Tag: Karaté

  • [Entretien] Gilles Cherdieu : « Les championnats d’Europe de karaté à Marseille, un événement ! »

    [Entretien] Gilles Cherdieu : « Les championnats d’Europe de karaté à Marseille, un événement ! »

    La Marseillaise : À l’occasion de la Fête du sport, lundi, vous avez pu rencontrer la ministre des Sports Marina Ferrari. Sur quoi avez-vous pu échanger ?

    Gilles Cherdieu : Nous avons échangé, avec la ministre, sur la situation globale du sport, mais particulièrement celle du karaté. Nous souhaitons nous développer au niveau de la France et des Outre-mer. Pour cela, nous avons besoin des moyens financiers de l’État, qui sont de moins en moins importants, mais qui existent toujours. Et surtout, de faire coïncider ces moyens avec des moyens propres. C’est un projet de développement de notre fédération à travers toutes ces disciplines, particulièrement le karaté.

    Comment s’est déroulée la phase de candidature pour ces championnats d’Europe ? Il y avait plusieurs candidats je suppose.

    G.C. : La phase de candidature remonte à plusieurs années. Je suis élu depuis novembre 2025, donc jeune président, et j’ai dû me mettre au travail par rapport à la situation financière de la fédération, pour remettre en place notre projet d’organisation. Ce projet avait déjà été accepté par l’EKF, la fédération européenne, et derrière, nous devions avoir les moyens matériels, humains et techniques pour l’organiser. Depuis ma prise de fonction, j’ai rencontré le président mondial et européen, qui est venu à Paris, et sur lequel je me suis engagé au bon déroulé de cette belle manifestation. Depuis lors, nous n’avons cessé de nous attacher. On a un rendez-vous avec le Palais des Sports de Marseille pour toute l’organisation, tout ce qui touche à l’organisation de ce championnat est en cours de préparation.

    Quelle a été votre réaction au moment de la désignation ?

    G.C. : C’est toujours un honneur pour moi, c’est un honneur que la fédération organise ce championnat. Pourquoi ? Parce que nous avons cette volonté de représenter la France, donner une belle image de la France, et particulièrement du karaté français.

    Pourquoi le choix de Marseille comme vile hôte et pas un autre lieu en France ?

    G.C. : La logique aurait voulu que ce soit Paris, mais nous voulions une autre grande ville et Marseille était le meilleur choix. Nous souhaitons que ce soit l’événement clé de l’année 2027 à Marseille. Mais sans l’appui des organisations territoriales, comme le département, la Ville, la région, la métropole, nous ne pouvons pas mener à bien cette organisation. Donc je les remercie.

    Pour aller au-delà de ces championnats, est-ce que le karaté mondial a l’envie de retrouver les Jeux olympiques ?

    G.C. : Après la réussite de Tokyo, en 2021, Paris nous a échappé. L’idée est de se servir de l’événement qui aura lieu à Marseille pour montrer qu’on a notre place aux Jeux olympiques. Notre discipline est complète, belle et elle mérite de retrouver cette place. Je regarde tous nos champions et je suis triste de ne pas les voir au niveau olympique. Il le mérite.

  • Marseille célèbre le sport et ses vertus sous le soleil

    Marseille célèbre le sport et ses vertus sous le soleil

    Du sport partout, pour tous et surtout avec le sourire. Marseille était l’épicentre de la Fête du sport 2026, ce lundi 14 septembre. Un village s’était installé sur le Vieux-Port pour mettre en lumière la pratique sportive et ses bienfaits. Cet événement entre dans l’initiative gouvernementale « Septembre bouge », mettant en lumière les 30 minutes d’activité nécessaires pour conserver une bonne santé, selon les experts.

    Outre les nombreuses tentes plantées sur le quai des Belges, l’organisation avait prévu deux défis pour mettre en concurrence, dans la bonne humeur, athlètes et créateurs de contenus. Dès 10h, six duos se sont attaqués aux 117 marches situées au pied de Notre-Dame de la Garde. Par ailleurs, le duo vainqueur (en 20 secondes !), mené par Christo Popov, le badiste de Fos-sur-Mer, était local pour cette Fête du sport marseillaise. « Il n’y a rien de mieux que nous, sportifs et ambassadeurs du sport, pour faire ce genre d’événement. » Son frère, Toma Junior, enchaîne : « Ça nous permet aussi de voir d’autres personnes qui ne sont pas forcément de notre entourage, créer des liens et c’est bien d’être présent pour cette cause nationale. »

