La Marseillaise : Vous montrez que le son produit par un poisson – « Argyrosomus japonicus » – nous le rend plus impressionnant, intelligent et sensible. Est-ce que vous vous attendiez à un tel effet du son ?
Anne-Sophie Tribot : Cela confirme ce que j’avais pu tester de manière informelle lors d’activités de médiation auprès du public dans des aquariums : quand nous faisions écouter des sons aux visiteurs, cela suscitait de l’étonnement, de la curiosité et faisait travailler l’imagination. Nous savons que les sons émis par les animaux peuvent générer de l’affect positif. C’est bien documenté chez les oiseaux.
Qu’est-ce qui provoque cette réaction ?
A.-S.T. :C’est ce que nous aimerions approfondir. Est-ce parce qu’on trouve que c’est un beau bruit ? Parce qu’on l’associe à un animal en particulier ? Parce qu’il nous évoque quelque chose ? Il faudrait faire cela pour différentes espèces et différents types de sons et observer quelles réactions cela provoque. Nous voudrions aussi étendre l’étude à des paysages sonores sous-marins.
C’est-à-dire ?
A.-S.T. : Ne pas nous limiter à une espèce mais faire des assemblages d’espèces. C’est intéressant en termes de médiation car la dimension sonore des océans est méconnue. Et pour cause, c’est un espace plus difficilement accessible que l’espace terrestre. Au-delà des sons produits par les mammifères marins
–baleines, dauphins…-, on connaît peu les bruits de l’océan. Or, il est loin d’être le « monde du silence ». L’écouter peut être un bon levier pour protéger la biodiversité qui le peuple.
![[ Entretien] Pour protéger la biodiversité de l’océan, peut-être faut-il l’écouter »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/273b522e947256d846a630189cfa3615.jpg)
