Tag: Journée internationale de la paix

  • À Martigues, une fête de la paix pour apprendre à vivre ensemble

    À Martigues, une fête de la paix pour apprendre à vivre ensemble

    Amour, respect, écoute, partage, bienveillance, autant de mots figurant sur le mur de photos déployé par les services de la Ville sur le jardin de Ferrières pour la fête de la paix. C’est mercredi après-midi, les accueils de loisirs sont présents, et les enfants peuvent profiter de plusieurs activités comme du saut en hauteur, du football façon golf, de la pêche aux canards ou même des origamis en référence à la légende des 1 000 grues de Sadako Sasaki.

    Des grues de papier… et des colombes peinturlurées par les enfants des accueils de loisirs et du périscolaire sur une fresque « Des ailes pour la paix ». Mais au-delà de la fête, qu’est-ce que c’est la paix ? « C’est quand il n’y a pas de guerre, mais pas que », répond Aliyah Bounoua, en CM2. Cette enfant du Grès le voit comme une manière de vivre : « Savoir se pardonner quand on se dispute, et pas se taper, parce que sinon y’a encore plus de conflit », estime-t-elle. « Sinon y’a toute la famille qui s’y met », renchérit Valentin Bourdon, en CM1 à Paradis Saint-Roch.

    Un projet de société

    Et pourquoi la paix est-elle importante à leurs yeux ? « Ça fait peur la guerre. Des gens meurent et on peut rien faire », s’imagine Aliyah Bounoua. « Le plus important c’est que ma famille soit en bonne santé. Moi je veux pas faire la guerre », renchérit Valentin Bourdon. C’est presque politique. « Le président il doit chercher la paix. Comme le Groenland, il faut demander la guerre à personne, mais parler aux autres et se concentrer sur la tranquillité de tout le monde », livre Aliyah Bounoua.

    C’est justement le message du Mouvement de la paix présent sur la manifestation. « Il faut expliquer aux enfants que la paix n’est pas seulement le contraire de la guerre », affirme Michèle Blanchard, secrétaire du mouvement. « C’est vivre ensemble sans sortir le couteau au moindre désaccord, c’est un projet de société », poursuit Elisabeth Grand, la présidente. Un projet qui commence par « l’éducation des parents à leurs enfants » pour Michèle Blanchard, mais aussi « dans les quartiers, les familles, les entreprises et les écoles ». « On manque d’AESH mais on fait des formations pour s’engager dans l’armée, c’est politique », conclut-elle.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux a d’ailleurs insisté sur ce point. « La guerre ne tombe pas du ciel, elle se nourrit des injustices, là où la misère progresse. Quand on allume la télé on voit des milliards déversés pour les armes, des bombes qui tombent et des va-t-en guerre de salon qui disent qu’il n’y a pas d’alternative. Mais investir dans la paix est un choix et notre ville tiendra bon », affirme l’édile.

  • Ils marchent ensemble pour faire avancer la paix

    Ils marchent ensemble pour faire avancer la paix

    Palestine, Ukraine, Iran, Liban, Soudan… Selon l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (Prio), 65 conflits ont été recensés dans 35 pays en 2025, soit le nombre le plus élevé depuis 1946. Un contexte qui ne peut que renforcer l’importance de la marche qui s’est tenue ce lundi sur la Canebière, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, instaurée par l’ONU en 1981.

    « Si nous occupons la rue aujourd’hui, ce n’est pas pour une simple condamnation morale. C’est pour exiger la rupture définitive avec ce monde de barbares, s’est indigné Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix, en ouverture des discours. Nous devons arracher l’humanité à l’ère de la force, de l’exploitation et de la domination pour la faire entrer dans celle de la parole, de la coopération, de la solidarité et de la justice. »

    Au-delà d’un appel à un « cessez-le-feu général » et au respect systématique du droit international, c’est autour des piliers de la culture de la paix que se sont ensuite structurées les prises de parole, à commencer par l’éducation. « La culture de la paix (…) c’est aussi s’opposer aux discours de celles et ceux qui pensent que la guerre est inéluctable et que nous devons préparer nos enfants à aller sur le front, a rappelé en ce sens Nicolas, représentant de la SNUipp-FSU. C’est aussi promouvoir dans nos classes des pratiques pédagogiques coopératives (…), des espaces démocratiques qui permettent aux élèves de développer les compétences psychosociales nécessaires au comportement non violent. » L’égalité homme-femme, 5e des 8 piliers de la culture de paix, a elle aussi été abordée, le Collectif 13 Droits des femmes prenant soin de rappeler que « les femmes sont en première ligne de toutes les guerres ».

