Tag: jouets

  • Une année encore riche pour la douane régionale

    Une année encore riche pour la douane régionale

    « L’année 2025 a été chargée, 2026 le sera tout autant », a promis, ce jeudi 26 mars, Michael Lachaux, directeur régional des douanes de Marseille, à l’occasion du bilan de ses services. Si ses 402 agents n’ont pas chômé, c’est d’abord parce que le département est un vaste hub économique, explique-t-il, avec une activité soutenue dans les Bouches-du-Rhône, 18 milliards d’euros d’exportations et 36 milliards d’importations. Pas moins de 979 312 déclarations ont été effectuées en 2025, soit -3,4% par rapport à 2024. Pas une baisse, mais une « régulation technique », précise Michael Lachaux.

    Tandis que les crises « s’additionnent », constate-t-il, entre guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient et hausse des droits de douane américains quand les États-Unis sont la première destination hors-UE pour les entreprises locales, la douane « les accompagne pour utiliser au mieux la réglementation et en faire une arme », explique-t-il.

    Dédouaner en 5 mn chrono

    Faciliter et contrôler étant ses deux principales missions, le délai d’immobilisation des marchandises ne dépasse pas les 126 secondes et 96,6% d’entre elles sont dédouanées en moins de 5 minutes. Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, 6 millions d’euros de droits et taxes ont été redressés en 2025, directement dans l’escarcelle de l’État.

    Autre mission, la protection du consommateur. Étalé ce jour-là dans les locaux du Port center, un aperçu des saisies : un mur de paquets de cigarettes, des jouets, des maillots de l’OM, de faux sacs et parfums, du viagra qui n’en a que le nom et autres miels aphrodisiaques.

    De la figue pleine de champignon cancérigène au four à pizza qui prend feu, en passant par les poussettes pour bébés qui tranchent les doigts, quelque 936 tonnes de produits alimentaires dangereux ont été refusés à l’import. Au total, 3 292 000 articles non conformes (+328%) ont été interceptés avant leur arrivée sur le marché européen et français.

    Côté stupéfiant, « on dépasse la tonne, c’est une année record, une augmentation de plus de 30% », se félicite Michael Lachaux. Dont 189 kg de cocaïne (+37% par rapport à 2024), 808 kg de cannabis (+194%) et 19 kg de drogue de synthèse. « C’est tous les ans plus », s’inquiète-t-il, pointant un « développement extrêmement rapide et inquiétant » de ces dernières, « notamment les amphétamines et l’ecstasy, que nous retrouvons de plus en plus dans les flux postaux ou dans les vecteurs routiers ».

    Sur le trafic de tabac, une des priorités des douanes, avec 10,5 tonnes saisies en 2025, « les Bouches-du-Rhône restent sur la même tendance haussière », ajoute le directeur régional. En coordination avec la préfecture de police, deux fois plus de contrôles d’épiceries, bars à chicha et autres ont été menés, aboutissant à 48 fermetures administratives.

    Un camion scan tout neuf

    « Nous sommes la première brigade de France à l’avoir. » Une cellule de 13 agents utilise au quotidien ce nouvel outil sur le port : un scanner embarqué à bord d’un petit camion, qui permet de lire à travers les parois des conteneurs que viendra admirer, ce vendredi, David Amiel, ministre des Comptes publics.

    L’équivalent d’une « radio chez le médecin » à rayons X, que les douaniers ont appris à décrypter, précise une agente, de quoi « fluidifier significativement les contrôles ».

  • Des jouets achetés sur Temu et Shein à haut risque pour les enfants

    Des jouets achetés sur Temu et Shein à haut risque pour les enfants

    Une console de jeu à 10 euros, un lot de 1 000 briques à assembler à 4 euros ou encore un téléphone intelligent à 20 euros. Les prix sur les sites chinois de Temu et Shein sont dérisoires et le choix de références infini.

