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  • La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    Sept ans après la création de l’hebdo de La Marseillaise, qui avait succédé au quotidien l’Hérault du jour, c’est une nouvelle page du journal qui s’ouvre en Occitanie. Vendredi soir, au 56, rue de l’Industrie à Montpellier, La Marseillaise a confirmé son assise dans l’Hérault et le Gard en s’installant à sa nouvelle adresse. Lieu de travail, débats et rencontres, cette maison constitue aussi un « pôle médias » avec nos confrères de Divergence et Radio Clapas.

    Devant une centaine de
    fidèles lecteurs, de personnalités du monde syndical et
    associatif, des amis de La Marseillaise et d’élus de Montpellier, du Département et de la Région, la rédactrice en cheffe adjointe, Françoise Verna, a insisté, à trois mois des municipales, sur l’ambition d’être « le journal du débat public au service du droit à l’information plurielle ».

    Face aux « vents mauvais » de l’extrême droite, le directeur éditorial et président, Léo Purguette, a lui réaffirmé les valeurs progressistes de notre titre, né pour contrer l’occupation nazie. « Nous sommes le journal de la paix ». Face à la prédation des forces de l’argent et aux « fake news », il a rappelé son attachement à la « liberté de la presse, à une information vérifiée, de qualité pour éclairer les citoyens ».

    ILS ONT DIT

    Hervé Martin, adjoint au maire de Montpellier

    « La Marseillaise je l’ai connue il y a bien longtemps avec l’Hérault du jour, rue Durand, puis rue de la République. Aujourd’hui, elle s’installe dans ce quartier Restanque en plein renouveau. Ce journal est toujours resté fidèle à la parole de ceux qui sont en lutte.

    Dans les mouvements sociaux, on entend dire “enfin un média qui nous écoute sans nous tordre”. »

    Clara Gimenez, vice-présidente Montpellier Métropole

    « La Marseillaise est un journal précieux dans un contexte guerrier. On a besoin d’un journal qui défende les idées de lutte, de progrès.

    Être fidèle à ses valeurs, ne pas tordre le cou à la réalité, nous aider à défendre l’idée d’une société plus belle, un monde plus juste et pourquoi pas de nouveaux jours heureux. Bonne route et longue vie avec ce nouveau QG ! »

    Christian Bastid, vice-président Département du Gard

    « C’est un journal qui connecte les deux rives du Vidourle et avec qui nous partageons les mêmes valeurs.

    Un hebdo qui dit non à la guerre dévastatrice, oui à la paix. Nous sommes engagés sur des projets de conquête et reconquête pour les habitants et savons qu’on peut compter sur les forces vives de La Marseillaise pour lutter contre les mauvaises idées du RN. »

    Jean Almarcha, conseiller départemental de l’Hérault

    « Le président Mesquida vous avait reçus pour un débat “Protéger la République de proximité”. C’est un grand journal qui a combattu le nazisme, le fascisme et qui continue à s’engager pour la justice sociale, les libertés, la paix. À l’heure de la concentration des médias, la frontière entre l’info et la manipulation est très fine. Ce journal a toujours pris la défense des plus fragiles. »

    Christian Assaf, conseil régional d’Occitanie

    « C’est un moment joyeux et grave dans un moment dangereux. Partout où l’information disparaît, c’est la désinformation qui gagne. Les regroupements de presse aux mains de magnats comme Bolloré sont un danger pour la démocratie locale, notre République et la gauche. La Marseillaise, l’Huma ou Mediapart, qui sont du côté des invisibilisés, nous font honneur. »

  • [Rue de la République] Gaby Charroux : « Les services publics sont le cœur du pacte démocratique de notre pays »

    [Rue de la République] Gaby Charroux : « Les services publics sont le cœur du pacte démocratique de notre pays »

    L’entrée en campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes candidat à votre succession, vous avez mis du temps à vous décider. Ne craignez-vous pas le mandat de trop ?

    Vous savez, en 2019, j’avais annoncé que ce mandat pouvait être le dernier. On a décidé collectivement que ce ne serait pas le cas. J’en suis très content, heureux, même si je sais la charge qui pèse sur un maire d’une ville de 50 000 habitants. C’est une charge très lourde qui prend 7 jours sur 7, jour et nuit. Nous l’avons démontré, dans tous les moments y compris les moments de crise, nous sommes au rendez-vous.

    Didier Gesualdi : Certains évoquent votre âge, êtes-vous en forme ? Vous pourrez aller jusqu’au bout de votre mandat ?

    Je crois oui ! La forme est là, l’enthousiasme est là, l’engagement est là, l’humilité aussi et l’envie également ! L’envie de poursuivre une action qui, d’ailleurs, était menée avant moi-même.

    Didier Gesualdi : C’est dur une bataille municipale, vous en avez conscience ?

    Ce qui est le plus dur, ce n’est pas la bataille municipale, c’est la vie du maire s’il veut être à tous moments dans le travail avec et pour les citoyens. Je pense qu’une campagne électorale, c’est un formidable moment démocratique dans le pays. Je souhaite et j’invite chaque citoyen à venir dans la campagne, profiter pour dire ce qu’ils ont sur le cœur, ce dont ils ont envie pour leur ville. Ce n’est pas une contrainte ni une punition, c’est enthousiasmant !