    Plus tard, en début d’après-midi, le Cercle des nageurs de Marseille accueillait le second défi. Des trios nageur/sportif/influenceur étaient en concurrence lors d’un relais 3×50 m. Parrain et marraine de la Fête du sport, Camille Lacourt et Marine Lorphelin se sont imposés à la touche. Autre ancien nageur au palmarès XXL, Frédérick Bousquet a accepté la proposition de son ami des bassins. « Quand on parle de sport, on parle de fête, selon moi ! Camille m’a dit qu’il était parrain et qu’il y avait quelque chose au CNM, donc je suis venu. L’idée est de promouvoir la pratique du sport, le dépassement de soi, la santé mentale et physique. C’est ce message qui est important à faire passer donc ravi d’être là. »

    Du curling au karaté

    « On se sent bien dans notre tête, si on se sent bien dans notre corps. » C’est pour cela que cette fête a été mise en place, montrer à la population que les 30 minutes d’activité, quelle qu’elle soit, sont un plus pour leur santé personnelle. Au-delà de ces défis, les stands installés sur le Vieux-Port évoquaient le sport-santé, le sport pour tous, alors que certaines fédérations mettaient en lumière leurs activités. Un riche programme était sur la table avec des démonstrations de curling, tennis de table, soft-volley, basket, tir, biathlon, karaté. Il y en avait pour tous les goûts, sous un soleil puissant, ne laissant que peu de répit aux visiteurs. Même l’échauffement collectif, en présence d’un coach sportif, s’est réalisé sous une forte chaleur.

    Les personnalités du monde institutionnel sportif se sont déplacées à Marseille pour la journée. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a déambulé dans l’après-midi en compagnie de différents présidents de fédérations ainsi que de la présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Amélie Oudéa-Castéra. Une 2e édition réussite, qui en appelle d’autres, partout en France.

  • Le nouveau combat de Laurence Fischer

    Le nouveau combat de Laurence Fischer

    En quinze ans de pratique au plus haut niveau, Laurence Fischer a récolté trois titres de championne du monde, sept d’Europe et onze nationaux.

    Le karaté, qu’elle a découvert à 12 ans, est ancré en elle. Et depuis ses premiers katas, sous la houlette de Claude Petinella à Martigues, jusqu’à l’ouverture de sa première antenne de « Fight for dignity », l’ONG qu’elle a créée pour venir en aide aux femmes victimes de violence, elle continue à vivre sa passion, en la transmettant d’une autre manière.

    Retrouver l’estime de soi

    « Le karaté peut aider à surmonter certains traumatismes psychocorporels. Aider des femmes qui ont souffert dans leur chair à avoir une relation différente à leur corps. Apprendre à s’y reconnecter pour retrouver une estime de soi », déclare-t-elle. La structure qu’elle a mise en place propose divers ateliers de reconstruction personnelle.

    Dans le cadre de Maisons des femmes, il en existe une vingtaine en France, deux en République démocratique du Congo, sont accueillies des personnes « qui ont la sensation d’être mortes et en pleine culpabilité alors qu’elles sont les victimes ».

    Ces maisons permettent de rencontrer des thérapeutes, mais aussi des médecins, des policiers, avec lesquels un parcours de reconstruction est mis en route. « La pratique du karaté vient en complément de l’écoute. Parfois, le seul “kiai” suffit à libérer une personne » indique Laurence Fischer.

    www.fightfordignity.net

    À Marseille, la Maison des femmes est hébergée à l’hôpital de La Timone

  • Le Samouraï 13 fait le plein de médailles lors de son voyage à Istres

    Le Samouraï 13 fait le plein de médailles lors de son voyage à Istres

    La salle qui a servi d’écrin aux coupes de France de Nihon Taï-jitsu porte bien son nom.

    « Le Podium » d’Istres, espace dédié aux sports de combat et aux arts martiaux a vu les combattants du Samouraï 13 réussir un beau carton plein dans une manifestation de très haut niveau.

    Les pensionnaires du club du 13e arrondissement étaient les seuls représentants de Marseille à effectuer le court déplacement dans la cité de l’aviation. Les six samouraïs ont su répondre présents, avec à la clé une razzia sur les médailles, qu’ils ont collectionnées dans les trois métaux.

    Dans toutes les catégories où ils ont été engagés, les Marseillais sont parvenus à se hisser sur le podium. Avec notamment cinq titres de champion de France, qui viennent enrichir l’armoire à trophées du gymnase Rose-Castors, fief du club.

    Dix médailles

    À ces cinq médailles d’or sont venues s’ajouter cinq autres. Deux en argent et trois en bronze. Ce qui porte à dix la récolte finale réussie en terres istréennes. Des résultats d’autant plus méritoires que la saison a été compliquée à gérer pour les dirigeants du club.

