Tag: Julien Sanchez

  • À Beaucaire, des listes citoyennes face au RN

    À Beaucaire, des listes citoyennes face au RN

    Depuis plus de dix ans, Beaucaire vit sous administration d’extrême droite. Julien Sanchez d’abord, puis Nelson Chaudon depuis 2024, ont ancré le RN au cœur de la mairie. Bilan des courses : des polémiques récurrentes, des projets structurants sans cesse reportés et des relations dégradées avec l’intercommunalité et de nombreux acteurs locaux. À l’approche de mars 2026, une question domine : existe-t-il une véritable alternative à gauche – ou simplement hors RN – capable de peser ? Deux dynamiques se dessinent. D’abord, la liste Unis pour Beaucaire (UPB), conduite par Luc Perrin, déjà présente en 2020, avec un ancrage progressiste affirmé. Ses priorités : remettre les services publics au centre, soutenir les associations, agir sur la santé et privilégier l’entretien du patrimoine. Une stratégie de terrain, faite de réunions publiques et de porte-à-porte pour capter la déception d’une partie de la population.

    En parallèle, la liste Beaucaire l’esprit libre (BEL) mêle anciens élus, commerçants, citoyens engagés, sans étiquette. Il prône un autre récit pour la ville : redonner un souffle économique, retisser du lien et sortir Beaucaire de son image de « ville-vitrine ». La liste se veut ouverte à la gauche comme à d’autres horizons, avec l’objectif assumé de battre le RN.

    Une union possible ?

    Reste la grande inconnue : l’union dès le premier tour voire au second ? En 2020, Julien Sanchez avait gagné dès le premier. Il est aujourd’hui directeur de campagne national du RN et couve particulièrement Beaucaire. Or, si les deux listes citoyennes se maintiennent, la division bénéficiera au RN. Aussi, aucun acteur ne ferme la porte à des convergences, d’autant que les membres d’UPB comme de BEL assistent régulièrement aux réunions des uns et des autres. Signe d’un dialogue encore ouvert.

  • Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Vingt-cinq ans de Fournier à Nîmes, trente et un ans de Roustan à Alès : en 2026, deux villes clefs du Gard tournent la page de mairies verrouillées à droite. À Nîmes, Jean-Paul Fournier (LR) se retire après quatre mandats. La droite laisse un paysage en friche, fracturé entre les ambitions concurrentes de Julien Plantier, ancien premier adjoint, et de Franck Proust, patron de Nîmes Métropole, adoubé par LR, l’UDI… et plus récemment Horizons. À côté, Renaissance tente d’exister, au prix de combinaisons illisibles pour beaucoup de Nîmois. Quant au RN en embuscade, il laisse planer la rumeur Julien Sanchez.

    En face, la gauche a tiré les leçons de 2020. Avec Nîmes en Commun, Vincent Bouget (PCF) conduit une union large – PS, EELV, PP – nourrie par une démarche participative au long cours : des réunions de quartiers et un questionnaire où plus de 3 000 habitants ont pris la parole. Dans une ville où la droite a confisqué les décisions pendant un quart de siècle, le message est clair : redonner la ville à celles et ceux qui l’habitent.

    À Alès aussi, c’est la fin d’une époque. Max Roustan, figure de la droite locale depuis les années 1990, a passé la main à son fidèle compagnon de route, Christophe Rivenq. Une continuité revendiquée, au moment même où l’extrême droite engrange des victoires dans les circonscriptions alentour. Le RN rêve de transformer l’ancienne « capitale des Cévennes rouges » en vitrine de sa normalisation. La gauche, elle, tente de reconstituer un front commun pour « reprendre la maison » via le mouvement du Printemps alésien et son chef de file Paul Planque (PCF).

    Mais l’enjeu dépasse les seules préfecture et sous-préfecture. Dans les villages viticoles et les petites villes, le RN lorgne sur les mairies (Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Vauvert…). Là où les services publics se retirent, où les loyers flambent et où les fins de mois se tendent, c’est aussi le terrain de jeu des discours de haine et des clientélismes opaques. En 2026, le Gard joue donc gros. Soit les forces de gauche et du mouvement social parviennent à transformer les colères en projets, les citoyens en contre-pouvoirs locaux. Soit l’extrême droite continue d’essaimer, de Beaucaire à Vauvert, d’Alès aux hameaux des Cévennes, profitant des divisions et des rancœurs personnelles.

  • Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    « Dans une triangulaire, c’est gagnable pour la gauche à Nîmes. Tout est possible… y compris une victoire du RN. » À l’analyse du sondage de l’institut Quorum pour le Réveil du Midi, Michel Crespy se montre prudent.

    Pour le politologue montpelliérain, dans cette étude réalisée par téléphone du 3 au 19 novembre auprès de 804 Nîmois issus d’un échantillon (méthode des quotas) de 1 180 personnes représentatives de la population de la capitale gardoise, tout suggère que les jeux sont ouverts.

    Pour commencer, les estimations sont très serrées dans chaque configuration. Au 1er tour, la liste d’union de la gauche (hors LFI : 6%) de Vincent Bouget (28%) arriverait légèrement en tête devant le RN (27%). Soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier, Franck Proust (22%) serait en difficulté dans l’optique où la macroniste Valérie Rouverand (9%) et l’ex-premier adjoint déchu, Julien Plantier (8%), partiraient en ordre dispersé. Si ces deux-là s’unissaient, leur score (22%) leur permettrait de devancer Frank Proust encore plus affaibli (18%) mais pas de talonner Vincent Bouget (30%) qui aurait encore le RN derrière lui (25%). La seule configuration où le communiste n’est pas donné en tête (29%), c’est si F. Proust et J. Plantier finissaient par s’allier dès le 1er tour (31%). Au vu des noms d’oiseaux qui ont fusé ces derniers mois entre les deux hommes de droite, c’est loin d’être fait. Si leurs ego étaient mis de côté, le RN suivrait en 3e position (24%), puis loin derrière V. Rouverand (11%) et les Insoumis François Tardieu et Leïla Taamali (5%).

    Les projections du 2e tour sont tout aussi indécises. Qu’il s’agisse d’une triangulaire ou d’une quadrangulaire*, F. Proust n’est donné vainqueur que d’un cheveu. Il l’emporterait avec 38% contre V. Bouget (36%) et le RN (26%) ou bien avec 30% devant l’union de la gauche (29%), l’extrême droite (25%) et J. Plantier (16%). Compte tenu de la marge d’erreur qui peut varier de 1,7 à 4,2 points, tout reste à faire durant la campagne.

    « Pas de prime au sortant »

    Cette étude peut-elle inciter la droite à s’unir ? « Ça dépend de la psychologie des candidats. Certains sont prêts à aller jusqu’au bout quitte à faire perdre leurs proches », rappelle Michel Crespy. Il pense aussi que les candidats sont peu influencés par un sondage local. « Ils croient connaître le terrain, ils rencontrent des gens dans la rue et leur font confiance ».

    Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de prime au sortant. « Souvent un maire sortant a pu désigner un dauphin qui a raté la marche. Aux Municipales, on vote d’abord pour une personne, être béni n’a pas beaucoup d’importance », assure M. Crespy.

    Il y a une autre inconnue : qui mènera la liste RN que la rumeur promet à l’ancien maire de Beaucaire, Julien Sanchez. « Je ne pense pas que le nom de la tête de liste change grand-chose pour l’électorat du RN, qui vote avant tout pour Le Pen ».

    Si le paysage politique n’est pas figé et que la campagne débute à peine, cette étude confirme un vrai élan en faveur de la liste Nîmes en commun donnée 10 points au-dessus du score de 2020. « Nous sentons une dynamique qui dépasse le cercle des convaincus. L’union fait du bien et donne confiance », positive V. Bouget.

    * 10% des suffrages exprimés sont nécessaires pour se maintenir au 2e tour, 5% pour fusionner.

  • Occitanie : la droite nîmoise peut-elle encore éviter la fracture ?

    Occitanie : la droite nîmoise peut-elle encore éviter la fracture ?

    À Nîmes, la succession de Jean-Paul Fournier (LR) s’enfonce dans le casse-tête pour la droite. Huit mois après l’annonce de la candidature de Franck Proust, et près d’un an après la dissidence de Julien Plantier, aucun accord solide ne s’est dessiné entre les deux héritiers du maire sortant. Pendant ce temps, le Rassemblement national avance ses pions, tandis que Renaissance tente de capter l’électorat modéré.

    Depuis plusieurs semaines, les négociations entre Franck Proust et Julien Plantier ressemblent à un psychodrame permanent. Selon une source Objectif Gard, un troisième rendez-vous est attendu pour « affiner l’accord », même si, dans les faits, Plantier chercherait surtout à « faire perdre du temps » à son rival. Car si Proust propose un partage des responsabilités – premier adjoint, premier vice-président de l’Agglo et transmission du flambeau en 2033 – Plantier veut peser davantage : organisation de la campagne, conception du programme, composition de la liste… et un véritable partage du pouvoir. Même la perspective d’un accord minimal pour le second tour, évoqué récemment par Proust comme un « désistement mutuel », reste fragile.

    La campagne de Proust peine, elle aussi, à s’installer. Son entrée officielle en campagne il y a quelques jours a acté la rupture avec Plantier, tout en révélant quelques failles : un site internet lancé avec un bug, des tensions autour de la place de certains élus, et un changement dans l’organisation interne de la mairie qui voit le conseiller spécial Gérardo Marzo regagner l’administration. Là encore, les interprétations divergent : simple réorganisation selon la mairie, mouvement stratégique pour « préparer l’avenir », glisse une source de l’opposition.

    Le centre avance, le RN guette

    À cette droite en recomposition répond un centre déterminé. Valérie Rouverand, présidente de Renaissance dans le Gard, assure bénéficier du soutien verrouillé d’Horizons et, bientôt peut-être, d’Édouard Philippe. Là où la droite traditionnelle se déchire, elle mise sur un ancrage personnel. À l’extrême droite, le RN cultive le suspense autour de Julien Sanchez. L’eurodéputé, moins présent à Bruxelles qu’à Paris, attendrait une éventuelle dissolution pour officialiser sa candidature. « Il espère une guerre à droite », selon une source Objectif Gard. Une division qui pourrait lui ouvrir un espace inattendu dans une ville longtemps verrouillée par la droite républicaine.

    Au final, la droite nîmoise avance en ordre dispersé, entre calculs individuels et rancœurs anciennes. L’union reste possible… mais chaque jour qui passe rend l’équation plus incertaine. Ce qui pourrait bénéficier à une extrême droite en embuscade, ou à une gauche qui consolide chaque semaine son projet au sein de Nîmes en commun, derrière les figures de Vincent Bouget et récemment Amal Couvreur.

  • Beaucaire : Perrin à la tête d’une large alliance

    Beaucaire : Perrin à la tête d’une large alliance

    Le profil désigné par les militants d’Unis pour Beaucaire (UPB) est peut-être la parfaite antithèse du maire actuel. Nelson Chaudon (RN), l’élu choisi par Julien Sanchez pour occuper son fauteuil de maire après son élection au Parlement européen (simple étape pour pouvoir se présenter à Nîmes ?), n’a que 33 ans et avait jusqu’ici surtout été l’assistant parlementaire de Yoann Gillet (RN). « Un apparatchik », dira même de lui Charles Ménard, opposant insoumis au conseil municipal.

    Luc Perrin, lui, n’est arrivé en politique que sur le tard. Ingénieur informatique de formation aujourd’hui âgé de 66 ans, il n’est pas encarté dans un parti politique. Son engagement est avant tout local, avec comme priorité de ramener la 4e ville du Gard dans le giron républicain. « Depuis bientôt 12 ans notre ville est utilisée comme outil de propagande politique par le RN aux dépens des Beaucairois. Nous, dans cette élection, nous sommes uniquement sur le local », martèle-t-il.

    Début septembre, les militants de l’association Unis pour Beaucaire l’ont élu (à 80%), face à Christophe Isnardon, syndicaliste CGT, ancien agent des services techniques de Beaucaire aujourd’hui à la Ville de Nîmes, pour mener cette liste citoyenne. Plusieurs réunions publiques sont prévues d’ici décembre avant la présentation de la liste et du programme.