    Léo Purguette : Ce sont aussi des moments durs, ça a commencé avant votre déclaration de candidature. À l’appui de l’affaire de la Semivim, un climat de suspicion s’est installé dans une partie de la ville. Comment allez-vous y répondre ? Le débat démocratique sera-t-il serein ?

    On a besoin d’un débat serein. Ce n’est pas le ton donné par un certain nombre d’opposants au conseil municipal qui ont même été dans un comportement indigne. D’ailleurs cela a fait l’objet de procédure et d’une suite. Les choses sont ainsi. Je ne veux pas parler de ces gens. Mais je vais parler du sujet en revanche. Nous nous appuyons sur des valeurs et des engagements qui ont été les nôtres depuis des années. Sur ce qu’ils essayaient d’instrumentaliser, les choses sont très simples : j’ai toujours dit que je n’avais rien à voir avec cette affaire. Croyez-vous que je serais dans le déshonneur d’aller me présenter à une élection si j’avais eu la moindre culpabilité dans une telle affaire ? C’est aussi simple et clair que cela. Nous sommes sereins avec mes camarades élus de la majorité municipale qui sont des gens formidables qui font un travail extraordinaire pour les habitants, chacun dans sa délégation, et qui continueront à le faire.

    Les adversaires

    Didier Gesualdi : La composition de l’échiquier politique vous a-t-elle incité à vous présenter avec une droite qui ne s’interdit rien et un député RN qui est candidat ?

    Ce que je remarque, c’est le travail que nous avons réalisé et pour qui. Mais aussi le non-travail des opposants qui sont présents. Je le disais, c’est la démocratie qui s’exprime, donc chacun peut aller participer. Chacun prend ses responsabilités. Nous, ce à quoi nous tenons, les citoyens peuvent le constater chaque jour, c’est leur intérêt. Toutes nos décisions sont prises pour leur bien-être, leur épanouissement, leur qualité de vie. Pour les jeunes, la perspective d’avoir un avenir désirable. Oui, on a envie que les jeunes, les familles, les anciens soient protégés. On ne part pas de rien, nous avons tout ce qui a été réalisé, porté par ces valeurs de fraternité, de solidarité et d’égalité. Chaque citoyen de Martigues compte pour moi. J’invite les citoyens qui peuvent avoir l’illusion qu’ailleurs l’herbe pourrait être plus verte dit-on, à s’interroger sur ce qui a été réalisé pour eux, ce qui existe déjà dans cette ville. Nous sommes les garants de la poursuite et du développement de cela.

    Léo Purguette : Quel est l’arc des forces qui vous soutiennent et qui souhaitez-vous rassembler ?

    Tous les citoyens de Martigues sont les bienvenus dans notre grand rassemblement. Nous avons besoin de chacun d’entre eux et nous comptons sur chacun d’entre eux. Nul n’ignore quel est mon engagement, pourquoi j’ai envie de continuer à porter cette lourde responsabilité. Parce qu’avec mes camarades de gauche, progressistes, démocrates, qui sont des républicains acharnés, dans le sens le plus beau et le plus large, nous voulons faire progresser la ville, ne jamais reculer sur les valeurs.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Entendez-vous ceux qui disent « tous pourris », « on n’a pas essayé le Rassemblement national » et comment vous y répondez ?

    Oui j’entends ça. Ces propos sont d’une injustice terrible. Je vois beaucoup de maires, notamment des maires de notre sensibilité, la gauche, qui sont dévoués, désintéressés, qui donnent de leur temps, de leur force, de leur santé parfois. Je dis à ces citoyens-là, regardez ce qui a été fait ici. Dans les conseils de quartiers, je prends soin d’expliquer à quoi je passe mon temps. C’est du concret : les trous dans la chaussée, la propreté, la sécurité, l’accès aux droits, à la santé pour tous, l’école de qualité partout tout le temps, la prévention des risques, le développement économique… Pas parce que j’ai envie de faire enrichir de grands industriels mais parce que ce sont des emplois pour notre territoire…

    Léo Purguette : Les citoyens de la circonscription ont « essayé le RN » en élisant un député d’extrême droite. Quel regard portez-vous sur ses premiers mois ?

    D’abord j’analyse la campagne électorale. Elle n’était pas pour un député de la circonscription mais pour envoyer le chef du RN à Matignon en attendant mieux. Donc les candidats locaux étaient des candidats de l’ombre, non-connus, sans aucun programme capable d’être exprimé. On a vu la différence qu’il y a entre les députés qui sont engagés, qui portent les valeurs et qui sont capables d’être présents et actifs à l’Assemblée et puis les autres. J’invite chacun à regarder les votes de ceux-là. On trouve les progressistes d’un côté et les défenseurs du grand capital de l’autre. Ce sont ceux-là aussi, ils l’ont montré par leurs votes.

    La guerre

    Léo Purguette : Qu’avez-vous pensé des propos du chef d’état-major sur la France qui devait consentir au sacrifice de ses enfants en Ukraine ?

