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  • La Banque alimentaire inaugure un camion itinérant à Marseille

    La Banque alimentaire inaugure un camion itinérant à Marseille

    « L’objectif est (…) d’aller vers les personnes en difficulté qui vivent dans des territoires où l’aide alimentaire est peu accessible », a expliqué, mardi, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire 13, devant une assemblée de bénévoles et de partenaires réunis dans les locaux de l’association à la Pomme (11e) pour un café de rentrée. Le chef de structure a en effet profité de ce « rendez-vous traditionnel » pour présenter et inaugurer le nouveau dispositif « Rayon 13 mobile », une épicerie solidaire itinérante. « Pour la première fois la Banque alimentaire va compléter ses actions auprès des centres communaux d’action sociale par une distribution directe aux bénéficiaires, a-t-il détaillé. Les personnes pourront bénéficier, pendant un temps, de produits à prix très très accessible c’est-à-dire entre 10 et 30% de leur valeur réelle. » Le dispositif, qui devrait permettre d’accompagner 300 personnes par semaine, s’appuiera sur quatre points de distribution hebdomadaires, à Roquevaire, Septèmes-les-Vallons, Saint-Menet (Marseille) et Jouques. Trois communes extérieures à Marseille donc, de quoi, peut-être, commencer à combler un déficit d’aide dans le reste du département. « Le Département [premier partenaire de la Banque alimentaire, Ndlr] compte 119 communes. Pourtant, près de 75 à 80% de l’aide est pour Marseille, note Denis Rossi, conseiller départemental (DVD), délégué au Plan pauvreté et aux associations. C’est terrible d’imaginer qu’à Marseille nous sommes entourés d’une situation de grande précarité. Mais il y a un a priori (…) sur certaines communes des Bouches-du-Rhône, qu’on imagine riches. Pourtant, il existe des points où la précarité augmente. Les gens sont isolés, seuls, et n’arrivent pas à trouver de réponse adaptée ». En 2024, le taux de pauvreté monétaire était de 26% à Marseille, contre 18,5% sur l’ensemble du département, selon un diagnostic produit par l’Agence des nouvelles solidarités actives et le Laboratoire de recherche interdisciplinaire en interventions sociales.

    « Nous avons besoin

    de 3 000 bénévoles »

    Autre point important au menu de ce café de rentrée : l’appel à la mobilisation autour de la Grande collecte annuelle, cette année organisée les 6, 7 et 8 novembre. « C’est un moment important qui nous permet de collecter des tonnages pour ne pas être en rupture, a insisté Joseph Arakel. L’an passé, (…) ça a permis de profiter à 110 000 personnes. C’est colossal. Cette année, nous avons besoin de 3 000 bénévoles pour pouvoir organiser la collecte dans les magasins. » Des bénévoles chaudement remerciés et encouragés par l’ensemble des intervenants, dont Yannick Ohanessian, adjoint au maire de Marseille (PS), délégué à la vie associative.

  • [Entretien] Joseph Arakel : « Concrètement, nous pouvons tenir un mois »

    [Entretien] Joseph Arakel : « Concrètement, nous pouvons tenir un mois »

    La Marseillaise : En quoi consiste cette opération d’urgence sociale ?

    Joseph Arakel : Nous avions déjà lancé l’alerte l’an passé. Compte tenu du manque de denrées alimentaires de première nécessité (lait, farine, huile, pâtes…), nous lançons sur les deux prochains jours une collecte exceptionnelle auprès de 63 supermarchés. Cette collecte est habituellement organisée de façon annuelle, en novembre, mais nous n’avons pas reçu assez de dons. Notre appel à l’aide a eu un certain écho. Il y a eu une réponse de la préfecture qui lance une réunion des financeurs, et le département a également répondu présent.

    Pouvez-vous nous dresser un état des lieux de la situation ?

    J.A. : Concrètement, nous pouvons encore tenir un mois avec le stock de denrées dont nous disposons. Il y a le manque de denrées, mais aussi un manque de bénévoles que nous évaluons à 3 000. La plupart des bénévoles sont des personnes retraitées. Nous essayons de sensibiliser les jeunes pour qu’ils puissent se mobiliser à leur tour et prendre la relève. Cette collecte est un appel à l’aide.

    Quel impact cela a sur les associations et les bénéficiaires ?

    J.A. : Nous touchons 110 000 personnes aux profils très variés – et de plus en plus variés -, des jeunes, des étudiants, des gens qui travaillent et des retraités, via 177 associations, avec 70% de nos bénéficiaires sur Marseille. Nous avons constaté une hausse de 11% des demandes sur l’année passée. Nous réduisons les proportions des denrées distribuées aux associations, mais si nous ne leur fournissons plus rien, elles ne pourront plus venir en aide aux plus précaires. Toutes les associations traversent une période très difficile.