Tag: Julien Gabarron

  • Des Biterrois toujours en lutte contre Ménard

    Des Biterrois toujours en lutte contre Ménard

    Près de 75 %. Au lendemain du premier tour des municipales, c’est la douche froide pour les progressistes biterrois devant le score de l’extrême droite dans la cité de Riquet. R. Ménard a été réélu confortablement (65,6%) et se prépare à entamer un troisième mandat. Les 9% restants sont apportés par le député RN Julien Gabarron qui, après avoir éjecté Emmanuelle Ménard du palais Bourbon en 2024, comptait ne faire qu’une bouchée de Robert. Pari raté. « Mais le vote de l’extrême droite est bien implanté à Béziers. Robert Ménard a réussi sa stratégie de l’union des droites sur laquelle il travaille depuis 2014  », soupire Mathilde Vidal, membre du média En vie à Béziers. À cela s’ajoute une communication municipale démesurée au service de l’idéologie réactionnaire de l’édile. « Nous avons une très grosse difficulté dans la ville à organiser la lutte contre cette propagande d’extrême droite. Il y a eu plusieurs tentatives mais toutes ont capoté », reprend Mathilde Vidal, évoquant le manque d’unité entre collectifs.

    Alors, le 11 avril, à 17h, est organisée à la Cimade une journée de débats
    – ainsi qu’un concert – avec plusieurs associations* et des collectifs voisins de lutte contre l’extrême droite (Sète, Montpellier). « L’idée est d’étudier les possibilités de création d’un collectif de lutte, mais aussi de réfléchir ensemble à un maillage régional », souligne Mathilde Vidal. Tout en proposant un contre-projet pour mobiliser les gens. « Il faudrait organiser une contre-culture idéologique sur le long terme contre l’extrême droite mais aussi regagner du terrain en termes de propositions politiques pour notre ville », reprend la Biterroise. La naissance d’un collectif pérenne ?

    *Technopolice, collectif Justice pour Mohamed Gabsi, collectif anti-CRA.

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.

  • La gauche biterroise n’est pas arrivée à endiguer la vague brune

    La gauche biterroise n’est pas arrivée à endiguer la vague brune

    On est déçu car on a l’impression que tout est figé. C’est la même situation qu’en 2020 avec un Robert Ménard très haut », soupire Thierry Antoine. Au lendemain du premier tour des élections municipales, la tête de liste du Printemps de Béziers n’est pas parvenue à inquiéter le maire d’extrême droite de Béziers Robert Ménard, réélu dès le premier tour avec 65,6% des suffrages exprimés. La liste d’union de la gauche ne récolte qu’un maigre 6,52%.

    Malgré une faible participation (56,43%) à l’image du national, c’est la désillusion pour la gauche qui n’aura qu’un seul élu siégeant dans l’opposition municipale (Thierry Antoine) et aucun au conseil d’Agglo. « On s’y attendait un peu mais pas dès le premier tour. On note qu’il y a eu une faible participation à ce scrutin, ce qui est inquiétant pour la démocratie française et qui devrait faire relativiser sa victoire à Ménard », fait valoir de son côté David Ocard, tête de liste LFI qui pointe à la dernière place avec 3,66% des voix.

    Près de 75 % pour l’extrême droite !

    Même la présence d’une liste RN menée par le député de l’Hérault Julien Gabarron – une première depuis l’arrivée de Ménard à la tête de la cité de Riquet en 2014 – n’a pas contrecarré l’élection de l’adepte des plateaux télé. Le parti de Marine Le Pen a récolté à peine 8,97% des voix et arrive troisième. C’est donc le conseiller de la majorité régionale Thierry Mathieu (SE) qui devient le principal opposant de Robert Ménard, en arrivant second avec 15,24% des suffrages. « Dans l’opposition, nous accompagnerons les projets qui tireront la ville vers le haut tout comme nous dénoncerons avec force et méthode toutes les dérives qui l’enfonceront », précise-t-il sur ses réseaux.

    La gauche ne s’avoue pour autant pas vaincue. « On a commencé à construire une union, on va continuer à travailler en espérant que la communication du maire ne va pas tout écraser car c’est le cas aujourd’hui, il est très difficile de se faire entendre », fait valoir T. Antoine.

    * Lire aussi la chronique
    d’Annie Menras p 25.

