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  • Les syndicats ne lâcheront rien !

    Les syndicats ne lâcheront rien !

    Au lendemain de l’annonce d’une nouvelle journée de mobilisation de l’intersyndicale, reçue en vain par Sébastien Lecornu, deux rassemblements étaient organisés ce jeudi 25 septembre dans les Bouches-du-Rhône, devant la préfecture à Marseille et la sous-préfecture à Istres, à l’appel de l’intersyndicale.

    « Sans surprise, le Premier ministre ne bouge pas sur ce qui nous paraît essentiel. Il est là pour dérouler la politique de casse sociale des gouvernements précédents… Ça fait trop longtemps qu’ils gouvernent sans légitimité, en passant en force, il faut que leur pillage des richesses sur le dos des travailleurs, s’arrête », martèle Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « On s’est réunis pour rebondir dans le département dès le lendemain de l’ultimatum avec ces rassemblements, pour montrer qu’on reste toujours mobilisés pour construire les suites ».

    À Marseille, le 2 octobre, la manifestation départementale s’élancera à 10h30 du Vieux-Port. Lundi une réunion intersyndicale permettra d’en régler les détails, portée par l’élan du 18 septembre qui avait vu près de 120 000 manifestants selon les syndicats, défiler à Marseille, Aix, Salon et Arles. Ils étaient une centaine jeudi à avoir répondu à l’appel de la CGT, FO, la CFDT, FSU, Solidaires, la CFTC, la CFE-CGC, l’UNSA.

    « Il faut monter d’un cran et transformer la colère sociale en mobilisation et en espoir », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13. « Cela implique de décrypter et dénoncer les mesures budgétaires proposées, les discours lénifiants sur la dette et son poids réel, mais aussi montrer qu’il est possible d’inventer un état social du XXIe siècle, basé sur des services publics renforcés et au périmètre élargi, et une protection sociale étendue à tous les âges de la vie ».

    Devant la préfecture, René Sale, secrétaire général FO d’Aix-en-Provence, dénonce au micro la « guerre » menée par le gouvernement Macron et son ancien ministre de la défense, qu’il accuse de vouloir « détruire la sécurité sociale, les services publics et nos droits ». Il regrette les mobilisations ponctuelles et appelle à une grève reconductible dès le 2 octobre.

    S’inscrire dans la durée

    Les mots d’ordre sont clairs : abrogation de la réforme des retraites imposée par le 49.3 et refus de tout budget d’austérité. « Aujourd’hui, ce gouvernement peut faire passer en force par des décrets, il a tous les décrets de près dans le tiroir », estime-t-il, dénonçant à son tour une politique « au service des patrons » qui accorde « 211 milliards » aux entreprises tandis que « les 500 familles les plus riches captent 42,5% du PIB ». Pour FO, la riposte passe donc par des assemblées générales, la grève et le blocage du pays. « C’est l’histoire qui nous l’enseigne », assure le syndicaliste.

    Franck Balliot insiste de son côté sur la nécessité de préparer activement la grève du 2 octobre. « On va dans les établissements, même là où il y a peu de syndiqués, pour convaincre les collègues qu’il faut franchir un cap », explique-t-il. Si la mobilisation du 18 septembre était déjà été forte avec jusqu’à 45% de grévistes dans les établissements, l’objectif est désormais d’y rendre la grève majoritaire. La rentrée n’est pas une période facile dans l’éducation nationale « mais le mouvement est fort dès le départ », note-t-il. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de contrer les budgets d’austérité mais aussi de porter un projet offensif : « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

    « Partout dans les boîtes, les entreprises, les administrations, on va chercher les collègues pour construire la grève », enchaîne Jessica Jadé, soulignant l’importance de l’ancrage local et de la reconduction « là où c’est possible ». C’est le cas dans l’énergie, où la grève reconductible a débuté le 2 septembre à l’appel de la FNME-CGT. Plus de 200 piquets ont été recensés dans les industries électriques et gazières sur la base de revendications salariales fortes : hausse de 9%, création d’échelons, baisse de la TVA sur l’énergie…

    Franck Balliot rappelle aussi les difficultés concrètes dans les établissements scolaires comme la baisse des crédits pour l’aide aux devoirs, et la perte de pouvoir d’achat des enseignants. Dans la foulée, il invite à se mobiliser dimanche sur la marche « Climat, justice, libertés » qui convergera avec celle pour Gaza.

    Jessica Jadé insiste, elle, sur l’appel confédéralisé de la CGT du 9 octobre autour des enjeux de santé et de protection sociale. Pour elle, les mobilisations ont déjà permis de faire reculer le gouvernement sur les jours fériés et les franchises médicales mais une autre répartition des richesses, la taxation des dividendes, ou le rétablissement de l’ISF passeront par la construction d’une « mobilisation de masse » qu’il faut « inscrire dans la durée ».

    « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

  • Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    La journée de blocage du 10 septembre et la manifestation qui a réuni plus de 80 000 personnes à Marseille ont, semble-t-il, donné des ailes aux organisations syndicales, réunies en intersyndicale en vue de la journée de grève et d’actions du 18 septembre prochain. « C’est un très bon premier départ pour une mobilisation sociale d’ampleur. Nous avons su faire la convergence avec les collectifs citoyens et les autres forces mobilisées. Cela dépasse largement nos rangs, et c’est ce qu’il faut développer. », souligne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Pour elle, comme pour ses homologues d’autres organisations syndicales, cette journée marque un tournant. « C’est une étape importante dans la construction d’un mouvement de longue haleine », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui se félicite de la forte participation dans l’Éducation nationale, avec des taux de grève élevés dans plusieurs établissements. Pour Frédéric Michel, de Solidaires 13, cette journée était « le début d’une offensive sociale » qui n’attend qu’à se concrétiser avec la date du 18. Il insiste notamment la diversité du cortège : jeunes, retraités, chômeurs, non syndiqués : « Il n’y avait pas de défiance, mais une vraie convergence avec les syndicats ».

    Tous appellent, espèrent et vont travailler à une mobilisation aussi réussie pour le 18 septembre. « Il faut construire un rapport de force gagnant, réfléchir ensemble à une autre société. Ce n’est pas une rentrée sociale plan-plan : il y a un souffle, une dynamique », développe Frédéric Michel. « La colère est légitime. Elle est née des passages en force de Macron et de ses politiques antisociales », reprend Jessica Jadé pointant les politiques de « casse sociale » menées par les gouvernements successifs. Et de rappeler les menaces sur les congés payés, la sécurité sociale et le financement des retraites : « Ce n’est pas la nomination de Lecornu comme Premier ministre qui va nous rassurer ».

    Avis partagé même par des représentants de syndicats classés comme réformistes. « Sa nomination ne donne aucun espoir d’amélioration. Le 18 septembre est une étape dans un mouvement plus large pour imposer une autre voie : celle du respect des agents, des salariés et de leurs représentants », assure Rendi Dichri, de l’Unsa. À l’opposé de la logique d’austérité et d’individualisation des droits à l’œuvre depuis des années, son organisation demande urgemment une revalorisation immédiate des salaires, traitements et pensions, le respect des statuts et des droits collectifs, et des moyens suffisants pour les services publics. « Nous serons dans la rue, pas par habitude, mais parce qu’il y a un ras-le-bol général. Ras-le-bol d’être les premiers à payer et les derniers à être respectés », ajoute Guillaume Pascal, pour la CFDT 13. Il évoque notamment « une rupture » déjà actée avec le pouvoir en place du côté des travailleurs : « Respecter les salariés, c’est reconnaître leur engagement, écouter leur voix et partager équitablement les richesses qu’ils créent ».

    René Sale, secrétaire général de l’Union locale de FO d’Aix-en-Provence, dénonce aussi la poursuite de cette politique de destruction sociale et les annonces de Bayrou : « Deux jours fériés supprimés, déremboursements doublés, attaques contre les affections de longue durée… C’est une offensive contre la sécurité sociale et les droits ouvriers ». Sa confédération a déposé un préavis de grève reconductible du 1er septembre au 30 novembre : « On ne pourra pas manifester pendant 6 ou 8 mois. Il faut réfléchir à des actions plus fortes, décidées en assemblées générales ». Un meeting est prévu le 16 septembre à Marseille avec Frédéric Souillot.

    Tous attendent une large mobilisation et se préparent à l’installer dans la durée. A minima 3 manifestations sont au programme dans les Bouches-du-Rhône, 4 pour le Var. Et les militants vauclusiens tablent sur une participation massive pour le rendez-vous à Avignon (lire encadré rendez-vous ci-contre.

    « Nous construisons cette journée comme une étape dans un processus de mobilisation. », insiste Jessica Jadé. Il faudra aussi compter sur le soutien des membres des collectifs citoyens de « Bloquons tout », à l’origine du 10 septembre. Les assemblées générales qui se tenaient à Marseille dans la foulée de la première mobilisation se sont prononcées largement en faveur d’une participation massive à la date posée par l’intersyndicale. « Ce ne sera pas une mobilisation isolée. Le combat contre le budget austéritaire durera jusqu’en décembre » prévient Franck Balliot. « On peut financer la retraite à 60 ans. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la justice sociale. Il faut arrêter le pillage des caisses de l’État et réinvestir dans les services publics » conclut Jessica Jadé.

    « Le combat contre le budget austéritaire durera. »