Tag: Laura Seguin

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • À Sète, la gauche bien placée après des désistements en cascade

    À Sète, la gauche bien placée après des désistements en cascade

    Trente ans après l’accession de François Liberti (PCF) à la mairie sétoise, la gauche va-t-elle effectuer son grand retour aux affaires le 22 mars ? Arrivée en troisième position avec 20,55% des suffrages exprimés le soir du premier tour, la tête de liste de Nouvelles Pages (UG) Laura Seguin soutenue par LFI, les Écologistes, les communistes et désormais forte du soutien de la fédération socialiste de l’Hérault, espère créer l’exploit l’emporter dimanche et mettre fin une fois pour toutes au règne de François Commeinhes, ex-édile condamné pour détournement de fonds publics, et celui de ses dignes « héritiers » politiques.

    Des héritiers néanmoins qui seront présents le 22 mars, puisque tous ont pu se qualifier pour le second tour : Hervé Marquès (LR, ex-adjoint de Commeinhes) est arrivé premier avec 28,07 % des voix, suivi du RN Sébastien Pacull (ex-adjoint lui aussi) avec 20,55% tandis que Pascal Pintre (DVD, ancien directeur de campagne de Commeinhes) récolte 14,82% des voix. Ce dernier a finalement décidé de se retirer le 16 mars. Pour Laura Seguin, « Les résultats de ce premier tour ont montré qu’il y avait une vraie dynamique, la victoire est à portée de main. Sète a besoin d’un second souffle », avance la candidate.

    Réserve de voix

    Seules 1 608 voix séparent Laura Seguin d’Hervé Marquès au premier tour. « On a une réserve de voix importantes : tous les républicains, progressistes qui ont fait un autre choix que nous et qui veulent barrer la route à l’extrême droite », reprend la tête de liste de « Nouvelles Pages ». Elle pourra même compter sur les potentiels électeurs de Sébastien Denaja. Le socialiste, arrivé en cinquième position (13,70%), a préféré se retirer plutôt que de fusionner avec Nouvelles Pages – les négociations n’ayant pu aboutir. « Le choix du désistement républicain est le plus fidèle à nos convictions et à la ligne politique claire que nous avons portée. Nous formons le vœu que ce choix responsable rassemble le plus largement possible contre le double péril que représenteraient la perpétuation d’un système vermoulu et l’accession aux responsabilités de l’extrême droite », écrit le conseiller régional dans une lettre adressée aux Sétois. Une décision augmentant les chances de la gauche d’accéder à la mairie. D’autant que ce n’est pas la seule réserve de voix possible, Nouvelles Pages entend aller chercher les abstentionnistes – la participation étant de 63,48% au premier tour. « Ils sont encore malheureusement très nombreux. Notamment dans certains quartiers populaires. Or, les mesures que l’on porte sur l’accès au logement digne, sur le pouvoir d’achat comme la gratuité de la cantine scolaire, des transports en commun, sont vraiment destinées à améliorer leur quotidien. Il faut aller les chercher et espérer gagner », fait valoir Laura Seguin. Une alternative permettant d’écrire une nouvelle page de l’Île singulière.

  • L’après Commeinhes, Sète à gauche toute ?

    L’après Commeinhes, Sète à gauche toute ?

    C’est une des inconnues de ce scrutin municipal. À Sète, la page Commeinhes se tourne. Après 25 ans de règne, l’édile LR, condamné pour détournement de fonds publics, avait dû laisser son fauteuil de maire en avril dernier. Depuis, sa succession est ouverte. Son dauphin, Hervé Marquès, tentera de défendre l’héritage de l’ancien maire. À sa droite, le RN est en embuscade, emmené par Sébastien Paccul, conseiller d’opposition et ancien adjoint de François Commeinhes. Encore à droite, Pascal Pintre, ancien directeur de l’agence économique Blue Invest. L’homme n’en est pas à sa première expérience politique puisque, en 2020 pour les élections municipales, ce dernier était l’ancien directeur de campagne d’un certain… Commeinhes François.