    C’est juste terrible. C’est une calamité. Pardon d’évoquer des choses personnelles mais j’ai touché du doigt ce qu’était la guerre avec la disparition de mes deux grands-pères et de mon père. Je sais ce qui manque ensuite dans la vie. Je l’ai subi et je ne le souhaite à personne. Je n’ai pas envie que les enfants de France aillent mourir pour des guerres qui ne sont pas les nôtres. Voilà, tout simplement. Cessons d’agiter les peurs. C’est vrai aussi pour la dette, qu’on arrête avec ça. Martigues donnera entre 7 et 8 millions d’euros pour le budget de l’État mais pour faire quoi ? Sa dette abyssale, jamais il ne la remboursera. Quand on dit qu’il n’y a plus d’argent, je n’y crois pas une seconde. Seulement, il faut avoir la volonté d’aller trouver cet argent où il est. Y a-t-il besoin de revenir sur l’enrichissement des plus riches de ce pays en quelques années ?

    L’attractivité de Martigues

    Didier Gesualdi : Si je vous dis que Martigues a perdu de son lustre, de son rayonnement, vous répondez quoi ?

    Que c’est une manipulation qui appartient à ceux qui la portent.

    Didier Gesualdi : Pourquoi le pensent-ils ?

    Il faut le leur demander. Moi, je pense l’inverse : notre ville n’a jamais été aussi attractive qu’aujourd’hui. Mais ce n’est pas qu’une opinion, il y a des faits. Premièrement, elle a su préserver et même développer les emplois de l’industrie. Il y a en plus des projets de décarbonation, le pôle chimique et pétrochimique de Lavéra. Et je vois avec grand plaisir qu’une grande entreprise de ce site vient d’annoncer un investissement de 250 millions d’euros. C’est énorme, très important pour l’emploi ici. Deuxièmement, Provence Studios, avec une réussite d’une personne formidable : Olivier Marchetti, avec son équipe. Ils ont pu faire rejoindre leur amour du cinéma avec ce qu’est Martigues, une terre de cinéma depuis plus d’un siècle. Troisièmement, les services publics implantés ici, qu’ils soient nationaux ou communaux. C’est une richesse incroyable, un atout pour le territoire. Voilà pourquoi je suis acharné à défendre l’hôpital public, l’école publique, la Poste et aussi les services publics communaux.

    Léo Purguette : N’êtes-vous pas entravé sur les services publics par le débat budgétaire qui est dominé par les partisans de l’austérité ?

    Oui. Absolument. J’entends toujours dans leur bouche qu’il faut diminuer la dépense publique. Mais la dépense publique à diminuer c’est quoi ? L’armée ? La police ? La justice ? L’Éducation nationale ? La santé ? La petite enfance ? L’accès aux sports, à la culture, aux solidarités ? Il n’y a pas un euro de dépense inutile à Martigues. J’ai bien l’intention de continuer dans cette voie et de développer les services publics. Pour nous, c’est le cœur du pacte démocratique de notre pays.

    Didier Gesauldi : Comment voyez-vous Martigues dans les prochaines années ?

    Nous travaillons depuis plusieurs années au Martigues de 2050. On a des opportunités pour le faire par exemple avec le plan d’urbanisme intercommunal qui permet de planifier l’équilibre entre les zones agricoles, les espaces naturels protégés, la construction de logements… Nous exigeons des bailleurs qu’ils rénovent tous les logements sociaux…

    Didier Gesualdi : À l’issue d’une bataille municipale qui promet de faire rage, sera-t-il possible d’être le maire de tous les Martégaux ?

    Je veux être le maire de chacun et chacune. J’appelle à venir dans les ateliers que nous organisons pour construire le projet de mandat. Bien sûr, on a des bases et des pistes, c’est clair. Tout ce qui se fera dans cette ville par l’équipe que je mène, sera dans l’intérêt des Martégales et des Martégaux. Quelqu’un m’a dit récemment, « vous partagez avec moi la défense de l’intérêt général mais vous, vous avez épousé Martigues ». Oui, c’est un joli mot. Quand on est dans un couple, on a envie du meilleur. J’ai envie du meilleur pour la ville de Martigues et pour tous ses habitants, sans distinction. Les maîtres-mots, ce sont : fraternité, solidarité, égalité pour tous les citoyens de Martigues.

    Les collectivités

    Léo Purguette : Quel est votre sentiment sur l’instabilité politique ?

    Les pôles de stabilité, on les trouve dans les communes, les départements, les régions.

    Léo Purguette : Le président du Sénat a plaidé à Aix pour un nouvel acte de décentralisation. Est-ce que ça vous inquiète ?

    Nous, ce dont on a besoin, c’est des moyens de fonctionner. Nous les avions. Ils ont été supprimés par un président de la République -chacun retrouvera ses petits- qui, en 2009, a supprimé la taxe professionnelle qui ne gênait en rien les grandes entreprises mais qui était une source de financements pour les actions municipales et pour les services publics locaux.

    Léo Purguette : L’État joue-t-il son rôle sur le narcotrafic ?

    Le narcotrafic est un problème national et international. Il est présent dans les très grandes villes et leurs quartiers, dans les villes moyennes comme nous et leurs quartiers, dans les campagnes, partout, dans le moindre recoin du territoire national. Il faut une action conjuguée, une volonté politique au niveau de l’État.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Michel :

    Bonjour Monsieur le maire, on annonce 10 000 emplois supplémentaires avec les nouvelles usines. Où va-t-on les mettre ?

