Tag: lauréat

  • [Travailleur de demain] Agathe Jouvenel ou l’art du design

    [Travailleur de demain] Agathe Jouvenel ou l’art du design

    Acharnée

    « Ce qui est bien dans le design, c’est d’abord qu’on continue à dessiner tout en faisant d’autres choses, mais aussi qu’on applique l’art à la vie de tous les jours », s’émerveille-t-elle. Car le designer laisse sa marque à chaque coin de rue : une pub, un affichage de concert, l’emballage d’un produit, le logo d’une entreprise, « même une devanture de café ! » souligne l’étudiante, désignant l’enseigne qui se trouve alors derrière elle. « En ce moment, je travaille sur la mise en page d’un livre, pour essayer de faire quelque chose d’un peu original. On peut vraiment toucher à tout. » Comprendre l’histoire d’une marque, son identité, parvenir à transcrire dans un visuel l’idée que veut défendre un client… C’est sur toutes les étapes du processus artistique qu’Agathe aime passer du temps, toujours curieuse d’explorer sa créativité. Qualité nécessaire, mais pas suffisante. La jeune fille l’apprendra à ses dépens, à l’occasion de sa première participation aux WorldSkills, au niveau régional. « Beaucoup de ceux qui concourent ont fait un Bac design, j’avais donc pas mal de retard au niveau technique, ce qui a failli me coûter ma place… » Plus déterminée que jamais à combler ses lacunes, la designeuse passera des heures à affiner ses méthodes, se testant plus d’une vingtaine de fois dans les conditions réelles du concours : six heures d’épreuve non-stop, sans accès à internet. Les efforts semblent avoir payé : elle obtient finalement la médaille d’argent et devient du même coup vice-championne de France. « J’ai vraiment énormément appris, jure-t-elle. Je pense que j’ai condensé en 6 mois un entraînement de deux ans. Et je l’ai ressenti au niveau des notes à l’École, j’ai beaucoup progressé ! ».

    À la veille de son entrée en Master 1, elle est à la recherche d’une alternance dans une agence de design, l’occasion, selon elle, de travailler tout « type de matières ». « Si mes parents ne comprennent pas toujours ce que je fais, je crois qu’ils sont fiers ! ».

  • La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    La 4e édition des Grappes d’Or dévoile ses lauréats

    Le domaine de la viticulture était à l’honneur ce lundi 4 mai à l’hippodrome de Pont-de-Vivaux. Les Grappes d’Or étaient de retour pour une 4e édition. Une initiative qu’organisent la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et le Département.

    C’est un événement qui permet de promouvoir la filière viticole avec la présence notamment de Martine Vassal, la présidente (DVD) du conseil départemental qui a remis les six trophées en jeu : Gonnin Sylvia du Comptoir des Vignes pour le Prix Caviste, Adrien Long de l’EARL la Dorgale pour le prix du jeune viticulteur, le Restaurant Maison Sainte Victoire à Saint-Antonin-sur-Bayon pour le prix restaurateur, le Château Calisanne à Lançon-Provence pour le prix de l’innovation marketing, Jean-Claude Pellegrin de l’Association des vignerons de la Sainte-Victoire pour le prix de la démarche collective et le prix coup de cœur qui revient aux Caves du Roy René à Lambesc.

    Au programme de cette soirée, une conférence de presse a ouvert le bal avec Laurent Israélian, président de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, Hervé Granier, conseiller départemental et représentant de Martine Vassal, mais également Yvon Gary, président de l’Association des sommeliers Alpes-Marseille-Provence.

    Puis s’est tenue la fameuse remise des trophées, avec notamment un discours de tous les lauréats des Grappes d’Or. « C’est un vrai moment de partage et d’échanges autour de la viticulture des départements et je pense que c’est un événement qui va durer quand même encore très longtemps dans le département », annonce Laurent Israélian. Hervé Granier complète : « C’est un événement qui monte en puissance par rapport aux précédentes éditions et notre objectif est de promouvoir nos produits. »

    Un événement avec différents enjeux

    « Le marché s’effondre clairement », observe Fabien Doudon. Alors que cette région semble pour l’instant épargnée par le phénomène de l’arrachage elle fait toutefois face à une dégringolade des prix. Bien que le territoire représente 10 000 hectares avec 6 appellations dont 3 IGP, les ventes se portent mal. Avec de plus faibles volumes, les vignerons doivent baisser leurs prix. L’objectif de cette cérémonie est donc de favoriser la rencontre entre les différentes chaînes du commerce viticole. Vignerons, cavistes, mais aussi restaurateurs se rassemblent pour consolider une communauté qui honore un savoir-faire local et pallie la crise.