  • [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    Si l’extrême droite a raflé toutes les circonscriptions du Gard en 2024 et une partie de la ruralité héraultaise, son ancrage au plus près de la population reste encore à prouver. Sans personnalités locales reconnues, le RN ou l’UDR sont en effet contraints de s’appuyer sur leurs députés pour tenter d’engranger des victoires pour ces élections municipales des 15 et 22 mars. Ce pari n’est en effet pas très risqué : avec le non-cumul des mandats, soit ils sont élus et seront alors remplacés à l’Assemblée nationale par leur suppléant (garantissant à leur parti le même nombre de députés), soit ils perdent et ils gardent leur poste de député. Tour d’horizon de ces députés en campagne.

    Pascale Bordes

    à Bagnols-sur-Cèze

    Les Bagnolais vont-ils élire une candidate qui a méprisé les questions locales pendant cinq ans ? Élue d’opposition depuis 2020, la députée de la 3e circonscription du Gard n’a en effet plus mis les pieds en conseil municipal depuis 2021. Pourtant, l’avocate Pascale Bordes a été facilement réélue députée en 2024 (46,65% au premier tour, 53,92% au second). Après avoir écarté les profils « problématiques » du RN à Bagnols, elle fait aujourd’hui figure de favorite dans la 3e ville du Gard. Et signe que le parti a misé sur elle, Marine Le Pen en personne est venue la soutenir vendredi 6 mars. Si elle est élue, c’est Catherine Dellong-Meng qui siégera à l’Assemblée.

    Nicolas Meizonnet

    à Vauvert

    Dans le parti lepéniste, la politique, c’est une affaire de famille. Après le père, Jean-Louis Meizonnet, battu en 2020 par Jean Denat (par 155 voix), c’est au tour du député Nicolas Meizonnet de défier l’édile socialiste de Vauvert. Adhérent du Front National depuis 2011, il devient député en 2020 lors de la démission de Gilbert Collard en partance pour le Parlement européen. Contre le mariage pour tous, félicitant Donald Trump lors de son élection, Nicolas Meizonnet a aussi dirigé le FN gardois en 2017. S’il est élu, c’est Caroline Devaux qui le remplacera à l’Assemblée nationale.

    Julien Sanchez à Nîmes

    Julien Sanchez a préparé son atterrissage à Nîmes. Maire de Beaucaire depuis 2014, l’adhérent du FN depuis 2000 qui garde Jean-Marie Le Pen pour « modèle » s’est fait élire en 2024
    au Parlement européen. Également en charge des investitures du parti pour ces élections municipales, il ne passe donc qu’un an à Strasbourg avant d’annoncer sa candidature dans la capitale du Gard… S’il est très peu présent sur le terrain, il a reçu le président du RN Jordan Bardella pour un meeting, le 3 mars.

    Alexandre Allegret-Pilot à Bessèges

    Le Haut-savoyard parachuté par Éric Ciotti dans les Cévennes, promettait des défaites à tous les maires de gauche (et notamment communistes) sur sa circonscription. Finalement, l’absence de relais locaux ne lui a pas permis de peser sur les listes dans sa circonscription à l’exception de Bessèges. La ville du nord du Gard était promise à son assistant parlementaire Nathan Casano sauf que celui-ci est inéligible (il n’a pas présenté ses comptes de campagne après sa candidature aux législatives de 2022). Tant pis, le député UDR s’est rangé en cinquième position de la liste menée par l’entrepreneur pro Zemmour, Hervé Fiselle (mais largement construite par Nathan Casano).

    Aurélien Lopez-Liguori à Agde

    Après l’affaire de la « voyante ventriloque » et l’emprisonnement du maire Gilles d’Ettore (LR), le RN a très vite compris qu’il avait une carte à jouer dans la cité balnéaire héraultaise. C’est donc au député de la circonscription, Aurélien Lopez-Liguori, que la tâche a été confiée (il a dû pour cela déménager de Sète à l’été 2025) ce qui a provoqué des départs dans les rangs des élus RN locaux. Il a lui aussi reçu Jordan Bardella début février. Agde est devenu un véritable enjeu pour le parti d’extrême droite qui considère l’agglomération comme la plus prenable de France. Aurélien Lopez-Liguori aurait aussi dans le viseur la présidence du Département de l’Hérault en 2028. En cas d’élection, il sera remplacé à l’Assemblée par Bernard Chaumeil qui figure sur la liste d’Yves Michel (DVD) à Marseillan.