    Le budget de l’État français, qui prévoit pour l’heure une importante augmentation du montant alloué à la défense, a également été dénoncé. « Le projet de loi de finances pour 2027 du gouvernement prévoit une cure d’austérité d’une violence historique, s’est indigné la Fédération du Parti communiste des Bouches-du-Rhône. Mais l’argent public ne manque pas pour tout le monde. L’augmentation du budget des armées est maintenue ».

    Reste l’extrême droite, qui contribue à « l’escalade d’une violence toujours plus mortifère », et contre laquelle les participants appellent à se lever.

    ET AUSSI

    À Aubagne, défilé pour la paix

    Habitants, acteurs associatifs et élus se sont rassemblés dimanche matin à Aubagne pour défendre la paix, à la veille de la journée internationale lui étant dédiée. « Dans un contexte mondial complexe, ce rassemblement citoyen rappelle que la paix se bâtit chaque jour, au plus près du terrain, par le dialogue et la cohésion sociale », a noté la Ville. Un moment « fort d’échange et de mobilisation », s’est-elle félicitée.

    Aix-en-Provence, des rameaux pour la paix

    À l’entrée des Allées Provençales, la section locale du Parti Communiste s’est attelée à distribuer des rameaux d’olivier, symbole de paix et un tract rappelant sa solidarité avec le peuple palestinien, pour lequel il demande un cessez-le-feu « immédiat et durable ». Le parti a également rappelé sa solidarité avec Cuba. De façon plus globale, « la justice sociale », selon Sophie Rothon, secrétaire de la section locale.

    Le Rove et Septèmes Mairies pavoisées

    Le drapeau de la paix flotte sur le parvis de la mairie du Rove, « symbole de notre attachement à ces valeurs universelles » souligne le maire PCF Paul Sabatino. Ainsi que sur le fronton de la mairie de Septèmes.

    LES RENDEZ-VOUS

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le mercredi 23 septembre à la pyramide de la paix, à 14h pour une exposition de dessins d’enfants, puis à 18h pour un meeting.

    Martigues

    Journée de clôture de nombreuses festivités dédiées au sujet en début de semaine le mercredi 23 septembre au jardin de Ferrières de 13h30 à 18h.

  • [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    La Marseillaise : À quoi sert un événement comme le Village de la Paix ?

    Alain Rouy : Cela répond à la Journée internationale de la paix, décrétée par l’ONU il y a 25 ans. C’est un moyen de sensibiliser les populations, les pouvoirs publics. Par exemple, la question de la défense, de la paix, est occultée en France, où toute la politique de défense est entre les mains du chef de l’État. Il peut déclencher une intervention militaire sans même consulter le Parlement avant 100 jours. Dans les autres pays d’Europe, le Parlement est étroitement associé. On a appris par un discours, sur la base des sous-marins nucléaires de l’Île Longue, l’an dernier, que la France changeait de doctrine militaire nucléaire, avec une nouvelle invention, la dissuasion avancée. Personne n’a été consulté, pas même les militaires. La France ne fera désormais plus la transparence sur son armement nucléaire, certaines bombes nucléaires vont être remplacées par de plus puissantes, par l’unique volonté du chef de l’État. C’est un problème. Mais presque tous les pays sont soumis à cette hausse inconsidérée des dépenses militaires au détriment des programmes sociaux, de santé, d’enseignement, d’où l’idée d’une convergence internationale.

    Le thème de la journée est : « Investir dans la paix pour tous, partout, tous les jours ».
    Qu’est-ce que cela évoque
     ?