    Merci Jean-Michel pour cette question. D’abord où vont être installés les emplois et puis ensuite les hommes et les femmes qui vont les occuper. Les emplois iront sur le grand port maritime de Fos, mais peut-être aussi alentour, je pense à la zone de Lavéra aussi. J’ajoute que les emplois sont annoncés avec une ambition d’industrie décarbonée. Pourquoi sommes-nous intéressés par des nouveaux emplois ? D’abord parce que nous en voulons ici, chez nous, en France. Ensuite parce que nous avons besoin à l’Ouest de l’étang de Berre, d’emplois bien rémunérés, défendus par les salariés eux-mêmes et qui feront vivre beaucoup de monde. Aurons-nous 10 000 emplois ? Je n’en sais rien à ce stade. Il y a déjà des premières avancées, des entreprises qui ont annoncé leur implantation. C’est très bien. Où vont habiter les gens qui travailleront dans ces industries ? Une bonne partie viendra sans doute d’autres régions. Il faudra les loger. Ils vont s’installer un peu partout à Fos, à Saint-Martin-de-Crau, à Port-de-Bouc, à Istres, à Port-Saint-Louis et à Martigues aussi. Nous travaillons à créer les conditions d’un accueil. Pour maintenir le nombre de logements pour la population actuelle de Martigues, il faut construire à peu près 150 logements par an. Si on veut anticiper des nouveaux salariés de l’industrie mais aussi des services publics qui devront aller avec, car il y aura plus de classes dans les écoles, plus de besoins au centre hospitalier de Martigues, il faudra environ 100 logements de plus par an, donc au total 250 logements par an à construire, publics et privés. Les emplois les mieux rémunérés sont ceux de l’industrie, on a envie que les ouvriers qualifiés, les ingénieurs, les techniciens vivent à Martigues pour profiter de cette ville bien équipée dans laquelle on vit.

  • [Entretien] Maryan Barthelemy : « Diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! »

    [Entretien] Maryan Barthelemy : « Diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours ?

    Maryan Barthelemy : J’ai 53 ans. J’ai un parcours dans l’événementiel depuis 25 ans. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs vies dans le sport pétanque. J’ai été joueur. J’ai ensuite basculé dans l’organisation d’événements. J’ai été chef de projet et directeur d’agence chez l’organisateur des Masters de pétanque et du trophée des villes. J’ai aussi été consultant pour de nombreuses chaînes de télévision : TF1, TMC… J’ai ensuite créé ma boîte, MB Events avec laquelle j’organise des événements pétanque notamment tournés vers le monde de l’entreprise.

    Le Mondial La Marseillaise
    à pétanque et vous, c’est une histoire qui ne date pas d’aujourd’hui.

    M.B. : C’est vrai. Cela remonte à 1988. À l’époque nous étions 3 juniors à faire la finale, chose qui ne s’est jamais reproduite même si des jeunes comme Tyson Molinas, Joe Casale ou Adrien Delahaye l’ont gagnée en étant junior.

    Quand on vous a parlé de devenir directeur des événements du groupe La Marseillaise,
    quelle a été votre réaction
     ?

    M.B. : Je n’y ai pas cru. Lorsque Pierre Guille m’a appelé pour m’annoncer son départ je croyais qu’il voulait me parler d’organiser un événement en commun auquel on avait réfléchi ensemble il y a quelque temps. J’ai donc été surpris. J’ai ensuite été reçu par les dirigeants et, c’est un poste incroyable qui ne peut pas se refuser. Déjà, travailler dans sa passion c’est quelque chose de formidable. Essayer de diriger le plus grand événement pétanque au monde, c’est le Graal ! Le challenge est tellement passionnant, tellement intéressant que j’ai maintenant hâte d’entrer sur le terrain ! C’est un événement aux multiples facettes. J’en connais déjà certaines mais j’ai vraiment hâte de travailler avec tous les bénévoles, les commerciaux. C’est une grosse machine, on va se mettre en ordre de marche pour suivre ensemble le même cap. On va se renouveler en respectant toute l’antériorité de cet événement unique avec ce qu’a apporté Michel Montana puis Pierre Guille.

    Le Mondial La Marseillaise à pétanque n’aurait pas lieu sans ses bénévoles. Quels sont vos liens ?

    M.B. : J’espère que tous les bénévoles vont continuer. Je les connais depuis longtemps. Maurice Caumel, Didier Lalanne, Thierry Marque, André Picca, Daniel Simon, Sylviane Bourrelly sont des personnes de grande valeur. On se souvient ensemble de Maurice Vial qui est malheureusement décédé, on sait à quel point on a besoin de tout le monde et on va tout faire pour leur rendre la tâche la plus facile possible. On va notamment essayer que le maximum de parties se déroulent à Marseille intra muros car c’est important pour les participants. Il faut trouver des solutions au regard de la croissance de l’événement.

    Quels sont vos rapports
    avec les instances sportives
    de la pétanque
     ?

