Tag: La Poste

  • Le comité de vigilance postale s’organise face aux fermetures estivales

    Le comité de vigilance postale s’organise face aux fermetures estivales

    Le comité de vigilance postale organise la riposte. Après que le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) a appris, par le biais d’un courrier de la direction de La Poste, des ajustements horaires des bureaux de Jonquières et de Ferrières pendant l’été, l’association s’est réunie en assemblée générale pour établir une stratégie.

    Le bureau de Jonquières sera fermé entre 12h et 14h du lundi au vendredi à partir du 6 juillet. À Ferrières, une fermeture de trois semaines est annoncée du 3 au 22 août. Francis Fournier, créateur du comité de vigilance postale, s’agace : « Encore une fois, ce sont les zones populaires qui vont subir la dégradation du service postal. Les habitants de Notre-Dame des Marins n’ont plus de distribution de colis depuis des années, ils sont déjà contraints d’aller à Ferrières. »

    Un contrat à respecter

    Marc Beltran, conseiller municipal (PCF) délégué à l’emploi et l’éducation populaire, témoigne de son expérience de personne malvoyante : « Moi, ce bureau, c’est ma poste du quotidien. Si je dois aller à Jonquières, ça va me poser des problèmes insurmontables. C’est ça la dégradation des services publics : ce sont toujours les mêmes qui payent, les plus fragiles et les plus dépendants. » Après avoir organisé une première réunion l’an dernier avec les élus de la Côte Bleue, qui connaît elle aussi « une hécatombe », le comité veut relancer la dynamique pour mobiliser la sphère politique locale. « Le lundi, les bureaux de Carry, Sausset et la Couronne sont fermés, ce qui fait un périmètre conséquent, appuie Francis Fournier. On déshabitue les gens à aller à la Poste. » Les militants veulent aussi prendre contact avec la Commission départementale de présence postale territoriale, dont le rôle consiste à « vérifier que le contrat de présence postale signé par l’État, les maires et la Poste, fonctionne dans les meilleures conditions et que le fonds de péréquation attribué pour faire fonctionner la mission de service public soit utilisé à bon escient », précise Jean-Claude, du comité de vigilance.

    Mais avant tout, l’association souhaite informer les usagers. L’adjoint au maire Pierre Dharréville (PCF) insiste : « Il faut poursuivre dans le souci d’associer les habitants, de faire de cette bataille une bataille populaire, trouver les moyens pour permettre aux gens de s’engager d’exprimer leurs besoins et leurs revendications. »

  • [Entretien] Francis Fournier : « Nous sommes inquiets pour le service postal »

    [Entretien] Francis Fournier : « Nous sommes inquiets pour le service postal »

    La Marseillaise : Pour quelle raison vous réunissez-vous à nouveau ?

    Francis Fournier : Nous l’avons décidé car notre maire Gaby Charroux a été averti il y a un peu plus d’un mois par la direction de La Poste que le bureau de Ferrières serait totalement fermé les trois premières semaines d’août. Mais aussi, que le bureau de Jonquières serait fermé pendant toutes les vacances scolaires entre midi et 14h. En clair : La Poste ne remplacera pas les congés estivaux des travailleurs. Nous avons évidemment été reçus par le maire et nous lui avons suggéré de demander une audience auprès de la nouvelle direction des établissements de La Poste de Martigues. Et nous avons bien l’impression que pour l’instant, cette demande est restée lettre morte.

    Quels sont vos plans de mobilisation en réaction ?

    F.F. : Il est clair qu’on ne va pas mener une bagarre du même niveau que lors de l’annonce de la fermeture totale annoncée du bureau de Ferrières. Mais quand même ! On a pu observer quelques fermetures intempestives du bureau de La Couronne, et on sait qu’à Croix-Sainte le bureau sera fermé tous les mercredis à partir de septembre. On le sait bien malgré le fait que nous savons que la direction de La Poste ne donne plus aucune info aux organisations syndicales et à leurs délégués.

    Le contexte est-il si tendu que cela à Martigues ?