    Priorité au logement

    Face à ces dignes héritiers de l’ancien édile condamné, la gauche a une carte à jouer. Ils seront quatre sur la ligne de départ. Hormis les candidatures de Daniel Pilaudeau (EXG) et de Josiane Amarger (Parti animaliste), la gauche s’était presque rassemblée sous les couleurs de Nouvelle Page, emmenée par Laura Seguin. Soutenue par le PCF, LFI, les Écologistes, Génération.s ou encore le Parti occitan, l’élue d’opposition entend faire du logement une de ses priorités. « C’est un constat que l’on fait depuis des années. Les plus précaires sont exclus des logements, des jeunes, des familles mais aussi des travailleurs qui doivent se loger à l’extérieur. C’est une aberration », souligne Laura Séguin. En effet, la question du logement est centrale sur l’Île singulière, très prisée ces dernières années par de nombreux touristes alors que 25% des Sétois vivent sous le seuil de pauvreté. « Nous favoriserons l’accès au logement en régulant les résidences secondaires – qui représentent 20% des logements -et surtout les meublés touristiques », insiste la candidate. En instaurant notamment des quotas par quartier. « Nous continuerons à construire des logements sociaux et nous développerons des logements intergénérationnels. »

    Des mesures que l’on retrouve également dans le programme du dernier candidat de gauche, Sébastien Denaja, qui a reçu l’investiture du PS. Régulation des meublés touristiques, limitation des résidences secondaires sont également au programme. « Nous développerons les baux réels solidaires, comme cela se fait à Montpellier et nous instaurerons une bourse d’échange entre locataires », développe le conseiller régional. Et d’insister sur la réhabilitation de logements. « Notre priorité est de nous concentrer sur la lutte contre l’habitat indigne plutôt que de construire des logements neufs. Ce qui permettra aussi de nous désendetter. »

    Des priorités pouvant séduire les Sétois et qui pourraient permettre aux deux listes de gauche d’être présentes au second tour.

  • [Entretien] « Rendre aux Sétois le pouvoir de décider »

    [Entretien] « Rendre aux Sétois le pouvoir de décider »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur Sète après 25 ans de gestion de droite ?

    Laura Seguin : Sète est gouvernée par des logiques libérales avec une économie dédiée au tout tourisme. La spéculation immobilière a pris énormément de place sans régulation. Il y a aussi eu une logique de privatisation des services publics : l’eau, les déchets, l’éclairage… Il y a eu des dérives graves avec la condamnation pour détournement de fonds publics de François Commeinhes. Son successeur Hervé Marques ne l’a pas été mais il s’inscrit dans la continuité et l’héritage de ce système qu’il n’a jamais remis en cause.

    Que faire pour redonner confiance et l’envie aux gens de s’investir ?

    L.S. : Pour tourner la page, il ne suffit pas de changer de visage mais de logique, de méthode avec démocratie, ouverture, transparence. Rendre le pouvoir de décider aux Sétois. Les conseils citoyens doivent avoir un pouvoir décisionnaire, or ils sont fantômes. On veut en faire de vraies assemblées de quartiers pour une gestion commune avec citoyens, élus et services. Avoir aussi un conseil citoyen associé à la ville en lien avec le conseil municipal. Sur les grands projets structurants, on aura de grandes consultations des habitants. À l’entrée Est de Sète où sont les dernières réserves foncières de Sète, on aimerait développer les parkings relais avec des buts fréquents et navettes sur les canaux toute l’année. Enfin, on proposera le référendum d’initiative citoyenne (RIC).

    Que faire pour améliorer la sécurité et le lien social ?

    L.S. : On a besoin d’une police municipale de proximité au quotidien dans les quartiers. Dans l’île de Thau, il y a aussi un enjeu de narcotrafic. Il faut négocier avec l’État une hausse des effectifs de la police nationale et le retour d’un commissariat de proximité. Ensuite, on veut miser sur le lien social en recrutant des éducateurs de rue, créer des équipes de médiation. Les maisons de quartier, les centres sociaux ont été vidés de leur sens, il faut les redynamiser sur le modèle des MJC pour de l’éducation populaire. On veut aussi des régies de quartiers prioritaires (île de Thau et centre-ville) qui proposent aux gens des petits emplois utiles du quotidien. Enfin, on veut créer une maison communale de santé pour la prévention, l’accès aux soins.

    Le maire de Sète doit-il présider l’Agglo ?