    A.R. : Ça incarne ce que promeut l’ONU, c’est-à-dire que l’armement est surfinancé alors que les œuvres de paix et les grands défis existentiels tels que le réchauffement climatique sont sous-financés. L’ONU a établi les objectifs du développement durable, en 2015, à la suite des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Certains ont été obtenus, notamment sur le plan de l’alphabétisation, de la santé… Mais on est loin du compte parce qu’il manque des financements. Avec moins de la moitié du budget militaire, on règle quasiment tous les problèmes des OMD et on peut commencer à s’attaquer à la transition écologique. Au lieu de ça, on prépare la mort de la planète avec l’accumulation des armes et le risque d’un conflit nucléaire.

    Comment parvient-on à se mobiliser dans un monde bouleversé par les guerres et les génocides ?

    A.R. : Comme le disent certains slogans, il faut travailler à la paix du quartier à la planète. Ça commence par la culture de paix, grand chantier lancé par l’ONU en 2000, parce que la paix s’apprend dans les comportements, dans une culture tournée vers l’autre qui doit abreuver la vie publique. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer. Par exemple, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires de 2017 est venu d’une convergence de l’ONU, des ONG et d’États qui en ont été les relais diplomatiques. Mais pour que ces relais existent, il faut faire évoluer l’opinion publique.

    À un an de l’élection présidentielle, quelle devrait être, selon vous,
    la position du futur gouvernement en matière internationale
     ?

    A.R. : On craint que ces questions de défense soient occultées de la campagne. Beaucoup de candidats vont parler du pouvoir d’achat sans faire le lien avec la hausse des dépenses militaires. La France, sous Macron, a fait le choix de résoudre les problèmes par la guerre, en soutenant les dérives bellicistes de l’UE, sans proposer d’action diplomatique. On pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la coopération, un mode de sécurité collective ou de sécurité commune, notion apparue dans les années 1980 avec le Premier ministre suédois de l’époque, Olof Palme. Celle-ci implique que je ne suis en sécurité que si mon voisin, ou mon ennemi, se sent lui-même en sécurité. Donc, nos sécurités sont interdépendantes.

  • À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    C’est dans le plus grand port militaire d’Europe que s’ouvre, ce vendredi, ce rassemblement entièrement consacré à la paix, à quelques jours seulement de la Journée internationale lui étant consacré (21 septembre). L’événement est organisé notamment par la CGT, la FSU, Solidaires, le CASI Cheminots Paca, le Mouvement de la Paix, le PCF, La France insoumise et l’association Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    L’objectif affiché par les organisateurs est de créer un lieu de rencontre et de discussion en mettant en avant le droit international et le rôle de l’ONU, tout en interrogeant la militarisation en cours de la jeunesse ainsi que l’économie de guerre, mise en œuvre au détriment d’autres services publics essentiels comme l’éducation, la santé et la transition écologique.

    Pour les organisations, le débat dépasse largement la seule question du nombre de conflits armés qui ensanglantent le monde aujourd’hui. Elles entendent donc aussi interroger la place croissante prise par les dépenses militaires dans les choix économiques et politiques. Elles dénoncent ainsi une « militarisation » grandissante et la course aux armements qui ne sont pas sans conséquences. Avec l’inquiétude de voir progressivement s’installer dans la société une forme de banalisation de la guerre et de ses impératifs.

    « On veut parler de la paix alors que tout nous pousse à parler d’autre chose, et notamment de la guerre », déclare le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical insistant sur le fait que « la guerre n’est pas une fatalité, mais se construit par ceux qui ont le pouvoir et l’argent ».

    Une manifestation où il sera aussi question, bien sûr, de progrès social, sans lequel aucune paix durable n’est envisageable, rappelle-t-il.

    La paix est un enjeu

    de classe

    Et de poursuivre : « Dans ce pays qui a toujours été une espèce de phare qui éclaire le monde, même s’il brille un peu moins aujourd’hui, il y a urgence à donner la parole à tous ceux qui s’élèvent contre ce qui nous est présenté comme une fatalité, parce que tout, aujourd’hui, nous conduit à la guerre ».

