Tag: La Marseillaise 2026

  • Vincent Baqué, nouvelle voix du Mondial

    Vincent Baqué, nouvelle voix du Mondial

    Présent dans le parc Borély dès vendredi matin, au lancement du Mondial 2026, Vincent Baqué était cette semaine sur tous les fronts : à l’animation du stade et du carré d’honneur, au démarrage du Mondial des Jeunes et de celui des femmes, au commentaire du Handi Mondial mais aussi de plusieurs compétitions annexes, comme le challenge Proman ou le Mondial des CSE. « Maryan [Barthélémy, directeur des événements du groupe La Marseillaise, Ndlr] a voulu qu’on soit un peu partout, pour que tous ceux qui jouent se sentent considérés de la même façon, ou presque, que ceux qui vont dans le stade », détaille-t-il.

    Consciencieux

    donc détendu

    Dans le milieu du commentaire sportif depuis 9 ans, dont il vit depuis 2023, Vincent Baqué se réjouit de pouvoir, pour la première fois cette année, travailler pour un événement qu’il « connaît depuis toujours ». « Je crois que j’ai toujours espéré participer au Mondial [en tant que speaker], s’émeut-il. Je viens d’Ardèche, je ne suis pas Marseillais, mais j’ai un lien très fort avec la ville. J’y ai fait mes études et je suis abonné au stade Vélodrome depuis 23 ans, donc j’y ai passé beaucoup de temps. »

    Quelques heures avant le début de la finale, dont le coup d’envoi est prévu à 17h, le speaker ne se sent pas particulièrement stressé. « Je fais un gros travail de préparation en amont, raconte l’Ardéchois. Chaque semaine, je me renseigne, je mets à jour le palmarès, je contacte les coachs… Donc normalement, le jour-j, je suis prêt ! », promet-il.

  • Sabry Bendjilali, l’homme au carnet

    Sabry Bendjilali, l’homme au carnet

    Au bord des terrains, Sabry Bendjilali veille sur l’élite de la pétanque française. Il est presque impossible de le rater : cet accompagnateur de performance ne se sépare jamais de son carnet de notes. « J’ai la mémoire qui flanche », ironise-t-il. « C’est surtout qu’il y a énormément de parties et beaucoup de joueurs. »

    Ancien joueur devenu psychologue, il œuvre au sein de la cellule de performance de l’équipe de France pour déployer le projet de performance individuelle réclamé par le ministère des Sports. Son rôle ?

    S’interdire de penser comme un pratiquant

    Suivre les collectifs seniors et juniors -douze chez les femmes, sept chez les hommes, dont Mickaël Bonetto, vainqueur du Mondial en 2023. « Avoir une vision à 360 degrés de l’athlète, aussi bien sur le plan professionnel que familial et surtout sur l’entraînement et la régulation », explique-t-il.

    Sabry scrute la gestion des boules importantes, l’intensité et l’attitude. « Certains s’énervent parce qu’ils jouent mal, ça les fait sortir de la partie. La régulation se fait sur ça. Le “pendant” est le plus important. Le but est d’essayer de modifier le comportement sur un regard, un geste, un échange, pendant que ça compte. Après, c’est trop tard. »

    Cet observateur aiguisé s’interdit de penser comme un pratiquant. « Il faut arriver à oublier que tu sais jouer. Tu ne peux pas être joueur et coach, tu casses la distance. » Sa mission : épauler le staff et structurer le haut niveau pour combler le retard français. « On sait ce qu’on doit faire. On va regagner, et gagner pendant longtemps. »

  • Clément et Didier Duvernay : esprit de famille

    Clément et Didier Duvernay : esprit de famille

    Toujours souriants, les mêmes yeux bleu ciel, le visage buriné par le soleil de Borély, grands et costauds l’un comme l’autre. La team Duvernay ne peut pas cacher la génétique commune. Seule la barbe les distingue, claire et fine pour Didier, le père, foncée et épaisse pour Clément, le fils. Côté pétanque, si le palmarès du plus jeune est le plus fourni, c’est aussi un peu à son père que le mérite en revient. « C’est lui qui m’a tout appris et il m’a donné envie de continuer », glisse d’emblée Clément. « Depuis qu’il a 11 ans, on joue ensemble », ajoute Didier. Une constance rare dans le monde des boules, qui est peut-être le secret de la réussite. Simplicité, proximité, respect, et esprit de famille, voilà les mots-clés chez les Duvernay. À 33 ans aujourd’hui, Clément vit à Sancé en Bourgogne, le village de sa naissance, où résident toujours ses parents.