    Lors de la cérémonie, les vins produits dans les Bouches-du-Rhône sont exposé avec fierté, mais on réfléchit aussi à l’avenir. Des cépages étrangers plus résistants et donc moins gourmands en eau pourraient bientôt s’enraciner dans ce territoire.

  • [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    [Rétrospective logement 2025 1/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    La SPLA-IN remet debout ses premiers immeubles

    La société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix-Marseille-Provence a réceptionné en ce dernier trimestre 2025 les travaux de gros œuvre des 34, 36, 38 et 40, rue Jean-Roque (6e) à Noailles. Désormais, le second œuvre (sols, cloisons, plomberie, électricité) est lancé pour y aménager 16 logements sociaux confiés au bailleur Vilogia. Le gros œuvre se termine au 50-52, rue de la Joliette. D’autres chantiers des deux premiers appels à manifestations d’intérêt ont démarré au 30, rue du Musée, 4, 6 et 7, rue Nationale, 23, rue des Petites Maries, 28, montée des Accoules, 1 et 2, rue Puits Baussenque, 1, rue Porte Baussenque. La livraison des premiers immeubles entièrement réhabilités interviendra à l’automne 2026. Les travaux de démolition de la pointe de l’îlot Hoche Kléber (80 au 88, rue Hoche et 107/109, rue Kléber prolongée) vont débuter. La démolition est achevée des immeubles irrécupérables des 166, 168, 170, rue Félix-Pyat et des 33, 35, 37, rue Hoche.

    Après avoir élaboré
    un modèle
    d’intervention réplicable qui satisfait les exigences architecturales, patrimoniales, environnementales, la SPLA-IN détenue à 59% par l’État, 35% par la Métropole et 6% par la Ville de Marseille, est désormais totalement lancée dans l’opérationnel pour recycler 182 immeubles dont 116 immeubles sur les quatre îlots prioritaires démonstrateurs, couvrant plus de 17 hectares de terrain. Son budget prévisionnel reste à 256 millions d’euros. « C’est une cordée, une chaîne d’acteurs, un modèle unique et innovant. On créé une nouvelle grammaire de la réhabilitation du centre de Marseille », résumait Franck Caro, le directeur général de la SPLA-IN en guidant la ministre du Logement, Valérie Létard, sur ses chantiers.

    Ce mois-ci, alors que le lieu-ressource est en cours d’aménagement sur le site des effondrements du 5 novembre 2018 et que le 61, rue d’Aubagne a été conforté, que le 69 a été démoli, le marché unique de travaux est lancé pour la réhabilitation des huit immeubles au 61, 71, 73, 75, 77, 79, 81 et 83, rue d’Aubagne. La signature des marchés est prévue pour mars 2026 avec un calendrier de 17 mois de travaux et une réception attendue en juillet 2027. Lauréat du second appel à manifestations d’intérêt, le bailleur social Erilia prendra en charge, en co-maîtrise d’ouvrage, la réhabilitation des immeubles du n°71 au n°83 pour produire 24 logements sociaux majoritairement en PLAI.

    Rue d’Aubagne : un jugement incompris

    Le procès qui s’est tenu du 7 novembre au 18 décembre 2024 a été à la mesure de l’onde de choc politique et humaine que continue de susciter ce drame historique de l’habitat indigne. 12 personnes et 4 sociétés ont fait face durant 6 semaines à leurs juges dans ce procès hors-norme pour rendre justice aux huit victimes de la rue d’Aubagne. Mais le délibéré rendu le 6 juillet 2025 a été une douche froide pour les familles. Les 102 parties civiles n’ont pas compris certaines relaxes ni la tiédeur des peines infligées alors que la faillite de toute la chaîne des responsabilités a été pleinement démontrée lors des débats. L’incurie systémique des propriétaires, du syndic, des agents municipaux, de l’expert judiciaire, du bailleur public, avait pourtant sauté aux yeux. Le procès en appel est d’ores et déjà très attendu. Il se tiendra du 2 novembre au 19 décembre 2026 dans la salle bien nommée des procès hors-norme de la caserne du Muy.

