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  • [Exclusif] Expulsion sauvage à 13 Habitat : le parquet ouvre une enquête

    [Exclusif] Expulsion sauvage à 13 Habitat : le parquet ouvre une enquête

    Le parquet de Marseille a confirmé à La Marseillaise avoir ouvert une enquête préliminaire sur les conditions de l’expulsion violente de l’occupant d’un logement de 13 Habitat. Vendredi 26 juin à 16 heures, trois policiers nationaux pénètrent de force avec deux agents de l’office HLM et un serrurier dans un appartement au 4e étage du 8, rue Félix Éboué, 2e, un immeuble haussmannien qui n’est pas en péril. Le couple et leurs quatre enfants de 4, 7, 8 et 13 ans vivaient jusqu’alors chez des proches. Ils ont emménagé le 11 juin dans le T4. « Ils ont été arnaqués par quelqu’un qui leur a proposé l’appartement. Ils ont versé six mois d’avance. L’escroc leur a donné les clés, le badge d’entrée et n’a plus répondu au téléphone » explique l’avocat du couple, Me Nicolas Chambardon qui a déposé plainte contre 13 Habitat et tout intervenant pour expulsion illégale, violences volontaires en réunion avec arme et à caractère raciste, violation de domicile, menace, atteinte arbitraire à la liberté individuelle.

    « Prends tes merdes

    et casse-toi ! »

    « Ils ont forcé la porte et m’ont insulté » relate Mahdi, 31 ans, livreur qui nous reçoit dans l’appartement, « je leur disais que ma femme allait arriver pour leur montrer l’abonnement EDF. » Les policiers n’ont présenté ni jugement, ni arrêté préfectoral d’évacuation forcée. « Ils m’ont dit “dégage, prends tes merdes et casse-toi !” D’un coup, dans le salon, un policier m’a fait une clé au cou. Je me suis évanoui. J’ai repris connaissance sur le palier. Un policier m’a lancé “Vous les Arabes vous prenez les Français pour des cons”. Quand j’ai voulu me relever, ils m’ont plaqué et tazé ». Sur son corps, les brûlures des pics caractéristiques d’un pistolet à impulsions électriques en mode contact.

    Alertées par les cris, ses voisines, deux dames âgées, le découvrent menotté au sol. « Il gémissait. J’ai voulu lui venir en aide. J’ai dit “Arrêtez, il crache du sang !” Ils étaient sur lui alors qu’il n’était pas agressif. Il leur disait qu’il était asthmatique. J’ai nettoyé sa bouche. Le grand policier m’a dit de ne pas m’en mêler et a refusé que je lui donne de l’eau » explique Fatiha qui vit au 5e étage. « C’est scandaleux. J’étais choquée de voir ça. On l’a sauvé ! » intervient Asnia, la voisine de palier qui précise que les anciens locataires étaient partis il y a plus de six mois. Son fils a filmé un bout de la scène. Sur la vidéo d’une minute, Mahdi gémit et dit « il m’a cassé la tête », le policier paraît gêné : « C’est pas méchamment, mais ça ne vous regarde pas. Il y a un problème avec l’appartement qui est squatté, ça sert à rien de filmer ! »

    « La vérité, ces dames m’ont sauvé » dit Mahdi qui explique que les policiers lui retirent alors les menottes, le vouvoient. « Ils m’ont dit qu’ils me faisaient un cadeau en ne mettant pas en garde à vue. » Quand l’épouse arrive, elle parvient à noter le numéro RIO d’un policier. À l’Hôpital européen où Mahdi est conduit par les marins-pompiers qu’il a dû lui-même appeler, le certificat médical fait état d’un traumatisme crânien, d’un trauma de l’épaule et d’un genou, des cervicalgies, des douleurs thoraciques et un choc psychologique. 3 jours d’ITT sont prescrits.