    Même leur lien avec La Marseillaise est une histoire de famille. « J’avais 12 ou 13 ans, raconte Clément, on a participé avec mon père et ma mère, Béatrice. Et après notre défaite le lundi, on a vu arriver un immense bouquet de fleurs qui a été offert à ma mère, car c’était la femme qui était allée le plus loin dans le Mondial ! » Avec elle, Didier a été vice-champion de Bourgogne en triplette mixte, en compagnie de Christophe Poumerol.

    Quant à Clément, c’est avec son épouse Charlène qu’il signe des performances. Aux côtés de Lucas, frère cadet de Clément, le couple Duvernay s’est imposé en triplette mixte au championnat de Saône-et-Loire en 2024. Ce qui leur a ouvert les portes du championnat de France, l’année où Clément y a été sacré en tête-à-tête. « La pétanque, ça fait partie de ma vie. Je suis un gagneur, j’ai la passion du jeu et les victoires entraînent les victoires », dit-il simplement. Les boules prennent même de plus en plus d’importance depuis que Clément est sous contrat au club de Fréjus. Cela lui permet quelques facilités pour les déplacements, les prises en charge lors des tournois, etc. Au quotidien, il est agent communal polyvalent à Pierreclos, près de Mâcon. Et il faut bien faire place au boulot, même quand le rythme pétanque est intense. Pour être présent au Mondial, il a posé deux jours de congé, tout comme Didier, qui travaille dans la vente de carrelage. « On s’était dit qu’être là le lundi, ce serait beau. Alors rester jusqu’au mardi, c’est du bonheur ! »

    La prochaine fois, s’ils arrivent au carré d’honneur, il faudra prévoir un jour de congé en plus ! D’autant qu’avec Andrea Chiapello, le champion du monde italien, dont c’était la première Marseillaise, ils pourraient bien retenter l’aventure. Ensemble, ils visent déjà le championnat de France doublette, fin août. « Pour le moment, je me suis donné trois ans à fond sur la pétanque, explique Clément. Ensuite on verra. » Avec son épouse Charlène, ils ont deux enfants, Noa, 8 ans, et Thaïs, 5 ans. C’est important aussi de les voir grandir, de passer du temps avec eux. L’aîné a d’ailleurs déjà un peu pris goût à la pétanque. « Il tire des boules, il se débrouille, mais doucement ! Le monde de la pétanque, c’est dur, je préfère qu’il prenne son temps ! », avoue Clément. Didier confirme et résume l’essentiel : « Avant tout, il faut prendre du plaisir ! »

    Jan-Cyril Salemi

  • Le handicap et l’inclusion au programme de mercredi

    Le handicap et l’inclusion au programme de mercredi

    L’allée à droite direction le château Borély s’est rapidement remplie ce mardi après-midi. La 5e et dernière manche qualificative du Handi Mondial a débuté. 16 équipes étaient au départ pour compléter la liste de départ de la phase finale, qui se tient mercredi matin. Une compétition coordonnée par l’AJC Marseille, spécialiste de l’inclusion du handicap en milieu ordinaire. « Chaque triplette doit compter au moins une personne en situation de handicap et une valide », explique Eyvann Morival, le responsable sport-santé de l’association.

    Parmi les principaux engagés, une formation ukrainienne. Roman, Orest, Andrii et Ivan viennent du centre de réhabilitation de Lviv, dans l’Ouest. Ils étaient militaires depuis l’invasion russe et ont été amputés de membres supérieur ou inférieur. C’est par l’intermédiaire de Mykola Dudyuk, membre de la fédération nationale et ex-joueur pro, qu’ils ont découvert la discipline. « Je me suis présenté à eux pour les aider dans leur vie et dans leur réhabilitation, tout en s’adaptant à leur handicap », raconte-t-il. Une délégation était déjà présente l’année dernière, la fédération ayant même été récompensée du trophée de la Boule d’or.