    Nadine Nazzi, qui prendra la parole pour le PCF, rappelle de son côté que « l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est une organisation politique et militaire aux objectifs bellicistes, née en 1949 pour combattre l’URSS ». Selon elle, l’organisation aurait donc dû disparaître après la chute de cette dernière en 1991. Mais, affirme-t-elle au contraire, elle « est devenue bien plus dangereuse et toxique qu’elle ne l’était au moment de la fin de la guerre froide ».

    Les budgets militaires imposés aux États membre avec la règle des 2% du PIB agissent également comme une perfusion d’argent public pour le secteur privé, dénonce la communiste. Elle ajoute : « C’est le concept de capitalisme monopoliste d’État, où l’État finance massivement les industries d’armements pour maintenir l’activité économique ».

    Cela, bien entendu, au détriment des populations qui subissent des politiques d’austérité, « des dizaines de milliards d’euros étant détournés vers l’achat d’avions, comme le F-35 américain, ou de systèmes de missiles ». Et de conclure : « Au PCF, notre conception d’une nation ouverte, fraternelle et solidaire est la base de notre conception de la République portant une politique de paix. Il est urgent d’ouvrir, en France, un vrai débat populaire sur ce que doit être une politique de Défense et de sûreté libérée de l’OTAN, assurant la liberté et l’indépendance des peuples dans une Europe et un bassin méditerranéen de la paix et de la sécurité collective, sous l’égide de la charte de l’ONU ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    Rendez-vous à 18h, ce 21 septembre, place du Général-de-Gaulle, pour une manifestation puis un meeting au Kiosque à musique, square Léon-Blum.

    Martigues

    Après-midi festive et culturelle avec ateliers et exposition, au jardin de Ferrières, le mercredi 23 septembre de 13h30 à 18h, suivi de discours puis d’une clôture musicale.

    Istres

    Rassemblement au portail d’Arles, ce dimanche 20 septembre, à 11h.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le 23 septembre, à la Pyramide de la paix, à partir de 14h, pour une exposition puis un meeting à 18h.

  • Un premier festival pour la paix en Cévennes

    Un premier festival pour la paix en Cévennes

    Après la venue l’an dernier du collectif japonais anti-arme nucléaire Nihon Hidankyo et le témoignage d’une victime in utero de la bombe d’Hiroshima, les défenseurs de la paix en Cévennes souhaitaient poursuivre le travail de conscientisation. Jennifer Willens, première adjointe (PCF) à Saint-Martin-de-Valgalgues, commune qui a rejoint l’ONG « les maires pour la paix », a donc été à l’initiative d’un festival pour faire vivre la paix. « Dans les médias, on ne parle que de la guerre. Quand est-ce qu’on utilise le mot de paix ? Quasiment jamais. Donc nous, on veut l’inverse. Plus on parle d’un sujet, plus il est présent dans les consciences des citoyens », explique l’élue qui s’était rendue au Japon l’an dernier pour les commémorations des 80 ans d’Hiroshima.

    Quatre jours d’animations

    L’idée a donc été de lancer un festival autour du 21 septembre, Journée internationale de la paix. Quatre
    communes ont choisi d’y participer : Saint-Martin-de-Valgalgues donc, Cendras, La Grand-Combe et Saint-Julien-les-Rosiers. Mais Jennifer Willens espère que cette première édition sera le début d’une longue aventure et que de nouvelles communes rejoindront le mouvement. « L’idée, c’est que chaque commune s’empare de ce sujet et que le mouvement grandisse dans chaque commune. J’espère que ce festival sera un tremplin pour que d’autres communes nous rejoignent », confirme l’élue.

    Le festival s’ouvrira donc le samedi 19 septembre à Saint-Martin avec le spectacle gratuit « Una historia americana » de Vidala. « C’est un spectacle qui rappelle l’histoire de l’Amérique en chanson. Leur travail, c’est de raconter l’histoire des peuples d’Amérique latine et d’essayer de montrer leur résistance et leur résilience sur de la musique rythmée », présente Jennifer Willens. Le lendemain (10h30) sera projeté à la salle Biosphéra de Cendras l’animé L’oiseau bonheur de Seiji Arihara qui retrace l’histoire de « Sadako, une petite Japonaise qui avait deux ans quand la bombe d’Hiroshima a explosé et qui est morte des conséquences des radiations ». La projection sera suivie d’un débat et d’un repas à la mairie*.

