Lattes-Bourges, le choc n’a plus le chic des années d’avant Covid. Il a fané sous l’effet du temps, du bouleversement d’un basket féminin français sous influence américaine et aux finances fragiles. La rencontre parle à tous, elle marque la rentrée de Lattes-Basket dans son palais des rencontres samedi 3 octobre (20h), lors de la seconde journée d’une Ligue féminine incertaine.
Lattes entame sa 27e saison dans une élite rejointe à la bascule du siècle. Le club de la banlieue sud de Montpellier, sous contrôle du maire Cyril Meunier, ne passe pas d’une saison à l’autre, mais d’une ère à l’autre. Le manager Valéry Demory (63 ans), architecte de son ascension au sommet, a quitté son poste au printemps. Après quinze ans, en deux temps à sa tête (2007-17,
2021-26).
Appel d’air pour un renouveau ou lourd héritage ? Lattes change tout du sol au plafond. Et confie son équipe à David Gautier (46 ans). L’entraîneur n’a rien d’un novice sur le banc. Cet ancien ailier international (40 sélections) a entamé sa carrière sur un banc féminin. D’abord à Angers, (2016-22), puis à l’Asvel (2022-24), et enfin à la Roche-Vendée, relégué en Ligue 2 en mai dernier.
Le nouveau technicien, par ailleurs adjoint du sélectionneur national Jean-Aimé Toupane, est accompagné de deux assistants, dont l’ancienne joueuse : Ana Suarez.
Lattes bouge, réveille aussi l’ambition. Au cours de la conférence de rentrée, le directeur général Olivier Ribotta martèle un discours plus offensif. « On souhaite qu’au coup d’envoi de chaque rencontre, on se dise qu’on va remporter le match. Le club doit avoir cette culture de la gagne cette année et les prochaines à venir » affirme-t-il, désireux de reconquérir un trophée.
Le palmarès de Lattes est en panne sèche depuis 2021. Une saison marquée par sa dernière finale du championnat devant Basket-Landes et une 5e Coupe de France. Au-delà de cette ultime trace, l’équipe de David Gautier peut-elle écrire un nouveau chapitre à ses heures de gloire, vécues dans les années 2010 ? Celles du premier passage de Valéry Demory (2007-2017), avec deux titres face à Bourges et quatre Coupe de France.
Pour réapprendre à gagner, Lattes a étoffé son staff technique et avant tout son effectif. Un effectif à moitié renouvelé, construit autour de neuf joueuses professionnelles et sa capitaine emblématique : Romane Bernies. L’internationale Garance Rabot, Christelle Diallo, Sam Breen ou Sarah Cissé, porteuse de promesses, sont toujours là.
Pour compléter ce groupe, le nouvel entraîneur mise beaucoup sur sa nouvelle étoile : Stella Johnson, meilleure marqueuse (17 points) du dernier championnat. Tout comme le nouveau coach, elle évoluait l’an passé à la Roche-sur-Yon. Sara Chevaugeon, Oumou Diarisso ou Laura Zolper ont également été recrutées.
Romane Bernies (33 ans), égérie des temps modernes, amorce un dernier défi. Gagner un titre avec Lattes au crépuscule de sa carrière. Pour l’heure, la capitaine a besoin de digérer la Coupe du monde et l’amertume d’une médaille d’argent. Et d’une finale perdue devant les États-Unis.
L’Amérique dérobe le rêve des Françaises. Et lui offre un champ des possibles avec huit Bleues installées outre-Atlantique à l’image de Gaby Williams. Romane Bernies est la seule internationale à jouer sur les parquets hexagonaux d’une Ligue féminine en crise. Les autres évoluent dans les meilleurs clubs européens, à l’image de la meneuse de Basket-Landes Leïla Lacan. À 22 ans, l’internationale a quitté la vie tranquille des Landes pour la fièvre d’Istanbul et Fenerbahçe.
À la mi-novembre (13-15 novembre), la LFB, et sa présidente Carole Force, organise des assises du basket féminin et veut s’appuyer sur une étude du Centre de droit et d’économie du Sport (Cdes) de Limoges pour éviter la fuite des cerveaux. Et doper l’économie.
Mont-de-Marsan, fort de son doublé, offre-t-il le meilleur éco-système pour le basket féminin ? Les autres clubs : Villeneuve-d’Ascq, Lyon, Bourges et Lattes, inscrits au palmarès sur la dernière décennie, veulent contester cette suprématie nouvelle. Les partenaires de Romane Bernies en sauront un peu plus sur elles-mêmes après ce premier choc face à Bourges.

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