    Soutenu par la gauche

    En 2020, quatre listes s’étaient constituées à Beaucaire avec le RN de Sanchez (59,50%), une liste macroniste menée par Lionel Depetri (8,61%), une insoumise dirigée par Charles Ménard (6,82%) alors qu’UPB, incarnée à l’époque par Pascale Noailles Duplissy (25,05%), rassemblait des militants de gauche et de droite. En 2026, la donne sera différente. La droite a organisé une réunion publique le dimanche 26 octobre pour annoncer la constitution d’une liste dont l’objectif est bien de grappiller des voix à un Nelson Chaudon (pas encore officiellement candidat mais dont l’aspiration à se représenter ne fait pas de doute) qui devra cette fois être élu sur son nom.

    Si la liste se veut apartisane, toutes les forces de gauche, du PS à LFI en passant par le PCF, soutiennent Luc Perrin. « En 2020, nous n’avons eu qu’un seul élu et face au RN qui n’arrête pas de progresser, on s’est dit qu’il fallait cette fois faire l’union la plus large possible pour au moins stopper cette progression et si c’est possible, le battre aux Municipales. D’autant qu’ici, le RN a tout : le député, les deux seuls conseillers départementaux RN, la mairie… Mais il lui manque la communauté de communes, loupée de deux voix la dernière fois », explique Jean-François Milesi, secrétaire de la section de Beaucaire du PCF. Malgré le soutien de toute la gauche, Luc Perrin a prévenu ses partenaires qu’il souhaitait le rassemblement le plus large possible, qui dépasse le cercle (restreint) de la gauche beaucairoise.

  • Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Et si Julien Sanchez tentait l’aventure nîmoise ? À mesure que la campagne municipale 2026 approche, le député européen et ex-maire de Beaucaire est de plus en plus présent à Nîmes. Aperçu à la feria des Vendanges, au temple de Diane, puis aux vendanges du clos de la Fontaine, il soigne son image dans la capitale gardoise, à coups de photos et de sourires calculés. Interrogé sur ses intentions par le Midi Libre, l’intéressé botte en touche : « Je ne sais pas. Pas de commentaire. » Une formule qui, dans les rangs politiques, vaut souvent confirmation.

    Car la rumeur enfle. Selon plusieurs cadres du Rassemblement national, le parti prépare minutieusement ses têtes de liste pour mars 2026. Dans le Gard, où il engrange des résultats solides à chaque scrutin, le RN veut transformer l’essai. « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou sera RN », a lancé récemment le député Yoann Gillet, laissant entendre que le parti vise haut. Et pour conquérir une ville de plus de 150 000 habitants, Julien Sanchez apparaît comme le profil le plus « sérieux et crédible ».

    Un terreau favorable

    À 42 ans, dont plus de vingt passés au sein du parti lepéniste, Julien Sanchez coche toutes les cases d’un candidat stratège. Élu maire de Beaucaire en 2014 à la surprise générale, il a été réélu dès le premier tour en 2020, avant de rejoindre le Parlement européen quatre ans plus tard. En parallèle, il a consolidé ses liens avec la direction du RN, multipliant les apparitions aux côtés de Jordan Bardella, comme lors de l’inauguration de sa permanence en novembre 2024.

    Mais à Nîmes, le terrain reste à défricher. L’électorat frontiste y est important, sans avoir encore permis une conquête municipale. La division du camp de droite, entre Franck Proust et Julien Plantier, pourrait offrir une opportunité inédite. Après vingt-cinq ans de règne de Jean-Paul Fournier, la ville s’apprête à tourner une page politique. Dans ce contexte, l’« embuscade » de Sanchez intrigue autant qu’elle inquiète ses adversaires. S’il officialise sa candidature, Julien Sanchez tentera de rejouer le scénario de Beaucaire : celui d’un outsider passé au premier plan. Un pari risqué, mais calculé. Et à Nîmes, où les équilibres politiques vacillent, l’ombre du RN n’a sans doute jamais été si menaçante.