    Si tout n’est pas encore calé avec l’Éducation nationale à cette heure, des actions devraient tout de même se dérouler dans les classes de La Grand-Combe le lundi 21 septembre. Puis le soir, le festival se clôturera avec une soirée à Saint-Julien-les-Rosiers autour d’un débat consacré aux pistes pour agir localement en faveur de la paix. Un apéritif sera ensuite offert par la municipalité.

    Si le festival, porté par les communes, se termine le 21 septembre, le Comité Alès-Cévennes du Mouvement de la paix propose deux rendez-vous dans la foulée : le mardi 22 (18h30) à Cendras avec la pièce de théâtre Les mains propres puis le mercredi 23 à la salle du Capitole d’Alès (18h30) avec une conférence de Farah Safi, professeure de droit spécialiste du droit international.

    * Réservation au 06.09.83.27.30.

  • Pour 2026, le Mouvement de la paix mise sur la solidarité

    Pour 2026, le Mouvement de la paix mise sur la solidarité

    « Cette année 2026 exigera de nous des efforts considérables pour préserver le monde du terrible fléau de la guerre. » Ce lundi soir au sein de la Maison des associations à Marseille, Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix 13, entend envoyer un message aux militants et partenaires de l’organisation à l’occasion des vœux pour la nouvelle année. « Notre seul bouclier est fait de l’alliage du droit et de la solidarité. Mais ce bouclier est aujourd’hui ébréché », tonne-t-il. Avant de faire référence au « génocide perpétré par Israël et soutenu par ses alliés en Palestine, l’agression contre le Venezuela » ou encore « la guerre en Ukraine ». Il dépeint l’année 2025 comme un temps de « deux poids deux mesures à l’application du droit international ». Et s’inquiète « des ouragans de rage qui détruisent 80 années d’efforts pour bâtir les défenses de la paix ». Un terrible mais factuel constat qui pousse les militants du Mouvement à l’action pour 2026. « Elle doit être l’année d’un sursaut pacifiste, qui débutera ici à Marseille », martèle-t-il. Un sursaut qui s’appuie sur le triptyque « désarmement, progrès du droit international et promotion de culture de paix ». De quoi faire face aux « idéologies d’extrême droite qui prospèrent, le racisme et la xénophobie qui progressent » en France.

    Et le travail de l’organisation est déjà lancé : une conférence sur « Quelle démocratie pour construire ensemble une société de paix » se déroulait ce lundi avant ses vœux. Animée par Jérôme Devillard, auteur de Repenser la démocratie, une réflexion commune pour un modèle commun, les militants questionnaient déjà « la notion de démocratie dans le cadre d’une culture de paix ». Le tout, en présence de plusieurs partenaires de l’organisation à l’instar de Naky Sy Savane, directrice du groupe d’action contre les mutilations féminines et les mariages forcés ou encore Charles Hoareau pour l’ANC.

    Une année chargée

    en initiatives

    Et le Mouvement entend passer à la vitesse supérieure avec une série d’initiatives. Dès avril, Michel Dolot évoque « une grande mobilisation marseillaise pour la paix » avec d’autres organisations. Cela sera suivi dans la foulée par « En mai, les arts en paix », la quatrième édition du festival « d’éducation populaire et de solidarité créative ».

    Côté interne, le congrès national se tiendra dans le département voisin du Var, en octobre. Et ce quelques mois après le congrès départemental dans une optique de « renouvellement et renforcement des instances et du mouvement ». De quoi bien préparer la Journée internationale de la paix, le 21 septembre. Laquelle aura forcément un écho bien singulier avec ce contexte de tensions mondiales.

  • Reconnaître la Palestine, un chemin de paix

    Reconnaître la Palestine, un chemin de paix

    Enterré depuis près de 30 ans et laissant les Palestiniens au désespoir de voir leur droit à l’autodétermination s’accomplir, le processus de paix est rendu de plus en plus incertain depuis l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, contre des civils israéliens, et la vengeance sanglante qui s’en est suivie, orchestrée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu contre les Palestiniens, dans la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie occupée. Un peuple génocidé sous les yeux du monde avec la complicité des États-Unis.