    M.B. : J’ai appelé Michel Le Bot, quelques minutes avant cette interview, parce que je me devais d’annoncer la nouvelle au président de la Fédération française et dès que nous aurons fini j’adresserai un mail à Gérard Schneider, président luxembourgeois de la Fédération internationale avec lequel j’entretiens aussi d’excellentes relations. Il y a quelques semaines, j’ai rencontré le délégué Romain Barré sur un événement. On a parlé des heures et des heures du Mondial La Marseillaise à pétanque alors que je ne savais pas encore que j’allais occuper une responsabilité importante dans l’organisation de cet événement. Je ne considère pas que j’arrive en terrain conquis pour autant. Il y a beaucoup d’innovation à entreprendre. On doit se développer avec des partenaires privés car les collectivités sont en difficulté sur les moyens dont elles disposent. Nous allons tenter d’apporter des nouveautés pour trouver des nouvelles ressources qui sont essentielles.

    Vous êtes d’abord connu dans
    le monde de la pétanque, mais
    les événements de La
     Marseillaise c’est bien plus large que cela.
    Ça aussi c’est un défi
     ?

    M.B. : Oui il y a quatre grands événements. Le Mondial bien sûr mais aussi le Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise dont Marc Poggiale a pris la présidence. Il aura lieu le 1er février et il est en grande partie lancé. Je serai donc plutôt en observation. Ensuite nous tiendrons La Marseillaise breaking cup au printemps et bien sûr, il y a la Tournée d’été La Marseillaise. J’ai tout aussi hâte de l’organiser. J’ai toujours été un homme de tournée, les Masters de pétanque en étaient une. Tous les événements se montent de la même manière, c’est un puzzle où il faut trouver les meilleurs prix, les meilleurs prestataires. Les soirées de la Tournée d’été seront toujours aussi festives, on est sur une dynamique puisque l’année passée il y avait une quinzaine de dates.

    À nos lecteurs

    C’est à vous, chères lectrices et chers lecteurs, aux côtés des bénévoles et salariés de La Marseillaise, que nous avons souhaité réserver la primeur de l’annonce du renouvellement du pôle événementiel du groupe La Marseillaise. La croissance de nos événements et le départ de Pierre Guille vers de nouveaux horizons professionnels nécessitent une réorganisation pour accompagner notre développement. C’est dans cet esprit de conquête que Maryan Barthelemy, spécialiste de la pétanque et professionnel de l’événementiel, est nommé directeur des événements du groupe La Marseillaise. Rafaël Jacquelain, directeur commercial marchés privés, est chargé du sponsoring. Marc Poggiale, président du conseil de surveillance, est élu président de l’association ESCS, organisatrice du Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise. Jean-Luc Corréard, spécialiste du cyclisme, est nommé directeur de course. Le dispositif sera complété par un nouveau président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque dans les prochains jours.

    Léo Purguette,

    président et directeur éditorial du groupe La Marseillaise

    président du Mondial La Marseillaise à pétanque

  • Merci à tous les bénévoles mobilisés pour la vente de « La Marseillaise »

    Merci à tous les bénévoles mobilisés pour la vente de « La Marseillaise »

    Une opération spéciale de diffusion de La Marseillaise s’est déroulée ce week-end pour promouvoir une édition exceptionnelle de 56 pages avec un contenu porté par une actualité forte : marche blanche en mémoire de Mehdi Kessaci, meeting de Fabien Roussel à Marseille, numéro de « Rue de la République » avec Marc Pietrosino, nouveau secrétaire général de l’UD CGT 13, et sur le volet culturel, un grand entretien avec le célèbre auteur de bandes dessinées, Enki Bilal.

    Merci à toutes et tous les bénévoles qui y ont participé !

  • Pétanque féminine : une saison en or pour la Tropézienne Cindy Peyrot

    Pétanque féminine : une saison en or pour la Tropézienne Cindy Peyrot

    Son balancier inimitable et sa précision d’enfer font d’elle la meilleure tireuse de l’Hexagone. Cindy Peyrot (31 ans) a parfaitement mis son don à contribution cette année en s’imposant lors de trois grands rendez-vous du calendrier boulistique. D’abord aux finales PPF, au mois de février à Aix-en-Provence, où elle s’est imposée aux côtés d’Anna Maillard et Manon Debard. La native de Saint-Priest-en-Jarez, dans le département de la Loire, a ensuite glané sa deuxième étoile au Grand Prix féminin Paprec du Mondial La Marseillaise à pétanque, en compagnie d’Anna Maillard et Maëlle Bertrand. Et comme jamais deux sans trois, la pensionnaire de la Boule Tropézienne a fait des merveilles lors du championnat de France doublette en compagnie de sa partenaire habituelle Anna Maillard, lui permettant ainsi d’obtenir un quatrième titre national. Ce qui a également mis fin à une série de cinq finales perdues. « Je ne peux pas dire que j’ai franchi un cap mentalement, parce que je pense que je dois travailler encore plus. J’avais beaucoup de passages à vide et je pense que j’en ai peut-être un peu moins aujourd’hui. Je pense que ma vie actuelle me fait énormément de bien », poursuit celle qui se décrit comme quelqu’un de compétitrice, gagneuse, nerveuse et impulsive. « J’aurai toujours mes travers, mais je me suis vachement calmée », ajoute-t-elle. « C’est une saison où elle a fait vraiment des progrès, notamment dans son attitude sur un terrain et sur les capacités à revenir dans une partie », confirme son compagnon Julien Serrano, figure du Jeu Provençal.

