Les cérémonies qui se multiplient depuis la commémoration du débarquement de Provence du 15 août 1944, pour fêter la reprise des villes et villages du département à l’occupant nazi, sont autant d’opportunités de mettre à l’honneur tous ces « étrangers » venus nous libérer. Aujourd’hui c’est à la commune du Revest de participer à ce salutaire devoir de mémoire. Elle peut entre autres s’appuyer pour cela sur le travail réalisé par le réalisateur varois Philippe Maurel et son film Les drailles de la liberté qui, à travers la mémoire des Revestois, revisite l’arrivée des Tirailleurs algériens.
Un « minot » du pays né, dit-il, dans « la mémoire de la Seconde Guerre mondiale ». Le parcours de la sœur aînée de son grand-père, l’écrivaine et poétesse Micheline Maurel, l’ayant très tôt pris aux tripes et participer à faire naître le besoin chez lui ne pas laisser cette période à la fois sombre et lumineuse tomber dans l’oubli. Alors jeune étudiante, elle rejoint un réseau de résistance dès 1941 d’où elle reviendra avec l’envie de témoigner.
« Je voulais participer à faire connaître ce pan de notre Histoire parce qu’il y en a visiblement qui ont oublié ce qui s’est passé ou, pire encore, n’ont pas envie d’en entendre parler », explique-t-il.
Et d’ajouter : « Ce qui est important c’est de rappeler qui nous a libérés : principalement des tirailleurs algériens et sénégalais. C’étaient eux, la chair à canon, qui étaient devant ».
parlaient arabe
« Quand mon père a entendu parler arabe, c’était pour lui la première fois. Nous nous sommes sentis libérés », confie à la caméra Alberte Blanc du Revest.
Une libération qui va se faire au prix de combats acharnés menés de concert avec la Résistance revestoise sous l’égide de Louis Camolli qui, bien en amont, a fourni des informations cruciales sur les fortifications, les mouvements de troupes, les installations allemandes et les itinéraires susceptibles d’être utilisés par les Alliés.
Son groupe chargé de surveiller Siou-Blanc se tient prêt à l’action. Et le 19 août au soir une cigarette allumée dans l’obscurité révèle l’arrivée de ceux qu’ils attendaient : les soldats de la 1re armée française, venus d’Afrique, et notamment ceux du 3e Régiment de Tirailleurs Algériens.
Les hommes de Camolli qui connaissent parfaitement le secteur contrairement aux libérateurs prennent ainsi la tête de la colonne et guident les tirailleurs par les chemins charretiers proches du mont Caume. Ce qui va permettre de surprendre les Allemands qui ne s’attendaient pas à essuyer une attaque par le nord.
Les premiers combats se déroulent alors dans le village. Pendant ce temps, un autre groupe de résistants attaque les positions allemandes du Colombier et participe à la capture de soldats ennemis.
Ils progressent ensuite tous ensemble vers le barrage. Mais ça y est, la nouvelle se répand : le Revest est libéré. Mais les combats sont loin d’être terminés.
Les tirailleurs algériens qui ont ouvert la brèche par le Nord progressent vers le Port du Levant, mais la vallée de Dardennes reste sous le feu ennemi et plusieurs jours vont être nécessaires pour débloquer ce verrou.
Le 23 août, les forces françaises prennent pied dans Toulon où la Résistance a déjà engagé le combat. Mais la capitulation des forces allemandes du contre-amiral Heinrich Ruhfus n’interviendra que le 28 août.
Pour se souvenir de tout cela et rendre hommage à tous ceux qui ont payé le prix de notre liberté par leur vie, rendez-vous aujourd’hui au Revest. Les cérémonies débuteront à 18h15 par le dépôt des gerbes à la stèle de la propriété Mouttet où avait été établi le poste de commandement lors de la prise de Toulon par le colonel De Linares, suivi à 18h30 du dépôt de gerbe et des discours au monument commémoratif du parking Jean-Moulin où seront exposés des véhicules militaires d’époque, dont un half-track M16, une jeep et un Renault Tigresse.