    Cette reconnaissance intervient alors que l’armée israélienne est en train de raser la ville de Gaza en dépit des condamnations internationales, essentiellement verbales.

    Le président de la République, Emmanuel Macron, prendra la parole à la tribune des Nations Unies à New York à 15h30 heures locales, 21h30 en France. Il s’exprimera devant les représentants de tous les pays de l’ONU rassemblés pour l’Assemblée générale de l’organisation qui célèbre cette année son 80e anniversaire dans un contexte international sanglant.

    Jeudi 17 septembre, Emmanuel Macron a défendu, sur la chaîne de télévision israélienne N12, sa décision de reconnaître un État palestinien, « meilleure manière d’isoler le Hamas » tout en condamnant une fois de plus vivement l’offensive à Gaza qui « détruit totalement » la « crédibilité d’Israël ». Pour lui, « reconnaître un État palestinien, c’est simplement décider de dire “la perspective légitime du peuple palestinien et ce qu’il endure aujourd’hui, n’a rien à voir avec le Hamas” ». Il a plaidé la cause de son plan, qui accompagnera son annonce formelle ce lundi à l’ONU, estimant qu’il s’agissait d’un « processus » censé « déclencher une série de nouveaux comportements et de nouveaux engagements ». Le président français, lors de l’entretien accordé à la télévision israélienne, a aussi estimé que « l’approche de votre gouvernement, de quelques ministres particulièrement, est de détruire la possibilité d’une solution à deux états ». Or « il y avait urgence », notamment en raison des menaces d’annexion de la Cisjordanie occupée. « C’était la dernière occasion avant que proposer la solution à deux états ne devienne totalement impossible », a-t-il insisté.

    Mahmoud Abbas interdit de visa par Donald Trump

    L’assemblée générale de l’ONU a déjà adopté à une large majorité, le 12 septembre, ce plan franco-saoudien qui exclut clairement le mouvement islamiste palestinien de toute gouvernance future. Ce geste « symbolique » pourrait avoir une vraie portée « si les pays qui reconnaissent la Palestine enchaînent avec d’autres mesures pour tenter de faire pression sur Israël pour mettre fin à sa campagne à Gaza », commente Richard Gowan, de l’International Crisis Group. Mais l’analyste craint dans le même temps des représailles israéliennes, évoquant un risque d’« escalade » de la part du Premier ministre Benjamin Netanuyhu, qui doit s’exprimer à la tribune de l’assemblée générale, dans les prochains jours, et a clairement dit qu’« il n’y aurait pas d’État palestinien ».

    Les États-Unis, principal allié d’Israël, se sont eux aussi publiquement opposés à ce processus et ont annoncé qu’ils n’accorderaient pas de visa à la délégation palestinienne, dont le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Il pourrait s’exprimer par vidéo mais ne pourra se rendre à New York.

    Donald Trump a aussi usé une nouvelle fois du veto américain au conseil de sécurité de l’ONU, le 17 septembre, pour empêcher l’adoption d’un texte réclamant un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et l’accès humanitaire au territoire palestinien. Depuis le début des représailles israéliennes, près de 65 000 Gazaouis ont été tués sur quelque 2,2 millions d’habitants, soit plus de 10% de la population initiale de la bande de Gaza.

    148 pays sur 193 pays membres de l’ONU reconnaissent l’État palestinien. Si le Royaume-Uni rejoint la France, quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies auront reconnu ce nouvel état, puisque la Chine et la Russie l’ont fait dès novembre 1988, dans la foulée de la déclaration d’indépendance de la Palestine, le 15 novembre 1988 par le conseil national palestinien, présidé à l’époque par Yasser Arafat.

  • À Martigues, les pacifistes mettent les voiles

    À Martigues, les pacifistes mettent les voiles

    L’an dernier, elle avait été annulée. « Coup de vent », explique Michel Guillot, vice-président du cercle de voile de Martigues. Cette année, « elle risque d’être mouillée » : la météo prévoit de la pluie toute la journée de dimanche. Ce 21 septembre, à 11 heures, une trentaine d’équipages partiront de la base de Sainte-Anne pour une régate dédiée à la paix, dans le cadre de la programmation de la Ville.