    « Faire sortir les gens

    à la mexicaine »

    Lundi 29 juin, le couple revient à l’appartement. 13 Habitat qui a recruté un vigile, l’autorise à les laisser prendre leurs effets. Amina et Mahdi décident alors de rester et déposent plainte en ligne pour escroquerie. Ils disent avoir été ensuite appelés par un policier en mode masqué qui les menace d’un « Si vous ne partez pas, nous allons revenir très nombreux vous expulser et vous enlever vos enfants ». Vers 17h, des policiers se présentent, calmes et rassurants. Le couple leur parle de l’assaut du 26 juin. « Ils ont recherché sur leur terminal mais n’ont rien trouvé. Ils ont dit qu’il y a des brigades qui travaillent un peu au noir avec des sociétés pour faire sortir les gens à la mexicaine » se souvient le père.

    Interrogé, le bailleur 13 Habitat nous a répondu par écrit qu’un « problème structurel détecté sur un plancher affaissé » a justifié « il y a plusieurs semaines » le départ des anciens locataires, qu’un prestataire venu faire un diagnostic a constaté le 26 juin que la porte anti-intrusion n’était plus en place. « Le squat constaté étant inférieur à 24 heures, l’homme présent dans l’appartement a été évincé par la police, qui est intervenue en raison de la dangerosité potentielle du logement pour tout occupant » affirme 13 Habitat qui ajoute : « Nos services ont permis aux squatteurs de récupérer leurs affaires. Ils ont profité de cette occasion pour se réinstaller dans le logement en toute illégalité, et malgré le danger qu’ils prennent compte tenu du problème structurel. » L’office HLM dit avoir « déclenché une procédure contentieuse afin d’aboutir au plus vite à une expulsion. »

    Le bureau Déontologie et Enquêtes de la Police nationale a lui débuté ses investigations.

  • Des jouets achetés sur Temu et Shein à haut risque pour les enfants

    Des jouets achetés sur Temu et Shein à haut risque pour les enfants

    Une console de jeu à 10 euros, un lot de 1 000 briques à assembler à 4 euros ou encore un téléphone intelligent à 20 euros. Les prix sur les sites chinois de Temu et Shein sont dérisoires et le choix de références infini.

    Face à la baisse du pouvoir d’achat et à l’approche de Noël, les Français sont de plus en plus nombreux à se tourner vers ces sites pour mettre des cadeaux au pied du sapin. Pourtant, derrière ces prix cassés se cachent une qualité médiocre et surtout des risques pour la santé des plus petits.

    Petit prix, grand danger

    En 2024, ce sont 775 millions de petits colis en provenance de l’étranger qui ont été livrés en France, soit deux millions par jour, d’après le site Vie publique. Parmi ces colis, la plupart ont été commandés sur les sites de Temu ou Shein, devenus leaders mondiaux de la vente en ligne. Pourtant, parmi ces millions de colis qui ont envahis les maisons françaises, seuls 0.0082% ont été contrôlés en physique l’année passée, d’après la commission européenne.

    Face à ce manque de contrôle, l’association de consommateur UFC-que choisir, associée à ses homologues allemand, belge et danois, ont enquêté sur ces produits. D’après leur étude, publiée le 30 octobre dernier, 69% des produits testés ne répondaient pas aux normes en vigueur dans l’Union européenne et 57% pouvaient s’avérer dangereux…

    Mais c’est avant tout au rayon jouet que les résultats sont les plus inquiétants. En effet, sur 54 articles destinés aux enfants testés, seul un jouet respectait les normes européennes. Le principal problème relevé est la taille des pièces souvent trop facilement détachables. Pour l’association de consommateurs « le risque qu’un enfant les ingère et s’étouffe est loin d’être négligeable ». Certains produits avaient également des taux très élevés de substances dangereuses comme des perturbateurs endocriniens dépassant plus de quatre fois la réglementation imposée par l’Union européenne.

    Ces normes européennes relatives à la sécurité des jouets sont pourtant en application depuis 2011 sur tout le territoire européen. Une réglementation qui impose à chaque fabricant d’analyser les dangers que ses jouets peuvent présenter en matière chimique, physique, mécanique, électrique, d’inflammabilité, de radioactivité et d’hygiène.

    Face à ces manquements répétés et au manque de contrôle de ces articles, la commission européenne a voté le 12 décembre, une taxe de 3 euros pour tous les colis de moins de 150 euros issus de l’étranger.