La saison estivale touchant à sa fin, l’heure est au bilan des huit premiers mois de l’année pour le secteur du tourisme dans le Var. Avec un premier constat général : une légère baisse du nombre de nuitées touristiques, de l’ordre de 3% par rapport à 2025 (60 millions contre 61,9). « Ce n’est qu’un écart marginal », tempère le président (LR) du conseil départemental Jean-Louis Masson. « Ce sont de bons résultats, qui sont le fruit de nos efforts pour compenser les freins. »
Le premier est, évidemment, celui de la conjoncture économique nationale défavorable, qui a poussé les Français à modifier leurs choix initiaux. Si trois Français sur quatre sont partis en vacances cet été, seuls 43% d’entre eux ont réalisé le séjour envisagé au printemps, avec, pour nombre d’entre eux, des baisses de budget. 60% ne sont partis qu’une semaine ou moins, pour des destinations plus proches (16% sont restés dans leur région). 37% ont par ailleurs réservé plus tard que d’habitude par inquiétude financière et 36% ont revu leurs plans sur l’hébergement. « Mais ce que nous perdons, nous le gagnons sur le luxe, qui progresse de 6%, le Var restant une destination de prestige », souligne Guillaume Décard, Guillaume Décard, président de Var Tourisme.
Comme partout ailleurs, dans le Var, cela s’est surtout ressenti en août, après un mois de juillet positif (taux d’occupation en hausse pour le logement meublé, +7% pour l’hôtellerie, chiffres stables dans le plein air et les hébergements collectifs) et des mois de mai et juin quasiment au même niveau que l’année passée. On a été beaucoup plus sous pression en août, mais le retard a été un peu rattrapé grâce aux départs de dernière minute sur la deuxième quinzaine », détaille Guillaume Décard.
Autre constat relatif au pouvoir d’achat : une consommation en berne. « Il y a un réel souci qui se ressent dans la restauration, les activités… », observe Guillaume Décard. La hausse du prix du carburant a notamment eu une incidence importante. Pour contrer ces effets, plusieurs pistes sont creusées : le développement des modes de transports doux (pistes cyclables, transports en commun…), du ferroviaire (avec la ligne nouvelle)… et de l’avion, avec une ligne Paris – Hyères, bientôt opérée par une compagnie low coast (Transavia).
Le tourisme étranger, en progression sur mai-juin (+8%), et stable en moyenne, est également un facteur de croissance car doté d’un pouvoir d’achat plus important. Les trois nationalités les plus représentées sont, dans l’ordre, les Allemands, les Italiens et les Belges. En ce sens, Var Tourisme veut poursuivre son ouverture aux pays européens, avec comme nouvelle cible la Scandinavie, ce qui pourrait, là aussi, être favorisé par l’ouverture d’une liaison aérienne avec Copenhague.
Enfin, les effets de la chaleur se sont fait ressentir, poussant 57% des Français à modifier leurs habitudes sur place. Le Var des terres a ainsi été particulièrement touché, avec des activités annulées, notamment à cause des (risques) incendies. L’agritourisme, en plein développement, mais pour lequel « il n’y a pas encore de chiffres précis », précise Guillaume Décard, est une des solutions stratégique : « Nous menons un projet transfrontalier avec la Toscane à ce sujet. Il faut le lier aux activités de pleine nature. Ce tourisme durable doit se dessiner à l’année sur ces offres-là ».
Un élément essentiel du « tourisme 4 saisons », objectif principal de la politique touristique. « Mais on est contre l’étalement », affirme toutefois le patron de Var Tourisme. « On gagne des parts de marché hors saison estivale, mais on doit limiter la baisse sur l’été. » Les quatre derniers mois de 2026 seront un indicateur des progrès en la matière, alors que 77% des responsables d’établissements varois se disent confiants à l’abord de cette période.


![[Exclusif] Expulsion sauvage à 13 Habitat : le parquet ouvre une enquête](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/18e71ec9cfd1867672dfe1254cf0edb3.png)