    F.F. : Les inquiétudes sont nombreuses pour le service public postal ! Je rappelle que la distribution des colis à Notre-Dame-des-Marins est interrompue depuis des années, et que les habitants doivent aller les retirer au Carré pro du bureau de Ferrières. Comment vont-ils faire en août ? La distribution du courrier avait aussi été interrompue pendant plusieurs mois à l’été 2025. Nous avons aussi des inquiétudes pour la Plateforme industrielle courrier de Vitrolles [PIC, Ndlr] qui pourraît être supprimée et le tri déplacé à Montpellier. Sur la Côte bleue, ça va être la roulette russe des fermetures cet été également. Tout ça contribue à habituer les gens à ne plus aller à La Poste et à justifier des fermetures au prétexte de la baisse de fréquentation. Alors si cette fermeture estivale à Ferrières a bien lieu, elle ne passera pas comme une lettre à la poste. Nous avons besoin d’être nombreux et de bien structurer notre lutte qui a déjà été victorieuse une fois. On sait faire et nous saurons être à nouveau un îlot de résistance.

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.

  • L’État et la Ville opposés à la fermeture de la poste de Pissevin à Nîmes

    L’État et la Ville opposés à la fermeture de la poste de Pissevin à Nîmes

    L’annonce a surpris tout le monde. Par un simple appel au directeur de cabinet de Vincent Bouget, la direction de la Poste a fait savoir qu’elle allait fermer le bureau de poste dans le quartier Pissevin. « La santé et la sécurité de ses collaborateurs et de ses clients sont une priorité pour la Poste, ce qui l’a amenée à fermer le bureau de Nîmes Debussy situé place Claude-Debussy depuis le jeudi 21 mai », précise le groupe dans un communiqué.

    Si l’insécurité à Pissevin n’est pas nouvelle, le quartier est pourtant plutôt calme ces derniers mois. Les agents de la Poste s’offusquent surtout des conditions de travail et notamment de l’insalubrité des locaux. « Les habitants du quartier sont invités à se rendre au bureau de poste de Nîmes-Cadereau, situé 6 rue de Verdun, où ils pourront retrouver leurs courriers et colis en instance, effectuer leurs opérations postales et bancaires habituelles, ainsi qu’envoyer leurs colis et lettres recommandées », ajoute le groupe.

    Si cette mesure a été présentée comme transitoire, certains s’inquiètent qu’elle vise plutôt à contourner le droit de veto du maire qui peut s’opposer aux fermetures de bureaux de poste. « En tant que maire, je ne peux pas accepter qu’une telle décision puisse être prise de manière unilatérale, sans avoir mis tout en œuvre pour trouver des solutions. Cet après-midi [le 21 mai, Ndlr], à l’initiative du préfet, une réunion a rassemblé tous les acteurs concernés. J’ai proposé de trouver une solution qui empêcherait la fermeture du bureau de poste de la place Debussy. Cette volonté, partagée par l’État, a conduit à l’organisation d’un nouveau rendez-vous mardi (26 mai) afin de trouver une issue favorable. Nous ne pouvons pas opposer les conditions de travail des salariés à l’accès au service public, pour toutes et tous, partout », réagit le maire Vincent Bouget.

    Un quartier abandonné

    Cette décision est particulièrement brutale pour un quartier qui assiste à la désertification de ses services publics. Ces derniers mois, Pissevin a en effet vu le départ de la médiathèque Marc-Bernard (même si une annexe a été ouverte en novembre dernier) et la création d’un commissariat dont les horaires ne permettent pas une présence renforcée dans un territoire qui en a pourtant cruellement besoin. La présence de médecins dans le quartier est également un problème récurrent. Face à cette situation, la préfecture du Gard s’est aussi rapidement positionnée contre la fermeture du bureau de poste. « Un bureau de poste qui disparaît dans un quartier qui a vu les fermetures successives de différents services publics constitue un coup supplémentaire pour ses habitants, pour les habitants de notre ville », confirme Vincent Bouget.

    Mardi 26 mai, c’est le centre social des Mille couleurs qui a appelé à un rassemblement devant le bureau de poste. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel, dont Vincent Bouget, venu rassurer la population quant à sa volonté de tout mettre en œuvre pour le sauver. « La mairie, l’État et toutes les structures sont contre la fermeture », confirme Frédéric Deschamps, cosecrétaire du PCF gardois. « Le redéploiement proposé par la Poste sur Valdegour et Cadereau ne résout pas le problème des 12 000 habitants de Pissevin. »

    « La réponse aux légitimes aspirations des personnels à de bonnes conditions de travail ne peut être la fermeture pure et simple. Il faut, au contraire, assurer et développer la présence de tous les services publics », a réagi de son côté la section communiste nîmoise. Si la réunion organisée mardi soir n’a pas encore permis de trouver une solution, le bureau de Vincent Bouget confirme que les discussions se poursuivent avec la direction de la Poste.