    Ces derniers ont dû jongler avec des créneaux d’entraînement qui ont été réduits. Malgré ce handicap, les Samouraïs parviennent donc à maintenir leur bon niveau. Les médailles d’or du week-end en étant le plus bel exemple.

    Samouraï 13

    École Rose-Castors

    189 Chemin Notre-Dame
    de Consolation

    13013 Marseille

    Entraînement les mardis et jeudis de 18h à 20h.

  • Dudon, champion du monde dans l’ombre

    Dudon, champion du monde dans l’ombre

    Son handicap ne l’a jamais empêché de viser les sommets. À seulement 24 ans, Nohan Dudon est déjà double champion d’Europe et champion du monde 2025 de parakaraté en kata (démonstration).

    Atteint d’une déficience visuelle sévère depuis l’âge de 3 ans, le jeune Marseillais a su transformer l’adversité en force. À l’origine de son handicap, le syndrome de Lyell, une maladie rare qui provoque une nécrose aiguë de l’épiderme et touche également les muqueuses. « C’est comme si le corps se défendait et, pour se défendre, il se détruit tout seul. Comme chez les grands brûlés, la peau se détériore et ça atteint même les muqueuses, notamment dans les yeux. Aujourd’hui, j’ai quasiment perdu la vue et je crains beaucoup le soleil », explique Nohan Dudon. Après plusieurs mois passés en réanimation, sa famille s’installe à Vins-sur-Caramy, petit village varois situé à une dizaine de kilomètres de Brignoles. C’est là que commence son histoire avec le karaté. « Il n’y avait qu’un club sur place. J’y suis allé un peu par hasard », se souvient celui qui débute à seulement 4 ans.

    D’abord, la pratique reste ludique. « Au départ, c’était simplement pour me faire plaisir, comme n’importe quel enfant. Pour m’amuser avec mes copains de l’école. » Mais rapidement, les choses évoluent. « Petit à petit, on a commencé à faire des petites compétitions entre clubs. On essayait de trouver des solutions pour me faire participer », raconte-t-il.

    De l’UNSS au titre mondial

    Durant son adolescence, son entraîneur dirige également la section UNSS (Union nationale du sport scolaire) de son collège, ce qui lui permet de participer chaque année aux championnats de France, aux côtés d’enfants valides.

    Parallèlement, le parakaraté se développe progressivement. À 16 ans, Nohan Dudon franchit un cap en remportant son premier championnat de France. « L’équipe de France voulait que je les rejoigne, mais j’étais encore trop jeune. Il fallait attendre d’être majeur. Alors je me suis dit que j’allais travailler à fond pendant deux ans pour être sûr d’y être », raconte le jeune prodige. Mais la pandémie de Covid freine son élan.

    Il poursuit malgré tout sa progression et décroche une deuxième place lors de ses premiers championnats du monde en 2021, synonyme de sélection en équipe de France. Il s’impose depuis comme l’un des leaders de la discipline. Son palmarès parle pour lui : champion d’Europe en 2024, puis à nouveau en 2025, année où il décroche également le titre mondial en Égypte, tout en devenant numéro un mondial.

    Malgré ce parcours impressionnant, Nohan Dudon ne bénéficie toujours pas du statut de sportif de haut niveau. Une situation qu’il juge incompréhensible. « Je ne trouve pas ça normal, surtout dans le sens où je m’entraîne comme un athlète valide », explique-t-il.

    Le parakaraté, discipline encore récente, compte encore trop peu de participants pour être pleinement reconnu par l’État. Sans ce statut, le karatéka passe à côté d’aides essentielles. « Vivre cette vie, c’est beaucoup de dépenses, d’énergie, d’argent et de temps à gérer au quotidien », souligne Nohan.

    En parallèle de sa carrière sportive, il poursuit un master en ingénierie ergonomique de l’activité physique à la Faculté des sciences du sport de Luminy. « Il me faudrait plus d’aides pour rester au sommet de ma forme », confie-t-il. Depuis 2024, il peut toutefois compter sur le soutien de l’association Valentin-Haüy, qui l’accompagne dans sa préparation physique et mentale.

    Un soutien précieux à l’approche de sa prochaine échéance : le championnat d’Europe 2026, prévu à Francfort, en Allemagne, du 20 au 24 mai. « J’ai énormément travaillé sur mes études récemment et je me suis un peu moins entraîné, mais j’ai repris progressivement. Je me sens prêt pour aller chercher un troisième titre européen consécutif », conclut-il avec détermination.