    D.C.

    12 mai : les Zennou, marchands de sommeil XXL, sont condamnés

    Ce jour-là, Raphaël Zennou, 86 ans, écope de 4 ans de prison dont un an sous bracelet. Il louait plus de 60 taudis à Noailles et Belsunce aux plus vulnérables. Les comptes du couple et deux immeubles sont confisqués soit plus de 1 million d’euros. Ils ont fait appel.

    D.C.

    Airbnb, la fête est finie, Marseille est passée à l’offensive

    Après avoir fourbi ses armes, la Ville est passée cette année à l’offensive judiciaire pour tenter d’endiguer la jungle des meublés touristiques qui aggrave la crise du logement.

    Dans une ville où l’habitat dégradé frappe plus de 100 000 habitants pris au piège de 40 000 taudis, où près de 13 000 annonces de meublés touristiques fleurissent sur les plateformes en ligne dont plus de la moitié sont en violation du règlement édicté par la Ville, l’assignation exemplaire de trois multipropriétaires en infraction devant le tribunal judiciaire le 24 novembre est un tournant. Le cynisme triomphant du chirurgien de Périgueux narguant la mairie avec son « c’est Marseille bébé » était devenu intolérable, insupportable aux Marseillais qui peinent à se loger. Un des spéculateurs a même osé exploiter un meublé saisonnier dans un immeuble frappé d’un arrêté de péril.

    La Ville a réclamé une amende civile de 2,4 millions d’euros à l’encontre de trois gros propriétaires et de la conciergerie de l’un d’eux, pour n’avoir pas déclaré le changement d’usage de leurs 24 logements touristiques. Le tribunal judiciaire rendra son délibéré le 2 février 2026.

    L’arsenal réglementaire s’était considérable étoffé. La fête est finie. La municipalité a renforcé en février 2025 sa réglementation qui ne permet plus à ses investisseurs en nom propre ou via des sociétés de louer en courte durée leur soi-disant résidence secondaire, sauf à créer un logement classique en compensation dans le même secteur. Et au 1er janvier 2026, il sera interdit de louer plus de 90 jours par an contre 120 jours. 300 mises en demeure ont été adressées. L’offensive judiciaire n’est qu’à son début.

    D.C.

  • Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Un lauréat pour la coulée verte du Petit séminaire

    Pour l’heure, la seule nouveauté visible sur le site est le centre d’incendie et secours de Saint-Julien, qui s’est érigé rue de la Crédence, opérationnel depuis le 31 mars 2025. En face, le terrain vacant depuis la destruction des quatre bâtiments du Petit Séminaire, entre 2021 et 2023, doit accueillir une coulée verte en 2027.

    « Vous êtes venu il y a deux ans. On vit toujours avec les mêmes difficultés. » Le 26 juin 2023, un Marseillais avait ainsi interpellé Emmanuel Macron devant près de 350 associatifs et habitants réunis dans le stade de la cité de la Busserine. C’est dire combien les attentes en termes d’amélioration du cadre de vie sont grandes dans les quartiers populaires. Le président de la République était venu annoncer la grande consultation « Quartiers de demain », où parmi dix projets, l’avenir du Petit Séminaire doit se redessiner.

    Trente équipes (trois par site) composées d’architectes, urbanistes et paysagistes, soumettent, ce lundi, leur projet destinés à répondre aux enjeux complexes et singuliers de chacun des dix territoires pilotes à Caen, Colmar, Coulommiers, Corbeil-Essonnes, Le Mans, Lodève, Manosque, Marseille, Pessac et Sedan.

    Construite en 1959 par Georges Candilis pour résorber les bidonvilles, la cité a été la première expérience de réhabilitation urbaine de 1976 à 1986, mais son abandon et sa dégradation avancée ont conduit à la démolition des 240 logements sociaux entre 2021 et 2023. Sur ses 3,7 ha de terrain laissés vides, le long de la rue de la Maurelle, les travaux de réagencement ont déjà été estimés à 3,75 millions d’euros. Plusieurs ateliers, qui associent habitants, CIQ et associations à la réflexion, ont déjà fixé les grandes lignes du projet urbain.

    De la cité au laboratoire

    En s’appuyant sur les qualités paysagères du site, le premier axe impose la gestion des eaux pluviales et de ruissellement, tout en développant des usages à l’attention des habitants. Cette trame verte doit « favoriser l’émergence d’activités intergénérationnelles ». Est aussi prévue « une rénovation énergétique des logements subsistants et la création d’une offre résidentielle qualitative, sociale ou en accession ».

    Enfin, le projet prévoit de retravailler l’offre en équipements scolaires et socio-éducatifs, en transports en commun et en mobilités douces. L’agence Folléa-Gautier a imaginé un « vallon fertile capable d’évoluer avec celles et ceux qui l’habitent, le traversent ». Le Petit-Séminaire se fait « havre climatique », « aire de solidarité » et « port d’attache » avec l’Atelier Marion Talagrand. « Cœur de nature active et attractive au service du redéploiement urbain. Puisant dans les logiques pastorales », pour Ilex.

    Les trente projets sont dévoilés, ce lundi, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, ainsi que les dix lauréats, par les maires des sites concernés. Ouverte au public du 3 décembre au 3 mars 2026, l’exposition des maquettes et photos de « Quartiers de demain » sera par la suite présentée sur site.

  • Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    « Les industriels ont mis l’aspect concurrence de côté pour privilégier la croissance à travers la décarbonation », résume Isabelle Campagnola-Savon, conseillère régionale déléguée à l’économie, lors du 3e forum Syrius.

    Syrius, pour synergies régénératives industrielles du Sud. C’est bien ce que cherche à faire ce programme, lauréat de l’appel à projets « Zone industrielle bas carbone » (ZIBaC) opéré par l’Ademe (Agence pour la transition écologique) dans le cadre de France 2030 : amener la cinquantaine d’acteurs industriels qui y prennent part, répartis entre Fos-sur-Mer, Berre-l’Étang, Gardanne et Manosque, à se fédérer autour de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de -80% d’ici 2050. Pour Nicolas Mat, coordinateur de la démarche lancée en 2023, ce projet illustre la capacité du monde économique à « coopérer, partager et construire une trajectoire collective (…) en mutualisant les ressources et les infrastructures ».

    Un outil stratégique

    Après une première phase de deux ans lors de laquelle 28 études ont été financées à parts égales par l’État et les industriels pour un budget global de 8 millions d’euros, Syrius entre désormais dans une étape plus concrète qui débutera en 2026 et qui visera à approfondir les pistes soulevées. « Les premières conclusions montrent qu’il faut pouvoir disposer de plusieurs leviers pour décarboner, qu’on a le devoir de les actionner tous simultanément et qu’une approche non pas par filière mais territoriale et intersectorielle peut être un game changer pour accélérer et atteindre encore plus vite nos objectifs », énumère Nicolas Mat. Les principaux vecteurs mis en avant sont le déploiement d’un hub hydrogène bas carbone régional (le coût estimé peut aller jusqu’à 5 milliards d’euros) et la structuration d’un hub de CO2 (entre 2 et 6 milliards d’euros).

    Ces enseignements ne sont pas que de la théorie. « Le programme Syrius permet de faire un état des lieux, de savoir quelles filières structurer demain pour réussir la décarbonation », affirme Isabelle Campagnola-Savon. Rémi Costantino, directeur général adjoint du Grand port maritime de Marseille-Fos, abonde : « Dans le milliard d’euros prévu dans notre plan stratégique pour les cinq prochaines années, on flèche un certain nombre d’investissements en fonction des résultats de ces études pour être la bonne plateforme, le bon substrat dans lequel les industriels vont s’implanter. »

    Le dossier de candidature pour la deuxième phase de l’appel à projets a été déposé en juillet 2025 « avec un lot d’une trentaine d’études pour un peu plus de 30 millions d’euros de budget », détaille Nicolas Mat. « Les services de l’État sont en train d’instruire le dossier (…) et devraient pouvoir nous indiquer dans les prochaines semaines les études qui ont été sélectionnées pour un co-financement public. » Simon Deltombe, coordinateur national ZIBaC à l’Ademe, rassure : « Indépendamment de toutes les discussions budgétaires du gouvernement, le budget de l’appel à projet est sécurisé, l’enveloppe dédiée est là et ne sera pas remise en cause. »