    L’Olympique de Marseille a aussi engagé une triplette par l’intermédiaire de son équipe amputés. Le capitaine Jérôme Raffetto et l’attaquant Romain Abellan étaient associés à leur entraîneur des gardiens, Thierry Fara. Ce dernier est le fils de Patrick, président du Comité bouliste 13, qui a donc invité ce trio à tenter sa chance. « On voulait aussi être solidaire de l’événement. C’est une belle initiative d’avoir créé ça. C’est beau pour l’inclusion, ça nous fait plaisir d’être ici », décrit Romain, vainqueur de sa première partie de l’après-midi. 32 équipes participent ce mercredi au Handi Mondial, avec une finale prévue à 14h sur le stade d’honneur.

  • Première réussie pour le challenge Colas

    Première réussie pour le challenge Colas

    Pendant que le Mondial entrait dans le dur, le Challenge Colas, lui, jouait une autre partition. Ici, les parties se disputaient au temps (40 minutes), une plaque d’égout servait de marque et certains cherchaient dès 9h le chemin de la buvette.

    Pour sa première édition, ce concours annexe a réuni 32 triplettes, mardi matin à Borély, dans une ambiance plus détendue que celle du grand tableau. « Pour cette première année de soutien au concours, on voulait aussi réunir nos collaborateurs et nos partenaires autour d’un événement à notre image », résume Lionel Lavernhe, directeur régional Provence. Sur les jeux, la hiérarchie professionnelle s’est vite rangée derrière le bouchon : lui-même s’est incliné 13-1 face à François-Xavier, responsable d’une agence dans le Vaucluse. « C’était mon derby à gagner », s’amuse le vainqueur.

    Un peu plus loin, Émilie comptait parmi les rares femmes engagées dans le challenge. Avec Florent et Bernard, elle découvrait presque la pétanque. Plutôt bien, même, avec une première victoire 13-4. « Il y a beaucoup d’échanges de mails. Pouvoir discuter de vive voix avec les gens, c’est un chouette moment », appréciait-elle. Plus loin, Rémi, Kylian et Margot savouraient un succès 8-7 au temps lors de la deuxième session. Leur ambition ? « Être à jamais les premiers à graver notre nom sur le palmarès. Pourquoi pas ? »

    Raté pour cette fois. Le trophée est revenu dans les mains de Romain Rigaud, Florian Rigaud et Sébastien Rossat, vainqueurs de cette édition inaugurale.

    Lorenzo Ciampi

  • Romain Fournié : « C’est très rare de voir trois tireurs réussir à gagner La Marseillaise »

    Romain Fournié : « C’est très rare de voir trois tireurs réussir à gagner La Marseillaise »

    La Marseillaise : Comment se passe votre Mondial jusqu’ici ?

    Romain Fournié : Ça se passe très bien. Avec Jean-Michel [Puccinelli], j’avais déjà disputé La Marseillaise avec lui il y a une douzaine d’années. Ça remonte. De mon côté, je ne peux plus vraiment la jouer depuis quelques années à cause de mon travail. Mais cette année, exceptionnellement, j’ai réussi à me libérer. Je suis donc très content d’être là, parce que ça reste un très beau concours.

    Vous évoluez également avec le petit prodige Dawson Herlemann. Un mot sur lui ?

    R.F. : Il n’a pas le stress du bac, ni celui d’aller travailler. C’est presque l’âge parfait pour jouer aux boules. En plus, il est très doué. Maintenant, il faut qu’il reste calme et tranquille. Il ne faut pas qu’il fasse n’importe quoi entre les parties, comme on peut avoir tendance
    à le faire à 15 ans. C’est justement
    l’erreur à ne pas commettre à La Marseillaise.

    Sur quel point êtes-vous vigilant à ses côtés ?