    Julien Gabarron

    à Béziers

    Après Emmanuelle, Robert ? Vainqueur face à la députée sortante et femme de Robert, Emmanuelle Ménard, Julien Gabarron tente désormais de s’attaquer à l’édile de Béziers qui a reçu le soutien des Républicains à défaut d’avoir celui du RN. Élu en 2014 avec l’aide du Front national, Robert Ménard reste en tête des sondages et pourrait même être élu au premier tour. Julien Gabarron, patron du RN héraultais, ancien membre de l’UMP, a tout de même reçu le soutien de trois responsables locaux de LR et espère créer la surprise dans la 2e ville de l’Hérault.

    Manon Bouquin à Mèze

    Comme en 2020, l’ostréiculteur Joël Armentier, membre du parti d’extrême droite depuis 20 ans, se lance dans la campagne des municipales. Mais cette année, il pourra compter sur le soutien de la députée du coin Manon Bouquin qui figure à la deuxième place de sa liste. Battue en 2022, l’assistante parlementaire d’Aurélien Lopez-Liguori a en effet pris sa revanche en 2024. Candidate initialement à Paris, Manon Bouquin est une ancienne militante de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant d’extrême droite qui a participé à des actions violentes.

    France Jamet

    à Montpellier

    Cette historique du Front national, fille d’Alain Jamet qui a fondé le parti avec Jean-Marie Le Pen et encartée dans le parti d’extrême droite depuis 1974, est devenue députée européenne lorsque Louis Aliot a été élu à l’Assemblée nationale en 2017. Soutenue cette année par l‘UDR et « Identité et Liberté », elle s’était déjà présentée dans la capitale de l’Hérault en 2014 (13,8% au 1er tour, 9,1 au second). Malgré la présence du dissident Thierry Tsagalos, France Jamet est donnée entre 8 et 10% dans les sondages.

  • Le Printemps de Béziers pour un autre avenir

    Le Printemps de Béziers pour un autre avenir

    Béziers tournera-t-elle la page de l’ère Ménard ? Concurrencé sur sa droite par le député RN Julien Gabarron, l’édile d’extrême droite essayera de garder son fauteuil de premier magistrat pour s’offrir un troisième mandat. C’est la première fois que le parti de Marine Le Pen présente un candidat issu de ses rangs face au maire girouette, soutenu par les Républicains au niveau national.

    Mais la gauche ne l’entend pas de cette oreille. « Le Printemps de Béziers », liste d’union de la gauche et des écologistes portée par Thierry Antoine, conseiller d’opposition les Écologistes, veut mettre Robert Ménard en échec, forte de ses propositions sociales et écologistes. Dans une ville où 36% des Biterrois vivent sous le seuil de pauvreté, l’urgence de sortir de la précarité est une des priorités pour le mouvement de gauche. « Nos priorités ne seront pas de faire un colosse de Rhodes, de lancer un gigantesque chantier Béziers antique [des projets pharaoniques souhaités et subventionnés par Robert Ménard, Ndlr] ou de mettre tout dans la communication. Il y aura une réorientation des budgets municipaux vers la vie quotidienne des Biterrois, Béziers est touchée de plein fouet par la pauvreté », souligne Thierry Antoine.

    Surtout, le Printemps de Béziers veut voir sur le long terme. En ce sens, ce dernier a fait du projet Orbiana, pierre angulaire de son programme. « La bataille pour le climat est perdue à court terme. Mais nous devons nous saisir de cette opportunité afin de faire de Béziers la vitrine d’une ville adaptée au changement climatique », poursuit Thierry Antoine. Sur 150 hectares, c’est tout un quartier qui devrait sortir de terres avec des parcs, des entreprises spécialisées dans l’hydrogène, à l’adaptation de la viticulture. « Une partie sera réservée à de l’habitat pour répondre aux problèmes de logement. Beaucoup d’habitations ne sont plus adaptées : l’été, sous les toits, la température peut atteindre 50°C », fait valoir Thierry Antoine.

    Une jeunesse précarisée

    Le logement est également un levier pour faire baisser la précarité sur lequel l’autre liste de gauche emmenée par l’Insoumis David Ocard. « Le logement est la première dépense pour les foyers les plus précaires donc nous voulons une action qui défende un droit au logement digne à des prix abordables. Si cela doit passer par de la réquisition de logements vacants -une possibilité offerte par la loi- nous le ferons », soutient cet enseignant. Aussi, le candidat ambitionne de faire passer en régie publique plusieurs services comme l’eau, le transport ou encore une régie agricole qui fournirait les cantines scolaires afin de faire baisser la facture des usagers et de créer de l’emploi. « Si nous mettons des services en régie publique, il y aura plus d’argent à distribuer car ce serait la fin des dividendes versés à des actionnaires privés », note David Ocard. Ce dernier entend également expérimenter le territoire zéro chômeurs longue durée afin de favoriser l’emploi.