    L.S. : Absolument pas, je ne revendiquerai pas la présidence de l’Agglo. Il y a eu des dérives. On veut recréer de la confiance et de la coopération entre communes, pas de l’hégémonie. On a besoin d’un vrai projet de territoire. À l’Agglo, Sète a mis en concurrence des communes. Il faut être en rupture avec le passé de Commeinhes.

  • Sète, le logement au cœur de la campagne

    Sète, le logement au cœur de la campagne

    Tourner la page de la droite affairiste de François Commeinhes et offrir de nouvelles perspectives aux Sétois. Tel est le pari des progressistes de l’île singulière qui fut dirigée par la gauche de 1996 à 2001 avec François Liberti (PCF).

    Vingt-cinq ans de droite plus tard, Sète a conservé des atouts : son lido, ses fêtes et festivals, son port développé par la Région… Mais les difficultés l’assaillent. Avec un taux de chômage de 12,7% et un revenu moyen d’à peine 19 960 euros, la précarité a explosé. Le narcotrafic gangrène l’île de Thau. Si Sète regagne des habitants depuis 2024, beaucoup sont retraités : 32% des Sétois le sont, ce qui élève la moyenne d’âge (48 ans au lieu de 37 ans à Montpellier) et réduit la part des actifs (35,5% contre 45%).

    Le logement semble être le nœud du problème, lié au succès touristique de la ville. Il est devenu inaccessible car trop rare et inadapté aux revenus modestes de la population. « On a construit pour les investisseurs, pas pour répondre aux besoins réels », regrette Laura Seguin. Résultat : « Beaucoup de jeunes ne peuvent plus se loger à Sète à l’année », pointe la tête de liste « Nouvelles pages pour Sète ». Soutenue par le PCF, LFI, Les Écologistes, Génération.s ou le Parti occitan, sa liste citoyenne qui assume ses valeurs de gauche promet de « réguler les meublés de tourisme type Airbnb » en instaurant des « seuils » par quartier. La loi Le Meur permet aussi de « réserver les constructions neuves à la résidence principale ». Laura Seguin souhaite accroître l’offre de logements sociaux « à l’échelle de l’Agglo » et faciliter l’accession à la propriété via le bail réel solidaire (BRS). Enfin, la tête de liste veut « mettre l’accent sur la rénovation urbaine du bâti ancien en faisant des avances des aides de l’Anah aux propriétaires ».

    Leurs mesures concrètes

    Soutenu par le PS, Place Publique, le PRG, Génération Écologie et l’Engagement, Sébastien Denaja fait lui aussi du logement une priorité. L’ancien député PS prône des « quotas par quartier » pour les Airbnb et la réduction de la durée de mise en location saisonnière de 120 à 90 jours. « On veut s’inspirer de Michaël Delafosse à Montpellier ». Il compte sur le BRS ou le prêt social location-accession pour favoriser l’accès à la propriété. Il propose des « prêts municipaux à taux zéro et l’interdiction des résidences secondaires dans les programmes neufs ». Sa liste à 80% citoyenne « Sète, allons ensemble » qui va, dit-il, « de la gauche républicaine aux centristes humanistes », a l’intention de construire du logement social. Pour favoriser le « turnover » dans le parc public, Sébastien Denaja compte sur une « bourse d’échange entre locataires, des déménagements clé en main pour les seniors ou un encadrement des loyers temporaires ». Mais pour le conseiller régional PS, « le logement se réglera d’abord par le travail ». « La création d’emplois c’est la base. » S. Denaja mise sur le développement de l’économie portuaire, imagine une « technopole de l’économie bleue » et un tourisme mieux réparti sur l’année.

    De son côté, Laura Seguin veut freiner le « tout tourisme », qui « confisque une partie de l’espace public, produit de l’emploi saisonnier précaire ainsi qu’une dépendance à la voiture ». La chercheuse en sociologie veut repenser le quartier Est pour l’économie en « favorisant l’installation d’entreprises culturelles et créatives », des métiers d’avenir dans la transition écologique, l’économie sociale et solidaire, le recyclage des déchets ou l’économie maritime (entretien des bateaux). Face à la crise conchylicole, elle propose de créer un espace dégustation au port du Barrou et de « protéger l’étang en investissant dans les réseaux d’assainissement défaillants ». Enfin, Laura Seguin mise sur la commande publique pour créer de l’emploi grâce aux retours en régies (lire ci-dessous).

