Tag: Judo

  • Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Pas un son, pas le moindre bruit dans le gymnase Saint-Jérôme. Sur le tatami bleu et jaune, une vingtaine de judokas ne perdent pas une miette des explications des deux champions du monde de « Nage no Kata » en titre, Kento Iwanaga et Genta Iteya, venus spécialement du Japon pour l’occasion.

    « Ils sortent rarement de leur pays, même si, de par leur célébrité dans leur domaine, ils sont amenés à voyager en Océanie ou en Amérique du sud. Mais ils n’étaient jamais venus en France dans le cadre d’un stage. C’est un grand honneur de pouvoir accueillir ces deux judokas, qui possèdent une expertise, entre guillemets, unique au monde », souligne Mégane Rabellino, présidente de Massilia Judo.

    L’un des professeurs du club, Jean-Michel Lévêque, développe depuis de nombreuses années des liens avec de prestigieuses universités japonaises. Il a notamment conservé des liens étroits avec l’Institut Kodokan où enseignent les deux invités de marque. Au fil de plusieurs séances de quatre heures réparties sur le week-end, les professeurs japonais ont revisité les fondamentaux de cet art martial exigeant et minutieux. Des bases « naturelles », comme la posture et la respiration, « que l’on ne travaille pas forcément au quotidien », souligne Mégane.

    Engagement social

    Massilia Judo compte 250 licenciés, dont plus de la moitié sont des enfants âgés de moins de sept ans. « Il y a beaucoup de filles », se réjouit la présidente, élue en 2023 à la tête du club.

    Le club a toujours eu à cœur d’être « ancré » dans les quartiers prioritaires de la ville, en s’appuyant sur les bienfaits et les valeurs véhiculés par le judo. « Le cœur de notre projet, c’est d’apporter l’excellence à ces jeunes », souligne Éric Torrente, professeur et directeur de Massilia Judo, accompagné par quatre autres enseignants diplômés d’État.

    Ancien responsable de la commission « Judo École » au sein du comité 13, il considère son art martial comme une véritable « école de la vie ». « Certains gamins nous ont remerciés de leur avoir transmis une rigueur qu’ils n’avaient pas au départ », poursuit Éric. Une philosophie qui, selon lui, porte ses fruits : deux adhérents du club ont notamment réussi cette année leur entrée en hypokhâgne, 1ère année des classes préparatoires.

    Au-delà de la performance, parfois devenue excessive dans notre société, le judo constitue aussi un formidable vecteur de lien social. « On va chercher des gamins qui n’ont pas l’habitude de faire du sport, qui n’ont pas l’habitude de bouger pour différentes raisons. Grâce au code moral et au cadre très précis qu’impose le judo, on arrive à faire ressortir le meilleur de chacun. Parce qu’il y a énormément de potentiel chez ces enfants, dans ces quartiers », assure Mégane Rabellino, convaincue que les enseignements transmis sur le tatami leur serviront tout au long de leur vie.

    Avec son équipe, elle ambitionne désormais de poursuivre cette dynamique en s’implantant dans d’autres quartiers des 13e et 14e arrondissements.

  • Une haie d’honneur pour Lana Arnaud

    Une haie d’honneur pour Lana Arnaud

    Une immense émotion régnait mardi soir au dojo du gymnase du Rove où une haie d’honneur composée des judokas, des dirigeants du club et de nombreux parents a accueilli la jeune Lana Arnaud, récemment sacrée championne de France par équipes départementales.

    À son arrivée, le maire Paul Sabatino (PCF), accompagné de son adjoint aux sports et à la jeunesse David Guevara, a tenu à féliciter chaleureusement la jeune sportive pour son parcours exceptionnel.

    « Le sacre de Lana est exceptionnel. Cette victoire fait rayonner Le Rove Judo et toute notre commune. Elle récompense le travail remarquable des entraîneurs, des bénévoles, des dirigeants et de tous ceux qui accompagnent nos jeunes sportifs au quotidien. La municipalité est fière de soutenir activement le club dans son développement », a déclaré le maire en marge de l’événement. Le 10 mai 2026, Lana Arnaud a brillamment représenté les couleurs des Bouches-du-Rhône lors des Championnats de France par équipes départementales organisés à Ceyrat (63). Sélectionnée comme titulaire dans la catégorie des -40 kg, elle a confirmé tout son potentiel après une saison remarquable.

    Licenciée au club Le Rove Judo présidé par François Saravelli et entraînée depuis plusieurs années par Antoine et Olivier, Lana a multiplié les belles performances cette saison.

  • Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Elles donnent l’impression de voir double. Loane et Stella Pellegrino, 15 ans, sont sœurs jumelles et dans la vie, elles partagent une grande partie de leur quotidien. De leur apprentissage en pâtisserie, débuté cette année, à leurs quatre à sept entraînements de judo hebdomadaires au sein du Judo Club Gardéen. Avec une spécificité : elles ne combattent pas. Elles pratiquent le judo kata. « Dans le judo il y a deux catégories : les combats et les katas. Les katas servent à démontrer les techniques, et nous sommes notés puis classés selon la qualité », explique Stella.

    Objectif championnats

    du monde

    Leur passion des tatamis a démarré dès l’âge de trois ans et les mène aujourd’hui à parcourir l’Europe, où elles figurent avec brio. Médaillées de bronze pour leurs premiers championnats continentaux en Lettonie l’an dernier, elles ont remporté l’or il y a deux semaines lors d’un tournoi international en Belgique. Un parcours qu’elles sont venues raconter aux élèves de 6e section sportive du collège Genevoix. « C’est intéressant qu’ils rencontrent des sportifs, pour comprendre l’engagement que ça demande », se réjouit Christophe Quesada, leur enseignant d’EPS, qui voit aussi l’intérêt dans « le lien entre efforts sportif et scolaire. Ils ont besoin de voir qu’il faut tout le temps répéter, que le travail paye car ils abandonnent vite. »

    Et l’importance du travail, celles qui s’inspirent de la championne olympique Clarisse Agbegnenou la connaissent, elles qui se lèvent cinq jours par semaine à 5h pour suivre leur apprentissage en pâtisserie. « On sait qu’on ne pourra pas vivre du judo, donc l’école reste le plus important », soutiennent les deux sœurs qui ne bénéficient pas du statut de sportive de haut niveau, le kata n’étant pas une discipline olympique. Les journées se concluent par des entraînements qui se terminent à 20h30. Un rythme effréné, « mais il y a le gendarme à la maison pour veiller à ce qu’elles se couchent à 21h15 », assure Déborah, leur maman.

    Une visite de circonstances, puisque les deux sœurs disputaient ce samedi, chez elles, à La Garde, les championnats de France. Un passage obligatoire pour se qualifier pour les championnats d’Europe à Sarajevo, les 16 et 17 mai. Mission accomplie, puisqu’elles sont devenues championnes de France pour la troisième fois. Nouvel objectif désormais : le podium européen, pour retourner dans la capitale bosnienne les 26 et 27 septembre, et y disputer, cette fois, les championnats du monde. Ajime !