    Remunicipaliser est également au programme du dernier candidat en lice, Thierry Mathieu (SE), conseiller régional de la majorité de Carole Delga mais non soutenue par cette dernière ni par le PS. Ce dernier a par ailleurs déposé plainte contre l’édile pour diffamation et injure publiques. En effet, Thierry Mathieu prévoit de remunicipaliser les Halles de Béziers -privatisées par Robert Ménard- afin de faire baisser les loyers des étaliers, une mesure s’inscrivant dans une démarche plus globale de renforcer les commerces biterrois. Un autre enjeu de cette élection biterroise est à n’en pas douter -et lié à la précarité- l’avenir de la jeunesse. En effet, plus de la moitié des enfants de moins de 11 ans vivent sous le seuil de pauvreté. « Nous accompagnerons les enfants et leur permettre d’avoir accès à des activités culturelles et sportives. Concernant la réussite scolaire, un certain nombre d’associations ont vu leurs subventions baisser. Il faut arriver à les remettre en course », observe David Ocard. Un accompagnement du périscolaire que l’on retrouve également au Printemps de Béziers. « Il faut assurer le service minimum en réalisant la gratuité du soutien scolaire et du périscolaire, des fournitures scolaires, la gratuité de la cantine pour les deux premières tranches d’imposition », soutient Thierry Antoine.

    Assez pour convaincre les électeurs et chasser l’extrême droite de la cité de Riquet ?

  • Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Robert Ménard à Béziers, Louis Aliot à Perpignan, Nelson Chaudon à Beaucaire. À ce jour, seules trois Villes d’Occitanie sont dirigées par le Rassemblement national ou ses alliés d’extrême droite. Mais à l’issue des élections municipales (15-22 mars), la tache brune pourrait se répandre davantage.

    Pour l’heure donné favori à la Présidentielle 2027 en dépit de graves affaires judiciaires, le RN n’a pas l’intention d’enjamber ces élections locales où d’ordinaire il apparaît peu crédible. Ce n’est pas un hasard si Jordan Bardella a débuté samedi 7 février son tour de France des villes à conquérir à Agde puis à Carcassonne. Tournée qui va se poursuivre jusqu’à mi-mars pour soutenir les principales têtes d’affiche du parti à la flamme.

    Voilà plusieurs mois que le parti lepéniste a dressé la liste des villes qu’il rêve de voir tomber dans son escarcelle. La plupart sont situées dans le Nord ou à l’instar de Marseille, Toulon, sur la façade méditerranéenne (Sud Paca, Occitanie), socles forts de l’extrême droite qui se renforcent à chaque scrutin.

    Les villes à haut risque RN

    En Occitanie, outre Perpignan, Béziers et Beaucaire qui ont déjà rendu les armes en 2014 ou 2020, deux villes audoises sont particulièrement menacées : Narbonne (par le député RN Frédéric Falcon) et Carcassonne (avec le député RN Christophe Barthès qui ne croit pas au réchauffement climatique). Il faut dire qu’aux législatives provoquées par Emmanuel Macron en 2024, l’Aude n’a élu que des députés d’extrême droite. C’est le cas aussi du Gard où, à quelques exceptions près (Le Vigan, La Grand-Combe…), l’extrême droite étend sa toile.

    Au prix d’un travail minutieux compilant plusieurs statistiques, StreetPress a mis au point un « fachoscore » pour classer les principales communes sur un risque de A (faible) à E (élevé). Outre Beaucaire (E) qui a déjà basculé, Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit ou Vauvert sont classés D. Le RN a envoyé l’artillerie lourde avec les députés Nicolas Meizonnet (Vauvert) et Pascale Bordes (Bagnols). Du côté d’Alès, c’est le policier Anthony Bordarier qui s’y colle. Méconnu, ce cadre du RN depuis 2020 est néanmoins soutenu par les députés Yoann Gillet et Pierre Meurin. Enfin à Nîmes, où le risque RN ne semblait pas écarté dans le dernier sondage, le député européen et ancien maire de Beaucaire Julien Sanchez fait figure d’épouvantail.