    Sur le volet social, S. Denaja promet un « grand plan contre la solitude et l’isolement ». Il veut « recréer du lien en ville » via des maisons pour tous, des bancs, des abris bus avec toit, des petits terrains couverts de pétanque ou encore un « foyer de restauration intergénérationnel en cœur de ville ». Pas de « projet pharaonique », les finances étriquées de la Ville (+30% de dette en 6 ans) nécessitant du « sérieux » dit-il. L. Seguin assure, elle, avoir les marges de manœuvre (150 000 euros) pour offrir la cantine à « tous les enfants » et vise la gratuité des transports en commun. « On le défendra à l’Agglo. »

  • À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    Après 25 ans de règne sans partage, la droite perdra-t-elle son siège de premier magistrat à Sète ? C’est en tout cas ce qu’espère le mouvement citoyen Nouvelle Page. Ce collectif, qui planche depuis plusieurs mois sur un programme en vue des élections de mars prochain, a désigné sa tête de liste le 11 octobre en la personne de Laura Seguin. La conseillère municipale d’opposition a ainsi été élue au terme d’une votation citoyenne -par 492 votants- aux côtés de huit autres candidats, dont Véronique Calueba, qui portait la liste d’union en 2020.

    Officiellement présentée le 17 octobre en présence de partis la soutenant (PCF, LFI et Les Écologistes), Laura Séguin espère tourner la page Commeinhes, ancien édile LR démissionnaire car condamné pour détournement de fonds publics. « Il faut mettre un terme à un système à bout de souffle, qui gère non pas le bien commun mais des intérêts particuliers », fait valoir Laura Séguin. Pour ce faire, la candidate mise sur la transparence et le renouvellement d’une démocratie mise à mal. « Il faut rendre le pouvoir aux citoyens en arrêtant cette confiscation du débat. Cela se joue à deux échelles : les quartiers, en créant des Assemblées avec des budgets participatifs pour que les riverains décident eux-mêmes des projets, mais également au niveau de la Ville, où les grands projets d’aménagements, de mobilité, seront soumis à une concertation avant toute prise de décision », souligne-t-elle.

    Miser sur la solidarité

    La démocratie participative sera donc un axe fort de Nouvelle Page, tout comme le logement, l’Île Singulière étant victime du surtourisme. « Nous voulons faire du droit au logement le pilier de notre campagne. Le tourisme, c’est bien mais jusqu’à un certain point. S’il affecte la population pour se loger à l’année, il faut une régulation plus stricte. Nous nous baserons sur la loi Le Meur afin d’instaurer des quotas par quartier », poursuit Laura Seguin. Une attention particulière sera portée aux plus précaires, dans un contexte où « les inégalités se creusent, 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté, taux beaucoup plus important dans certains quartiers, notamment l’Île de Thau ». Et ainsi développer du logement social. Si la Ville de Sète est un peu en dessous du seuil de 25% de logements sociaux fixé par la loi SRU (21%), « cette production ne répond pas aux besoins des populations. Il faut également du logement très social et plus grand, des T4 pour loger des familles », soutient Laura Seguin, qui compte se baser sur la réhabilitation de logements vacants et la valorisation de l’existant.

    Plus de transparence, de logements et également de solidarité. « On veut mettre l’accent sur la jeunesse, les aînés. Il y a beaucoup de centres sociaux pour adolescents à redynamiser. Pour les aînés, nous avons plus de retraités donc nous soutiendrons le service à la personne afin de créer des emplois durables dans le soin. » Un programme toujours en construction, tout comme la liste. Les prochaines votations pour désigner les colistiers sont prévues les 8 et 24 novembre. Seule ombre au tableau, toute la gauche n’est pas rassemblée derrière Nouvelle Page. En effet, le socialiste Sébastien Denaja s’est également porté candidat. L’union impossible ? « Nous nous inscrivons dans une démarche de rassemblement avec une méthode de travail collective avec différentes composantes de gauche. Nous avons pris acte de la candidature de Sébastien Denaja. »