    « On fait ça depuis une dizaine d’années, explique celui que les habitués de la base nautique de Tholon connaissent sous le nom de Mimi. On aura des drapeaux aux couleurs pacifiques sur les bateaux. C’est notre humble participation à la sensibilisation du public sur cette question, qui est primordiale. On draine pas mal de minots, avant on faisait ça aussi le mercredi pour ouvrir les yeux à tous nos jeunes qui, comme moi, n’ont pas connu la guerre et qui souhaitent ne pas la connaître malgré le fait qu’elle soit à nos portes. »

    Le Cercle de voile ne s’en tient pas seulement à la journée internationale pour la Paix. La semaine prochaine, le 28 septembre, le club organise une journée Handi Action en partenariat avec la Société nationale de sauvetage en mer, les pêcheurs et d’autres associations pour ouvrir la navigation aux personnes non valides. Les 24 et 25 octobre, c’est au tour des femmes d’être mises à l’honneur avec la régate nationale Women for sea.

    Le vice-président glisse : « On organise beaucoup d’événements pour le progrès social car on utilise la base nautique municipale, donc on se met en accord avec la politique de la Ville. »

  • À Marseille, nouvel appel en faveur de la paix

    À Marseille, nouvel appel en faveur de la paix

    Soutenir le droit international, exiger un cessez-le-feu général et rappeler que la guerre et la paix sont des choix politiques », ce sont les trois grands objectifs du rassemblement organisé dimanche en haut de l’esplanade Bargemon (2e), à l’occasion de la journée internationale de la paix, instaurée en 1981 par les Nations unies. Porté par le Mouvement de la Paix des Bouches-du-Rhône, le rendez-vous permettra à plusieurs syndicats et associations de s’exprimer autour des 8 piliers de la culture de la paix, concept imaginé par l’Unesco en 1992 et dont l’objectif est de repousser les guerres en s’attaquant directement aux causes des conflits. « L’idée c’est d’apprendre à l’humanité à vivre sans créer d’ennemi, en démontant toutes les dynamiques de dominations, car sans ennemi il n’y a pas de guerre », explique Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. « Cet événement sera un acte de résistance contre la propagande de guerre, la course aux armements et la désignation d’un ennemi comme prérequis à la guerre », précise le communiqué de l’organisation pacifiste.

    De nombreux intervenants

    La culture de paix s’articule donc autour de 8 modes d’actions : l’éducation, l’égalité, le respect des droits de l’homme, la défense des pratiques démocratiques, la liberté de circulation de l’information et des savoirs, le développement durable et désirable, la solidarité et enfin la démilitarisation des relations internationales. Autant de thèmes qui seront successivement abordés dimanche matin, par la SNUipp FSU 13, le Collectif 13 droit des femmes, le collectif Palestine en résistance, Résister aujourd’hui, Libre pensée, Florian le Pape, militant communiste, conseiller d’arrondissement PCF du Ve secteur à Marseille ou encore le journal La Marseillaise.

    « Il est primordial de rappeler l’importance de défendre l’égalité en général, mais aussi entre les genres, car les femmes sont systématiquement les premières victimes des conflits, rappelle Alexandra Brochus présidente du collectif 13 droit des femmes. Dans le cas de Gaza par exemple, 67% des personnes tuées sont des filles ou des femmes selon l’ONU. »

    Au cœur des revendications de la journée : l’exigence d’un cessez-le-feu à Gaza, « car c’est le premier objectif de la journée internationale de la paix : exiger un cessez-le-feu mondial », rappelle Michel Dolot.

    Focus sur Gaza

    « Ce qui se passe en Palestine est insensé. C’est d’une bestialité absolue. Et chaque aspect de la culture de paix est souligné par Gaza : les enfants n’ont plus accès à l’éducation, les journalistes sont tués, le droit international ignoré… », poursuit le porte-parole du mouvement pacifiste. « Nous aborderons notamment la nécessité d’une démilitarisation de la Méditerranée, car rappelons que la quantité d’explosif déversé sur Gaza c’est 4 ou 5 fois la quantité déversée sur Hiroshima », souligne Régine Fiorani, du Collectif Palestine en résistance.

