Tag: Jonquières-Saint-Vincent

  • Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    La volonté de l’État de voir la ligne aérienne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer se concrétiser n’est plus à prouver. Moins de deux semaines après l’annonce du lancement de l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) pour ce projet controversé, Emmanuel Macron a affirmé, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification : « Cet axe est nécessaire. Nous devons donner un signal clair pour fournir la visibilité aux industriels qui veulent investir et tout mettre en œuvre pour que cette ligne soit en service d’ici 2029 pour faire face aux augmentations de consommation et permettre l’électrification des industries présentes et à venir. »

    Une déclaration saluée par les industriels et entreprises investis dans la démarche « Provence, Fabrique des possibles ». Stéphane Bergamini, délégué général de France Chimie Méditerranée présent lors de cette journée organisée à l’Élysée, se réjouit : « C’est un soutien politique essentiel qui apporte un horizon positif, (…) une véritable trajectoire, une vision du chef de l’État. »

    Tout en plaidant pour une accélération des délais de raccordement, le président de la République a précisé : « Ça ne se fera qu’en bonne concertation et coopération avec les territoires. » Or, du côté du Pays d’Arles, cette ligne de 400 000 volts provoque une levée de boucliers. Le collectif THT 13/30 milite pour une solution plus respectueuse des zones naturelles traversées, semi-enterrée, plus longue et plus coûteuse à mettre en œuvre que le projet porté par RTE.

    Cinquante implantations d’entreprises

    Suite à l’abandon de la giga-usine de photovoltaïque Carbon, dont les besoins étaient estimés à plus de 1,2 TWh d’électricité, l’organisation représentant 36 associations a repris à son compte « l’expression du président de la CCI du Pays d’Arles qui annonçait récemment que “si l’on continue comme cela, nous aurons les pylônes mais pas les industriels” ».

    Isabelle Campagnola-Savon, en charge de l’économie à la Région, balaie : « Carbon n’est pas l’entreprise qui avait besoin d’une capacité importante en électricité, à l’inverse de GravitHy. »

    Stéphane Bergamini abonde : « Carbon n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Ce n’était qu’un petit projet dans une myriade de projets qui bénéficient d’un appui collectif. » La préfecture des Bouches-du-Rhône cite notamment en exemple le projet Mistral porté par Marcegaglia, visant à produire plus de 2 millions de tonnes d’acier bas carbone d’ici 2028. Le sidérurgiste a d’ores et déjà passé commande auprès du groupe Danieli pour 450 millions d’euros d’équipements.

    « Aujourd’hui, notre territoire est en train d’opérer sa mue, poursuit le délégué général de France Chimie Méditerranée. Nos besoins en électricité sont forts : on a plus de 50 projets d’implantations pour plus de 20 milliards d’investissements, avec 60 000 emplois directs et indirects à la clé à l’échelle de la région. L’industrie existante a aussi des besoins. Si je parle de la filière chimie, on est dans une trajectoire de décarbonation très forte avec des projets électro-intensifs comme Ineos à Lavéra qui va basculer vers de nouveaux procédés. »

    Les besoins de puissance électrique liés à la réindustrialisation de la zone Fos-Berre et à sa décarbonation, consolidés par RTE, s’élèvent à 5 à 6 GW de puissance complémentaire (à comparer aux pointes d’appel de puissance de l’ensemble de la Région estimées entre 5 et 8 GW).

  • L’extrême droite met la main sur Beaucaire Terre d’Argence

    L’extrême droite met la main sur Beaucaire Terre d’Argence

    L’extrême droite ne se contente plus de Beaucaire. Jeudi 16 avril, Nelson Chaudon, maire RN de la ville, a conquis la présidence de la Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence en battant le président sortant de gauche Juan Martinez, maire de Bellegarde, par 18 voix contre 16. Un seul tour a suffi pour faire tomber une intercommunalité que le RN convoitait depuis des années.

    Ce scrutin ne relève pas d’un simple jeu d’alternance institutionnelle. Il marque une nouvelle étape dans l’enracinement du RN dans le Gard. Déjà solidement installé à Beaucaire depuis 2014, le parti d’extrême droite ajoute désormais à son pouvoir municipal un levier intercommunal décisif, sur un territoire de plus de 30 000 habitants réunissant Beaucaire, Bellegarde, Jonquières-
    Saint-Vincent, Fourques et Vallabrègues. La progression du RN dans plusieurs communes gardoises à l’issue des municipales donnait déjà à voir cette dynamique.

    La bascule s’est jouée là où tout le monde l’attendait : à Fourques. Avant le vote, les deux camps étaient à égalité, avec 16 voix chacun. Les deux élus fourquésiens, le nouveau maire Alain Fouque et sa première adjointe Nadine Castellani, détenaient donc les clés du scrutin. Leur choix a tranché net : sans eux, Nelson Chaudon ne pouvait pas l’emporter.

    « Tradition » et « usages »

    Pour sa première déclaration, Nelson Chaudon a promis un « traitement équitable entre les communes » et affirmé vouloir « insuffler une nouvelle dynamique ». Mais derrière cette rhétorique lisse, c’est bien une prise de contrôle qui s’opère. Et elle s’est immédiatement traduite dans l’organisation de l’exécutif communautaire. 7 vice-présidences ont été distribuées, contre 4 auparavant. Alain Fouque, dont le ralliement a été décisif, a hérité de la première, avec un score révélateur du malaise : 20 voix pour, 11 blancs et 3 nuls. Juan Martinez a été relégué à la deuxième vice-présidence, tout en saluant le travail des agents de la collectivité et en annonçant qu’il serait « très vigilant ».

    Le reste de la soirée a aussi mis en lumière une vieille mécanique de pouvoir, habillée par le mot « tradition ». Quand des candidatures féminines ont été évoquées pour les premières vice-présidences, Nelson Chaudon s’est retranché derrière les « usages » pour imposer sa ligne. Le nouvel exécutif s’est ainsi construit sous domination beaucairoise et masculine, avant quelques correctifs de façade en fin de séance.

    Derrière les formules d’équité, une question se pose désormais à la CCBTA : l’intercommunalité deviendra-t-elle un outil de coopération ou un instrument de conquête ? Car une présidence RN, ce n’est pas un simple changement de couleur : c’est une autre vision de la solidarité, des services publics et du vivre-ensemble. Et cette fois, la bascule ne se jouera pas à deux voix, mais à chaque décision budgétaire, chaque priorité, chaque renoncement.