  • À Marseille, La Poste offre vingt ordinateurs pour faciliter l’insertion professionnelle

    À Marseille, La Poste offre vingt ordinateurs pour faciliter l’insertion professionnelle

    C’est au siège de La Poste (1er) que Benjamin Bitane, directeur général de Face Sud Provence, remercie, ce mercredi matin, son partenaire historique. Après une poignée de main avec Pierre-Hubert Martin, délégué territorial du groupe La Poste, le directeur de l’association présente l’opération de distribution mise en place dans le cadre d’un partenariat : « L’accès à un ordinateur est aujourd’hui nécessaire pour s’insérer dans le monde du travail. Nous allons, dès la rentrée, distribuer ces équipements aux personnes les plus précaires, notamment via notre programme Karibu, qui regroupe des demandeurs d’emploi ayant obtenu l’asile, souvent sujets aux fractures numériques. »

    Écrire un mail, créer son CV ou dénicher une offre sont aujourd’hui des pratiques nécessaires à la recherche d’emploi et qui nécessitent l’accès à un ordinateur. Mais « de nombreux demandeurs font via leur portable, par manque d’outils numériques, explique Benjamin Bitane. Un frein auquel La Poste nous permet aujourd’hui de répondre. »

    Un partenariat historique

    Depuis plusieurs années, les deux structures multiplient leurs opérations pour soutenir l’insertion professionnelle dans les Bouches-du-Rhône. « Nous avons déjà organisé plusieurs ateliers immersifs comme un job dating gourmand à La Ciotat, des sessions de recrutement à Aix-en-Provence, ou encore des ateliers de rédaction de CV à Marseille, rappelle Pierre-Hubert Martin. Aujourd’hui, nous souhaitons aider davantage ce public en leur offrant une partie de nos ordinateurs reconditionnés. » Cette année, le groupe distribuera ainsi plus de 250 équipements informatiques dans la région.

  • À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    « C’est un budget de transition », estime l’adjoint aux finances, Didier Saura. Vitrolles a voté un budget empreint d’incertitudes, jeudi, à l’aune d’« un nouveau cycle d’investissements et de décisions qui ne dépendent pas de nous », a expliqué l’élu, évoquant « 1,4 million d’euros de contraintes nouvelles en une seule année ».

    Pour autant, la majorité du maire (PS), Loïc Gachon, parvient à présenter un budget de 123 millions d’euros, dont 92 millions consacrés au fonctionnement et 31 millions à l’investissement.

    Le rapporteur du budget insiste sur « la réalité humaine » derrière les 52 millions d’euros de masse salariale, en baisse de 1%, mais représentant 66,8% des dépenses. « Il y a des agents municipaux derrière le fonctionnement quotidien de la Ville, des services rendus aux habitants et une présence publique dans les quartiers », souligne Didier Saura, mais aussi « un effort réel de maîtrise malgré les hausses de cotisations ».

    « Des services qu’aucune autre ville ne propose »

    « On ne peut pas parler de masse salariale sans parler de service public », confirme l’adjoint, Michel Piquet (MoDem). « Lorsque La Poste a fermé le bureau du village, la Ville a ouvert une agence. Les enfants bénéficient de l’accueil du matin et du soir et la Ville a fait le choix d’un agent d’école maternelle par classe quand la réglementation ne prévoit qu’un poste par école », liste l’élu.

    Même son de cloche pour l’adjoint PCF, Malik Mersali : « Un ménage avec deux enfants, soit 50% des ménages vitrollais, bénéficie de services qu’aucune autre commune ne propose, comme les plus de 500 places de crèche, des garderies périscolaires et des activités éducatives au conservatoire.  L’adjointe Isabelle Rovarino (PS) rappelle que « c’est grâce à cette gestion rigoureuse et la volonté d’assurer un service public de qualité que Vitrolles tient le cap », dans le brouillard budgétaire de l’État.

  • Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Les pleurs comme élément déclencheur. « Lundi dernier [27 avril], une collègue de 20 ans est rentrée en pleurs de sa tournée car elle n’a pas réussi à la terminer avec 5 secteurs et 170 colis, c’est infaisable », déplore Bruno Verdi, secrétaire départemental SUD PTT 84. Cet épisode a entraîné d’abord un débrayage des agents d’Avignon-Montfavet puis une journée de grève, ce lundi, qui a concerné la moitié des 50 facteurs du secteur. « Ce n’est pas acceptable d’être en pleurs à son travail, le problème ce n’est pas elle, mais l’organisation, 5 secteurs c’est en gros la moitié de l’intra-muros, la norme acceptable c’est 100 colis », illustre le responsable syndical.

    Depuis un an et la mise en œuvre d’une réorganisation interne, « les dysfonctionnements s’aggravent », alerte le syndicat, déjà mobilisé pour les mêmes raisons il y a 3 mois (notre édition du 4 février) ou début juillet. « Malgré des préavis de grève déposés sur une période de plus de trois mois, la direction est restée sourde aux revendications, refusant d’ouvrir de véritables négociations », regrette Bruno Verdi alors que, ce samedi, seuls des « cadres de La Poste sans mandat nous ont reçus et que ce lundi le directeur a décliné une rencontre ». Ce mardi, une enquête du CSE (comité social et économique) sur la sécurité et santé au travail doit être menée.

    « C’est difficile d’ignorer les mécontentements »

    « Le manque de personnel, l’allongement des tournées et la surcharge d’activité entraînent une hausse des heures supplémentaires depuis plusieurs mois », décrit Bruno Verdi. Et, en bout de chaîne, pour les habitants des « dizaines de milliers de plis, ainsi que la presse, restent en souffrance ». « C’est difficile d’ignorer les mécontentements, il n’y a qu’à regarder les réseaux sociaux, il y a une baisse indéniable du courrier mais les colis et publicité augmentent, pointe Bruno Verdi. Cela pose la question de notre obligation légale de service public. » SUD PTT réclame le renfort pérenne de 10 agents.

    Contactée, la direction de La Poste botte en touche concernant la possibilité d’une rencontre et reste généraliste : « En matière de dialogue social, un travail est mené au quotidien avec les équipes. Des groupes de travail associant les agents sont régulièrement organisés afin d’améliorer en continu l’organisation et les conditions de travail. » Pas non plus de recrutement en vue, la direction « souligne que les équipes et l’organisation de l’établissement sont dimensionnées en adéquation avec le niveau d’activité » et ce après « neuf recrutements en CDI réalisés depuis l’an dernier ». « À ce jour, aucun poste n’est vacant sur le site. Les périodes de forte activité sont par ailleurs anticipées et donnent lieu, chaque fois que nécessaire, à la mise en place de renforts adaptés », assure La Poste. Un nouveau préavis de grève devrait être rapidement déposé par le syndicat.

  • Un bureau de poste occupé pour défendre leur facteur

    Un bureau de poste occupé pour défendre leur facteur

    Ce samedi matin, ils étaient plus de 80 rassemblés devant le bureau de Poste des Pennes-Mirabeau, en défense de leur facteur, Didier Rochette. Suspendu depuis sept mois, ce dernier est convoqué, mardi, en conseil de discipline à Paris, avec une menace de révocation. Une mobilisation d’usagers que le syndicat SUD PTT, qui le défend, n’avait jamais vue avec une telle ampleur : plus de 200 habitants ont signé une pétition pour prendre sa défense. Jusqu’à occuper le bureau de poste après le rassemblement pour obtenir des réponses de la Poste. « Nous sommes des gens simples nous, interpelle un riverain. On est comme Jean de Florette [le personnage de Marcel Pagnol, Ndlr]. L’autre voulait son eau, nous, on veut notre facteur ! »

    « C’est le lien social »

    « On lui reproche d’être violent et d’être un harceleur, ce sont des accusations graves et infamantes ! », s’indigne le responsable de SUD PTT, Serge Reynaud. Et d’assurer : « C’est quelqu’un qui dérange parce que chaque fois qu’il y a un problème, c’est une vigie. » Sur place, les usagers de sa tournée célèbrent à l’unanimité le travail d’un facteur « à l’ancienne ». « Didier, c’est le lien social. Dans mon quartier des Bouroumettes, il connaît la vie, les peines, les difficultés des habitants », partage Agnès Bono, 75 ans. Alors quand pendant six mois d’affilée, elle n’a plus vu son facteur, elle s’est inquiétée, avant de lancer une pétition pour prendre sa défense.