    Face à la baisse du pouvoir d’achat et à l’approche de Noël, les Français sont de plus en plus nombreux à se tourner vers ces sites pour mettre des cadeaux au pied du sapin. Pourtant, derrière ces prix cassés se cachent une qualité médiocre et surtout des risques pour la santé des plus petits.

    Petit prix, grand danger

    En 2024, ce sont 775 millions de petits colis en provenance de l’étranger qui ont été livrés en France, soit deux millions par jour, d’après le site Vie publique. Parmi ces colis, la plupart ont été commandés sur les sites de Temu ou Shein, devenus leaders mondiaux de la vente en ligne. Pourtant, parmi ces millions de colis qui ont envahis les maisons françaises, seuls 0.0082% ont été contrôlés en physique l’année passée, d’après la commission européenne.

    Face à ce manque de contrôle, l’association de consommateur UFC-que choisir, associée à ses homologues allemand, belge et danois, ont enquêté sur ces produits. D’après leur étude, publiée le 30 octobre dernier, 69% des produits testés ne répondaient pas aux normes en vigueur dans l’Union européenne et 57% pouvaient s’avérer dangereux…

    Mais c’est avant tout au rayon jouet que les résultats sont les plus inquiétants. En effet, sur 54 articles destinés aux enfants testés, seul un jouet respectait les normes européennes. Le principal problème relevé est la taille des pièces souvent trop facilement détachables. Pour l’association de consommateurs « le risque qu’un enfant les ingère et s’étouffe est loin d’être négligeable ». Certains produits avaient également des taux très élevés de substances dangereuses comme des perturbateurs endocriniens dépassant plus de quatre fois la réglementation imposée par l’Union européenne.

    Ces normes européennes relatives à la sécurité des jouets sont pourtant en application depuis 2011 sur tout le territoire européen. Une réglementation qui impose à chaque fabricant d’analyser les dangers que ses jouets peuvent présenter en matière chimique, physique, mécanique, électrique, d’inflammabilité, de radioactivité et d’hygiène.

    Face à ces manquements répétés et au manque de contrôle de ces articles, la commission européenne a voté le 12 décembre, une taxe de 3 euros pour tous les colis de moins de 150 euros issus de l’étranger.

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.

  • Une collecte solidaire de jouets dans le département du Var

    Une collecte solidaire de jouets dans le département du Var

    Noël, une période pour faire plaisir aux siens, mais aussi pour penser aux autres. C’est dans cette optique, et face au constat alarmant qu’encore trois Français sur dix jettent leurs jouets inutilisés à la poubelle alors qu’ils pourraient resservir, que plusieurs collectivités varoises (l’Agglomération Provence Verte, les Communautés de communes Cœur du Var, Lacs et Gorges du Verdon, Pays de Fayence, Golfe de Saint-Tropez et le SMIDDEV) organisent, en partenariat avec deux éco-organismes agréés par l’État, Ecosystem et Ecomaison, une grande collecte solidaire de jouets. Du 1er au 31 novembre, 64 points de collecte sont mis à disposition des habitants, pour y déposer des jouets neufs ou d’occasion (d’intérieur, d’extérieur, de société, électroniques, cadeaux…), à des fins de réemploi ou de recyclage, en fonction de leur état.

    Le recyclage de jouets, vecteur d’insertion

    En plus de ces points, l’opération s’étend à 24 magasins et associations, pour permettre à tous de participer à l’opération. A l’issue de celle-ci, ces associations locales (Com’Collecte, la Croix Rouge, Une Main Tendue pour les Gens dans le Besoin, Un Noël pour Chaque Enfant…) se chargent de récupérer les dons. Ils seront ensuite triés, nettoyés et remis en état pour être offerts ou revendus à prix solidaire, au sein d’ateliers de réemploi, sources d’activités pour des centaines de personnes en insertion, conférant à cette collecte un double intérêt. Les jouets qui ne pourront être remis en état seront dépollués et recyclés par Ecomaison, et par Ecosystem pour les jouets électriques et électroniques.

  • Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Il est 10h ce jeudi, l’antenne d’urgence du Secours populaire n’a ouvert que depuis une trentaine de minutes mais il y a déjà du monde dans les rayons de la braderie solidaire. Ouverte du mardi au jeudi, de 9h30 à 12h, cette antenne est située juste en dessous du siège départemental, sur le chemin de Gibbes (14e) à Marseille. Un lieu qui permet aux personnes du quartier de venir trouver des habits contre une participation solidaire, des colis alimentaires ou un accompagnement juridique.

    Entre les placards remplis de jouets pour les enfants et les portants d’habits, Mustapha, la cinquantaine, est à la recherche de chaussures. Cela ne fait que deux ans que ce père de cinq enfants vient chercher des habits à la braderie. « Depuis le coronavirus, tout a augmenté. Ça fait deux ans qu’on a besoin de venir ici, parce que c’est la crise. Ici je trouve des vestes, des habits et des chaussures pour moi ou pour mes enfants », explique-t-il, gêné. Mais il ne vient pas prendre de colis alimentaires, précise-t-il. Le point de vente solidaire du Secours populaire ne nécessite pas d’être inscrit, chacun peut donc venir y faire ses achats et participer à hauteur de ses moyens.

    Porte d’entrée

    Le lieu est aussi la porte d’entrée des nouveaux aidés, puisque c’est ici que les inscriptions se font pour avoir accès aux colis alimentaires. « On fait une dizaine de nouvelles inscriptions tous les jours [d’ouverture] », explique Samira, en charge des inscriptions ce matin. Bénévole depuis 2018, elle remarque que les personnes qui viennent demander de l’aide ont des profils de plus en plus divers. « Il y a ceux qui n’ont pas de carte de séjour ou qui demandent l’asile, mais il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir », témoigne-t-elle. Face à la montée de la précarité étudiante, l’association a d’ailleurs développé le Solidar’bus qui fait des distributions de colis à la sortie des cours.

    Ce matin ce sont Zorha, Naima et Samira qui assurent l’accueil et la distribution de la nourriture. Après avoir demandé les papiers d’identité des nouveaux « accueillis », Samira vérifie sur une base de données que les personnes ne sont pas déjà inscrites. Elle s’assure ensuite qu’elle ne touche pas plus de 1 000 euros par mois, ce qui est la condition pour avoir le droit à l’aide.

    Ce matin-là, c’est une bénévole du Secours populaire qui vient demander de l’aide à Samira. Habitant avec son mari et sa fille, avec un revenu de 800 euros par mois, elle a décidé de s’inscrire pour recevoir des colis alimentaires. « Je connaissais le lieu, parce que j’aide à la distribution de nourriture. Mais c’est la première fois que je viens demander de l’aide », explique la mère de famille, d’une voix timide. Comme elle ce jeudi, ils sont cinq à avoir fait leur première inscription pour l’aide alimentaire.

    Dans les Bouches-du-Rhône, de nombreux aidés par le Secours populaire deviennent par la suite bénévoles. Naima a par exemple d’abord été aidée par l’association, avant de passer de l’autre côté du comptoir, il y a trois ans. « Dès que j’ai su qu’ils faisaient des cours d’aide au numérique, j’ai voulu participer parce que je suis informaticienne », affirme fièrement Naima.

    Coupures de droits

    L’antenne offre également un accompagnement juridique. « Cela va de la prise de rendez-vous avec la Sécu, aux demandes d’asile, en passant par le droit à la culture ou aux vacances, explique Djazia, juriste de profession. Tout ce dont la famille peut avoir besoin, on est là pour les accompagner. J’aide aussi beaucoup sur les coupures de droits », précise la bénévole. Selon la juriste, le changement de politique pour toucher le RSA a impacté beaucoup de ses bénéficiaires. « Certains n’ont jamais été inscrits à France Travail et donc ne savent pas faire, ce qui entraîne la fin de leurs droits », se désole-t-elle. Des coupures dans les aides de plus en plus fréquentes qui obligent certains à se tourner vers la distribution alimentaire du Secours populaire en l’absence de tout revenu…

    « Il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir »