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  • « Un pari fou et réussi » : le Corso de la lavande a lancé sa 80e édition à Digne

    « Un pari fou et réussi » : le Corso de la lavande a lancé sa 80e édition à Digne

    Un miracle perpétué » : le maire de Digne, Julien Di Benedetto (SE), a ouvert, vendredi soir, la 80e édition du Corso de la lavande, célébration emblématique et traditionnelle des Alpes du Sud.

    « C’est à nous tous que revient l’immense honneur de le préserver », a avancé le maire lors de la soirée d’ouverture, saluant « tous les présidents des comités des fêtes qui ont sacrifié une partie de leur vie pour que vive le Corso ». Julien Di Benedetto a, comme beaucoup de Dignois, grandi sur les chars iconiques de cette fête sud-alpine. « Vous pouvez compter sur moi pour continuer à fêter longtemps le Corso », a-t-il promis vendredi.

    Les festivités se poursuivront tout au long du week-end et jusqu’à mardi soir. Au menu ce samedi matin : un marché provençal, suivi de nombreux concerts toute la journée. À 21h, une « rencontre sous forme de joute musicale entre différentes nationalités » aura lieu au palais des congrès.

    Une surprise dimanche

    Dimanche, le public pourra assister à une démonstration de distillation de la lavande dès 9h30, place du Général-de-Gaulle. Un pré-défilé aura lieu à 14h boulevard Gassendi, puis le véritable défilé à 15h, avec seize chars et seize groupes internationaux. Une surprise est annoncée à 21h, place du Général-de-Gaulle, avant le grand bal prévu à 22h15.

    à l’occasion du Corso, la Ville met en place un dispositif exceptionnel de circulation, de stationnement et de sécurité. Pendant toute la durée du Corso, le boulevard Gassendi (partie basse) sera entièrement réservé aux animations et aux défilés. La circulation et le stationnement y sont interdits jusqu’à jeudi 23h.

  • Un 80e Corso de la Lavande haut en couleurs se prépare

    Un 80e Corso de la Lavande haut en couleurs se prépare

    Dans le hangar des chars du Corso de La lavande, des dizaines de bénévoles s’activent depuis des mois pour préparer les seize chars de cette édition, qui célébrera les 80 ans de la fête traditionnelle du Pays Dignois.

    « Je travaille sur la préparation de cette édition depuis mars. En mars, on commence à préparer les grosses structures en bois et en métal, puis en mai, on commence à coller », explique Aurélien, 15 ans, bénévole depuis déjà cinq ans. Chaque char est préparé par une équipe d’une quinzaine de bénévoles, qui choisissent un thème libre chaque année. Cette année, pour les 80 ans, on retrouve un char bisounours, un sur le thème des montgolfières, un sur le groupe ABBA, sur les années 80, le tour du monde en 80 jours ou encore sur le film Dragons. En plus des huit chars entreposés dans le hangar pendant leur préparation, huit autres chars sont en plein montage chez les pompiers, à l’hôpital ou encore à la préfecture. Les bénévoles profitent de tracteurs prêtés par des paysans de la région pour tirer leurs chars.

    « Cette année, il y a beaucoup de mécanismes de mouvement qui ont été installés pour que les papillons ou encore les dragons puissent battre des ailes », se réjouit Julien Di Benedetto, maire de Digne et participant au Corso depuis son plus jeune âge, pendant qu’une bénévole installe une guirlande lumineuse pour le défilé nocturne sur son char bisounours.

    Une histoire de famille

    Le Corso est un rendez-vous annuel primordial pour les Dignois depuis des décennies. « à une époque, chaque quartier faisait son propre char », se rappelle Julien Di Benedetto. « Dans ma famille, il était hors de question de partir en vacances pendant le Corso, cela aurait fait scandale ! Souvent, toute la famille vient même à Digne pour la fête », raconte-t-il, tout ému de vivre son premier Corso en tant que maire. Car le Corso, c’est avant tout une histoire de famille. Les enfants dignois baignent dedans depuis tout petit. « Avec l’actuel premier adjoint, mon ami d’enfance, on traversait la ville à vélo pour coller sur les chars tous les après-midi de juillet, c’était incroyable », se rappelle Julien Di Benedetto, qui participe depuis ses 7 ans.

    Cette année, pour le 80e anniversaire du Corso, le nouveau maire a voulu viser grand en proposant à Cyril Féraud, célèbre animateur de télévision, d’être le parrain de cette édition. « C’est un vieux copain, on était à l’école ensemble. Son papa, décédé il y a sept ans, faisait les plus gros chars du Corso », explique Julien Di Benedetto.

    Cette année marque aussi le premier partenariat avec la marque provençale iconique L’Occitane. « Comme c’était leurs 50 ans et qu’ils venaient de sortir une nouvelle gamme lavande, je leur ai dit qu’il y avait quelque chose à faire », détaille le maire.

    « Une autre nouveauté depuis deux ans, c’est que les chars sont conservés et ressortent pour Halloween et pour Noël. Cela leur permet d’avoir une vie plus longue que pendant les quelques jours du Corso », explique Julien Di Benedetto.

  • [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    « La qualité des miels et l’idée qu’en suivant les fleurs, en allant au bon moment au bon endroit des différentes floraisons, je pouvais ramener sur la table le goût de l’endroit m’ont passionné », avoue Jean-Louis Lautard apiculteur. Il précise : « J’ai 69 ans, l’âge de la retraite, mais je suis toujours en activité ». Et pourtant, rien n’était écrit. « Adolescent, j’ai été aidé par hasard un voisin apiculteur. J’ai fait une transhumance avec lui, et ça m’a marqué. L’odeur du miel propagé par les ailes des abeilles qui ventilent, les aiguilles de pin qui brûlent dans l’enfumoir. C’était sensuel, j’en ai gardé un souvenir olfactif inoubliable. »

    « Adulte, très tôt, alors que je n’avais absolument pas l’argent, je me suis dit que ce serait intéressant d’en faire un métier. » C’était il y a 45 ans. « J’ai alors emprunté et j’ai consacré toute mon énergie à ça », poursuit-il tout naturellement.

    Apiculteurs à temps complet, c’est rare. La récolte familiale est souvent l’usage. La majorité n’en fait pas un métier. Jean-Louis, oui, et ses yeux bleus pétillent quand il évoque l’arrivée sur le plateau de Valensole de nuit, l’odeur des champs de lavande au lever du jour.

    Plusieurs cordes à son arc

    « Je suis producteur mais j’ai aussi accepté le mandat de président du syndicat des miels de Provence et des Alpes du Sud (Simpas) » précise ce passionné. Poursuivant : « Je suis aussi chargé de parler très officiellement de la filière car c’est un métier. L’apiculteur a souvent peu d’interlocuteurs. C’est un travail d’équipe où je me suis investi passionnément. Je suis au service des abeilles ». Ce syndicat gère l’indication géographique protégée (IGP) miel de Provence est enregistré au niveau européen depuis 2003, et de fait possède un cahier de charges bien précis. Le label rouge est aussi associé à l’IGP, il est l’unique signe officiel qui garantit une qualité supérieure résultant d’un terroir. Il respecte les bonnes pratiques apicoles comme l’interdiction des mélanges de miels, un signe de qualité. Il est aussi référent au pôle compétence qualité de l’institut de l’abeille (ITSAP).

    Inquiétudes à venir

    Jean-Louis s’assombrit et rappelle que « le miel qui a fait vivre l’apiculture provençale jusqu’ici, c’est le miel de lavande, il représente 60 % de notre économie ». à Valensole, Sault, Albion, dans la Drome provençale, ou le nord du Mont Ventoux… C’est le seul miel issu d’une culture. Les autres proviennent de la nature sauvage. « Il est important de comprendre que le changement climatique majeur est très inquiétant. L’an dernier, avec 40 degrés sur le plateau de Valensole, au mois de juin, au début de la floraison, les lavandes ont fané avant de s’ouvrir, c’est inbutinable. C’est très grave. »

    S’ajoute à ça, la question de la rentabilité de la culture de lavande. Sur le plateau de Valensole, on est à 5 000 hectares arrachés en une année, des arbres sont plantés en remplacement. « Alors on ne peut que se poser des questions sur le devenir des champs de lavande et de fait sur le devenir de la profession », poursuit l’apiculteur.

    Il y a aussi, un autre danger. C’est le développement du frelon asiatique qui est exponentiel, les ruches sont décimées. Il est classé danger sanitaire de 2e catégorie pour l’abeille domestique sur tout le territoire français. « Je suis monté jusqu’à 1 200 ruches, mais c’est très variable. Aujourd’hui, on a des gros problèmes de maintien de cheptel avec cette espèce exotique envahissante », témoigne Jean-Louis.