    R.F. : Oui, sur le plan technique, il n’y a pas de souci. Après, là où on peut l’aider, c’est dans les moments où il sera un peu plus en difficulté, en le remettant sur le droit chemin. Mais je pense que ça va aller tout seul pour lui. À son âge, on ne se fait pas de souci. Il est dans les meilleures années. Avec Jean-Michel, notre rôle sera surtout d’être présents quand les moments seront un peu plus compliqués, pour lui comme pour nous.

    Quel est votre rapport
    avec La Marseillaise ?

    R.F. : C’est un concours avec lequel j’ai une relation un peu particulière. Il y a des années où je l’ai aimé, d’autres où je ne l’ai pas aimé. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Ça dépend de la façon dont il se déroule. Parfois, tu te retrouves à faire dix kilomètres par-ci, dix kilomètres par-là. Tu finis complètement épuisé, tu ne te sens pas bien. En rentrant chez toi, tu te dis : « Cette année, je ne l’ai pas aimé. » Puis l’année suivante, tu l’apprécies un peu plus. C’est un concours atypique. C’est aussi celui qu’on rêve tous de gagner. Tout le monde rêve de remporter La Marseillaise, même si c’est un concours à part. On en parle souvent avec des joueurs qui disent
    ne pas l’aimer… mais ils reviennent quand même chaque année. Finalement, c’est bien qu’ils l’aiment un peu.

    On évoque souvent la difficulté des terrains. Qu’en pensez-vous ?

    R.F. : J’étais content de retrouver un carré d’honneur comme celui-là, où le pointeur avait vraiment sa place. Malheureusement, le rôle du pointeur est en train de se perdre sur certaines compétitions. Aujourd’hui, sur 90% des concours, on joue soit sur du sable, soit sur une épaisse couche de gravier, des terrains où le pointeur fait moins la différence.

    Quel regard portez-vous sur l’appoint dans la pétanque moderne ?

    R.F. : C’est aussi pour ça que j’aime ce concours de La Marseillaise. C’est vrai que, sur quasiment tous les terrains, le pointeur a un vrai rôle à jouer. Même dans les allées où le sol est en goudron lisse, les organisateurs ne rajoutent pas une épaisse couche de cinq centimètres de sable pour permettre aux tireurs de s’exprimer partout. Ici, le point a une importance primordiale. On le voit chaque année : les équipes qui vont loin ont souvent un pur pointeur. C’est très rare de voir une équipe composée de trois tireurs réussir à gagner La Marseillaise.

    Malgré vos grands résultats,
    avec un titre de champion de France tête-à-tête en 2016 et trois victoires à Millau, vous avez été très peu convoqué en équipe de France dans votre carrière. Avec du recul aujourd’hui, comment analysez-vous les choses ?

    R.F. : Disons qu’il y a eu, entre guillemets, une génération un peu sacrifiée. On est tombés à une période où Philippe Quintais, Philippe Suchaud et Henri Lacroix étaient au sommet de leur carrière, quasiment injouables. Forcément, les sélectionneurs se reposaient sur eux depuis des années et ne nous donnaient pas vraiment notre chance.

  • Torea Tairio, les liens du cœur

    Torea Tairio, les liens du cœur

    Un arbre ne peut pas vivre sans ses racines. Torea Tairio non plus. Malgré les 16 000 km qui la séparent de Tahiti, rien ne peut défaire ses liens avec sa terre natale. C’est là qu’elle a grandi, là où vivent ses parents, là aussi qu’elle a joué ses premières parties de pétanque. « C’est venu dès l’enfance, explique-t-elle. Mes grands-parents jouaient à la pétanque, mon père et ma mère aussi, c’est des passionnés. Et moi j’ai commencé la compétition vers mes 15 ans. »

    Son premier club, l’AS Tamarii Punaruu, est celui de Punaania, la ville où elle est née il y a 37 ans. Elle est vite repérée comme un talent en devenir, avec les qualités nécessaires pour atteindre le haut niveau. Confirmation en octobre dernier à Douai, où elle participe pour la première fois au championnat du monde triplette avec l’équipe de France, aux côtés notamment de Nelly Peyré. « On se connaît depuis 3-4 ans, quand Torea est entrée en équipe de France, précise Nelly. Elle a du caractère, et malgré la rivalité sportive, on a une grande complicité. » Idem avec Ludivine Lovet, son autre partenaire lors de cette Marseillaise.

