Comment éviter les prises de tête autour des devoirs de maths ? Judith Sasportes, marseillaise de 26 ans, a peut-être trouvé la solution avec son jeu « Maths et ma toque », médaille d’argent au concours Lépine 2026. L’ancienne étudiante à la faculté d’Aix-Marseille a poursuivi des études d’ingénieure avant de se lancer dans une école de commerce. Son bagage universitaire, complété par un fort investissement associatif, notamment auprès des scolaires, l’ont poussé à s’intéresser à l’apprentissage. Entretien avec une inventeuse engagée.
La Marseillaise : Quel est l’objectif de votre jeu « Maths et ma toque » ?
Judith Sasportes : Ce jeu tend à réduire le traumatisme de l’apprentissage des mathématiques ! Le but est de monter en grade en réalisant des recettes de cuisine à l’aide de calculs mathématiques. Il existe cinq niveaux, allant de la simple addition à des fractions ou encore la règle de trois. Les enfants et les adultes peuvent jouer ensemble. C’est très important qu’il y ait ces moments de partage, de montrer aux enfants qu’il est normal de se tromper à n’importe quel âge.
Comment vous est venue l’idée de ce jeu ?
J. S. : Après mes études d’ingénierie informatique, j’ai voulu développer mon entreprise. J’ai fait une école de commerce et en parallèle, je suis rentrée en lien avec des enfants, des familles, des professeurs, en ayant en tête de réaliser un projet utile pour l’apprentissage. Grâce à mes échanges, j’ai constaté que les méthodes d’apprentissages des mathématiques étaient trop déconnectées de la réalité. Les enfants pensent souvent que les maths ne servent à rien, ou alors à compter l’argent. Mais ils n’en ont pas, donc ça reste très abstrait ! Aussi, j’ai commencé à réfléchir à ce premier jeu didactique.
Les jeunes filles sont moins représentées dans le domaine scientifique, est-ce que vous avez pensé votre jeu autour de cette problématique ?
J. S. : Je m’engage depuis plusieurs années pour l’égalité des chances dans les sciences, notamment en étant marraine de l’association « Ambitieuses ingénieuses » qui soutient les collégiennes dans leur projet d’études scientifiques. Sur la boîte de « Maths et ma toque », j’ai fait figurer deux personnages, masculin et féminin. Dans le jeu, les personnages sont assez androgynes. En école d’ingénieure, 25% des étudiants sont des femmes. Les représenter, c’est leur donner confiance en leur légitimité dès leur plus jeune âge.
Que représente pour vous cette médaille d’argent au concours Lépine ?
J. S. : Cette reconnaissance prouve qu’un jeu didactique qui n’est ni technologique ou digital peut gagner un concours d’invention en 2026 ! La semaine d’exposition à Paris-Expo en amont du prix m’a beaucoup touché. J’ai rencontré des enfants en difficulté qui se sont amusés en faisant des maths, cela leur a redonné confiance en leurs compétences. C’était des beaux moments de partage.
Avez-vous d’autres projets de jeu ?
J. S. : Je suis en cours de production d’un jeu autour de l’apprentissage du français ! Je ne peux pas en dire plus, mais je travaille actuellement avec des professeurs sur ce projet qui sortira prochainement. En attendant, je suis à fond dans la diffusion de mon premier jeu !
Pour tout renseignement et commande : https://maths-et-ma-toque.fr
![[Entretien] Judith Sasportes : « Un jeu non digital peut gagner le concours Lépine ! »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/500e386c8828fa0074c710f46a35397c.jpg)
