations», tout comme l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola, qui rappelait la veille que «la défense de l’indépendance des librairies et des maisons d’édition est un devoir sacré qui transcende les clivages politiques».
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La der de Achdé au festival de la BD
Lucky Luke et Jolly Jumper quittent le Far West pour la Cité des Papes ce week-end à l’occasion de la 7e édition du Festival de la bande dessinée d’Avignon.
« Vingt-cinq illustrateurs et auteurs de BD seront dans l’hôtel de ville avec pas moins de 10 000 visiteurs attendus ces samedi 29 et dimanche 30 novembre, de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h. Avec la volonté d’une édition apothéose », comme le confie la première magistrate (PS) d’Avignon, Cécile Helle. Parmi les artistes présents ce week-end, Achdé, illustrateur de Lucky Luke de 2004 à 2024, pour qui ce sera le dernier festival d’après les organisateurs. Ou encore Enrico Marini, qui signera exceptionnellement une trentaine d’œuvres pour l’événement, et Marc Bourgne, dessinateur de Michel Vaillant. « On a voulu mélanger tous les genres avec des auteurs qui ont permis à la BD d’exploser. Souvent, les gens ne connaissent pas directement les artistes mais connaissent les personnages », précise Frédéric Ranchin, président du Festival, qui se réjouit de l’entrée de l’événement dans les cinq plus gros rendez-vous du 9e art dans l’Hexagone. « Demandez au concierge de la mairie. Dès cinq heures du matin, les férus de BD, qu’on connaît tous au fil des éditions, sonnent pour être les premiers », sourit l’organisateur, qui attend entre 10 000 et 12 000 visiteurs tout au long du week-end.
Taille humaine
La taille et l’aspect plus humain et familial du Festival sont également mis en avant, avec « le choix de bien accueillir les dessinateurs et auteurs, qui est devenu notre marque de fabrique et c’est une satisfaction. Notamment avec le débat actuel autour du Festival d’Angoulême », lance Cécile Helle. « On avait beaucoup de demandes et on a dû faire des choix sur les auteurs car on n’a ni le budget, ni les structures pour pouvoir en accueillir plus. Cela montre bien qu’Avignon compte dans le milieu », poursuit Frédéric Ranchin. Et cela permet aussi aux librairies locales, qui tiendront aussi des stands, de faire le plein.
L’entrée est gratuite lors des deux jours. Plus d’informations sur avignon.fr.