    Les trois jeunes femmes racontent en se chambrant leur affrontement au championnat de France 2023, où Torea a battu Ludivine en demi-finale, avant d’échouer pour le titre face à Nelly. Leur entente ne leur a pas permis de triompher cette année. Avec six participations au Mondial, Torea a atteint sa deuxième finale, après sa victoire en 2024. Arrivée en métropole en 2009, la Tahitienne n’a jamais vraiment quitté son île. Elle la porte dans son cœur et même à fleur de peau, avec ce long tatouage qui recouvre tout son bras gauche. « C’est Maohi, c’est mes racines, c’est précieux. Ça raconte mon histoire, des dessins représentent ce que j’ai souffert, d’autres sont des protections. » Elle montre alors un Tiki, les divinités tahitiennes, qui sont à la fois des humains et des dieux. Bien que Torea soit habituellement discrète, voire secrète, sa sensibilité se révèle à l’évocation de Tahiti. « Tout me manque de là-bas, confie-t-elle émue. Heureusement, on s’appelle tous les jours avec mes parents. Ma famille, ma communauté, c’est mon pilier. » Le lien avec sa terre est si fort qu’elle n’envisageait pas que ses enfants naissent ailleurs qu’à Tahiti. Quand elle a suivi son compagnon, Manaia, venu pour l’armée en métropole, elle a d’abord attendu la naissance de son fils, Roihau, qui a fait ses premiers pas sur l’île. Puis en 2013, elle a tenu à rentrer à Tahiti pour que sa fille, Nunaaehau, naisse et passe ses premiers mois là-bas. « C’est pour leur transmettre nos valeurs, le partage, la joie de vivre. » Désormais installée en Haute-Garonne, elle est licenciée à Cazères. « Gilles Rey, le président, a voulu que je signe. Il me suit depuis longtemps, il compte beaucoup dans mon parcours. » Un parcours qui fait bien sûr la fierté des siens. « Quand je joue, mon compagnon et mes enfants sont là, c’est mon ancrage. En début de partie, je les regarde toujours. »

    En défiant la distance, son père lui a fait la surprise d’être présent lors du championnat du monde. « Il m’avait dit qu’il ne pourrait pas venir, et d’un coup, je l’ai vu, c’était incroyable ! »

    « Quand je joue, mon compagnon
    et mes enfants sont là, c’est mon ancrage »

  • [En direct] Un mardi au Mondial la Marseillaise à pétanque

    [En direct] Un mardi au Mondial la Marseillaise à pétanque

    Patientez quelques minutes pour voir le direct apparaitre

  • Marco Foyot : « J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise »

    Marco Foyot : « J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise »

    La Marseillaise : Avec six victoires, vous êtes toujours à une longueur d’Albert Pisapia. Croyez-vous toujours à une septième étoile ?

    Marco Foyot : J’ai déjà raté le coche en 2020, avec Rocher et Robineau, face à la belle équipe de Puccinelli, Renaud et Montoro. Sur celle-là, on avait vraiment une opportunité. C’était ma septième finale, et je ne vais pas me plaindre : j’en ai joué beaucoup. J’ai disputé 15 finales de championnat de France, pour 7 victoires et 8 défaites. J’ai aussi atteint plusieurs demi-finales et quarts de finale, ce qui montre une certaine régularité au plus haut niveau. Au total, je suis entré environ 17 fois dans le dernier carré. Il y avait sans doute de quoi aller chercher une étoile de plus. Cette saison, je repars avec Sissou Cantarell, que je considère comme un petit frère, et Jérémy Fernandez, un joueur que j’apprécie énormément. À moi de faire le travail. Physiquement, j’ai eu quelques soucis, notamment au dos et aux genoux, ce qui rend certaines positions plus compliquées, surtout pour se baisser. Mais la motivation est toujours là. Je continue à marcher, à m’entretenir, même si avec l’âge, tout devient un peu plus exigeant : les boules paraissent plus basses et plus lourdes aussi, forcément, avec le temps.