    « Comme si Deschamps ne sélectionne pas Mbappé »

    Malgré le jeu qu’elle a pu produire tout au long de la saison, Cindy Peyrot n’a pas fait partie des joueuses sélectionnées pour intégrer le collectif France féminin. « Je sais que je ne suis pas un ange, j’ai mes défauts, mais les excuses qu’ils m’ont données lors d’un appel en janvier ne sont pas fondées », martèle la vice-championne du monde 2021. « C’est comme si Deschamps ne sélectionne pas Mbappé », compare Julien Serrano, convaincu qu’elle est la joueuse la plus forte du circuit féminin en terme de « talent pur ». Cette semaine, Cindy Peyrot a été contactée par le responsable du collectif Ludovic Pereira, pour qu’elle fasse de nouveau partie du groupe. Se sentant « trahie » et « déçue » d’avoir été privée d’une « possible sélection » lors du dernier championnat du monde à domicile, elle a décidé qu’elle ne reviendrait pas en équipe de France tant que le staff ne changera pas.

  • Près de 4 000 à avoir désormais « La Marseillaise » dans la poche

    Près de 4 000 à avoir désormais « La Marseillaise » dans la poche

    C’était la nouveauté numérique présentée à l’occasion de l’inauguration du siège rénové de notre journal à Marseille. En quelques semaines, elle a déjà été téléchargée de nombreuses fois.

    « Nous avons un taux d’adhésion très important puisqu’en un mois nous avons près de 4 000 téléchargements », se félicite Jean-Jacques Schneider, directeur de La Marseillaise.

    « Nous avons décidé de poursuivre cette phase de découverte mais aussi de rodage qui nous a permis d’améliorer l’outil afin de permettre à un nombre encore plus important de nouveaux lecteurs de faire la découverte de nos contenus gratuitement », poursuit-il.

    De nouveaux lecteurs

    À partir du 1er décembre, date anniversaire de La Marseillaise, nos abonnés auront simplement à entrer leurs identifiants de connexion pour continuer à utiliser pleinement l’application mobile comme ils le font déjà avec le site internet. « Nous espérons bien sûr que les nouveaux lecteurs, convaincus par la qualité de nos contenus, deviendront, quant à eux, de nouveaux abonnés à partir de cette date. »

    Avant cela, le vendredi 28 novembre à 18h, La Marseillaise inaugurera le siège de son hebdo d’Occitanie à Montpellier, 56, rue de l’Industrie. Encore une belle occasion pour faire connaître, télécharger cette application mobile et mettre La Marseillaise dans toutes les poches.

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  • [EQDD] Marseille, scène culinaire vivante et populaire

    [EQDD] Marseille, scène culinaire vivante et populaire

    « C’est un vrai bonheur d’être ici. Il fait un temps magnifique, le soleil brille et nous venons profiter d’une délicieuse daube proposée par Monsieur le maire. C’est chaleureux », sourit Odile, 76 ans, attablée avec son amie Annie non loin de la grande roue avec vue sur mer. Plusieurs restaurateurs se sont réunis samedi 11 octobre, à l’Escale Borély, à l’occasion du grand banquet organisé dans le cadre de la deuxième édition du festival Mars à table, porté par la Ville et l’Office de tourisme.

    « La Ville voulait mettre à l’honneur la gastronomie marseillaise. En tant qu’ancienne restauratrice, j’ai proposé un festival culinaire qui invite habitants et visiteurs à (re)découvrir la richesse de la cuisine locale et méditerranéenne », explique Mélodie Taisne, du service commerce et événementiel de la Ville. « Après l’aïoli en mars 2025, c’est la daube, de poulpes ou de bœuf, qui est mise à l’honneur en octobre. Quatre-vingts restaurateurs partenaires la subliment sur trois week-ends, dans leurs établissements, mais aussi dans l’espace public », détaille-t-elle.

    L’Estaque, le parc Borély et l’espace Bargemon sur le Vieux-Port, les lieux sélectionnés reflètent la diversité de la ville. « Le mélange des générations, la musique, les animations, et surtout le fait de prendre le temps. Savourer le décor, souvent tourné vers la mer » est le vrai « plus » de ce type d’événement pour l’organisatrice. Son succès immédiat succède à ceux du Kouss-Kouss Festival de début septembre et des Dîners insolites organisés partout dans le département par la Métropole en juillet.

    Autour du couscous et ses multiples cultures

    De la Belle de Mai au Plan d’Aou, en passant par le Vieux-Port, Noailles, les Goudes et tous les quartiers où palpite l’énergie culinaire, Marseille célèbre en effet le couscous, plat millénaire labellisé Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2020, véritable expression de la vie en société. Parti de la Friche sur une idée de Fabrice Lextrait et Marie-José Ordener de l’association ICI Les Grandes Tables, le Kouss-Kouss Festival fait sensation dès sa première édition. « En 2018, nous avons programmé sur le toit-terrasse de La Friche la Belle de Mai les artistes Rachid Taha et Rodolphe Burger avec leur Couss-Couss Clan. Nous avons inventé, avec les chefs et cuisiniers de la ville, un festival autour du couscous et de ses multiples cultures », raconte Fabrice Lextrait.

    La discussion se poursuit avec Marie-José : « Et pourquoi ne pas le faire avec Lionel Levy, chef étoilé du restaurant de l’Intercontinental ? » lance-t-elle en plaisantant. Celui-ci accepte aussitôt. « Une dizaine de restaurants nous suivent et proposent un couscous original à leur carte », poursuit Fabrice. Au fil des années, le plat se décline par thème, et atteint 240 structures participantes en 2025.