    Le Mouvement de la paix ordonnera symboliquement au gouvernement français, qui doit reconnaître ce lundi l’État palestinien, de prendre sans délai des sanctions contre le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, comme cela s’est fait en Espagne par exemple.

  • À Montpellier, une semaine pour promouvoir un message de paix

    À Montpellier, une semaine pour promouvoir un message de paix

    Nous sommes dans un basculement. On considère qu’il y a un recul des notions de liberté et d’égalité dans le monde avec des rapports de force qui se sont accentués car nous sommes dans un système capitaliste en crise, qui n’a plus comme ressource que la guerre », soupire Bénédicte Rougy, membre du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). Alors pour réaffirmer un soutien à la paix, est organisée à Montpellier pour la troisième fois la Semaine de la paix avec plusieurs manifestations, conférences-débat, projections de film.

    Un événement proposé par le collectif éponyme, regroupant une pléthore d’associations et syndicats tel que le comité montpelliérain du mouvement pour la paix, la LDH, l’AFPS 34, la FSU, la CGT Retraités, etc. Premier rendez-vous est donné dimanche 21 septembre pour la Journée internationale de la paix.

    Au programme, une manifestation pacifiste au départ de l’office de tourisme (16h) dans un contexte d’abandon du droit international, comme le montre notamment le génocide en cours à Gaza. « Il ne peut y avoir de paix sans justice, basée sur le droit international et son respect. Or, au Proche-Orient, un État est devenu un État voyou, qui ne respecte aucune résolution de l’ONU – dont il est membre. Son dirigeant est sous mandat d’arrêt international et est en train de commettre un génocide devant les yeux du monde entier. Il se livre à la piraterie en Méditerranée à l’égard des flottilles qui essaient d’exprimer leur solidarité vis-à-vis de la Palestine », insiste Évelyne Duval de l’Association France Palestine solidarité (AFPS 34).

    80 ans d’Hiroshima

    La manifestation sera par ailleurs précédée par la projection du documentaire Innocence, réalisé par l’Israélien Guy Davidi (11h, au cinéma Utopia). « Il a récupéré des vidéos de familles israéliennes où l’on voit six jeunes instrumentalisés dès l’école, ils dessinent des chars, etc. Dès le départ, on montre que ces enfants ne sont pas manipulables, différents. Les enfants grandissent jusqu’au service militaire où ils finiront par se suicider, ne voulant pas être complices du gouvernement », détaille Monique Serot-Chaïbi, de l’AFPS 34. Un débat suivra la projection, animé par l’historienne Sophie Besis.

    Mais la semaine de la paix ne se focalise pas uniquement sur la situation au Proche-Orient. Également au programme, une conférence portant sur les guerres et la violence du système global, une nouvelle fois animée par Sophie Besis, mais cette fois-ci épaulée par le doctorant en droit public et membre de la LDH, Logan Girard (lundi 22 à 18h, avenue Saint-Charles). « Aujourd’hui on peut se poser la question de la violence comme mode d’organisation de la société et finalement la force. Il faut interroger ces notions pour bien les prendre en compte. L’important est de diffuser le plus largement ce message de paix, même si avec tout ce qui se passe dans le monde, notamment en Russie, est quand même particulièrement inquiétant », fait valoir Sophie Mazas, membre de la LDH de l’Hérault.

    Cette édition de la Semaine de la paix coïncide également avec la commémoration des 80 ans d’Hiroshima et Nagasaki. En ce sens, un hommage est organisé le vendredi 26 septembre à Plan-Cabanes à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires. Au programme, une agora littéraire (15h), des témoignages sur cette catastrophe (17h30) ainsi qu’un débat portant sur le désarmement nucléaire avec Didier Latorre, représentant de Arrêt du nucléaire 34 (18h). « Les gens n’imaginent même pas le danger que représente la course au nucléaire. Notre rôle dans la semaine est d’informer sur ces enjeux, ne pas faire que ce soit des impensés », insiste Martine Ragonnet du Mouvement de la paix. En somme, une semaine pour prendre conscience de l’importance cruciale de la paix.

    Programme complet à retrouver sur lacarmagnole.fr.