    Vous faites profiter votre grande expérience aux jeunes de la Boule Aixoise. Quel est le secret pour être un bon coach ?

    M.F. : Mon savoir, je le transmets surtout dans les moments difficiles. Quand ça se passe mal, j’essaie d’expliquer pourquoi, et d’apprendre à jouer aussi dans la perte. Quand tu gagnes 13-0 ou 13-2, c’est facile, il n’y a pas grand-chose à dire. Mais c’est dans les situations compliquées qu’il faut comprendre le « pourquoi du comment ». Cela me renvoie souvent à des flash-back avec mon père, dans les années 1966. J’avais 13 ou 14 ans, je jouais avec mes copains à Meaux, en Seine-et-Marne, au sein du club du Cochonnet Meldois, dont mon père était président, dans le quartier du Parc Frot. C’était un environnement très populaire, avec beaucoup de jeunes, notamment des enfants de familles pieds-noirs. Nous étions parfois 40 ou 50 gamins. C’est mon père qui m’a tout appris, avec exigence et rigueur. Il était dur, mais formateur. Et aujourd’hui, si je peux transmettre à mon tour, à tous les niveaux, c’est aussi pour ça que je fais des stages. J’aime enseigner la pétanque, prendre le temps d’expliquer. Lors de mon dernier stage, par exemple, il y avait 35 personnes dont 9 femmes, et j’accorde une attention particulière à chacun. On ne s’adresse pas à une femme comme à un homme, ni à un adulte comme à un enfant : il faut adapter sa pédagogie. C’est aussi ce qui me plaît. Avec le temps, le regard des autres a aussi évolué. On m’a longtemps mal perçu, peut-être 75% de personnes qui ne m’aimaient pas ou que je dérangeais. Puis c’est devenu plus équilibré, et aujourd’hui, je pense que 90% des gens sont en accord avec moi. Les 10% restants sont souvent des jalousies ou des critiques sans importance. De mon côté, je m’en détache. L’essentiel, c’est de transmettre, d’être en phase avec les personnes que j’apprécie et de continuer à enseigner la pétanque avec la même passion, mais avec davantage de recul et de sérénité.

    Après cinquante ans de carrière, parvenez-vous à continuer à avancer dans le présent et à ne pas rester prisonnier du passé ?

    M.F. : J’ai eu la chance, au fil de ma carrière, de jouer dans quasiment tous les carrés d’honneur des grands rendez-vous. Je n’ai pas connu les toutes premières éditions au stade Vélodrome – à l’époque j’étais encore trop jeune – mais j’ai participé à de nombreuses finales marquantes. J’ai notamment joué à l’Huveaune, au Mucem, sur la barge face à l’hôtel de ville, ou encore au stade du parc Borély. Avant cela, en 1974, ma première grande victoire se fait au Skating, dans une ambiance très particulière, avec les carrés d’honneur installés au Blockhaus. J’ai aussi connu le Prado et d’autres grands lieux emblématiques. J’ai également joué avec Passo et Jojo (Farré), avec une demi-finale à la clé. Toutes ces expériences m’ont permis de traverser différentes époques de la pétanque et de ses grands événements. Aujourd’hui encore, je mesure le chemin parcouru, notamment avec ce qui a été mis en place ces dernières années, grâce à des personnes comme Pierre Guille, et surtout Michel Montana, qui a compté énormément pour moi. C’est quelqu’un qui fait partie de mon histoire. À chaque fois que j’entends son nom, il y a de l’émotion. J’ai tissé une véritable histoire d’amour avec La Marseillaise.

    Le sport a tant changé pour vous ?