    Derrière chaque port, les traces d’un marché

    « Le centre-ville s’est recomposé autour des propositions culinaires ces dernières années. La particularité de Marseille est sa diversité de vie à travers ses quartiers, concentrée dans un grand cœur de ville. Depuis environ 15 ans, nous avons à cœur d’investir les espaces publics. Street Food Festival, Kouss-Kouss Festival ou Mars à table, ce sont toujours des événements joyeux et très populaires », détaille Marianne Tiberghien, chargée de mission pour la fédération Marseille Centre. « C’est une ville très spontanée. J’ai toujours été surprise, en arrivant ici, par le nombre de terrasses. Le climat et la typologie de la ville offrent l’opportunité de se retrouver pour partager, partout où il y a des assises et des tables, de la nourriture ensemble », apprécie la chargée de mission.

    Les Dîners insolites qui proposent un repas gastronomique dans des lieux incroyables et le Street Food Festival qui lance l’été dans diverses villes de la région illustrent aussi cette dynamique. Isabelle Brémond, directrice générale de Marseille Provence Gastronomie (MPG) et organisatrice, résume cet engouement avec simplicité : « Notre force, c’est le côté cosmopolite de notre cuisine ».

    Mais quoi de plus logique pour cette ville grecque fondée en 600 avant J.-C. ? « Derrière chaque port se cachent les traces d’un marché. Au centre même de la ville, les propositions culinaires sont nombreuses. Mais manger en extérieur, sur de grandes tables, renforce le sentiment d’appartenance commune. Il y a là une forme d’égalité », conclut Emmanuel Perrodin, Marseillais d’adoption, historien et cuisinier.

  • Les Baumettes 3 ouvrent, un soulagement temporaire

    Les Baumettes 3 ouvrent, un soulagement temporaire

    « C’est un début de soulagement qui ne sera que temporaire. Forcément les établissements surpeuplés d’Aix, de Nice et d’autres directions régionales vont se faire un plaisir de nous envoyer des détenus », observe Aicha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire qui souligne le manque de 60 surveillants. Preuve d’une surpopulation prévisible et déjà anticipée, des lits superposés sont installés et les détenus sont déjà placés par deux en cellule. Tous ne sont pas emballés car « qui dit bascule, dit une fouille réglementaire qui est crainte par certains et donc grand ménage », note la syndicaliste.

    « On ne peut que se réjouir de l’ouverture d’un établissement supplémentaire à Marseille qui permettra au moins dans un premier de temps de désengorger les Baumettes 1 et 2. Cela va améliorer les conditions de détention et d’exercice professionnel des personnels pénitentiaires », se félicite le président du tribunal judiciaire de Marseille, Olivier Leurent, qui livre à La Marseillaise les derniers chiffres de population carcérale : l’ensemble des Baumettes comptait hier 1 214 détenus incarcérés, soit un taux d’occupation de 208%, quand le protocole de régulation carcérale instaurée à Marseille fixe le seuil d’alerte à 175%. « Si la progression se poursuit, on peut craindre que ce nouvel établissement n’arrive lui aussi rapidement à une population très importante. Après avoir désengorgé les Baumettes 1 et 2, ce nouvel établissement va également servir à désengorger d’autres établissements de la région pénitentiaire », ajoute M. Leurent pour qui « l’explosion de la population carcérale est liée à des causes profondes multifactorielles. »

    Il faut noter que 434 autres détenus purgeaient mardi leur peine sous détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE) quand 23 autres étaient en placement extérieur (aménagement de fin de peine). Un nouveau juge de l’application des peines (JAP) a été nommé. Un second le sera bientôt, ce qui portera à terme à 9 le nombre de JAP pour mieux traiter les demandes d’aménagement de peine. Le narcotrafic pèse sur la détention provisoire qui est majoritaire. 2 000 personnes sont actuellement mises en examen dans des cabinets d’instruction à Marseille pour trafics de stupéfiants dont 900 sont en détention provisoire aux Baumettes et ailleurs.

  • [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    [Entretien] Judith Dossemont : « Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous présentez-vous ?

    Judith Dossemont : J’ai voulu proposer ma candidature et offrir aux Roquevairois mon expérience. J’ai d’abord eu un engagement associatif à Roquevaire : j’étais membre fondatrice du grand trail du Garlaban. Mon engagement dans le monde associatif, en 2014, s’est poursuivi avec un engagement aux municipales en devenant colistière. Depuis 2020, je suis le leader de l’opposition à droite. Je porte les valeurs de la droite républicaine et du centre droit sur la commune. Je suis également conseillère départementale, j’ai été colistière aux régionales, colistière aux élections européennes et attachée parlementaire. Aujourd’hui, je ne peux plus être conseillère départementale et regarder ma ville dépérir sans pouvoir agir.

    Que voulez changer ?