    Dans l’Hérault, plusieurs villes, particulièrement mal gérées par une droite affairiste, pourraient se tromper de colère. C’est le cas d’Agde où l’ancien maire Gilles d’Ettore (LR) a dû démissionner, embourbé dans l’affaire de la voyante. Le député RN Aurélien Lopez-Liguori est à l’affût. Situation comparable à Sète où Sébastien Pacull, en dépit d’une campagne discrète, pourrait tirer son épingle du jeu après la démission forcée de François Commeinhes (Divers droite). À l’image de Mèze (classée D par StreetPress) ou Frontignan, la menace est forte dans le bassin de Thau. Mais pas seulement. Des terres de bouvine (Mauguio) ou proches du bastion de gauche Montpellier (Lattes, Gignac…) auront des candidats d’extrême droite. Quant à Béziers, si le RN de Julien Gabarron venait à échouer, ce serait sans doute au profit de Robert Ménard (EXD). Quoi qu’il en soit, l’objectif est moins de s’emparer de villes pour lesquelles le RN nourrit rarement un réel intérêt que d’en faire un tremplin pour préparer la suite. Jordan Bardella en convient d’ailleurs lui-même. « Il faut gagner un maximum de communes et prouver dans le cadre de ces municipales que le changement n’attend pas l’élection présidentielle », a confié dans son bain de foule à Agde, celui qui l’an prochain pourrait concourir à l’Élysée à la place de Marine Le Pen.

    Avant l’ultime étape qui terrorise le camp républicain, les Sénatoriales de septembre 2026 seront une autre étape importante, souligne Michel Crespy. « Le RN pense pouvoir gagner quelques villes sur les triangulaires, des quadrangulaires ou bien avoir des élus d’opposition. Mais surtout le RN vise les sénatoriales car il aura besoin du Sénat [où le RN est inexistant, Ndlr] s’il arrive à l’Élysée. » Pour le camp des progressistes, il est plus que jamais temps de se ressaisir dès les élections municipales.

  • L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    L’extrême droite opposée aux droits des femmes au Parlement

    Si la présence de Marine Le Pen à la tête du groupe RN à l’Assemblée nationale et les vidéos de Jordan Bardella rassurent ces derniers mois un électorat féminin qui a longtemps été réfractaire à voter à l’extrême droite (30% des femmes ont voté pour Bardella aux dernières élections européennes pour 32 % des hommes), les votes de l’extrême droite au Parlement ne vont pourtant pas dans le sens de la défense des femmes et devraient alerter cet électorat.

    Le dernier exemple en date sur l’inscription de la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol fin octobre est particulièrement frappant. Si l’écrasante majorité des groupes a voté unanimement pour ce changement d’approche sur la définition du viol, seuls les groupes du RN et de l’UDR (Ciottiste) ont voté contre. C’est le cas de cinq députés gardois : Yoan Gillet, Pascale Bordes, Pierre Meurin, Sylvie Josserand et Alexandre Allegret-Pilot (UDR). Nicolas Meizonnet et les cinq députés d’extrême droite de l’Hérault ne se sont pas donnés la peine de suivre les débats dans l’Hémicycle.

    « L’actualité locale a pourtant récemment mis en avant l’impérieuse nécessité de déployer de nouveaux moyens pour lutter contre le viol et les agressions sexuelles. Les deux procès de l’affaire Pélicot qui se sont déroulés à Avignon et à Nîmes à quelques mois d’intervalle, ont permis de constater l’ampleur du phénomène et le déni qui y est encore attaché », ont réagi à ces votes des députés d’extrême droite, les Unitaires du Gard, composés de L’Après, Debout! et Génération.s.

    « Fémonationalisme »

    Ce dernier vote n’est que l’ultime acte d’une stratégie d’un RN opposé à légiférer pour réduire les violences sexistes et sexuelles (VSS). En 2018, les députés RN se sont abstenus lors du vote de la loi « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ». En 2022, ils votent contre la proposition « sur l’outrage sexiste » visant à durcir l’amende pour le harcèlement de rue. L’année suivante, le RN vote contre la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre les VSS. En réalité, pour le Rassemblement National, la lutte contre les VSS ne s’appuie que sur le « femonationalisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation du féminisme pour stigmatiser certaines populations, porté notamment par le Collectif Némésis. Jordan Bardella expliquait ainsi en 2024 que l’insécurité « fait régresser la liberté de chaque femme de France de se déplacer dans la rue et dans l’espace public ». Le président du RN oublie ainsi un peu vite que neuf victimes sur dix de viol ou de tentative de viol connaissaient leur agresseur.