    M.F. : La pétanque de haut niveau a beaucoup évolué. Par exemple, en tant que consultant pour TV Monaco sur les Masters, j’ai pu voir de très belles parties, notamment Quintais, Lacroix, Suchaud contre Rocher, Rizzi et Puccinelli. Le niveau reste très élevé. Mais ce qui me manque aujourd’hui, c’est l’ambiance d’autrefois : les grands carrés d’honneur, la Marseillaise, les spectateurs installés avec leurs fauteuils, à écouter les joueurs. Pour moi, la pétanque, c’était presque du théâtre : une triplette, des spectateurs autour, une véritable pièce vivante. Aujourd’hui, cette dimension est beaucoup plus encadrée, voire supprimée. Avec Fazzino, on plaisante souvent en disant qu’on est devenus les « rock’n’roll men » en écopant de cartons de toutes les couleurs… jaunes, bleus, rouges, on ne peut presque plus jouer. Même le temps de jeu a changé : une minute par coup, parfois vingt secondes seulement. Quand je dis aux arbitres que, pour les anciens, il faudrait un peu plus de temps, ils en rient… mais pas toujours. Moi, j’ai de l’humour, j’aime bien mettre un peu les arbitres en scène, mais ce n’est plus vraiment possible aujourd’hui. L’arbitre te dit « 20 secondes », et tu pars avec ça même en rentrant chez toi. J’ai connu une époque où les arbitres avaient un mètre, aujourd’hui, ils ont des chronomètres. C’est un autre monde.

    La pétanque est devenue un sport plus strict, au niveau de son règlement notamment…

    M.F. : Pour moi, on n’est pas sur la bonne voie. Les meilleurs arbitres que j’ai connus, comme Jean-Luc Fuentes ou Roland Armand, avaient une vraie intelligence du jeu. Ils te prévenaient, ils expliquaient les choses. Un bon arbitre doit être transparent dans une partie. S’il voit que tu traînes, que tu n’es pas dans le rond ou que tu fais une erreur, il intervient au début, il pose le cadre, il explique : « voilà la situation, voilà les règles, attention à ça ». Ça, ce sont de bons arbitres. À l’inverse, l’arbitre qui reste les bras croisés derrière toi, à surveiller le moindre geste, les millimètres de pied ou le moindre détail, ça ne correspond pas à l’esprit de la pétanque. À mon sens, la pétanque doit rester entre les mains des joueurs. La fédération a évidemment son rôle, puisqu’elle représente tous les licenciés. Mais on constate une baisse des licences. La pétanque loisir reste très vivante le week-end, les gens continuent à s’amuser, mais ils sont de moins en moins nombreux à prendre une licence.

    Comment faire, selon vous, pour inciter les jeunes à se mettre à la pétanque ?

    M.F. : Avec mes idées, qui viennent aussi de ce que m’a transmis mon père, je reste convaincu d’une chose : il faut aller chercher les jeunes là où ils sont. À une époque, il y a cinquante ou soixante ans, on allait naturellement vers eux, dans les quartiers, dans la vie de tous les jours. Aujourd’hui, la société est plus compliquée, il y a des tensions, des dérives et il faut proposer autre chose. La pétanque peut jouer ce rôle : offrir une alternative, un cadre, une activité simple avec trois boules, mais qui peut apporter du plaisir, de la fierté et parfois même un petit revenu honnête. L’idée, c’est d’ouvrir la pétanque aux jeunes, de leur donner une activité, une passion, plutôt que de les laisser basculer dans d’autres logiques. Aller vers eux, leur expliquer, les impliquer. C’est, pour moi, un vrai rôle social que notre discipline peut encore jouer.

  • Inscriptions Mondial à pétanque : nouveaux records battus !

    Inscriptions Mondial à pétanque : nouveaux records battus !

    Mercredi en milieu de journée, la barre des 4 784 équipes, atteinte en 2025, a été franchie. À son approche, les inscriptions en ligne ont été fermées avec quelques heures d’avance. L’équipe n° 4 785 a été symboliquement attribuée à la triplette de Pierre Guille, l’ancien président délégué du Mondial, qui s’était engagé depuis quelques jours déjà sous les couleurs de la Team Solimut représentée par plus de 250 joueurs à Borély. Dans le GP féminin Paprec, 186 équipes étaient inscrites hier et le Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes, flirtait avec les 200 participants. Là encore des records battus…