    Face aux soutiens venus le défendre, le quinquagénaire reconnaît que cette mobilisation lui fait « chaud au cœur ». « Je vis mal le fait d’être pestiféré depuis sept mois. On m’a demandé de rendre mon badge et mon téléphone, j’ai l’impression d’être un voyou », souffle-t-il. Attaché au service public, il avait passé le concours de la Poste en même temps que celui de l’Éducation nationale. « Je ne connaissais pas ce boulot, mais je suis tombé amoureux de ce métier qui permet de se sentir utile, de connaître les gens », partage l’avant-dernier fonctionnaire de ce bureau, syndiqué depuis 2016 après une mobilisation contre une réorganisation. Une plainte contre lui de sa direction a été classée sans suite, il a lui aussi déposé plainte. Signe du climat délétère, un de ses collègues a démissionné, il y a un mois, et si certains d’entre eux sont discrètement présents, le syndicat SUD PTT assure que des pressions ont été exercées sur les autres facteurs pour qu’ils ne soient pas présents. Sur place, le responsable répond n’avoir aucun commentaire à faire, sans oser affronter le regard de la fille du facteur menacé de révocation. La direction se borne à confirmer la tenue d’un conseil de discipline, le 28 avril.

  • La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    Depuis près d’un mois, la direction du Carré Pro de La Poste de Gap a supprimé une heure de service sur la pause méridienne, entre 12h30 et 13h30. Depuis, le personnel reçoit des courriers de plainte de la part de clients habituels, en particulier des professionnels, pour qui la perte de ce créneau horaire nuit à leur activité.

    « Je suis venue un jour, comme souvent, livrer mes colis entre midi et deux. Et là je découvre que c’est fermé. Or c’était pratique parce que c’était un moment plus calme, où le guichet et plus accessible », rapporte Anne-Marie, gérante de la boutique de chaussettes Coccinelles à Gap, qui envoie régulièrement des commandes via ce service. « C’est dérangeant parce que ça n’aide vraiment pas à la fluidité des entreprises », estime-t-elle.

    Le créneau compris entre 12h et 14h était particulièrement apprécié des commerçants, comme Frédéric Morgan, gérant d’Optimum, une entreprise de support en publicité visuelle : « Ça me permettait de faire des opérations d’envois et retraits en dehors des horaires d’ouverture de notre commerce. Et je soutiens également, en particulier, les salariés à l’accueil du Carré Pro […]. J’ai pu constater qu’en rouvrant à 14h, ils faisaient face à une grande affluence, source de tensions. »

    « Nous restons

    un service public »

    Après plusieurs semaines de réception de courriers, la CGT Fapt des Hautes-Alpes a publié ce lundi un communiqué dénonçant une « décision mise en œuvre sans information préalable des usagers concernés, ni mise à jour des horaires en ligne, provoquant incompréhensions et déplacements inutiles ». Le syndicat dit avoir reçu entre vingt et trente courriers, principalement de professionnels, « exprimant leur incompréhension et leurs difficultés face à ces changements », et affirme que ces horaires ajoutent aux salariés des « contraintes supplémentaires dans des journées de travail déjà chargées ».

    « On nous a dit clairement que maintenir cet horaire, ce n’était pas rentable, rapporte Gilles Garcia, salarié syndiqué de La Poste. Mais nous, nous considérons que même si La Poste est devenue une entreprise privée, on rend toujours une mission de service public, surtout dans un territoire où ces services disparaissent comme neige au soleil. » Dans son communiqué, la CGT Fapt 05 dénonce par ailleurs une évolution qui « s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction des services postaux sur le territoire, notamment pour les professionnels. À Tallard, Chorges ou encore Saint-Bonnet, les usagers entreprises doivent désormais réaliser eux-mêmes certaines opérations d’affranchissement. » Le syndicat estime que c’est en creux « la question du service public postal qui est posée ». Un service qui « ne peut pas être piloté uniquement par des logiques de rentabilité ».

