Le parcours est tout aussi patrimonial qu’artistique. Niché dans les hauteurs du Tholonet, le domaine Saint-Joseph, fondé par les Jésuites, puise son histoire dès le XVIIe siècle. En 1960, le peintre François Aubrun acquiert le domaine, s’installe pour peindre dans ce lieu même qui, aussi, a inspiré Paul Cézanne. Désormais, l’œuvre d’Aubrun continue de vivre dans chaque coin de ses vingt-cinq hectares. Ses descendants, travaillent, eux à faire du domaine un lieu de rencontre d’artistes, une résidence, une image provençale de la Villa Médicis.
Peintre lié à la nature – c’est ainsi que le décrit Romain Pierre, l’un de ses descendants, artiste lui aussi – c’est dans cette logique que le domaine choisit d’exposer les œuvres de Jean Messagier. « Ce sont deux artistes qui ont un lien très fort au paysage, à la nature. Ce qui va être déterminant, c’est le rapport de sensibilité au paysage, à l’art, et chez Messagier, son rapport fusionnel à la nature », rappelle Romain Mathieu, commissaire de l’exposition. Messagier, Aubrun ne sont pourtant pas d’une même génération. Lorsque le premier expose à la Biennale de Venise, en 1962, le second commence à développer son œuvre. « L’exposition honore le paysage comme un fil conducteur comme l’ensemble de l’événement », insiste Romain Pierre, administrateur de l’exposition. Intégrée à la Biennale 2026, l’exposition Jean Messagier, l’été continué, s’est ouverte ce samedi et jusqu’au 15 novembre. Chaque recoin du domaine, rarement ouvert au public à l’instar de 2025, dans le cadre de la rétrospective Aubrun en pleine lumière. Dans la chapelle du domaine, sous les serres anciennes ou entre les pierres, l’exposition imprègne chaque recoin des lieux, au plus près de la nature qui a nourri le travail des deux peintres.