    Transmission du goût

    Partant du constat que lorsque le climat est complètement déréglé, certaines plantes n’y résistent pas. Comment trouver le nectar et le pollen nécessaires pour avoir de belles ruches ? C’est un cercle vicieux. Quid des grands classiques romarin, bruyère blanche, lavande, sarriette… « Mais on continue, on est des coriaces. La vie, c’est l’adaptation. Mais soyons honnêtes, c’est difficile », soupire l’apiculteur soudain envahi de tristesse. Et de poursuivre « Je me dis qu’on risque de perdre un patrimoine, celui du goût. Si on n’est plus capable de produire, comment va-t-on transmettre le goût du miel authentique ? » Pour ce passionné, le miel est un produit local populaire et répandu. L’apiculteur le martèle : « Le miel de Provence est un patrimoine vivant, pas un produit de luxe réservé à quelques-uns. Je veux que les enfants et petits enfants de demain le connaissent. »

    Filière IGP et Label Rouge

    L’IGP (Indication géographique protégée) est un signe Européen, il garantit un savoir-faire traditionnel. La zone de production du miel d’appellation IGP Miel de Provence englobe une zone spécifique en Paca située à la frontière de la Drôme Provençale et de la partie Est du Gard. Le label Rouge est un signe français attestant d’un goût et d’une qualité reconnue.

  • À Istres, un nouveau marché provençal au service de l’attractivité

    À Istres, un nouveau marché provençal au service de l’attractivité

    En culotte d’antan, galoubets et tambourins à la main, les bénévoles de l’association de danse folklorique Lou Trelus déambulent dans les allées Jean-Jaurès. Samedi matin, ce haut-lieu du centre-ville istréen est bondé de monde à l’occasion de la première matinée du marché « L’instant provençal », rendez-vous hebdomadaire qui s’étendra jusqu’au 26 septembre.

    Une petite trentaine d’exposants sont installés de part et d’autre de la rue piétonne ombragée. Parmi eux, Monique, qui tient un étal en face de sa boutique « Au manoir des anges », qu’elle a ouvert il y a 9 ans et demi. « C’est génial, c’est convivial, se réjouit-elle. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu du chaland comme ça. Le samedi matin, d’habitude, c’est vide. Là, pour moi, c’est gagné ! »

    Même enthousiasme du côté des habitants. « Enfin ! », réagissent Annick et sa mère Jacqueline en déambulant : « Ça fait vivre la ville. » Un marché est déjà en place le mardi matin à Istres, mais « ça n’a rien à voir, et puis beaucoup de gens travaillent en semaine ». Pour les deux femmes, l’accent mis sur l’identité provençale est « malin, c’est bon pour le tourisme ! ».

    Valoriser le patrimoine

    Chez les commerçants, on joue le jeu. Monique témoigne : « C’est vraiment un marché dédié au terroir, moi-même, j’ai beaucoup de produits dans ma boutique, mais je mets en avant ceux qui sont en lien avec notre région, ceux avec de la lavande par exemple. »

    Le maire Robin Prétot (LR) revendique cette identité. « Nous sommes convaincus qu’il faut aller plus loin dans la valorisation et dans l’affirmation de cette richesse, parce que notre patrimoine raconte une histoire, notre histoire, affirme-t-il. Ce patrimoine, c’est celui du vieil Istres, du centre historique, de cet hôtel de ville emblématique pour lequel nous nous sommes battus et qui, aujourd’hui, est revenu dans notre giron. » L’élu pointe le besoin de retrouver du « lien humain, ce qui nous rassemble, et c’est tout le sens du marché “L’instant provençal” ».

    Devant le succès de cette première édition, Adrien Bouterin a le sourire. L’adjoint au maire délégué aux affaires économiques, au projet de centre-ville, au commerce et à l’artisanat explique la démarche : « Les mots d’ordre étaient : Provence, été et qualité. On voulait quelque chose qui fasse revenir du flux le week-end en centre-ville. (…) Ça part d’une vraie analyse, avec l’Office du commerce, on est allés interroger les gens en terrasse pour leur demander ce qui leur manquait et le marché revenait quasi systématiquement. »

    Si l’affluence se confirme, la municipalité pense pérenniser le marché à l’année. « On envisage également de le dédoubler sur le boulevard Paul-Painlevé, à la condition de trouver des marchands en restant qualitatif », révèle l’adjoint.