    Contactée, la direction explique que sa décision « repose sur une analyse de la fréquentation, qui ne justifiait pas une ouverture en continu sur ce créneau ». Elle précise que l’espace pro reste toutefois « largement accessible », étant ouvert 8h30 par jour du lundi au vendredi et 4 heures le samedi matin. La direction assure également avoir informé les clients trois semaines avant l’entrée en vigueur des nouveaux horaires, « par voie d’affichage en salle et en direct par les chargés de clientèle ».

  • [Entretien] Karim Bouzana : « La charge des postiers est de plus en plus lourde »

    [Entretien] Karim Bouzana : « La charge des postiers est de plus en plus lourde »

    Les 15 et 22 mars, les habitants éliront leur futur maire en se rendant aux urnes avec les documents électoraux reçus à domicile. Karim Bouzana, secrétaire départemental CGT Fapt-Poste 13, détaille un dispositif d’acheminement lourd : un travail intense, sur des délais serrés, « sans compensation » pour les travailleurs.

    La Marseillaise : À quelle charge de travail les postiers vont-ils faire face pendant cette période électorale ?

    Karim Bouzana : Dans le contexte des municipales, il y a la distribution des plis électoraux. On doit les mettre dans toutes les boîtes aux lettres de l’ensemble des habitants du département. Par exemple, vous avez 40 000 boîtes aux lettres dans le 15e arrondissement de Marseille et, dans chacune, vous avez potentiellement deux, voire trois, électeurs. Donc, on risque d’avoir 80 000 ou 90 000 plis à distribuer rien que sur le 15e. Avec le changement de scrutin, cette année, ça double la charge à Marseille. Et il faut prendre en compte le poids de cette charge. Toujours dans le 15e, il y a 26 facteurs titulaires. Donc imaginez ce que ça représente en termes de charge pour 26 personnes. Même s’il va y avoir des renforts, ça va être peu : quatre personnes. Ce sont des estimations, mais ça donne une idée. C’est un casse-tête parce qu’on va faire trois tâches au lieu de deux. Pour résumer, on se retrouve avec une trentaine de personnes pour des dizaines de milliers de plis, avec très peu de temps.

    Justement, quels sont les délais ?

    K.B. : C’est ça le souci. Pour le premier tour, on pourra plus ou moins gérer, il y a plus de souplesse. Mais le second, ça va être compliqué. On va récupérer les plis le jeudi soir, donc on aura que deux jours pour les distribuer avant la date limite. Les agents vont être amenés à venir pendant leurs jours de repos. Les samedis, on aura des journées très longues. S’il y a des maires qui sont élus au premier tour, tant mieux, ça va faire des contents au niveau des facteurs. Mais il y a la probabilité qu’on ait des triangulaires ou quadrangulaires, et ça va compliquer la tâche.

    Que demandez-vous à la direction ?

    K.B. : Cette tâche n’est pas dans les missions qu’on a d’habitude, on porte une charge largement supplémentaire. Donc on demande une compensation, juste pour récompenser l’effort. La Poste répond clairement non. On a fait différentes demandes : la mise en place d’une prime exceptionnelle couvrant les deux jours, ou un panier-repas par jour de distribution. La Poste refuse. Un dépôt de préavis de grève a été déposé, de ce mardi jusqu’au samedi, 24 heures reconductibles. La semaine d’après, pour le second tour, il va être posé du mercredi au samedi. La Poste doit réfléchir à comment partager.

    Quelles sont les réactions des travailleurs ?

    K.B. : Le mécontentement grandit dans les services et il y a des craintes. La charge des postiers est globalement de plus en plus lourde et, en plus de ça, on a la distribution des plis électoraux. Il y a une lassitude, une fatigue. Ce n’est pas une résignation, mais c’est du dégoût d’être traité de cette manière-là. Les charges de travail s’accumulent, on diversifie les fonctions, mais il n’y a pas la reconnaissance du métier. Ils ne sont pas valorisés à la hauteur des tâches qu’ils accomplissent. Donc, ils attendent une prise en charge et une reconnaissance, au moins pour la période électorale.