    J.D. : Tout. Je veux tout changer. Le centre du village se paupérise, donc je veux prendre soin de Roquevaire en proposant un vrai projet d’aménagement du cours Négrel-Ferraud. C’est un endroit central qu’il faut vraiment rénover. Je suis en train d’y réfléchir avec des architectes reconnus internationalement, pour voir comment on peut à la fois produire du parking, un aménagement qui puisse permettre aux commerces de fonctionner, avoir des terrasses, avoir une petite place à la Provençale avec peut-être une petite fontaine. Quelque chose que l’on puisse se réapproprier. Parce qu’aujourd’hui, personne n’a envie de venir se promener dans le centre ville.

    Quel est le reste de votre programme ?

    J.D. : Les trois axes qui vont alimenter ma campagne sont la sécurité et la tranquillité publique, l’attractivité et la relance économique du village et enfin le cadre de vie et l’urbanisme enfin maîtrisés. Au niveau de la sécurité, la société a changé et il y a des violences partout. L’insécurité progresse et les Roquevairois le voient, le ressentent. Il y a juste la municipalité qui ne veut pas le voir. Il y a 4,5 policiers pour une ville de 9 000 habitants, et il n’y a quasiment pas de caméras, ou elles ne fonctionnent pas. Je veux renforcer la présence policière, moderniser la police municipale et repenser à un élargissement des horaires des agents. Je souhaite également lancer un grand plan de vidéoprotection crédible, parce qu’il y a beaucoup d’incivilités, de nuisances et de dégradations. Il faut plus de fermeté. Et enfin je veux redonner du caractère au centre ville de Roquevaire, créer du parking, ramener des commerces de bouche, des artisans, des cafés, une vie de hameau.

    Comment comptez-vous financer cela ?

    J.D. : Sans cofinancement, la ville de Roquevaire ne pourra effectivement rien faire. La première chose que je voudrais entreprendre, c’est faire un contrat d’aide aux communes, dès que je suis élue, pour pouvoir m’appuyer sur les collectivités donc le Département, la Métropole et la Région. Car j’ai quand même des liens puisque j’ai été colistière de Renaud Muselier. Je suis en train de chiffrer tous les projets et je m’appuie évidemment sur ces aides pour renforcer l’attractivité de Roquevaire.

  • « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    La Marseillaise : Quel a été votre sentiment en apprenant cet assassinat ?

    Mathieu Croizet : Celui d’une immense tristesse. J’ai tenté d’appeler Amine pour lui transmettre mes sincères condoléances. Je connais bien Amine qui est le premier à se rendre sur place quand quelqu’un se fait tuer, qui refusait de quitter le quartier où il vit. C’est horrible pour sa maman qui perd un nouveau fils. Je ne parle pas au nom de la famille que je n’ai pas pu joindre mais je vous livre mon sentiment personnel. Son petit frère n’était pas lié à du trafic de stupéfiants, n’était pas connu de la police et de la justice comme l’a dit le procureur. Il voulait d’ailleurs devenir policier. S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites.

    Saviez-vous si Amine nourrissait des craintes pour lui et ses proches ?

    M.C. : Amine est quelqu’un d’assez discret. J’ai appris qu’il bénéficiait avec sa mère d’une protection policière. Mais on peut tous avoir des inquiétudes quand on voit les victimes collatérales dans les coups de force entre réseaux, la balle perdue qui a tué Socayna [étudiante de 24 ans, fauchée en 2023 d’une balle dans sa chambre par un tir en rafale de jeunes à scooter voulant récupérer un point de deal]. Des confrères avocats ont été agressés à l’arme blanche au sein de leur cabinet. Là, le ciblage est incontestable sur un pourfendeur des narcotrafiquants, un responsable associatif et militant politique. C’est une étape nouvelle dans l’horreur. Le cap a en réalité déjà été franchi depuis longtemps quand on voit des quartiers entiers placés sous la coupe réglée des narcotrafiquants qui règnent en maître et disposent de plus en plus de moyens. Des degrés dans l’horreur ont déjà été franchis pour arriver à tuer quelqu’un comme son premier frère qui a subi le « barbecue marseillais ». Est-ce un ensauvagement de notre société, peut être ?

    En quoi Amine Kessaci peut-il constituer une réelle menace pour le crime organisé au point qu’il leur faille abattre son frère ?

    M.C. : À force de parler, d’écrire, de demander le retour de la police dans les quartiers pour protéger les habitants qui sont les premiers et les plus frappés, cela remet à chaque fois un jeton dans le jukebox médiatique. Et tout le monde sait qu’il faut l’appui des médias pour obtenir des réponses de l’État. Amine, c’est un grain de sable dans un rouage, c’est un moustique mais ils ont utilisé la bombe nucléaire en tuant son frère. On sait qu’il y a des gradations pour intimider. Il y a le trolling, les menaces téléphoniques, la « jambisation ». Mais là il n’y a plus de limite pour eux. Ils considèrent que « si ce n’est pas toi c’est donc ton frère ». Le mode opératoire révèle un sang froid et un professionnalisme. Ce n’est pas l’aspersion kalashnikovienne, là c’est une arme de poing donc quelqu’un de plus professionnel. Les narcos sont capables de recourir au « uber-hit » en recrutant des jeunes en région parisienne pour venir tuer quelqu’un pour 5 000 ou 10 000 euros. C’est vraiment une triste journée pour les Marseillais. J’y vois aussi la démonstration de l’incapacité de l’État à prendre en compte les narcotrafiquants. Les autorités ont toujours un train de retard. Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel Amine se trouve. Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements.